SOI
« une si grande terrear des Illinois , s'écria-t-il , • peuvent les aller supplier de leur accorder la « paix. Quant à moi, je sais un moyen plus sûr « de l'obtenir, c'est la victoire. L'homme blanc « est mon ami; quiconque est son ennemi est le mien. » En prononçant ces paroles, le Jeune Sauvage lalssoit tomber sur Ondouré des r^ards terribles.
Ootougamiz étoit renommé chez les Natchez poar sa candeur autant que pour son courage : ils ravoientsumomméOutougamizleSlmpIe. Jamais il ne prenolt la parole dans un conseil , et ses vertus ne se manifestoient que par des actions. Les chasseurs furent étonnés de la hardiesse avec laquelle il s'exprima, et de la soudaine éloquence que Tamitié avoit placée sur ses lèvres : ainsi la fleur de Thémerocale , qui referme son calice pendant la nuit, ne*répand ses parfums qu'aux premiers rayons de la lumière. La Jeunesse, généreuse et guerrière, applaudit aux sentiments d*Outougamiz. René lui-même avoit pris sur ses compagnons sauvages l'empire qu'il exerçoit in- Tolontairement sur les esprits : l'avis d'Ondouré fut rejeté; on conjura les mânes des femelles des castors; Chactas recommanda le secret; mais le rival du frère d'Amélie s'étoit déjà promis de rompre le silence.
Cependant on crut devoir abréger le temps des chasses : le retour précipité des guerriers étonna les Natchez. Bientôt on murmura tous Imis la cause secrète de ce retour. Repoussé de plus en plus de Cétuta; Ondouré se rapprocha de son ancienne amante, et chercha dans l'ambition des consolations et des vengeances à l'amour.
Durant l'absence des chasseurs, les habitants de la colonie s'étoient répandus dans les villages Indiens : des aventuriers sans mœurs, des soldats dans l'ivresse, avoient insulté les femmes. Fébrlano, digne ami d'Ondouré, avoit tourmenté Céluta , et d'Artaguette l'avoit protégée. Au re* tour d'Outougamiz, l'orpheline raconta à son frère les persécutions par elle éprouvées ; Outougamiz les redit à René , qui , déjà défendu dans le conseil par le généreux capitaine, i*aila remercier au fort Rosalie. Un attachement, fondé sur l'estime, commença entre ces doux nobles François. Trop touché de la beauté de Géluta , d'Artaguette cédpit au penchant qui i'entralnoit vers l'homme aimé de la vertueuse Indienne. Ainsi seformoient de toutes parts des liens que le ciel vouloit briser, et des haines que le temps devoit accroître.
Un événement développa tout à coup ces germes de malheurs.
Une nuit , Chactas , au milieu de sa famille , veilloit sur sa natte : la flamme du foyer éclairoit l'intérieur de la cabane. Une hacheteinte de sang tombe aux pieds du vieillard : sur le manche de cette hache étoient gravés l'image de deux femelles de castors, et le syml)ole de la nation des Illinois. Dans les cabanes des différents sachems de pareilles armes forent Jetées, et les hérauts Illinois, qui étoient ainsi venus déclarer la guerre, avoient disparu dans les ténèbres.
Ondouré, dans l'espoir de perdre celui qui lui enlevoit le cœur de Céluta , avoit fait avertir secrètement les Illinois de l'accident de la chasse. Peu importoit à ce chef de plonger son pays dans un abtme de maux, s'il pou voit à la fols rendre son rival odieux à la nation , et atteindre peutêtre par la chance des armes à la puissance abso* lue. Il avoit prévu que le vieux Soleil seroit obligé de marcher à l'ennemi : au défaut de la flèche des Illinois, Ondouré ne pourroit-il pas employer la sienne pour se débarrasser d'un chef importun? Akansie, mère du Jeune Soleil, disposeroit alors du pouvoir souverain, et par ellel'homme qu'elle adoroit parviendroit facilement à la dignité d'édile , dignité qui le rendroit tuteur du nouveau prince. Enfin Ondouré, qui détestoit les François, mais qui les servoit pour se faire appuyer d'eux, ne trouveroit-il pas quelque moyen de les chasser de la Louisiane, lorsqu'il seroit revêtu de l'autorité suprême? Maître alors de la fortune, il inunoleroit le flrère d'Amélie, et soomettrolt Céluta à son amour.
