‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 158 sur 170 · D-ATALA ET DE RENE · texte numérisé non relu

D-ATALA ET DE RENE

(MUonln-ia de isos.)

L'btdBtgEnM atec laqwUa oo a béeo voulu accnrilUr ■Des oatngea n'a tmpcMé la loi d'obéir «■ goAtdu poblie, «t de c4der su conKil de la critique.

Quant aa preoiter, j'*i nù* tou» mn mmiu k le ulisblre. De» penoDoe* cbarnéea de l'initructioa de Ujeunetae oot déiicé aroir une «dilioa du fi^nia du ChrUii*nitm» qui Ut déponiilte de cette partie de l'Apolagie , née «ui gent du monile : malgré U tie natnrctle que J'aro» à mntilef mon onTraga, et M coBBidénat qi» l'utiyti puMIque , j'ai puUM l'ahrigd que r«i atleiMloil de moi.

UHaaMcleaM de lecteur* demaiidiiil une Uitloa lépai4e des deui f piiodw de l'ooTrags : je doute ai^ouid'bui cette édition.

Je dirai maintenaot ce que j'ai fuit ralttiTemcnt àlacri- Je me suis arrêté, pour le G^nle (fu ChriitianlMmt, i des idées différeutea decsHce que j'ai adoptées pour se* épisodes.

Il m'a semblé d'abord que par ^ard pairr les personnes qaioDl acbeté taft premiirHédiUau, je ne devois faire, dn main* kprésent,aucuncb*Dgeinent notable à un Une qui te Tend aussi cher que le 6Aile d» chrittiamitme. L'amonr-propre et rinlérAI M m'ont pas paru des raisons asieiboinie*, même dansée sUcle, poar manquer t la dâkatette.

Eit second lien , il ne i*e«t pas éconM aua de temps depuis la pubUeotioa du GAtie At cArtiflaHume, pour que je *c4s parfkitemenl éclairé sur les débuts d'un 00vrage de cette ét«»due. Ob Ironnrois-je la TériU parmi DM Ibnie d'opinloDS coolradietidN» ? Vvh vule noD sujet ■nx dépens de mon sljle; l'autre approuve mon stjle et déupproave moa m4M- U l'o" m'uM») d'une part , que

le Gihit dH CkrUUanitme ett un monnmeat à jan^is mémonble pour U main qui l'éleva , et pour le commencement du dit-ueuTiËaie siècle'; de l'autre, nn a pris soin de n'avertir, un mois ou deux après la publication de l'ourrage, que les cdUques venuient trop tard, puisque cet ouvrage éloit d^jt outiliâ '.

Je sais qu'un amour-propre plus aOermi que le mien trouveroit peuj-élre quelque ntoLif d'e^ance pour se rassurer contre cette deroiére asseilion. Les éditions du Gé»ie du ChTiatianltuK se multiplient, nulgrt les drwmtances qui (mt aie k la cause que j'ai déléudue le puittnnt intérêt du mallieur. L'ouvrage, si je ne m'abuse, parotl même augmenler d'estime dans l'opinion publique à mesute qu'il vieillit, et il semble que l'on commence à j Toir autre cbosequ'uu ouvrage de pureinMifinottoir'. Mais k Cieu ne plaise que Je piétemle persuader de mon folble mérite ceux qui ont sans doute de bannes raisons pour ne pas y croire! Hors la religion et l'IionDenr, j'eslime trop peu de choses dans le monde pour ne pas souscrire aux arrêts de la critique la plus rigoureuse. Je suis si peu aveuglé par quelques succès , et si loin de regarder quelques éloges comme un jugeraeol définitif en ma Dt- Teur, que je o'si pas cru devoir mettre la dernière main k mon ouvrage. J'attendrai encore, alla de laisser le temps BuxpréjugësdGsecalmer, ïl'esprlt departldes'élelodtei alors l'opinion qui se sera formée sur mon livre sera sans doute la véritable opinion : je saurai ce qu'il hudra changer au G<JRie da Christianisme, pour le rendre tel que je désire le laisser après moi, s'il me survit ^

