‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 15 sur 170 · S; Cor · texte numérisé non relu

S; Cor

Dc8c.de

la M.

Ane. snpr.

cU.

Choiseul.

Voy. de

laGr.

INTRODOCnON.

FraneeMo Oiambetti.

OcrbeU

Am ^ J. c. Jd Q*ai point voulu môler aux dates bistoriques les dates des voyages en Grèce. Je n'ai cité que celui de Benjamin de Tudèle : il nemonte à une si haute antiquité < et il nous apprend si peu de choses, qu'il pouvait être con^pris sans inconvénient dans la suite dos faits et annales. Nous venons donc maintenant à la cbronalQ^ie des voyaies et des ou* vrages géc^aphiques,

Au^si^àt qu'Athènes, «selave des musnlnuuis , disparptt dans l'histoire moderne, nous voïqoa commencer pour cette ville m swtre ordre d'illustration fùus digne de son ancienne renommée : en cessant d'être le patrimoine de quelques princes obscurs, eUo reprit, pour amsi dire , son antique empire , et appela tous les arts à ses vénérables ruines. Dès Tan UOô, FrancescQ Giambetti dessina quelques monuments d'Athènes. Le. manuscrit de cet architecte étoit en vélin, el se voyoit à la bibliothèque Barberini , k Rome. U conicnoit, entre autres choses curieuses, le dessin de la tour des Vents, à Athènes, et celui des masures de- Lacédémone, à quatre m cinq milles de Misitra. Spon observe à oe sujet que Misitra n'est pomt sur remplacement de Sparte, comme Tavoit avancé GuUlet, dV près Sophiaiius, Ni(|sr et Orteiius. Spon ajoute : « J'estime le manuscrit de Giambetti <« d'autant plus curieux , que les desaias m 4 ont été tirés avant que les Turcs se fussent N rendus maîtres de la Grèce, et eussent ruiné « plusieurs beaux monuments qui étoient *( alors en leur entier. » Vobservation est juste quant aux monuments, umUs elle est fausse quant aux dates : les Turcs éloient nultres de la Grèce en I4ôô.

Nicolas Gerbel puhUa à Bàle , en IdâO , son ouvrage intitulé : Pro (kcl^rationepkeiurm , sive descriptions Grœçiœ Sopiiiani libri sepiem. Cette description, excellente pour le temps, est claû%, est courte, et pourtant substantielle. Gerbel ne parle guère que de Ta^cienne Grèce i quant à Athènes moderne, il dit : .^aea4 Sillius Àtbenas hodi^parvi oppiduli speciem gerere dicit, cujui mU' nilissimam adhm arcem FloreiUimts guidam MabomeU tradidfrit, ttl VkimM vere Ovidius dixerit :

i^MNl Pandwtm nUanê, ni$inomen, Jthenœ?

0 rerum humanarum miserabiles vices!

0 tragicam humanœ poientiœ permutaiionemi Civitasolimmuris, navaliàus, œdi' ficiis, armis, opibrn, viris, prudentia algue omni sapienUa florentissima, in oppidulum, seupotiusvictim, reducia est.

Olim libéra, el suis legibtu vivens; nunc immanissimis belluis , servi luUs jugo obstricta. Proflciscere Alhenas , elpro magni- Jicentissimis operibus, videlo rudera el lamenlabiles ruinas, Aoli, noli nimium

Jlderê viribus luis; sed in eum Cêt^ilo gui dicil : Ego Dominiu Deus vester.

Cette apostrophe d'un vieux et respectable savant, aux rumes d'Athènes, est très-touchante : nous ne saurions avohr tit>p de reconnoissance pour les hommes qui nous ont ouvert les routes de la belle antiquité.

Dupinet soutenoit qu'Athènes n'étoit plus qu'une petite bourgade, exposée aux ravages des renards et des loups.

Laurenberg, dans sa Descriplion d'Alhènés, s'écrie : Fuit guondam Grœcia, futrunt Alhenœ ; ntinc negue in Grcecia AthenŒf negtie in ipsa Grascia Grœeia est,

Orlelius, surnommé le Plolémée de son temps, donna quelques nouveaux renseignements sur la Grèce dans son Theatrum orbis ferramm,et dans saSyiNWiima Geographia, réimprimée sous le titre de Thésaurus Geographicus; mais il confond mal à propos Sparte et Misitra : il croyoit aussi qu'il n'y avoitplusà Atliènes qu'un ohAteau et quelques chaumières : yunc eaxuiœ tanium super' mnt gucedam.

