LIVRE VI
tons à nue cabane ' où étoient assemblés des hommes vénérables.
• J'entrai avec un profond respect dans le conseil, et Je fus d'autant pins satisfait, qu'on ne parut lUre aucune attention à moi. Je remerciai les génies , et Je me dis : « Voici enfin la nation françoise. C'est comme nossachemsl » Je pris une pipe consacrée à la paix, et je m'apprêtai à répondre à ce qu'on alloit sans doute me demander toucbant les mœurs , les usages et les lois des cludrs rouges. Je prêtai attentivement l'oreille , et Je promis le sacriflce d'un ours à Michabou*, sll vouloit m'envoyer la prudence pour faire honneur à mon pays.
• Par le Grand-Lièvre ^, A mon fils ! Je fus dans la dernière confusion, quand Je m'aperçus que Je D'eotendois pas un mot de ce que disoient les di-
.Tins sachems. Je m'en pris d'abord à quelque manitOQ , ennemi de ma gloire et de mes forêts : je m'albis retirer plein de honte, lorsque l'un des vieillards, se tournant vers moi, dit gravenent: « Cet homme est rouge, non par nature, " car il a la peau blanche comme l'Européen. » Un autre soutint que la nature m'avoit donné ane peau rouge, un troisième fut d'avis de m'adresser des questions ; mais un quatrième s'y opposa, disant que, d'après la conformation extérieure de ma tête, 11 étoit impossible que Je comprisse ce qu'on me demanderoit.
« Pensant, dans la simplicité de mon cœur, <rie les sachems se divertissoient , Je me pris à rire. « Voyez , > s'écria celui qui avoit énoncé la dernière opinion, «Je vous l'avois dit! Je serois
* assez porté à croire , à en juger par ses longues « oreilles, que le Canadien est l'espèce mitoyenne
* entre l'homme et le singe. » Ici s'éleva une dispote violente sur la forme de mes oreilles. « Mais ^ voyons, » dit enfin un des vieillards qui avoit Tair plus réfléchi^ue les autres : « il ne se faut " pas laisser aller à des préventions. »
« Alors le sachem s'approcha de moi avec des " précautions qu'il crut nécessaires, et me dit : « Mon ami , qu'avez-vous trouvé de mieux dans •cepays^i?,
• Charmé de comprendre enfin quelque chose » tons ces discours , Je] répondis : « sachem , on
* voit bien à votre âge que les génies vous ont ac-
* cordé une grande sagesse : les mots qui vien-
'ULoQTre.
Ditloiié loaveraliie des cbassean.
« nent de sortir de votre Iiouçhe prouvent que Je « ne me suis pas trompé. Je n'ai pas encore acquis « beaucoup d'expérience, et Je pourrois être un « de vos fils : quand Je quittai les rives du Mes* « chacebé, les magnolias avoient fleuri dix-sept <i fois , et il y a dix neiges que Je pleure la hutte « de ma mère. Cependant , tout ignorant que Je « suis , Je vous dirai la vérité. Jusqu'à présent Je « n'ai point encore vu votre nation; ainsi Je ne « saurois vous parler des guerriers libres; mais <i voici ce que J'ai trouvé de mieux parmi vos e»- « claves : les huttes de commerce ' où l'on expose •t la chair des viclimes, me semblent bien enten- « dues et parfaitement utiles. »
« A cette réponse, un rire qui ne finissoit point bouleversa l'assemblée : mon conducteur me fit sortir, priant les sachems d'excuser la stupidité d'un Sauvage. Comme Je traversois la hutte. J'entendis argumenter sur mes ongles, et ordonner de noter aux colliers* ce conseil, comme un des meilleurs de la lune dans laquelle on étoit alors.