Hais si j'ai résisté k U censure dirigée contre l'ouvrage entier par les raisons que je viens de déduire , J'ai suivi pour Atala , prise séparément, un système absolument opposé. Je n'ai pu être anélé daus les corrections ni par la considération du prix du livre, ni par celle de la Ion- ' gueur de l'ouvrage. Quelques années ont été plus que sufflssntes pour me faire connoltre les endroits foltdes ou vicieux de cet épisode. Docile sur ce point k la critique. Jusqu'à me faire reprocher mon trop de facilité, j'ai prouvé k ceux qui m'atlaquolent que Je ne suis jamais volontairement dans l'erreur, et que, dans tonales temps et sur Ions les sujets, je suis prêt à céder k des lumières supérieures an< miennes. /Itala a été réimprimée onze fols ; cinq Ibis léparémeol, et six fols dans le Géniedu Christianisme; si l'on confroaloil ces ooxe éditions , k pehie en Ironveroit- 00 deux tout k fait semblables.

La donzlème, que je publie snJDurd'bal, a été revue avec te plus grand soin. J'ai consulté des arnif prompts à me censurer; j'ai pesé cbaque phrase, examiné chaqna mol. Le stjle, dégagé des épitbèles qui l'embartassolent, marche peut être avec plus de naturel et de simplicité. Tal mis plus d'ordre et de suite dans quelques idées ; j'ai Ml disparotire jusqu'aux moindres incorrécticns de lainage. ' H. de taHarpemedisoltau sujet d'.lfafa.- • 91 vdubtou- II lu vous renfermer avec moi seulement quelques heures, ■ ce temps nous suffira pour edîicer les taches qui Ibnt crier <t si haut 10a censeurs. • J'ai passé quatre ans k revolroet épisode, mais aussi II est tel qu'H doit rester. Ceat la senla Atala que je reoonnoltral k l'avenir.

Cependant il ? a des points sur lesqods je n'af pas eédé

' H. de FODianes.

* H. GInguené. ( Dtcad. p/iilotoph. ) ' Cett ce qui a été fait dans l'étUtloa ds CEuvres cora- PMm de l'auiMr; Paris, uM.

PRÉFACE

«ntièrement à la critique. Oo a prétendu que quelques sçntimeots exprimés par le père Aubry renfermoieut une doctrine désolante. On a, par exemple, été rérolté de ce passage : (nous avons aujourd'hui tant de sensibilité ! )

« Que dis* je! ô vanité des vanités! Que parié je de la « puissance des amitiés de la terre ! Voulez-vous, ma dière « fiUe, en oonnottre retendue? Si un honune revenoit à « la lumière quelques années après sa morfc, je doute qu'il « fùl revu avec 'joie par ceux-là mêmes qui ont donné le « plus de larmes à sa mémoire, tant on forme vite d*att- « très liaisons, tant on prend facilement d'autres habitu- « des, tant f inconstance est naturelle à l'homme, tant « notre vie est peu de chose, même dans le cœur de nos A amis! » ,

Il ne s'agit pas de savoir si ce sentiment est pénible à avouer, mais s'il est vrai et fondé sur la commune expérience. Il serait diflicile de ne pas en convenir. Ce n'est pas surtout chez les François que l'on peut avoir la prétention de ne rien oublier. Sans parler des morts dont on ne se souvient guère, que de vivants sont revenus dans leurs familles et n'y ont trouvé que l'oubli , l'humeur et le dégoût! D'ailleurs quel est Id le but du père Aubry? N'est-ce paad'ôter à Atala tout regret d'une existence qu'elle vient de s'arracher volontairement, et à laquelle elle voudrait en vain revenir? Dans cette intention, le missionnaire , en exagérant même à celte infortunée les maux de la vie, ne ferait encore qu'un acte d'humanité. Mais il n'est pas nécessaire de recourir à celte explication. Le père Aubry exprime une chose malheureusement trop vraie. S'il ne faut pas calomnier la nature humaine, il est aussi très-inutile de la voir meilleure qu'elle ne l'est enefleL

Le même critique , M. l'abbé Mordlet , s'est encore élevé contre cette autre pensée, comme fausse et paradoxale :

« Croyez-moi, mon fils, les douleurs ne sont point éter- « ndles; il faut tôt ou tard qu'elles finissent, parce que « le cœur de Thomme est fini. C'est une de nos grandes « misères : nous ne sommes pas même capables d'être « longtemps malheureux. »