Martin Crusius, professeur de grec et de hitin à l'univerailé de Tubinge , vers le An du seisième siècle, s'informa diligemment do sort du Pélopopèse et de T Attiqne. Ses huit livres, intitulés Tweo'Grœeia, rendentcompte de l^éUt de la Grèce depuis TanBée 1444 Jusqu'aux temps où Crusius écrivoit Le premier livre contient l'histoire politique, et le second, riiistoire ecclésiastique de cet intéressant pays : les six autres livres sont composés de lethres adressées à différentes personnes par des Grecs modernes. Deux de ces lettres con* tiennent quelques détails sur Athènes, qui métiteiit d'être connus.

Ty 20*p KAI API2T9, xtX.

Audçcte Martin Crusius, professeur deslettKS

grecques et latines à l'uni versité de Tubinge, et très-cher en J. C.

« Moi, qui suis né à NaupUa, ville du Péloponèse peu éloignée d'Athènes, j'ai sou* vent vu cette dernière y'ûïe. J'ai recherché avec soin les choses ^'cUe renforme, l'Aréopage, l'antique Académie, le Lycée d'Aristote, enfin le Panthéon. Cet édifice est le plus élevé , et surpasse tous les autres en beauté. On y voit en dehors, sculptée tout autour, l'histoire des Grecs et des dieux. On remarque surtout , au-dessus de la porte principale, des clievaux qui i)aroissent vivants et qu'on croiroit entendre benohr '.

Al» de J. C.

IWO.

* 4pi«aae(Jii¥SMC Mç/i^dùp* eéema : Je n^es^ tends pas cela. La venion latine aonoe : Tun* guiim fremenies in camem humanam. Spon , qui tsaduitune partie de ce passage, s'en est tenu à U versioo laline, tout aoBsl obeenre pone-BMi que l'original. Spoo dit : Qui Mmblent vouloir ie rejmttre de chair humaiue. Je n'ai osé ad?

Dupinet.

I^urenberff.

OrteUos.

Cnutoft.

oa]

INTRODUCTION

téeJ.C IMê.

On dit qnUi «ml roarnia d« Piailfèle : TAma et le génie del'bomnie ont pasié dans la piene. 11 y • dans ce Hea pliuieun entres dMMes dignes d'être vues, ie ne perle point de le colline opposée, sur laquelle florissent des simples de toute espèce, utiles à la médecine S eoUine qne f appelle le Jardin d'Adooie. ^e ne parle pas non plus de la doueenr deralr, de la bonté des eaux et des aslree igrtinents d'Athènes : d'où il arrive qoe ses habitants , tombés maintenant dans la barbarie, eonaertent toutefois quelques souvenirs de ee qu'ils ont été. On lesreeonnolt à la pureté de leur langage : comme des sirènes , ils charment ceux qui les écoo' tent par la tariélé de leurs aeeenU.... Mais pourquoi parlerois-)e davantage d'Athènes, li peao de ranimai reste) Panimal hii-méme a péri.

« Gonstantinople, 1575.

«A jamais votre âmi,

« Théodore ZnGOUktkA,

« Piotoiiotaire de la grande église de Cousn tantinople. »

Oetle lettie IburmUle d'erreurs ; mais elle Ml précieuse à cause de Tancienneté de sa Me. Zygooialas fit eonnottre l'existence du temple de Minerve, que l'on croyoit détruit, •I qn'U appelle mal à propos le Panthéon,

iM seconde lettre , écrite à Crusius par un cerUin Cabasilas de la ville d'Acamanie, ajoute chose aux renseignements du proto-

« Athènes élott composée autrefois de trois « portiea égatemant peuplées. Aujourd'hui la m première partie, située dans un Ueu élevé , « comprend b citadelle et un temple dédié au

• Dieu Inconna : celte première partie est ha* « bitée par les Turcs. Entre celle-ci et la troi- « sième se trouve la seconde partie où sont « réunie les chrétiens. Après cette seconde « partie vient la troisième, sur la porte de la- « quelle on lit cette inscription :

e'nrr «a MrniABs, L'ARcnRJiB tnxa m niisda.

« On voM dans cette dernière partie on pelais

flwme ee sens,- qui me parait Msarre, à moins qu'on ne dlM qoe ZygnaalasfoM Ici allusion ani Jomento de Dloméde.

. Telle éloit cette note dans la première édition. Je m^empresse d'y «Uooler robserration que Je dote anx ledievehes de M. Botsaoeade :

«• Ln mots ^^uoevotilvovc àv&opioev 9^xa , « cilés dans la note, sont pris oe Téplgramme tt wiii'd'Apolloiiidas {AnaL, tom. n, p. 338) :

Setvov 6in)vCxa Oau(Mt xateîdGfiev 'A<rlc dmwtti

4pr|fxlc f^ttviK icoXtèc Xq^o^ etc éfràv dftpux 11>)uOs* W^fm. de^Tcpov 'HpoaOéa.

