MBSUBB ACTUELLE DU PLAN DE JÉBU8ALE1C
L'échelle du plan de M. Deshayes demandant quelques éclaircissements, je rendrai un fidèle compte de ce qu'un examen scrupuleux m'y a fait remarquer. On y voit une'petite verge, définie cent pas, et nous en donnons la répétition sur le plan ci-joint. A côté de cette verge en est une plus longue, avec le nombre de cent, et dont la moitié est subdivisée en parties de dix eu dix. Par la combinaison de longueur entre ces deux verges , il est aisé de reconnottre en gros que l'une indique des pas communs, l'autre des toises. Mais je ne dissimulerai point qu'il n'y a pourtant pas une exacte proportion entre ces mesures. L'échelle des pas communs m'a paru donner, en suivant le pourtour de la ville, environ cinq mille cent pas, lesquels à deux pieds et demi , selon la définition du pas commun , fournissent douze mille sept cent cinquante pieds, ou deux mille cent vingt-cinq toises. Or, par l'échelle en toises, on n'en compte qu'environ deux mille, savoir : dans la partie septentrionale, et de l'angle nordest à l'angle nord-ouest, six cent soixante-dix- sept; dans la partie occidentale, jusqu'à l'angle sud-ouest, trois cent cinquante-cinq ; dans la partie méridionale, cinq cent quarante-quatre ; et de l'angle sud-est, en regagnant le premier par la partie orientale, quatre cent vingt-liuit. Total, deux mille quatre. Dans ces mesures, on a cru devoir négliger la saillie des tours et quelques petits redans que fait l'enceinte en divers endroits; mais tous les changements de direo-
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tion et autres détours marqués ont été suivis. Et ce qu'on ne fait point ici , par rapport à la mesure prise selon Téchelie des pas, qui est d'entrer dans le détail des quatre principaux aspects suivant lesquels remplacement de Jérusalem se trouve disposé , a paru devoir être déduit préférablement selon l'échelle des toises, par la raison que cette échelle semble beaucoup moins équivoque que l'autre. Nonobstant cette préférence , qui trouvera sa justification dans ce qui doit suivre, il faut, pour tout dire, accuser la verge de cette échelle des toises d'être subdivisée peu correctement dans l'espace pris pour cinquante toises, ou pour la moitié de cette verge; car cette partie se trouve trop courte, eu égard au total de la verge; et j'ai étendu l'examen jusqu'à m'instruire que par cette portion de verge le circuit de Jérusalem monteroit à deux mille deux cents toises.
Quoiqu'on ne puisse disconvenir que ces variétés ne donnent quelque atteinte à la précision de l'échelle du plan de Jérusalem, il ne conviendroit pas néanmoins de s'en autoriser pour rejeter totalement cette échelle. Je dis que la verge des cent toises me parott moins équivoque que le reste. La mesure du tour de Jérusalem dans son état moderne , et tel que le plan de M. Deshayes le représente, est donnée'par Maundrell , Anglois , dans son royage d'Akp à JéruscUem^ un des meilleurs morceaux sans contredit qu'on ait en ce genre. Cet habile et trèsexact voyageur a compté quatre mille six cent trente de ses pas dans le circuit extérieur des murailles de Jérusalem ; et il remarque que la défalcation d'un dixième sur ce nombre donne la mesure de ce circuit à quatre mille cent soixante-sept verges angloises, c'est-à-dire que dix pas font l'équivalent de neuf verges. En composant une toise angloise de deux verges, puisque la verge est de trois pieds, cette toise revient à huit cent onze lignes de la mesure du pied françois, selon Ja plus scrupuleuse évaluation, ce qui ajoute même quelque chose aux comparaisons précédemment faites entre le pied françois et le pied anglois, comme je l'ai remarqué dans le Traiié des Mesures itinéraires. Conséquemment, les