Le critique prétoid que cette sorte d'incapacité de l'homme pour la douleur est au contraire un des grands biens de la vie. Je ne lui répondrai pas que, si cette réflexion est vraie, elle détruit l'observation qu'il a faite sur le premier passage du discours du père Aubi^. En effet, ce serait soutenir, d'un côté, que l'on n'oublie jamais ses amis : et de l'autre , qu'on est très-heureux de n'y plus penser. Je remarquerai seulement que l'habile grammairien me semble id confondre les mots. Je n'ai pas dit : « C'est « une de nos grandes ir\for lunes , » ce qui serait foux, sans doute; mais : « C'est une de nos grandes misères, » ce qui est très- vrai. £h ! qui ne sent que cette impuissance où est le cœui' de l'homme de nourrir longtemps un sentiment , 'même cdui de la douleur, est la preuve la plus complète de sa stérilité , de son indigence, de sa misère? M. l'abbé Morellet parait faire, avec beaucoup de raison, un cas infini du bon sens, du jugement, du naturd; mais suit-il toujours dans la pratique la théorie qu'il prafesse? 11 serait assez singulier que ses idées riantes sur l'homme et sur la vie me donnassent le drait de le soupçonner, à mon tour, de porter dans ces sentiments l'exaltation et les illusions de la jeunesse.

La nouvelle nature et les moeurs noaTelles que j'ai |

peintes m'ont attiré encore un autre reproche pea réOétU On m'a cru l'Inventeor de quelques détails exlnonHoaiiis, lorsque je rappdois seulement des chofies ocmnues de leii les voyageurs. Des notes ijoulées'à cette édition à^Âteia m'auraient aisément justifié ; mats s'il en avoit &lki mim dans tous les endroits où chaque lecteur ponvotl en avoir besoin, elles auraient blentùt surpassé la loogneor de l'ouvrage. J'ai donc renoncé à faire des notes. Je mo» tenterai de transcrire id un passage de la Défense du Génie du Christianisme. Il s'agit des ours enivrés de raisiai, que les doctes censeurs avoient pris pour une gaielé de moa imagination. Après avoir dté des autorités respedabfei et le témoignage de Carver, Bartram, Imley, Chariefrâ, j'ajoute : « Quand on trouve dans un auteur une ctitois- « lance qui ne fait pas beauté en dle-mème, et qui ae sert « qu'à donner de la ressemblanœ an tableau, si cet aoten « a d'ailleurs montré (quelque sens commun , il seroit usa « naturel de supposer qu'il n'a pas inventé cette dna» « tance, et qu'il n'a fait que rapporter une chose réeUe, « bien qu'eUe ne soit pas trfeHsonnue. Rien n'empêcbeqo'oa « ne trouve AleUa une uiéchante production; nuis foie « dire que la nature américaine y est peinle avec la pie « scrupuleuse exactitude. Cest une justice que loi lea- « dent tous les voyageurs qui ont visité la Lonisiaae et « les Florides. Les deux traductions angloises d'^l^s « sont parvenues en Amérique, les papiers publics oat « annoncé, en outre, une troisième traduction publiée « à Philadelphie avec succès. Si les tableaux de cette « histoire eussent manqué de vérité, anroient-ils téofâ « chez un peuple qui pouvoit dire à chaque pas : Ce ne « sont pas là nos fleuves, nos montagnes, nos forêts? « Atala est retournée au désert, et il semble que sa pslrie « l'ait reconnue pour véritable enfant de la aolilode '. >

Mené, qui accompagne Atala dans la présente édtlioo, n'avoit point encore été imprimé à part. Je ne sais s'il ooatinuera d'obtenir la préférence que plusieurs peisonMs lii donnent sur Atala. Il fait suite naturelle à cet épisode, dont il diflEère néanmdns par le style et par le ton. Cesoot à la vérité les mêmes lieux et les mêmes persooDSgB; mais ce sont d'autres mœurs et mï autre ordre de leoliments et d'idées. Pour foute pré&ccy je dterai enoue les passages du Génie du Christianisme et de U Dtfejut qui se rapportent à René.

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