« n ne peut plue y avoir de doafe sur riafen-

• lion de Zygômalas, et il a évidemment fait al- « hnlon aux chevaux de Diomède. »

' Apparemment If^mont Kymette.

« tetétn de grands marbres et sontena perdes a** ^ ^- c. «t colonnes. On y voit encore des maisons ha« '^^' « bilées. La ville entière peut avoir six ou sept « milles de tour; elle compte environ doiMe « mille citoyeus.

« Shnéon CABAsiLas^ « de la ville d*Acatoaoie« »

On peut remarquer quatre choses impart fentes dans cette description : l* Le Parlbé» non avoit été dédié par les Chrétiens an DIeil inconnu de saint Paul. Spon chicane mal à propos OulUet sur cette dédicace; Deshayee l'a dlée dans son Voyage. 2" Le temple de Jupiter Olympien (le palais revêtu dematbie) e^istoit en grande partie du temps de Cabasi* las : tous les autres voyageurs n'en ont vn que les raines. 3° Athènes étoit divisée comme elle Test encore aujourd'hui ; mais eHe conte* noit douze mille habitants , et elle n'en a plus que huit mille. On voyoit plusieurs fflsissns vers le temple de Jupiter-Olympien : celle pai* tie de ta ville est maintenant déserte. 4" Enfin la porte avec rinscription :

c'est ici ATHÈNES, * IS84.

L'âMCIENKE ville de THéSÊE,

à subsisté jusqu'à nos jonrs. On lit sur l'autre face de celle porte , du c4^té de THadrianopolis, ou de VAihena novœ :

c'est ICI ta VILLE n'annicfi , n non pkê hk VILLE m tuMb.

Avant Tapparitioi! de Tonvrtige de Martin Beion. Crusius, Belon avoit publié (1555) see Ofr» servations de pluêieurs singulariié» et choses mémorables trompées en Gréée. Je n'ai point cité son ouvrage, parce que lésavant botaniste n'a parcouru qoe les Iles de l'Archipel , le mont Alhos , et une petite pertie de la Thraoe et de la Macédoine.

tCAnvilIe , en les commentant , e wndo ce- |6S5. ièbrcs les travaux de Deshatycs à Jérusalem t D««»>«y«mais on ignore généralement que Deshayes isl le premier Toy agcur moderne qni nous ait perlé de la Grèce proprement dite : son ambassade en Palestine a fait oubRer sa course à Athènes. H visita cette ville entre l'année fesf et Tannée t63(>. Les amateurs de rantlqnité seront bien aises de trouver ici le passage original du premier Voyage à Athènes ; car les lettres de Zygomatas et de Cabosifais ne peuvent pae être appelées des Voyages.

« De Mégare jusqnes à Athènes il n'y a « qu'une petite journée , qui nous dura moins' tt qae si nous t'eussions marché que deux « lieues : il n'y a jardin en bois de hante fbtaie <c qui contente davantage la rue que fart ce rc chemin. L'on va par une grande plaine touUf « remplie d'oliviers et d'orangers, ayant la n mer à main droite , et les coIUncs h main « gauche, d'où partent tant de beaux mrs- (t séant , qu'il semble que la nature se soit élit forcée à rendre ce pays ansid déllrleux.

INTRODUCnON.

s 4e i. c « La Tille d'Athènes est située sur la pente « et aux envirops d'un rocher, qui est assis m dans une plaine , laquelle est bornée par la « mer qu'elle a au midi , et par les montagnes « agréables qui l'enferment du c6té du sepr « tentrion. Elle n'est pas la moitié si grande « qu'elle étoit autrefois, ainsi que Ton peut % Toir par les ruines, à qui le temps a foit « moins de mal que la barbarie des nations « qui ont tant de fois pillé et saocagécette ville. « Les b&timents anciens qui y restent témoi- « gnent la magnificence de ceux qui les ont « faits; car le marbre n'y est point épargné , « non plus que les colonnes et les pilastres. «I Sur le hautdu rocher est le ch&teau, dont les « Turcs se servent encore aujourd'liuL Entre « plusieurs anciens b&Uments, il y a un temple m qui est aussi entier et aussi peu offensé de « l'ii^ure du temps comme s*il ne venoit que « d'êlw foit; l'ordre et la structure en sont « admirables. Sa forme est ovale , et par défi hors, aussi bien que par dedans , il est sou- « tenu par trois rangs de colonnes de marbre , « garnies de leurs bases et chapiteaux : der- « rière cliaque colonne, il y a un pilastre qui « en suit l'ordonnance et la proportion. Les « chrétiens du pays disent que ce temple est