Tels étoient les desseins qu'Ondouré rouloit vaguement dans son âme. Il connoissoit Akansie ; il savoit qu'elle se prêteroit à tous ses forfaits , s'il la persuadoit de son repentir, si elle se pouvoit croireaimée. Il affectedonc pour cette femme une ardeur qu'il ne ressent pas ; il promet de sacrifler Céluta, exigeant à son tour d'Akansie qu'elle serve une ambition dont elle recueillera les fruits. La crédule amante consent à des crimes pour une caresse.
La passion de Céluta s'augmentoit en silence. René étoit devenu l'ami d'Outougamiz. Ne seroit-il pas possible à Céluta d'obtenir la main de Bené ? Les murmures que l'on commençoit à élever de toutes parts contre le guerrier blanc ne faisolent qu'attacher davantage l'Indienne à ce guerrier : l'amour se plaît au dévouement et aux
LES NATCHEZ
flacrlflces. Les prêtres ne cessolent de répéter que des signes s*étoient montrés dans les airs, la nuit de la convocation du conseil ; que le serpent sacré avoit disparu le Jour d'une adoption funeste; que les femelles de castors avoient été tuées ; que }e salut de la nation se trouvoit exposé par la présence d'un étranger sacrilège : il falloit des expiations. Redits autour d'elle, ces propos troubloient Céluta : l'injustice de t'accusation la révoltoit , et le sentiment de cette injustice fortifioit son amour, désormais irrésistible.
Mais René ne partageoit point ce penchant; il n'a voit point cliangé de nature ; il accomplissoit son sort dans toute sa rigueur. Déjà la distraction qu'un long voyage et des objets nouveaux avoient produite dans son Ame, commençoit à perdre sa puissance : les tristesses du frère d'Amélie rêvenoient, et le souvenir de ses chagrins, au lieu de s'affoibUr par le temps, sembloit s'accrottre. Les déserts u'avoient pas plus satisfait René que le monde , et dans l'insatiabilité de ses vagues dé* sirs, il avoit déjà tari lift solitude , comme il avoit épuisé la société. Personnage immobile au milieu de tant de personnages en mouvement , centre de mille passions qu'il ne partageoit point, objet de toutes les pensées par des raisons diverses, le firère d'Amélie devenolt la cause invisible de tout : aimer et souffrir étoit la double fatalité qu'il imposoit à quiconque s'approchait de sa personne. Jeté dans le mqnde comme un grand malheur, sa pernicieuse influence s'étendoit aux êtres environnants : c'est ainsi qu'il y a de beaux arbres sous lesquels on ne peut s'asseoir ou respirer sans mourir.
Toutefois René ne se voyqit pas sans une douleur amère, tout innocent qu'il étoit, la cause de la guerre entre les Illinois et les Natchex. « Quoi ! se disoit-il , pour prix de l'hospitalité que j'ai reçue, je livre à la désolation les cabanes de mes bètes ! Qu'avois-je besoin d'apporter à ces Sauvages le trouble et les misères de ma vie? Je répondrai à chaque famille du sang qui sera versé. Ah I qu'on accepte plutôt en réparation le sacrifice de mes jours! »
Ce sacrifice n'étoit plus possible que sur le champ de bataille : la guerre étoit déclarée , et il ne restoit aux Natcbez qu*à la soutenir avec courage. Le Soleil prit le commandement de la tribu de l'Aigle, avec laquelle il fut résolu qu'il envahiroit les terres des Illinois. Adario demeura aux I^atchez avec la tribu 4e la Tortue et du Ser-
pent, *pour défendre la patrie. Outougamiz fat nommé chef des jeunes guerriers qui devoiisit garder les cabanes. René, adopté dans la tribu de l'Aigle , de voit être de l'expédition commandée par le vieux Soleil.