quatre mille cent soixante-sept verges, ou deux mille quatre-vingt-trois et demi toises angloises fourniront un million six cent quatre-vingtneuf mille sept cent dix-huit lignes, qui produisent cent quarante mille huit cent dix pouces, ou onze mille sept cent trente-quatre pieds deux pouces, ou mille neuf cent cinquante-cinq toises quatre pieds deux pouces. Or, si nous mettons cette mesure à mille neuf cent soixante toises de compte rond , et que nous prenions de la même manière celle du plan de M. Deshayes à deux mille, la moyenne proportionnelle ne sera qu'à vingt toises de distance des points extrêmes, ou à un centième du tout. Et que peut-on désirer de plus convenable sur le sujet dont
il est question? On ne troureroit peulFétnpai ée moindres contrariétés entre les divers plans de dm places et villes frontières. Il convient de regarder comme une preuve du choix et de ia préfôreooeqoi demande la verge des cent toises, que, quoiquesoa écart des autres indications de Téchelie du plan consiste à donner moins de valeur de mesure, t«ll^ fois elle pèche plutôt en abondance qu'aotremeit, par comparaison à la mesul^e prise sur le terrain par MaundrelL
HEBORE DB L'SMOBMTB SB l'AHOBRHB iÈUBUWL
Après avoir discuté et reconnu la mesure poiitive de l'espace sur le plan actuel de Jérusalem, voyons les mesures que plusieurs écrivains del'» tiquité nous ont laissées du circuit de Jénisalen. On peut conclure, tant de l'exposition ci-dessos Élite de son état ancien que de (a disposiU» même du terrain , et des circonstances locales qui n'ont pu éprouver de cliangement, qu'il n'y a point à craindre de méprise sur les anciennes limites de cette ville. Elles se circonscrivent sur le lies, oooseulement en conséquence des points de fait qii s'y rapportent, mais encore par oe qui coaneotau lieu même. Ce qui a fait dire è Brocard : ÇmB^ ob locorum munUionem, tran^erri nmf»B^ (Jérusalem) a pristino siiu. De sorte qa'oa jag9 assez positivement de son circuit par le plm Au local , pour pouvoir se permettre de tracer snei plan une ligne de circonférence ou d'enceinte qn soit censée représenter la véritable. Cest ce dont on a pu se convaincre en suivant sur le plan ceqei aétéexposé en détail sur Tancienae Jérusalem. Ildoit donc être maintenant question des mesures qn'on vient d'annoncer.
^ EusèbCy dans sa Prépartiiion éoangétiqfie Hà^' IX, chap. XXXVI), nous apprend, d*aprèsuoarpentcnr syrien, toG rSiç Xuptz; ox^cvof«.<Tpcu y que la mesure de l'enceinte de Jérusalem est de vîngt-«ept stades. D'uo autre côté , Josèphe ( liv.vi de la Guerre des Jvifij chap. vi)compte trente-trois stades dans le même pourtour de la ville. Selon le témoignage duméfloe Eusèbe, Timocharès a voit écrit, dans une histoire du roi Antiochus Épiphanes, que Jérusalem aroft quarante stades de circuit. Aristéas , auteur d'uM histoire des septante interprètes qui travaillèrent sous Ptolémée Philadelplie, convient sur cette me sure avec Timocharès. Enfin, Hécatée, cité par Josèphe dans son livre !•' contre Appion, donnoità Jérusalem cinquante stades de circonférence. Le* nombres des stades ici rapportés roulent de vingtsept à cinquante. Quelle diversité! Comment reconnottre de la convenance dans des indications qsi varient jusqu'à ce point .> Je ne sache pas que cette convenance ait encore été développée. Elle s J"*'
qa*à présent fort embarrassé les savants; téinoin RéJantl « un des plus judicieux entre tous ceux qui ont traité ce sujet, et qui, après avoir déféré à la mesure de Josèplie , de trente-trois stades, s'explique ainsi, page 8S7 : Non confirmabo sententiam noiiram iesiimoniorwri^i'j^iai oxcivofi^rpcu , quiam' bitvm Hierosolymae viginti et septem stadli .d!ç/!iil«t^ apud Eusebiuniy etc.