• celui4à même qui étoit dédié au Dieu In- R connu, dans lequel saint Paul prêcha : à « présent il sert de mosquée, et les Turcs y n vont fidre leurs oraisons. Cette ville jouit f d'un air fort doux , et les astres les plus « malfoisants se dépouiilentde leurs mauvaises « influences quand ils regardent cette contrée : « , '^ que l'on peut oonnottro aisément , tant par « la fertilité du pays que par les marbres et les « pierres qui , depuis un si longtemps qu'elles n sont exposées à l'air, ne sont aucunement « rongées ni endommagées. L'on dort à la « campagne , la tête découverte , sans en rece- « voir nulle incommodité; enfin , l'air qu'on « y respire est si agréable et si tempéré, que « Ton y reoonnolt beaucoup de changements

• lorsque l'on s'en éloigne. Quant aux habi- « tants du pays, ce sont tous Grecs , qui sont « cruellement et barbarement traités par les <( Turcs qui y demeurent , encore qu'ils soient K en petit nombre. Il y a un cadi qui rend la « Justice, un prévôt appelé «ouftocAy, et quel- « ques janissaires que r<m y envoie de la A Poite, de trois mois en trois mois. Tous ces « officiers firent beaucoup d'honneur au sieur « Deshayes lorsque nous y passâmes, et le « défrayèrent aux dépens du Grand Seigneur.

« En sortant d'Athènes on traverse cette « grande plaine qui est toute remplie d'oli- « viers , et arrosée de plusieurs ruisseaux qui « en augmentent la fertilité. Après avoir marie ché une bonne heure , on arrive sur la ma- « rine, où il y a un grand port fort excellent, « qui étoit autrefois fermé par une chaîne : « ceux du pays l'appellent ie port Lion,k

« cause d'un grand lioa de pierre que l'on y abs de J. C, H voit encore aujourd'hui ; mais les anciens le '^^' « nommoient le port du Pirée. C'étoit en ce « lieu que les Atliéniens assembloient lenrs « flottes, et qu'ils s'embarquoient ordinaire* « ment. »

L'ignorance du secrétaire de Deshayes (car ce n'est pas Desliayes lui-même qui écrit) est' •singulière; mais on voit de quelle admûatioQ profonde on éloitsaisiàTaspect des monuments d'Athènes , lorsque le plus beau de ces monuments existoit encore dans toute sa gloire.

L'établissement de nos consuls dans l'Atii* CMnit que précède le passage de Deshayes de quel* ^"^«'^ ques années.

J'ai cru d'abord que Stodiove avolt vu Athè< isao. nés en 1 630 ; mais en conférant son texte avec ****'*'^ celui de Deshayes , je me suis convamcu que le gentilhomme flamand n'avoit fait que copier l'ambassadeur françois.

Le père Antoine Pacifique donna, en 1636 y 1630. à Venise, sa Description de la Morée, ou- ^^ vrage sans méthode, où Sparte est prise pour Misitra.

Quelques années après, nous voyons arriver IMS. en Grèce ces missionnaires qui portoient dans tous les pays le nom , la gloire et l'amour de la France. Les jésuites de Paris s'établirent à Atliènes vers l'an 1645; les capucins s'y fixèrent en 1658 , et en 1669 le père Simon achela la Lanterne de Démos thènes, qui devint l'hospice des étrangers.

De Monceaux parcourut la Grèce en 1666 ; nous avons l'extrait de son Voyage, imprimé à la suite du Voyage de Bruyn. Il a décrit des antiquités, surtout dans la Morée, dont il ne reste aucune trace. De Monceaux Toyageoit avec Laisné par ordre de Louis jUV.

Au milieu des œuvres de la charité , nos missionnaires ne négUgeoient pomt les travaux qui pouvoient être honorables à leur patrie : le père Babin , jésuite , donna , en f 672 , une 1679. Relation de Fétat présent de ta ville d'À- ^ '• ***'^ thènes :Spon en Ait l'éditeur; on n'avoit rien vu jusqu'alors d'aussi complet et d'aussi détaillé sur les antiquités d'Athènes.

L'ambassadeur de France à la Porte , M. de. 1674. Nointel, passa à Athènes dans Tannée 1674 : Noiotei il étoit accompagné du savant orientaliste * Galland. Il fit dessiner les bas-reliefs du Par*, thénon. Ces bas-reliefs ont péri , et l'on est trop heureux d'avov aujourd'hui les cartons du marquis de Nointel : ils sont pourtant demeurés inédits, à l'exception de celui qui représente les frontons du temple de Minerve '.