« De cette assemblée, nous nous rendîmes à celle des sachems appelés Juges. J'étois triste , en songeant à mon aventure , et Je rougissols de n'avoir pas plus d'esprit. Arrivé dans une lle^ au milieu du grand village, je traversai des huttes obscures et désertes, et je parvins au lieu^ où résidoit le conseil. De vénérables sachems, vêtus de longues robes rouges et noires, écoutoient un orateur qui parloit d'une voix claire et perçante : « Voici dis-je intérieurement, les vrais sachems; « les autres , je le vois à présent , ne sont que des « sorciers et des Jongleura. >»
<« Je me plaçai dans le rang des spectateurs avec mon guide , et m'adressant à mon voisin : • Vail- « lant fils de la France, lui dis-Je, cet orateur à ■ la voix de cigale parle sans doute pour ou contre ^ la guerre , ce fléau des peuples? Quelle est, Je « te supplie de me le dire , l'Injustice dont 11 se « plaint avec tant de véhémence? >
« L'étranger, me regardant avec un sourire , me répondit : « Mon cher Sauvage, il s'agit bien « de la guerre Ici ! De la guerre, oui, à ce miséra- « ble que tu vois, et qui sera sans doute étranglé « pour avoir eu la foiblesse de confesser dans les
■ Boutiques de chareatler et de boucher. Les Sauvages amenés à Paris, sous Louis XIV, ne lurent frappés que de I*éta( d«*s viandes de boucherie.
' Registres , iivres , contrats , lettres, en général toute sorte d*écrils.
) La Cité.
* Le Palais de Justice.
LES NATCBEZ.
« toannents un cHme dont II n'y a d'autre preuve « que Taveu arraché à ses douleurs. »
« Je conjurai mon conducteur de me ramener a la hutte d*Ooonthio , pul&qu'on s'àmusolt partout de ma simplicité.
« Nous retournions en effet ches mon hôte, lorsqu'en passant devant la cabane des prières % nous vîmes la foule rassemblée auK portes : mon guide m*apprlt qu'il y avolt dans cette cabane une fête de la Mort. Je me sentis un violent dé« sir d'entrer dans ce Heu saint : nous y pénétré* mes par une ouverture secrète. On se taisoit alors pour écouter un génie dont le souffle onimolt des trompettes d*airain ' : ce génie cessa bientôt de murmurer. Les colonnes de l'édifice, enveloppés d'étoffes noires , aurolent versé à leurs pieds une obscurité Impénétrable, si l'éclat de mille torches n'eût dissipé cette obscurité. Au milieu du sanctuaire, que bordoleut des chef^ de la prière ^, s'élevoit le simulacre d'un cercueil. L'autel et les statues des hommes protecteurs de la patrie se eachoient pareillement sous les crêpes funèbres. Ce que le grand village et la cabane du Soleil contenoient de plus puissant et de plus beau étoit rangé en silence dans les bancs de la nef.
« Tous les regards étoient attachés sur un orateur vêtu de blanc au milieu de ce deuil , et qul|, debout, dans une galerie suspendue^ , les yeux fermés, les mains croisées sur sa poitrine, s'apprètoit à commencer un discours : il sembloit perdu dans les profondeurs du ciel. Tout à coup ses yeux, s'ouvrent, ses mains s étendent, sa voix. Interprète de la mort, remplit les voûtes du temple , comme la voix même du Grand-Esprit ^. Avec quelle joie je m'aperçus que j'entenclois parfaitement le chef de la prière ! Il me sembloit parler la langue de mon pays, tant les sentiments qu'il exprimoit étoient naturels à mon cœur !
« Je m'aurois voulu jeter aux pieds de ce sacrificateur, pour le prier de parler un jour sur ma tombe, afin de réjouir mon esprit dans la contrée des êmes; mais lorsque je vins à songer a mon peu de vertu, je n'osai denuinder une telle faveur : le murmure du vent et du torrent est la seule éloquence qui convient au monument d un Sauvage.
« Je ne sortis point de la cabane de la prière
> UoeégliM.
* L*orgue.
9 Les prêtres.
* La chaire.
^ Bossaet
sans avoir invoqué le Dieu de la fille es Lofo. Revenu chez Ononthio, je lui fis part da Mb di ma journée; je lui racontai aurtout lesparoliiàe l'orateur de la mort. Il me répondu :
" Ghactas, connols la nature humaine : eegrul homme qui t*a enchanté n'a pu se défeiMlK d'f tre importuné d'une autre renommés qw 11 sienne : pour quelques mots mal Interprété! ,1 partage maintenant la cour et la ville, et pvsécute un ami '.
