‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 138 sur 170 · SI · texte numérisé non relu

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LES NÀTGHEZ.

dlens allolent périr, si, det bords entr'oaverti du firmament , Catherine des Bois, qui voyoit ee massacre , n'eût levé les mains vers le trône du Tout-Puissant. Une voix divine se fit entendre : « Vierge compatissante, cessez vos douleurs ; ma « miséricorde viendra après ma Justice. Mais « bient<>t Tauteur de tous ces maux va suspendre « lui*mérae , afin de mieux favoriser ses projets , « la fureur des guerriers. »

Ainsi retentirent dans l'éternité ces paroles qui tombèrent de soleil en soleil, et descendirent, comme une chaîne d'or, Jusqu'aux abtmes de la terre.

En même temps le roi des enfers, Jugeant le combat arrivé au point nécessaire pour l'aocomplissement de ses desseins, songe à séparer les combattants.

Il vole à la grotte où le démon de la nuit se cache pendant que le soleil anime la nature. La reine des ténèbres étoit alors occupée à se parer. Les Songes plaçoient des diamants dans sa chevelure azurée ; les Mystères couvroient son firont d'un bandeau, et les Amours, nouant autour d'elle les crêpes de son écharpe, ne lalssoient parottre qu'une de ses mamelles, semblable au globe de la lune : pour sceptre , elle tenolt à la main un bouquet de pavots. Tantôt elle sourioit dans un profond silence , tantôt elle fiif soit entendre des chants comme ceux du rossignol ; la volupté rouvroit sans cesse ses yeux, qu'un doux sommeil fermoitsans cesse; le bruit de ses ailes imitoit le murmure d'une source ou le frémissement du feuillage; les zéphyrs naissoient de son haleine. Ce démon de la nuit avoit toutes les grâces de l'ange de la nuit; mats, comme celuici , il ne présidoit point au repos de la vertu , et ne pouvoit inspirer que des plaisirs ou des crimes.

Jamais le monarque des ombres n'a voit vu sa fille aussi charmante. « Ange ravissant, lui dit- « il , il n'est pas temps de yous parer : quittez « ces brillants atours, et prenez votre robe des « tempêtes. Vous savez ce que vous me devez : « vous n'étiez pas avant la chute de l'homme , et « vous avez pris naissance dans mes ténèbres. »

La Nuit, fille obéissante, arrache ses ornements : elle se revêt de vapeurs et de nuages , comme lorsqu'elle veut favoriser des amours funestes ou les noirs complots de l'assassin. Elle attelle à son char deux hiboux qui poussent des cris dolents et lamentables : conduite par le

prince des enfen , elle arrive sur le ciamp de Intaille.

Soudain les guerriers cessent de se voir, et m portent plus dans l'ombre que des coups iaulita. Le ciel ou vre ses eatametet ; un déluge , se précipitant des nues, éteint les salpêtres de Mari La vents agitent les forêts ; mais cet orageeit sui tonnerre , car Jéhovah s'est réservé les tiéioii di la grêle et de la foudre.

Le combat cesse : Chépar fait sonner lintraite : l'armée firançoise se replie eonfluéocst dans robsourité, et rétrograde vers ses retran* chements. Chaque ehef toit avec sa troope le chemin qu'il croit le plus court, tandis qaeto soldats égarés tombent dans les précipicei, oi se noient dans les torrents.

Alors la Nuit , déchirant ses voiles et ciIibbI ses souffles, laisse descendre une lueur lnoertilM sur le champ du combat où les Indiens ébM demeurés épars. Aux reflets de la lune,ooapv* cevolt des arbres brisés par les bombes et la to lets , des cadavres flottants dans le déberdeoNit du Meschacebé , des chevaux abattus ou envi à l'aventure, des caissons, des aftfttsetdeicinous renversés, des armée et des drapesux tte* donnés , des groupes de Jeunes Sauvages iono* biles , et quelques sachems isolés, doot la M chauve et mouillée Jetoit une pâle lumière. Usàj du haut de la forteresse de Memphis, qimnjie Nii a surmonté ses rivages , on découvre , an bdI* lieu des plaines inondées , quelques palmiers i demi déracinés , des ruines qui sortent do »> des flots , et le sommet grisêtre des Pyramidei

Bientôt ce qui reste des tribus se retire tcn les bocages de la mort. Outougamis, enpéo^ trant dans l'enceinte sacrée , entrevoit, assis «sr un tombeau , un guerrier couvert de sang. I^ frère de Céluta s'arrête : « Qui es-tu? dit-Il : es- « tu l'âme de quelque guerrier tombé anjfl>f « d'hui sous le tomahatvk d'Areskoui , en défta- « dant les foyers de nos pères? »

L'ombre inclinée ne répond point; le P^ prêtre survient , et s'avance vers le fantêmeaTee des évocations. Les Sauvages le snivent Sesdain un cri : « Un homme blanc 1 un liomaie blanc! »

D'Artaguette , blessé dans le combat et perd» dans la nuit, s'étoit réfugié aux tombeaux des Sauvages. Outougamiz reconnolt le François contre lequel il a combattu, le François projjf; teur de Céluta , le François ami de Bciié. Toacb«

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