Cette mesure de vingt-sept stades , la première que nous alléguions , semble néanmoins mériter une déférence particulière, puisque c'est Touvrage d'un arpenteur qui a mesuré au cordeau, oxotvofi.<Tpcu. Un plus petit nombre de stades que dans les autres mesures indiquées doit naturellement exiger la plus grande portée du stade, qui est sans difficulté celle du stade le plus connu, et que Ton nommeolympique. Son étendue se définit à quatre vingt-quatorze toises deux pieds huit pouces , en vertu des six cents pieds grecs dont il est composé, et de Tévaluation du pied grec à mille trois cent soixante parties du pied de Paris divisé en mille quatre cent quarante, ou onze pouces quatre lignes. Les vingt-sept stades reviennent donc à deux mille cinq cent cinquante toises. Qr, la trace de Tancienne enceinte de Jérusalem, dans le plus grand espace qu'elle puisse embrasser, paroîtra consumer environ deux mille six cents toises de Téchelie prise sur le plan de M. Desbayes. On s'en éclaircira si Ton veut par soi-même en prenant le compas. Mais remarquez au surplus que, parla mesure de Maundrell , qui ne donne que mille neuf cent soixante au lieu de deux mille, dans le circuit actuel de Jérusalem , ou un cinquantième de moins, Fenceinte dont il s'agit se réduit à deux mille cinq eent cinquante toises, conformément au produit des vingt-sept stades. Ainsi, ayant divisé, pour la commodité du lecteur, la trace d'enceinte de l'andenne Jérusalem en parties égales et au nombre de cinquante et une, cbacune de ces parties prend à la lettre l'espace de cinquante toises, selon la mesure de Maundrell ; et le pis-aller sera que quaranteneuf en valent cinquante, selon l'écbelle du plan. Mais , dira-t-on , ce nombre de stades étant aussi coDTenable à la mesure de l'enceinte de Jérusalem, il ûiut donc n'avoir aucun égard à toute autre indication. Je répomlrai que les anciens ont usé de différentes mesures de stade dans des temps différents, et quelquefois même dans un seul et même temps. Ils les ont souvent employées indistinctement, et sans y faire observer aucune diversité d'étendue. Ils nous ont laissés dans la nécessité de démêler, par de l'application et de la critique , les espèces plus convenables aux circonstances des temps et des lieux. On ne peut mieux faire que de calculer les trente-trois stades de la mesure de Josèphesur le pied d'un stade plus court d'un cinquième que le stade olympique , et dont la connoissance est
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développée dans le petit Traité que j'ai publié sur les Mesures Uifiéraires. Il semble que le raccour^ cissement de ce stade le rendit méiue plus propre aux espaces renfermés dans reaceiute des villes , qu'aux plus grauds qui se répandeut dans létendue d'une région ou contrée. La mesure que Diodore de Sicile etPliue ont donnée de la longueur du grand cirque de Rome ne convient qu'à ce stade, et non au stade olympique. Ce stade s'évaluant sur le pied de soixante-quinze toises trois pieds quatre pouces, le nombre de trente-trois stades de cette mesure produit deux mille quatre cent quatre-vingt-treize toises deux pieds. Or,.que s'en faut-il que ce calcul ne tombe dans celui des vingt-sept stades précédents? cinquante et quelques toises. Une ^fraction de stade, une toise de plus, si Ton veut, sur Téva* luation du stade, ne laisseroient , à la rigueur, aucune diversisté dans le montant d'un pareil calcul. Ou exigera peut-être que , indépendamment d'une convenanee de calcul, il y ait encore des raisons pour croire que l'espèce de mesure soit par ellemême applicable à la circonstance en question* Comme le sujet qu'on s'est proposé de traiter dans cet écrit doit conduire à la discussion des mesures hébraïques, on trouvera ci-après que le mille des Juifs se compare à sept stades et demi , selpn ce que les Juifs eux-mêmes en ont écrit ; et que ce mille ' étant composé de deux mille coudées hébraïques, l'évaluation qui en résulte est de cinq cent soixanteneuf toises deux pieds huit pouces. Consequemment le stade employé par les Juifs revient à soixante-treize toises moins quelques pouces, et ne peut être censé différent de celui qu'on a fait servir au calcul ci-dessus. L'évaluation actuelle ayant même quelque chose de plus que celle qui m'étoit donnée précédemment de cette espèce de stade , les trente-trois stades du circuit de Jérusalem passeront deux mille cinq cents toises, et ne seront qu'à quarante et quelques toises audessous du premier montant de ce circuit. Mais on peut aller plus loin , et vérifier l'emploi que Josèphe personnellement fait de la mesure du stade dont il s'agit, par l'exemple que voici : au livre xx de ses Antiquités, chap. vi , il dit que la montagne des Oliviers est éloignée de Jérusalem de cinq stades. Or, en mesurant sur le plan de M. Deshayes, qui s'étend jusqu'au sommet de cette montagne, la trace de deux voies qui en descendent, et cette mesure étant continuée jusqu'à l'angle le plus voisin du temple, on trouve dix-neuf parties de vingt toises, selon que la verge des cent toises, divisée en cinq parties, les fournit ; donc , trois cent quatrevingts toises; par conséquent cinq stades de l'espèce qui a été produite, puisque la division de trois cent quatre-vingts par cinq donne soixante-seize. II n'est point ambigu que, pour prendre la distance dans le sens le plus étendu , ou ne peut porter le
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ternie plus loin que le sommet de la montagoe. Ce n'est donc point Teffet du hasard , ou un emploi arbitraire, c*est une raison d*u8age qui donne lieu à la convenance du calcul des trente-trois stades sur le pied qu*on vient de voir.