« Tu verras bien d'autresoontradletk»ipBmi nous. Mais tu ne serais pas aussi sage qaetai père, fils d'Outalissi, si tu nous jugeois d'aprii ces foiblesses. »
« Ainsi me parlolt Ononthio, qui avolt véeabicn des neiges *. Les clioses qu'il venoit de me dira m*occupèrent dans le silence de ma nuit kuâtût que la mère du jour, la firatohe Aarofe,ait monté sur l'horiaon avec le Jeune soleil , ma HI) suspendu & ses épaules dans des langes de poorpre, nous secouâmes de nos paupières les vapeoi du sommeil. Par ordire d'Ononthio, nous jetism autour de nous nos plus beaux manteaux de os* tors, nous couvrîmes nos pieds de mocaniMi merveilleusement brodées, et nous ombrageÉmei de plumes nos cheveux relevés avec art : non devions accompagner notice bute à la fête qae le Grand-Chef préparoit dans dea bois, noa loindci bords de la Seine.
« Vers l'heure où l'Indienne chasse avec on nmeau les mouches qui bourdonnent antoor do berceau de son fils , nous partons ; nous arrivosi bientût au séjour des manitous et des géaici '• Ononthio nous place sur une estrade élevée.
« Le chef des chefe parott couvert de picn^ ries : il étoit monté sur un cheval plus blanequ'oB rayon de la lune, et plus léger que le vent H pv^ sous des portiques semblablea à ceux de dos forêts : cent héros l'accompagne^ vêtus conoMtol anciens guerriers de la France.
« Une barrière tombe : les héros s'avaneest; un char immense et tout d'or les suit. QuatreSie des , quatre Saisons , les Heures du jour et de la nuit , marchent à cûté de ce char. On se livre d«i comtmts qui nous ravissent
« La nuit enveloppe le ciel ; les courses cetf»t, mille flambeaux s'allument dans les bcwpN^ Tout à coup une montagne brillante de clarté s'élève du fond d'un antre obscur; un génie e^a
' Fénelon.
* Années.
3 FétesdeLoobXIT.
UVRB VI.
eompagne sont ddMMit flirta eiine : Ils endMcen*dsot cl ooayrentdfiiraretés d« la terre et de l'onde UM table de ertotal. De» ftoimes ébleoissantes de beatttê Tlemieiit B'aneeir ao banquet, et sont ier>> ilei par des nymphes et des amours.
« Un amphithéâtre sort du sein de la terre, et étale sur ses gradins des ehœurs harmonieux qui font retentir mille instruments. A un signal la seène s'évanouit; quatre riches cabanes , chargées des dons du ooromeree et des arts , remplaont les premiers prodiges. Ononthlo me fait observer les personnages qui distribuent les pré- Mts de la munilleence royale.
• Voyez- vous, me dit-il, oette femme si belle,
• mais d*un piMrt un peu altier ■ , qui préside à « Tune des quatre calNines avec le fils d'un roi? « Ua nuage est sur son (iront : c*est un astre qui <K retire devant cette autre beauté, au regard « plas doux mais plein d*art , qui tient la seconde
• cabane avec ce jeune prince *. Si le Grand-Chef «tvDlt voulu être heureux parmi les femmes, il <B*eût écouté ni l*une ni l'autre de ces beautés, «^et l'âme la plus tendre ne se consumeroit pas
• aujourd'hui dans une solitude chrétienne '. »
« Tandis que j'écoutols ces paroles, je remarquai plusieurs autres fimmes que je désignai à Ominthlo. Il me répondit :
« Les Grâces mêmes ont arrangé les colliers ^ « (|Qe cette matrone envoie à sa fille chérie : « quant à ces trois autres fleurs qui balancent
■ ensemble lenrs tiges , Tune se plait au bord des « ruisseaux * , l'autre aime à parer le sein des » princesses infortunées ^ , et la troisième offre > les parfums à l'amitié ^. Voilà plus loin deux
• palmiers illustres par leur race , mais ils n'ont "Pas la grâce des trois fleurs, et ne sont ornés « que de colliers politiques '. Chactas , quand ce « talent dans les femmes se trouve réuni au génie « âans les hommes , c'est ce qui établit la supé-
• riorlté d'un peuple. Trois fois favorisées du
■ ciel les nations où la muse prend soin d'aplanir
• les sentierà de la vie , les nations chez lesquel- "ks règne assez d'urbanité pour adoucir les ' moeurs , pas assez pour les corrompre î »
l^adtmedeMbnlfspsft.