Guillet publia en 1675 , sous le nom de son Gainct oa ta prétendu frère laGuiUetière, YAthènes an- couieuèrr. cienne et moderne. Cet ouvrage, qui n'est qu'un roman , fit naître une grande querelle parmi les antiquaires. Spon découvrit les

> On peut le voir dans l'Atlas des nouvelles, éditions du fnyage d*Jnacharsi»,

De

INTRODUCTION

IC7t.

I de j. c meiMoiiges de GnOlet : celui-ci se Acha, et écrÎTit Due lettre eo forme de dialogue contre lea Voyages du inédedo lyonnais. Spon ne garda plus de ménagements; il prouva que GnUet ou la Gallletière n*a?oit jamais mis le pied à Atliènes ; qa*il aToit composé sa rapsodje sar des mémoires demandés à nos mission- Biires , et produisit une liste de questions envoyées par GniUet à on capucin de Patras : CBfei , Il donna un catalogue de cent douie er* icors plus ou moins grossières , édiappées à VtLutear&Àthènesancienneetmoderne, dans le eonrs de son roman.

Guiflet ou la Guilletière ne mérite donc aocone confiance comme voyageur; mais son ouvrage , à l'époque où il le publia , ne manquoit pas d'un certain mérite. Guillet fit usage des renseignements qu'il obtint des pères Simon et Barnabe, l'un et Fantre missionnaires à Athènes ; et il cite un monument, le Phanari fou Diogenii, qui n'existoit déjà plus du temps de Spon.

Le Voyage de Spon et de Wheler, exécuté dans les années 1675 et 1676 , parut en 1678.

Tout le monde connott le mérite de cet ou* Trage, où l'art et l'antiquité sont traités avec me critique jusqu'alors ignorée. Le style de Spoo est lourd et incorrect ; mais il a cette candeur et cette démarche aisée qui caractérisent les écrits de ce siècle.

Le comte de Vinchelsey, ambassadeur de la cour de Londres, visita Athènes dans cette même année 1676 , et fit transporter en Angle* terre quelques fragments de sculpture.

Tandis que toutes les recherches se dirigeoient vers TAttique, la Laconie étoit oubliée. Guillet, encouragé parle débit de ses premiers mensonges, donna, en 1676, Lacédémone ancienne et moderne. Meorsiusavoit publié ses diflérents traités, de Populis Atticœ , de Ftiiis Grœcorum, etc. etc.; et il foumissoit ainsi une érudition toute préparée à quiconque vooloit parler de la Grèce. Le second ouvrage de Guillet est rempli de bévues énormes sur les localités de Sparte. L'auteur veut absolument que Misltra soit Lacédémone , et é'est lui qui a accrédité cette grande erreur. « Cependant , dit Spon , Misltra n'est point ■ sur le plan de Sparte, comme je le sais de « M. Giraud , de Vemon , et d'autres , etc. »

GIraud étoit consul de France à Atliènes depuis dix-huit ans, lorsque Spon voyageoit en Grèce. Il savolt le turc , le grec vulgaire et le grec littéral. II avoit commencé une description de la Morée ; mais comme il passa an service de la Grande-Bretagne , il est pitibable que ses manuscrits seront tombés entre les mains de ses derniers maîtres.

Il ne reste de Vemon ' , voyageur anglols,

* Spon écrit presque toujours FèrHhum. Cette orlographe n'est point aagloise : c'est une faute de Spoo.

«■ la

qu'une lettre imprimée dans les Phitùiophi' Ana de j. C cal Transactions, 24 avril 1676. Vemon **'*• trace rapidement le tableau de ses courses en Grèce:

« Sparte , dlMl , est un^eu désert : Misltra , « qui en est éloignée de quatre milles, est « habitée. On voit à Sparte presque toutes les « murailles des tours et des fondements de « temples, avec plusieurs colonnes démolies « au8»i bien que leurs chapiteaux. Il y reste « encore un théfttre tout entier. Elle a eu au* « trefois cinq milles de tour, et elle est située « à un demi-quart de lieue de la rivière Eu* « rotas '. »

On doit observer que Guillet hidiqne dans la pré£Eice de son dernier ouvrage plusieurs mémoires manuscrits sur Lacédémone : « Les « momsdéfectueux,'dit-il, sont entre les mains « de M. Saint-Challier, secrétaire de Tambas- « sade de France en Piémont. »

Nous voici arrivés à une autre époque de iliistoire de la ville d'Athènes. Les voyageurs que nous avons cités jusqu'à présent avolent vu dans tonte leur intégrité quelques-uns des phis beaux monuments de Péridès : Pooocke , Cliandler, Leroi , n'en ont plus admiré que les ruines. En 1 687 , tandis que Louis XIV faisoit IM7. élever la colonnade du Louvre, les Vénitiens renversoient le temple de Minerve. Je parierai dans Yltinéraireâe ce déplorable événement, fruit des victoires de Koningsmarck et de Morosmi.