Je passé à Tindication de Tenoelnte de Jérusalem à quarante stades. L'évaluation qu'on en doit faire demande deux observations préalables : la première, que les auteurs de qui nous la tenons ont écrit sous les princes macédoniens qui succédèrent à Alexandre dans rOrient; la seconde, que la ville de Jérusalem , dans le temps de ces princes , ne oomprenoit point encore le quartier nommé Betetha, situé au nord du temple et de la tour Antonia, puisque Josèphe nous apprend que ce fut seulement sous Tempire de Claude que ce quartier commença à être renfermé dans les murs de la ville. 11 parottra singulier que, pour appliquer à Tenceinte de Jérusalem un plus grand nombre de stades que les calculs précédents n'en admettent, il convienne néanmoins de prendre cette ville dans un état plus resserré. En conséquence du plan qui nous est donné, j'ai reconnu que Texclusion de Bezetha apportoit une déduction d'environ trois cent soixante-dix toises sur le circuit de l'enceinte, par la raison que la ligne qui exclut Bezetha ne valant qu'environ trois cents toises, celle qui renferme le même quartier en emporte six cent soixante-dix. Si l'enceinte de Jérusalem, y compris Bezetha, se monte à deux mille cinq cent cinquante toises , selon le calcul des vingt-sept stades ordinaires, auquel la mesure de Maundrell se rapporte précisément, ou à deux mille six cents pour le plus, selon l'échelle du plan de M. Deshayes : donc, en excluant Bezetha, cette enceinte se réduit à environ deux mille cent quatre-vingts toises ou deux mille deux cent vingt-quatre au plus.
A ces observations j'ajouterai qu'il est indubitable qu'un stade particulier n'ait été employé dans la mesure des marches d'Alexandre, stade tellement abrégé par comparaison aux autres stades, qu'à en juger sur l'évaluation de la circonférence du globe donnée par Aristote, précepteur d'Alexandre, il entrera mille cent onze stades dans l'étendue d'un degré de grand cercle. On trouvera quelques recherches sur le stade qui se peut appeler macédonien, dans le Traité des Mesures ilinér(tires.Vévd\uîxiionqm résulteroit de la mesure d'Aristote n'y a point été adoptée à la lettre et sans examen; mais, en conséquence d'une mesure particulière de pied, qui pa. rott avoir été propre et spéciale à ce stade, réten« duedu stade s'établit de manière que mille cinquante sont sufGsants pour remplir l'espace d'un degré. Ce stade, par une suite de la connoissance de son élément , ayant sa déûnition avec quelque précision à cinquante-quatre toises deux pieds cinq pouces, les quarante stades fournissent ainsi deux mille cent
I soixante-seize toises. Or, n'est-ce pas là positivement le résultat de ce qui précède? Et ea rétablissant les trois cent soixante-dix toises que rexdusioo de Bezetlia fait soustraire, ne retrouve-t-oa pas le montant du calcul qui résulte de la prenuère mesure des vingt-sept stades?
Qu'il me soit néanmoins permis de remarquer, en passant, que Ton ne sauroit supposer qu'il pât être question en aucune manière de ménager des convenances par rapport à l'enceinte de Jérusalem, dans les déiiuitions qui ont paru propres à chacuoe des mesures qu'on y voit entrer. Si toutefois ces convenances sont d'autant plus frappantes quViles sont fortuites, n'est-on pas en droit d'en conclure que les définitions mêmes acquièrent par là Tavantoge d'une vérification?