'MadaaedelUiateiioo.
* Madame de la Vallière.
Ilfltm de Madame de Sériga*.
Madame neshoaUèree.
. Madame de la Fayette, j Madame Lambert.
Ikmoiies de mademoiselle de MoDtpeosler et de Madame, ■«wwe femme du (rere de Louto XIV.
« Durant ce disoours , la voix de deux hommes sa fit entendre derrière nous. Le plus jeune disoit an plus âgé : « Je ne m*étonna pas que vous « soyea surpris de oette institution de hi cham-
« bre ardente : nous sommes, en tous genres, n au temps des choses extraordinaires. Si i*on « pouvolt parler du masque de fer.... » Ici la voix du guerrier devbit sourde comme le bruit d*une eau qui tombe sous des racines, au fond d'une vallée pleine de mousse.
« Je tournai la tète, et j*aperçus un guerrier que je reconnus pour étranger à son vêtement : il portoit une coiffure de pourpre. Ononthlo , qui vit ma surprise, se hâta de me dire : ■> Fils « de la terre des chasseurs, tu te trouves dans le « pays des enchantements. Le guerrier qui nous « a interrompus par ses propos est lui-même ici « une merveille : c*est un roi ' venu de la ville • de marbre , pour humilier son peuple aux pieds « du Soleil des France^ »
• A peine Ononthlo s*étoit exprimé de la sorte, que la terreur saisit toute rassemblée : le chef des chefe se troubla aux paroles secrètes que lui porta un héraut. Tandis que des cris retentissoient au loin, le silence et Tinquiétude étoient sur toutes les lèvres et sur tous les fronts : un castor, qui a entendu des pas au bord de son lac, suspend les coups dont il battoit le ciment de ses digues , et prête au bruit une oreille alarmée. Api*ès quelques moments, les plaintes s'évanouirent, et le calme revint dans la fête. Je demandai à Ononthlo la cause de cet accident ; il hésita avant de répondre. Voici quelles furent ses paroles :
« C'est une imprudence causée par une troupe « de guerriers, qui a passé trop près de ce lieu « en escortant des bannis. »
« Je répliquai : « Us ont donc commis des cri- « mes? A leurs gémissements, je les aurois pris « pour des infortunés , plutôt que pour des hom- « mes ha!s du Grand-Esprit à cause de leurs « injustices : il y a da»s la douleur un accent « auquel on ne se peut tromper. D'ailleurs , ils me «sembloîent bien nombreux, ces hommes : y « auroit-il tant de cœurs amis du mal? »
« Ononthio repartit : « On compta plusieurs « milliers de François ainsi condamnés à l'exil; « on les iMinnit , parce qu'ils veulent adorer Dieu « à des autels nouvellement élevés \ »
— « Ainsi, m'écriai-je, c'est la voix de plu*
' Le doge de Gèoes.
* Les protestants. Révocatioa de Tédit de Nantm, dragon* nades.
LES NATCHEZ
• sieurs milliers de François mallieureiix qne je <i viens d'entendre an milieu yde cette pompe « firançoise. 0 nation incompréhensible! d'une « main vous faites des libations an manitou des « Joies j de l'autre vous arraches vos frères à leur « foyer I vous les forcez d'abandonner, avec ton- «tes sortes de misères, leurs génies domesti- «quesl »
— « Ghactas ! Chactas 1 s'écria vivement Onon- « thio , on ne parle point de cela ici. »
n Je me tus; mais le reste des jeux me parut empoisonné : incapable de fixer mes pensées sur les mœurs et les lois des Européens , je regrettai amèrement ma cabane et mes déserts.
