‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 30 sur 170 · EOAPxos AirrnTor · texte numérisé non relu

EOAPxos AirrnTor

Il faut d'abord suppléer à la tôte de l'inscription le mot nP02. Après le premier point, N 204>; après le second , A ; après le troisième , T; au quatrième , AITOYS; au cinquième, enfin, il faut ajouter A AIÛN. On voit qu'il n'y a ici d'arbitraire que le mot AlTOYIirON , qui est d'ailleurs peu importait. Ainsi on peut lire :

npoi

TON lO^ûTATON AVTOKPATOPA TON nOATOrXON AAESANAPiaAÏ AIOKAHTIANON TON AVrOTSTON nOAAION EHAPXOS AlFTOTOr

C'est-à-dire :

« Au très-sage empereur, protecteur d'AIexan- « drie, Dioclétien Auguste; Pollion , préfet d'É- '« gypte. »

Ainsi , tous les doutes sur la colonne de Pompée sontéclaircis*. Mais l'histoire garde-t-elle le silence sur ce sujet ? il me semble que , dans la vie d'un des Pères du désert, écrite en grec par un contemporain , on lit que, pendant un tremblement de terre qui eut lieu à Alexandrie, toutes les colonnes tombèrent, excepté celle de Dioctétien.

M. Boissonade, à qui j ai tant d'obligations, et dont j'ai mis la complaisance h de si gi*andes et de si longues épreuves , propose de supprimer le 11P02 de ma leçon , qui n'est là que pour gouverner des accusatifs, et dont la place n'est point marquée sur la base de la colonne. Il sous-entend alors, comme dans une foule d'inscriptions rapiprtées par Chandier, WhelertSpon, etc. , Itij^riffc, honoraviL M. Boissonade, qui est destiné à

expliquée dans un article du Magasin EncijrhpédiqHc, Tin* année, t. v, p. 55. Cet article mérite d'être elle. Le docte helléniste propose une lecture un p.-u dlfféranle dp la mienne (16).

» Quant à^nscrlpUon; car la colonne est elle-même blea plus nj^deniiF'ciue sa dédicace.

ITINÉRAIBE

nous consoler de la perte ou de la vieillesse de tant de savants illustres , a évidemment raison.

J*eus encore à Alexandrie une de ces petites jouissances d'amour-propredont les auteurs sont si Jaloux , et qui m*avoit déjà rendu si fier à Sparte. Un riche Turc, voyageur et astronome, nommé Aly-Bey el Abassy, ayant entendu prononcer mon nom, prétendit connoltre mes ouvrages. J'allai lui faire une visite avec le consul. Aussitôt qu*il m'aperçut, il s'écria : Ah! mon cher Aiala^ et ma chère René! Aly-Bey me parut digne, dans ce moment, de descendre du grand Saladin. Je suis même encore un peu persuadé que c'est le Tui^c le plus savant et le plus poli qui soit au monde, quoiqu'il ne connoisse pas bien le genre des noms en françois; mais non ego paucis qffendar maculis '.

Si j'avoisété enchanté de l'Egypte, Alexandrie me sembla le lieu le plus triste et le plus désolé de la terre. Du haut de la terrasse de la maison du consul, Jeii*apcrcevois qu'une mer nue qui se brisoit sur des côtes basses encore plus nues , des ports presque vides et le désert libyque s'enfonçant à l'horizon du midi : ce désert sembloit, pour ainsi dire , accroître et prolonger la surface Jaune et aplanie des flots : on auroit cru voir une sçule mer dont une moitié étoit agitée et bruyante , et dont l'autre moitié étoit immobile et silencieuse. Partout la nouvelle Alexandrie mêlant ses ruines aux ruines de l'ancienne cité ; un Arabe galopant sur un âne nu milieu des débris; quelques chiens maigres dévorant des carcasses de chameaux sur la grève ; les pavillons des consuls européens flottant au-dessus de leurs demeures, et déployant, au milieu des tombeaux , des couleurs ennemies : tel étoit le spectacle.

Quelquefois Je montois à cheval avec M. Drovetti , et nous allions nous promener à la vieille ville, à ?îécropolis, ou dans le désert, La plante qui donne la soude couvroit à peine un sable aride; des chakals fuyoient devant nous; une espèce de grillon faisoît entendre sa voix grêle et importune: il rappeloit péniblement à la mémoire le foyer du laboureur dans cette solitude où Jamais une fumée champêtre ne vous appelle à la tente de TArabe. fies lieux sont d'autant pli^ tristes , que les Anglois ont noyé le vaste bassin qui servoit comme de Jardin à Alexandrie : l'œil

* Voilà ce que c*est que laglolre! On in*a dit que cet Aly-Bey étoit Espagnol de naifliance, et qu'il occupoit aujourd'bui uee place en Espagne. Belle leçon pour ma vanité !

(.Vo/e de ta troitiàim édition,)

ne rencontre plus que du sable , des eaux et Tétemelle colonne de Pompée.

M. Drovetti avoit fait bâtir, sur la plate-forme de sa maison , une volière en forme de tente, où il nourrissoit des cailles et des perdrix dediverses espèces. Nous passions les heures à nous promener dans cette volière, et à parler de la France. La conclusion de tous nos discours étoit qu'il falloit chercher au plus tôt quelque petite retraite diDi notre patrie, pour y renfermer nos longues espérances. Un Jour, après un grand raisonnemeDt sur le repos , je me tournai vers la mer, et Je montrai à mon hôte le vaisseau battu du vent sar lequel J'allois bientôt m'embarquer. Ce n'est pas, après tout , que le désir du repos ne soit naturel à l'homme ; mais le but qui nous parott le moins élevé n'est pas toujours le plus facile à atteindre, et souvent la chaumière fuit devant nos vœux comme le palais.

Le ciel fut toujours couvert pendant mon séjoor à Alexandrie, la mer, sombre et orageuse. Je m'endormois et mo réveillols au géaoissement continuel des flots qui se brisoient presque an * pied de la maison du consul. J'aurois pu m'appiiquer les réflexions d'Ëudore , s'il est permis de se citer soi-même :

<« Le triste murmure de la mer est le premier « son qui ait frappé mon oreille en venant à la «( vie. A combien de rivages n'ai-Je pas vu depuis <t se briser les mêmes flots que Je contemple ici! n Qui m'eût dit , il y a quelques années , quef en- « tendrois gémir sur les côtes d'Italie, sur les « grèves des Bataves, des Bretons, des Gaulois, « ces vagues que Je voyois se dérouler sur les « beaux sables de la Me^énie I Quel sera le terme « de mes pèlerinages? Heureux si la mort m*^ « surpris avant d'avoir conmiencé mes courses « sur la terre , et lorsque Je n'avois d'aventuresà « conter à personne I »

Pendant mon séjour forcé à Alexandrie, je reçus plusieurs lettres de M. Gaffe , mon brave compagnon de voyage sur le Nil. Je n'en citerai qu'une ; elle contient quelques détails touchant les affaires de l'Egypte à cette époque :

Rosette, le H février ifloa.

« MoNSicm f

« Quoique nous soyons au 1 4 du courant , fai l'iKifloe*^ « devoas écrire encore, bien persuadé qu*à la reçue de celle- « ci vous serez encore à Alexandrie. Ayant ''*^**^|^*?? « expéditions pour Paris, au nombre de qiiatre,ie prews» « liberté de vous les recommander, et d*af oir la compl»*

DE PABIS A JÉRUSALEM.

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