Cette même année 1687 vit parottre à Ve- pJSSJL. nise la ?i'otizia del Ducato d'Atent, de Pierre Pacifique : mince ouvrage, sans critique et sans recherches.

Le père Coronelli, dsns sa Description J^^l^ géographique de la Morée reconquise par les Vénitiens, a montré du savoir : mais û n'apprend rien de nonveau , et il ne faudrait" pas suivre aveuglément ses citations et set cartes. Les petits feiU d'armes vantés par Coronelli font un contraste assez piquant avec les lieux célèbres qui en sont le théâtre. Ce* pendant on remarque parmi les héros de cette conquête un prince de Turenne , qui combattit près de Pylos , dit Coronelli , avec cette bravoure naturelle à tons ceux de sa maison. Coronelli confond Sparte avec Misitra.

VAtene Antica de Fanelli prend rhistoire FanellL d'Athènes à son origine, et la mène jusqu'à répoque où l'auteur écrivoit son ouvrage. Cet ouvrage est peu de chose , considéré sous le rapport des antiquités; mais on y trouve des détails curieux sur le siège d'Athènes par les Vénitiens , en 1687 , et un plan de cette ville dont Chandier parott avoir fait usage.

Paul Lucas jouit d'une assez grande renom- itoi. mée parmi les voyageurs , et je m'en étonne. *•■* "^^^ Ce n'est pas qu'il n'amuse par ses Cibles : les

• Je metersde la tnducUon de Spon, n'ayant pobt l'original.

INTRODUCTION

èi*^* ^* C' oomiwti c{u*il rend lui tout ieal contre du- ^7^*. quanle voleurs, I99 ^randa ossements qu*U rencontre h cb^qjue p«S| les villes de géants qu'il découTre , les trois ou quatre mille pyni' mide^ qa'U trouve fur un grand cbemin, et que personne n'avoit jamais» vues, sont des contes divertissants; mais du reste il estropie toutes les inscriptions qu'il rapporte : ses plagiats sont continuels , et sa description de Jérusalem est copiée mot à mot de celle de P^hay^ ; epfin il parle dWlbénes comme s'il n^ Tavoit jamais vue : ce qu'il en dit est un des contes les plus insignes que jamais voyageur se soit permis de débiter.

« 3es ruines , comme on le peut juger, sont

a la partie la plus remarquable. En effet , quoi^

« que les maisons y soient en grand nombre ,

fi et que l'air y soit admirable, il n'y a près-

« que point d'habitaqU. Il y a une commodité

R qu*on ne trouvç point ailleurs : y demeure

it qui veut, et les maisons s'y donnent sans

K que l'on en paye aucun loyei^ Au reste, si

K cette ville célèbre est de toutes les anciennes

« celle qui a consacré le plus de monuments

<t il la postérité, on peut dire que la bonté de

ff son climat en a aussi conservé plus qu'en

. , « aucun autre endroit du monde, au moins de

K ceux que j'ai vus. Il semble qu'ailleurs on

¥. S« aoit fait un plaisir de tout renverser, et

m la guerre a caus^ presque partout des rava-

n gaa quU W ruinant les peuples , ont défiguré

« tout ce qu'ils a voient de beau. Atbènes seule,

• aoit par le basard, soit par la respect que

« Ton devoit iiatureUemeot avoir pour une

f^ ville qui avoit été le siège des sciences , et à

«laquelle tout le monde avoit obligation;

« AtbéneSfdis-je, a été seule épargnée dans

« la destruction universelle : on y rencontre

« partout des marbres d'une beauté et d'une

« grandeur surprenantes ; ils y ont été prodi-

^ Kués , et l'on y trouve à cbaque pas des co-

% lonaes de granit et de jaspe, m

Athtees est ibrt peuplée ; les maisons ne s'y donnent point; on n'y rencontre point à diaque pas de« colonnes de granit et de jaspe; 9ifin, dix-sept ans avant l'année 1704, les mcmuments de celte ville céllèbre avoient été renversés par les Vénitiena. Ce qu'il y a de plus étrange , c'est qu'on possédoit d^ les dessins de M. de Nointel et le voyage de Spon , lorsque Paul Lucas imprima cette relation, digne dea Mille et une I^'uits.