« Nous nous retrouvâmes avec délices chez Ononthio. Heureux, me disois*Je en cédant au sommeil , heureux ceux qui ont un arc, une peau de castor, et un ami I *
« Le lendemain, Vers la première veille de la nuit, Ononthio me lit monter avec lui sur son traîneau, et nous arrivâmes au portique d'une longue cabane ' qu'inondoient les flots des peuples. Par d'étroits passages, éclairés à la lueur de feux renfermés dans des verres , nous pénétrons Jusqu'à une petite hutte * tapissée de pourpre , dont une esclave nous ouvrit la porte.
« A l'instant Je découvre une salle où quatre rangs de cabanes , semblables à celles où J'entrois , étoient suspendus aux contours de l'édifice : des femmes d'une grande beauté , des héros à la longue chevelure et chargés de vêtements d'or, brilloient dans les cabanes à la clarté des lustres. Au-dessous de nous , au fond d'un abîme , d'autres guerriers debout et pressés ondoloient comme les vagues de la mer. Un bruit confus sortoit de la foule ; de temps en temps des voix , des cris plus distincts se faisoicnt entendre , et quelques fils de l'harmonie , rangés au bas d'un large rideau , exécutoient des airs tristes qu'on n'écoutoit pas.
« Tandis que Je conlemplois ces choses si nouvelles pour moi , tandis qu'Ononthio et ses amis étudioient dans mes yeux les sensations d'an Sauvage, un sifflement tel que celui des perruches dans nos bois part d'un lieu inconnu : le rideau se replie dans les airs comme le voile de In Nuit , touché par la main du Jour.
« Une cabane soutenue par des colonnes se découvre à mes regards. La musique se tait ; un
> Un XhéAin.
> Uae loge.
profond silence règne dans rassemblée. Denx guerriers , l'un jeune, l'autre déjà atteint par la vieillesse, s'avancent sous les portiques. Boé, Je ^e suis qu'un Sauvage ; mes organes gm&àm ne peuvent sentir toute la mélodie d'une toogoe parlée par le peuple le plus poli de l'amven; mais, malgré ma rudesse native, je ne saonii te dire quelle fût mon émotion lorsque leslenx héros vinrent à ouvrir leurs lèvres au mflleDde la hutte muette. Je crus entendre la musique du ciel : c'étoit quelque chose qui ressembloîtite airs divins , et cependant ce n'étoit poiat m véritable chant ; c*étoit je ne sais quoi qui tenoft le milieu entre le chant et la parole. J'a^ oli la voix des vierges de la solitude durant le eaine des nuits; plus d'une fois j'avols prêté l'oralle aux brises de la lune , lorsqu'elles réveillent dan les bois les génies de l'harmonie ; mais ces sons me parurent sans charmes auprès de ceox qae J'écoutois alors.
« Mon saisissement ne fit qu'augmenter à vit sure que la scène se déroula. 0 Atala! quel tableau de la passion, source de toutes nos iofiftunes ! Vaincu par mes souvenirs , par la fértté des peintures ', par la poésie des acceats, ki larmes descendirent en torrent de mes yeax: mon désordre devint si grand, qu'il troobiaia cabane entière.
« Lorsque le rideau retombé eut fait dIspH roitre ces merveilles, la plus jeune habitante' d'une hutte voisine de la nAtre me dit : « Mon « cher Huron, je suis charmée de toi, et je te vnx « avoir x*e soir à souper, avec celui qoe to ap- ^ pelles ton père. » Ononthio me prit à part, et me raconta que cette femme gracieuse étoit une célèbre Ikouessen ^, chez laquelle se réunisaoit la véritable nation françoise. Ravi de la proposition, Je répondis à l'Ikouessen : « Amante da « plaisir, tes lèvres sont trop aimables poar R- N cevoir un reftas. Tu excuseras seulement ma « simplicité , parce que je viens des grandes « forêts. »
« Dans ce moment la toile s'enleva de noafcai. Je fus plus étonné du second spectacle que je ne Pavois peut-être été du premier, mais je le compris moins. Les passions que vous appelés tragiques sont communes à tous les peuples, et peuvent être entendues d'un Natches et d'un
> Phèdre.
* Ninon.
' CourllMDe.