Le jour du départ étant fixé , Outougamiz dit au f^ère d'Amélie : •< Tu me quittes ; les sadiems « m*obligent à demeurer ici; tu yas marcher ao « combat sans ton compagnon d'armes : c'est bien < mal à moi de te laisser seul ainsi. Si ta meois, « comment ferai-je pour f aller rejoindre? Soi- « viens-toi de nos manitous dans la bataille. Virid « la chaîne d'or de notre amitié , qui m'avertira « de tout ce que tu feras. J'aurois voulu au molBS « que tu eusses été mon frère avant de me quit- « ter. Ma sœur t'aime; tout le monde le dit; il « n'y a que toi qui l'ignores. Tu ne lui parles ja- « mais d'amour. Gomment! ne la trouves-tu pas « belle?Tonâme est-elle engagée alllenrs? Je sait « Outougamiz , qu'on appelle le Simple , parce « que je n'ai point d'esprit; mais je serai trajoun « heureux de t'aimer, soit que je devienne mal- « heureux ou heureux par toi. » Ainsi parla le Sauvage : René le pressa sur son sein, et des pleurs d'attendrissement mouillèrent ses yeui.
Rient6t la tribu se mit en marche , ayant fe Soleil à sa tête. Toutes les familles étoient aoooDrues sur son passage : les fenmies et les eofiints pleurolent. Géluta pouvoit à peine contenir les mouvements de sa douleur, et suivoit des regards le firère d'Amélie. Chactas bénit en passant son fils adoptif , et regretta de ne le pouvoir suivre. La petite M lia , à moitié confuse , cria à René : « Ne va pas mourir ! » et rentra , toute rougissante, dans la foule. Le capitaine d'Artaguette salua le firère d'Amélie lorsqu'il pass^ devant lui , en l'in^ vitant à se souvenir de la gloire de la France. Ondouré fermoit la marche : il devoit commander la tribu, dans le cas oà le vieux Soleil sucochbberoit aux fatigues de la marche, ou sous les coups de l'ennemi.
À peine la tribu de l'Aigle s'étoit éidgnéedes Natchez, que des inquiétudes se répandirent parmi les habitants du fort Rosalie. Les eolons découvrirent les traces d'un complot parmi les noirs, et l'on diaoit qu'il avoit des ramifications chez les Sauvages. En dttet , Ondouré entretenolt depuis longtemps des intelligences avec les esclaves des blancs : il avoit fiiit entendre à leur oreille le doux nom de liberté, pour se servir d'eux , si Jamais ils pou volent devenir utiles à son ambition.
LIVBE IX.
Uii jeune nègre, nommé Imley, chef de cette association mystérieuse, coltivoit une conces* sion voisine de la cabane de Géluta et d'Outougamiz.
Ces récits sont portés à Fébriano. Le renégat, que la soif de l'or dévore, voit, dans les circonstances on se trouvent les Natchez , une possibilité de destruction dont proflteroient à la fois son ava* rice et sa lubricité. Fébriano recevoit des présents d'Ondouré, et rinstruisoit de tout ce qui se passait an CMHiseii des François; mais, dans l'absence de ee chef, n'ayant plus de guide , il crut trouver l'occasion de s'enrichir de la dépouille des Sau-
Goaune un dogue que son gardien réveille, Fébriano s^ lève aux dénonciations de ses agents secrets : il se prépare aux desseins qu'il médite par l'accomplissement des rites de son culte abominable.
Enfèrmédans sa demeure, il commence, démina » une danse magique représentant le cours d^ astres. Il fait ensuitesa prière, le visage tourné vers le temple de rArabie , et il lave son corps dans des eaux immondes. Ces cérémonies achevées» le moine mahométanredevientguerrier chrétien : il enveloppe ses Jambes grêles du drap funèbre des combats; il endosse l'habit blanc des soldats de la France. Une touffe de franges d'or, semblable à celle qui pendoitau bouclier dePallas 9 embrasse, comme une main, l'épaule gauche de Fébriano : il place sur sa poitrine un croissant d'où Jaillissent des éclairs; il suspend à son baudrier une épée à la poignée d'argent, à la lame asurée, qui enfonce une triple blessure dans le flanc de Tennemi : abaissant sur ses sourcils le chapeau de Mars , le renégat sort et va trouver Chépar.