JU MelatHmdl» Foyo^ed^iieurPelIegrin 4ans U royaume de Morie est de 1 7 1 8, L'auteur paroM avoir été un bomme de petite j^MJJwifatwnj. et d'une science encore moins grande; Sfoo misérable pan^blet de cent quatre-viBgt4eux pages est un recueil d'anecdotes galaBles»de chansona et de mauvais vers. Les Vénitiena étoisnt restés maîtres de la Morée depuis l'an 1685; ils la perdirent en 1715. I^eHcgrite a Iraeé Wateife é» cette dernière

PeUegrifl.

conquête des Turcs : c'est la seule chose in* téressante de sa relation.

L'abbé Fourmont alla, par ordre de Louis XV, chercher au Levant des inscriptions et des manuscrits. Je citerai dans VlUnérûire quelques-unes des découvertes laites à Sparte par ce savant antiquaire. Son voyage est resté manuscrit, et l'on n'en connott que des fragments : ilseroitbien à désirer qu'on le puUiAti car nous n*avons rien de complet sur les monuments du Péloponèse.

Pococke visita Athènes en revenant de l'Egypte ; il a décrit les monuments de l'Atti» que avec cette exactitude qui fait connoltre les arts sans les faire aimer.

>Yood , Hawkins et Bouveiic faisoient alors leur beau voyage en l'honneur d'Homère,

Le premier voyage pittoresque de la Grèce est celui de Leroi. Chandier accuse l'artiste françois de manquer de vérité dans quelques dessins ; moi-même je trouve dans ses dessms des ornements superflus : les coupes et les plans de Leroi n'ont pas la scrupuleuse fidélité de ceux de Stuartj mais, à tout prendre, son ouvrage est un monument honorable pour la France. Leroi avoit vu Lacédémone , qu'il distingue fort bien de Misitra, et dont il reconnut le tbéAtre et îe dromos.

Je ne sais si les Ruins qf Alhent » de Robert Sayer né sont point une traduction angloise et une nouvelle gravure dea planches de Leroi; j'avoue également mon ignorance sur le travail de Pars, dont Chandier tîiit souvent l'éloge.

L'an 1761 , Stuartenricliit sa patrie de l'ouvrage si connu sous le titre de AntiquUies qf Alheus : c'est un grand travail, utile surtout aux artistes, et exécuté avec cette rigueur de mesures dont on se pique aujourd'hui; mais reflet général des tableaux n'est pas bon; la vérité qui se trouve dans les détails manque dans l'ensemble : le aayon et le burm britanniques n'ont point assez de netteté pour rendre les lignes si pures des monuments de Périclès; U y a toujours quelque ehoee de vague et de mou dans les compositions angloises. Quand la scène est placée sous le ciel de Londres, ce styk vaporeux a son agrément ; mais U g&te les paysages éclatants de la Grèce.

Le Voyage de Chandier, qui suivit de près les Antiquités de Stuart, pounoit dispenser de tous les autres* Le docteur anglois à déployé dans son travail une rare fidélité» une érudition iacile et pourtant profomie» um critique saine, un iug^ment exquis. Je ne hii ferai qu'un reproche , c'est de parler 8<wvent de Wlieler, et de n'écrire k nom de Spua qu'avec une répugnance marquée. Spoa vaut bien la peine qu'on parie de lui , quand on ctle kcenpafpMNftdeseatonvMK. Chandier, eomie caifwit et voyageur, «oroit àà oublier qui!

Ant 4« /. c*

PoormonU

Pococke.

Vfood,

Hawkins et

Bouvertc

LeroL

Sayer.

Pan.

Chandier.

INTHODUCnON.

Aw d« J. G. étoit AifiMt. U â donné en 1805 «n dernier 17M. on? FtgB iur Atliènee» que je n'aJ pu me pio-

corer.

FasTd.

Riedeeel paitxHinit le Péloponèee et TÀttiqne dans Tannée 1773 : U a mafii son petit oamge da beaucoup de grandea réflexione •Of les uHBore, les Msi la reUf^lon des Gréés ei des Turcs : le baron allemand TO^ageoft dans la Motie trois ans après Tetpéditlon des Rosses. Une foule de monoments aireiént péri àSparte, à Argos, à MégelopollS) par une aniie de cette In? asion , comme les antlqnités d'Athènes ont dû leur dernière destruction à reipéditlon des Vénitiens.

Le premier fotome du magnlfl^ oathige de M. de Ghoiseol parut au commencement de l'innée 1779. Je citerai sontent cet outrage, atec les éloges qu'il mérite» dans lé coors de mon itinéraire. J'obsef ? e M seolement que M. de Choisetll n'a point encore donné les maftoments de fAltiqae et da Péloponèse. L'auteur étoit à Atliènes en 1784 : ce fnt , )e crois» la même année que M. de Chabert détermina la latitude et la longitode du tempie de Minerre< naa. Les rechercfaes de MM. Poncberot et Fantel

^ commencent ters l'année 1780, et se prolongent dans les années soi tantes. Les Mémoires du dernier toyagenr font coonoltre des lieux et des antiquités jusqu'alors ignorés. M. Fantel a été mon bote à Athènes, et je parlerai ailleurs de ses tratanx.

notre grand helléniste d'Ansse de Tilloison

parcourut la Grèce à peu près h cette époque :

nous n'atons pdntjMii du fruit de ses éludes.