Il reste une mesure de cinquante stades , attribuée à Hccatée. On n*auroit pas lieu de s'étonner que cet auteur, en faisant monter le nombre des habitanU de Jérusalem à plus de deux millions, environ deux millions cent mille, edt donné plus que moins à son étendue, qu'il y eût compris des fauboujrgsoo habitations extérieures à Tégard de Tenceinte. Maïs ce qui pouvoit être vrai du nombre des Juiis qai affiuoient à Jérusalem dans le temps pascal oe convient point du tout à l'état ordiuaire de cette r/iie. D*ailleurs, si nous calculons ces cinquante stades sur le pied du dernier stade, selon ce qu/paroft plus à propos, la supputation n'ira guère qu'à deux mille sept cents toises; ainsi l'évaluation ne passera que d'environ cent toises, ce qui résulte de l'échelle du plan de iM. Deshayes.
En s'attachant à ce qu'il y a de plus positif dans tout ce corps de combinaison , il est évident que la plus grande enceinte de Jérusalem n'alloit qu à environ deux mille cinq cent cinquante toises. Outre que la mesure actuelle et positive lèvent ainsi, le témoignage de l'antiquité y est formel. Par une suite de cette mesure , nous connoîtrons que le plus grand espace qu'occupoit cette ville , ou sa longueur, n'alloit qu'à environ neuf cent cinquante toises, sa largeur à la moitié>. On ne peut comparer son étendue qu'à la sixième partie de Paris, en n'admettant même dans Mte étendue aucun des faubourgs qui sont au dehors des portes. Au reste, il ne conviendroit peut-être pas de tirer de cette comparaison une réduction proportionnelle du nombre ordinaire des habitants de Jérusalem. A l'exception de Tespace du temple, qui même avoit ses habitants, la ville de Jérusalem pouvoit être plus paiement serrée partout que ne Test une ville comme Paris, qui contient des maisons plus spacieuses et des jardins plus vastes qu'il n'est convenable de les supposer dans l'ancienne Jérusalem , et dont on composeront retendue d*une grande ville.
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OPIKIONS PBECEDEIMTES SUE L ETENDUE DE
JEEUSALEM.
La mesure de Tenceinte de Jérusalem ayant tiré sa détermînatîoa de la comparaison du local même, avec tontes et chacune des ancienpes mesures qui sont données , il n^est pas hors de propos de considénsr jusqu'à quel point on s*étoit écarté du vrai sur ee sujet. Villalpando a prétendu que les trente-trois stades marqués par Josèpheserapportoient à retendue seule de Sion , indépendamment du reste de ta ville. J'ai combiné quMls*ensuivroit d'une pareille hjqpothèse que le circuit de Jérusalem consumeroit par proportion soixante^inze stades. Et sans pren* dre d'autres mesures de stade que celle qui parott propre aux trente-trois stades en question , la sup- ]^atatlon donnera cinq mille sept cents toises. Ce sera pis encore , si l'on ne fait point la distinction des stades, et qu*on y emploie le stade ordinaire, d'autant que les autres ont été peu connus jusqu'à présent. La mesure de ce stade fera monter le calcul à près de sept mille deux cents toises, ce qui triple presque la vraie mesure. Or, je demande si h disposition du local, et la mesure d'espace qui y est propre, peuvent admettre une étendue analogue à de pareils décomptes? Pouvons-nous déborder l'emplacement de Sion ? Ne sommes-nous pas arrêtés d*un côté par la vallée de Cédron , de l'autre par le lieudo Calvaire PD'ailleurs, Josèphe nedétruit-il pas cette opinion, comme le docte et judicieux Réland Ta Inen remarqué, en disant que le circuit des lignes dont Tite investit Jérusalem entière, étoit de trenteneuf stades? Dans un juste calcul de l'ancienne enceinte de cette cité, on ne se trouve point dans le besoin de recourir au moyen d'oppositions, qui s'emploie d'ordinaire , lorsque les mesures données par les anciens démentent une hypothèse, qui est de voalôir qu'il y ait erreur de chiffres dans le texte.