Pareil à la tunique dévorante qui , sur le mont CEta, fit périr Hercule, l'habit du grenadier françois se colle aux os du fils des Maures , et fait couler dans ses veines les poitons enflammés de 9ellone. Le commandant n'a pas plut6t aperçu Fébriano, qu'il se sent lui-même possédé de la foreur guerrière, comme s\ le démon des combats secQUoit ,parsacrmière de couleuvres, la tête d'une des trois Goigones.
m Illustre chef, s'écrie Fébriano, c'est avec m raison qu'on vous donne les louanges de prun denc^ et décourage ; voussavez saisir l'occasion, 9 et tandis que les plus braves d'entre nos enne- « mis sont partis pour une guerre lointaine, vous
«Jugez qu'il est à propos de se saisir des terres « des rebelles. Les trêves sont au moment d'ex- « pirer, et vous ne prétendez pas qu'on les renou- « velle. Vous savez de quels dangers la colonie « est menace : on soulève les esclaves : c'est un «< misérable nègre , voisin de l'habitation du cons- « pirateur Adario, et de la demeure du François <( adopté par Ghactas ;c'est Imley que l'on désigne « comme le chef de ee complot. J'apprends avec «Joie que vous avez donné des ordres, que tout « est en mouvement dans le camp, et que si les «factieux refusent les concessions demandées, « les cadavres des ennemis du roi deviendront la « proie des vautours. »
Par ce discours plein de ruse, Fébriano évite de blesser l'orgueil de Ghépar, toujours prêt à se révolter contre un conseil direct. Charmé de voir attribuer à sa prudence des choses auxquelles il n*avoit pas songé , le commandant répond à Fébriano : « Vous m^avez toujours paru doué de pé- « nétràtion. Oui : je connoissois depuis longtemps « les machinations des traîtres. Les dernières ins- « tructions de la Nouvelle-Orléans me laissent « libre : je pense qu'il est temps d'en finir- Allez « déclarer aux Sauvi^es qu'ils aient à céder le< «terres, ou qu'ils se disposent à me recevoir < avec les troupes de mon maître. »
Fébriano, dérobant au commandant un sourire ironique, se hâte d'aller porter aux Natchez la décision de Ghépar. Le père Souél , retiré à la mission des Yazous , n'étoit plus au fort Rosalie pour plaider la cause de la justice, et d'Artaguette reçut l'ordre de se préparer aux combats et non aux discours.
Leconseil des sachemsse rassemble: on écoute les paroles et les menaces du messager françois.
« Ainsi, lui répond Ghactas, vous profitez de « l'al>sence de nos guerriers pour reftiser le re- « nouvellement des traités. : cela est-il digne du « courage de la noble nation dont vous vous dites « l'interprète? Qu'il soit fait selon la volonté du « Grand-Esprit ! Nous désirions vivre en paix, « mais nous saurons nous immoler à la patrie. »
Dernier essai de la modération et de la pru* dencel Ghactas veut aller lui-même présenter encore le calumet au fort Rpsalie : les sachems comptoient. sur l'autorité de ses années; Us y comptoient vainement. Les habitants de la colonie poussoient le commandant à la violence ; Fébriano l'otisédoit par le récit de divers corn* plots: dani un ea^p pa désira ^ guerre, et le
LES NÀTCHEZ.
soldat est plus sensible à la gloire qu*à la justice. Tout précipitoit donc les partis vers une première action. Non-seulement Ghépar refusa la paix, mais , à l'instigation de Fébrlano, il retint Ghactas au fort Rosalie. « Plus ce vieillard est « renommé, dit le commandant, plus il est utile « de priver les rebelles de leur meilleur guide. « J'estime Ghactas, à qui le grand roi offrit aue trefois un rang dans noflre armée : on ne lui « fera aucun mat; il sera traité ici avec toutes « sortes d'égards; mais il n'ira pas donner à des « factieux le moyen d'échapper au châtiment.
•^ « François, dit Ghactas , vous étiez desti- « nés à violer deux fois dans ma personne le « droit des niations I Quand je fus arrêté au Ga- « nada, on pou voit au moins dire que ma main « manioit la hache; mais que craignez-vou9 au- « jourd'huid'un vieillard aveugle?-— Ge ne sont « pas tes coups que nous craignons, s'écrièrent « à la fois les colons, mais tes conseils.