1785. M. LeelietaHer passa quelques moments à

»*«*«»•»«• Athènes dans l'année 1785.

179t. Le tojage de M. Scrofeni porte le cachet

seniuL ^ gj^ele , c^esl-Mire qu'il est philosophique , poHtlqoe, économique, etc. Il est nul pour l'éfade de ranliqoné; mais les ohsertatlons da ranlevr sur le sol de hl Morée, sur sa popalatioto » sur son commerce, sont excellentes sa uovteiHs.

Aq temps do toyage de M. ScrofonI, deux AngMs montèrent à ta cime ta plus életëe do Taygèle.

1797. En 1797, MBf . IMxo et Ricolo StepfaanopoH,

nhoctwteoio forent envoyés à la république de Maina par «frrtn--v«>- jg gootemement françois. Ces voyageurs fbnt mi grand éloge de cette république, sur laquelle on a tant discouru. J'ai le malheur de regarder les Manlottes comme «i assemhtage de brigands, Sdatons d'orighie, qof ne sont pas plus les descendants des andens Spartiates que les Dnises ne sont les descendints dn comia de Dien ; je ne puis don^ iMniagèr renthoostasme de ceux qui voient dans ces pfrafes dn Taygète les vertueux héritiers de ta Kberlé toeédéDBonîemie.

I7S8. ^ melileur gukte pour h Morée seroK cer-

tifaiemeot M. PouquetlUe, s'il atolt pu voir

Castellan.

tooi les lieux qn'il a décrite. MaihettrmleniDt Ait de i.Ci il étoit prisonnier à Tripolizxa. ^^

Alors l'ambassadeur d'Angleterre à Cons--^^^ |^. tantittople, lord Eighi» talsolt taire en Grèce swinton; ' les trataux et tas ratages que j'aurai occasion u«^1l>>»* de louer et de déplorer. Peu de temps après lui, ses compatriotes swinton et HAwUns tisitèrent Athènes, Sparte et Olympta.

Les Fragments pour urvir à la coiinols* isos. année de ta Grèce actuelle terminoient la BarthoUL Itate de tous ces Voyages , atant la publicatiod des Lettrée eur la Marée, par M. Castellan.

Résamons maintenant en peu de mota fliistoiredee monuments d'Athènes. Le Parthéndn^ te temple de la Victoire , une grande partta du tonple de Jupiter Olympien, un autre monument appelé par Guiltot ta lanterne de Di<h gène, furent tus dans toute leur beauté par Zygomalas, Gabasilas et Deshayes.

De Monceaux , le marquis de Nointel « Gal^ tand , le père Bablu , 8pon et Wbeler, admirèrent encore ta Parthénon dans son entter i mata ta tanteme de Diogèoe atoH dtepsni, «I ta tempta de ta Victoire atoit santé en l'ilr par l'explosiou d'un magsSin de poudre' ; Il n'en restoit plus que ta fronton.

Pococfce, Leroi, Stuarf , Chandier, troatè* rent le Parthénon à moilié détmit par tas bombes des Vénitiens, et ta fronton du tempta de ta Victove abattu. Députa ce temps les ruines ont toujours été erotasant. Je dM comment lord EIghi les a augmentées.

L'Europe satanle se eonsote atec les des* sh» da marquis de Nofaitél, Ie8 Foyo^fel pittùreeques de Lerol et de Stuart. M. Fautd a moulé deux cariatides du Pandroséum el quelques bas-reliefi da tempta de Mhierte i une métope du néma tempta est entre tau mains de M. de Chotoeul; lord El#n en a enteté plusieurs autres qui^mt péri dans un naufirage à Céfigo; MM. Sirintoo et HavrUns possèdent un trophée de bronze trouvé à Olympie; la statue nmtilée de Cérès-Étausino est aussi en Angleterre; enfin, nous avons , m terre cuite, ta monument ehoragiqne de Lystarales. C'est une chose triste à remarquer, que tas peuples dtihsés de l'Europe ont tait pkn de mal aux monnmento d'Athènes, dans l'espace de cent cinquante ans , que tous tas Barbares ensembta dans une tangue suite du siècles : â est dur de penser qn'Atarta et Mn* homet II atOMBt respecté ta Fnthébon^ et qn'ila étéienteraé par Meroshil eltafd Elgfai

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