Ghépar avoit espéré que la captivité deleur premier sachem , répandant la consternation parmi les Natchez, les amèneroit à se soumettre au par tage des terres : il en fut autrement. La rage s'empare de tous les cœurs ; on s'assembleen tumulte ; on délibère à la hâte. L'enfer, qui voit s^ desseins près d'être renversés , songe à sauver le culte du Soleil de l'attaque imprévue des François. Satan appelle à lui les esprits de ténèbres : il leur ordonne de soutenir lesNatchezpartouslesmoyens dont il a plu à Dieu de laisser la puissance au génie du mal. Afin de donner aux Indiens le temps de se préparer, le prince des démons déchaîne un ouragan dans les airs, soulève le Meschacebé, et rend pendant quelques jours les chemins impraticables. Profitant de cette trêve de la tempête, les Natchez envoient des messagers aux nations voisines : la jeunesse s'empressed'accourir.
Ghépar n'attendoit que la'fhi de l'orage pour marcher au grand village des Natchez. La sixième aurore ramena la sérénité, et vit les soldats françois porter en avant leurs drapeaux ; mais l'inondation de la plaine contraignit l'armée à faire un long détour.
Aussitôt que la Renommée eut annoncé aux Natchez la nouvelle de l'approche de l'ennemi , l'air retentit de gémissements : les femmes fuient, emportantleurs enfants sur leurs épaules, et laissant les manitous suspendus aux portes des cabanes abandonnées. On voit s'agiter les guerriers
qui n'ont eu le temps de se préparer au oomhtt, ni par les jeûnes, ni par les potions sacrées, ai par l'étude des songes. Le cri de guerre, la chanson de mort , le son de la danse d'Areskoui, se mêlent de toutes parts. Le bataillon des Amis, la troupe des jeunes gens se dispose à descendre à la contrée des âmes : Outougamiz est à la tète de ce bataillon sacré. Outoug^mizseul est triste : fl n'a point son compagnon, le guerrier blanc, à ses côtés.
Géluta vient trouver son frère; elle le serre dans ses bras, elle le prie de ménager ses jours. «Songe, lui dit-elle, 6 mon aigle protecteor! « que je suis née avec toi dans le nid de notre mère. « Le cygne que tu as choisi pour ami a volé aux « rivières lointaines ; Ghactas est prisonnier; « Adario va peut-être recevoir la mort; d'Alto- <« guette est dans les rangs de l'emiemi : qoe dm a restera-t-il , si je te perds? »
— a Fille de Tabamica, répond Oatougam^ « souviens-toi du repas funèbre ; si Thommehlane « étoit ici, le soin lui en appartiendrolt; mais « voilà son manitou d'or sur mon cœur; il me < préservera de tout péril, car il m'a jmrléoe « matin , et m'a dit des choses secrètes. Rassore- « toi donc : invoquons l'Amitié et les génies qui « punissent les oppresseurs. Ne crois pas que les « François soient les plus nombreux ; en combatci tant pour les os de nos pères , nos pères ooBh « battront pour nous. Ne lies voîs-tn pas, en « aieux, qui sortent des bocages funèbres? « Cou- « rage I nous crient-ils, courage I Ne souffrez pas « que l'étranger viole nos cendres; nous acooa- « rons à votre secours avec les puissances de la « nuit et de la tombai » Grois-tn, Géluta, que les « ennemis puissent résister à cette pâle milice! « Entends-tu la Mort , qui marche à la tête des « squelettes, armée d'une massue de fer? 0 « Mort! nous ne redoutons point ta présenee: « tu n'es pour nos cœurs Innocents qu'un géme « paisible. »
Ainsi parle Outougamiz dans l'exaltalion de son âme. Géluta est entraînée dans les bois par Mila et les matrones.
Toute la force des Natchez est dans la troupe de jeunes hommes que les sacfaems ont placée autour des bocages de la mort. Les sachems euxmêmes forment entre eux un bataillon qui s'as* semble dans le bols, à l'entrée du temple do Soleil : la nation, ainsi divisée, s'étolt mise soos la protection des tombeaux et des autels. Une ad-