Le père Lamy, dans son grand ouvrage De sancta Cîvitateet TemplOy conclut la mesure du circuit de Jérusalem à soixante stades -, se fondant sur la supposition que cette enceinte contenoit cent vingt tours, dont chacune, avec sa courtine, fourniroit deux cents coudées, ou un demi-stade. Il est vrai que ce nombre de coudées d'une tour à l'autre se tire de Josèphe. Mais, comme le même historien parle de cent soixante-quatre tours, distribuées en trois murailles différentes; que dans l'étendue de ees murailles est comprise une séparation de Sion d'avec Acra; qu'Acra étoit divisée par on mur intérieur, et avoit sa séparation d'avec Bezetha , il est difficile de statuer quelque chose de positif sur un pareil fondement; et 11 resterait toujours beaucoup d'incertitude sur ce point, quand même la mesure actuelle des espaces n'y feroit aucun obstacle. On
peut encore observer que le savant auteur que nous citons ne se trouve point d'accord avec lui-même, quand on compare avec son calcul le plan qu'il a donné de Jérusalem. Car il y a toute apparence que les stades qu'il emploie sont les stades ordinaires; puisque, dans le lYaité des Mesures, qui sert de préliminaire à son ouvrage, il ne donne point de définition de plus d'une espèeede stade. Sur ce pied, l'enceintede Jérusalem,dans le calcul du père Lainy, s'évalue cinq mille six cent souante et quelques toises. Or, selon le plan dont je viens de parler, le circuit de Jérusalem est aux côtés du carré du tem-* pie comme quarante et un est à deux; et l'échelle qui manque à ce plan se supplée par celle que l'auteur a appliquée à son Ichnographie partieulière du temple , dont les côtés sont évalués environ mille cent vingt pieds françois. Conséquemment le circuit de la ville, dans le plan, ne peut aller qu'à environ vingt-trois mille pieds, ou trois mille huit cent trente et quelques toises , qui n'équivalent qu'à quarante et un stades au plus. Si même on a égard à ce que le plan du père Lamy semble conforme à une sorte de perspective, et que la partie du temple s'y trouve dans le reculement, il doit s'ensuivre que ce qui est sur le devant prend moins d'espace; ce qui réduit encore par conséquent le calcul de l'enceinte. Le plan de M. Deshayes étoit donné au père Lamy; la mesure prise sur le lieu par Maundrell avoit été publiée. Seroit-ce que les savants veulent devoir tout à leurs recherches , et ne rien admettre que ce qui entre dans un genre d'érudition qui leur est réservé?
Ce qu'on vient d'observer dans deux célèbres auteurs, qui sont précisément ceux qui ont employé le plus de savoir et de recherches sur ce qui concerne l'ancienne Jérusalem, justifie, ce semble, ce qu'on a avancé dans le préambule de ce Mémoire, que l'étendue de cette ville n'avoit point été déterminée jusqu'à présent avec une sorte de précision , et qu'on avoit surtout exagéré beaucoup en ce point.
MESUAB DE L'BTENDUS DU TSHPLE.
Maundrell , qui a donné la longueur et la largeur du terrain compris dans l'enceinte de la fameuse mosquée qui occupe l'emplacement du temple , ne paroît pas avoir fait une juste distinction entre ces deux espaces, à en juger par le plan de M. Deshayes. Il donne à la longueur cinq cent soixante-dix de ses pas, qui, selon l'estimation par lui appliquée à la mesure de l'enceinte, reviendroient à cinq cent treize verges angloises , dont on déduit deux cent quarante toises. Cependant on n'en trouve qu'environ deux cent quinze sur le plan. L'erreur pourroit procéder, du moins en partie, de ce que Maundrell auroit jugé l'encoignure de cet emplacement plus voisine de la
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pofttdiUétSaial'iM^mMe. Mais et qaH y a tf'cs- Mfitid , cette erreor oe lire point du tout à cooséqueoee pour ee qui regarde reocelate de b vilje; car, dans la mesure de MaundreU , la partie de cette eaceiAte comprise eutre la porte dont oo vieot de parler et I aogie sud-est de la Tilie, qui est en même temps celui du terrain de la mosquée, se troave emplojée pour six ceot Tingt des pas de ce tojigeur; et, selon sou estimation, ce sont doq cent doquaote-huit verges angloises, doot le calcul produit deux cent soixante-deux toises, à quelques ponces prés. Or, Fédielledu plan paroit ÊMimir deux cent soixante-cinq toises , qui en valent environ deux cent soixante, en se servant à la rigueur de la proportion reconnue entre cette échelle et la mesure de llaundrell.
Dans les extraits tirésdesGéo^ro/xAesorieJi/aacx, par Fabbé Renaudot, et qui sont manuscrits entre mes mains, la longueur du terrain de la mosquée de Jérusalem est marquée de sept cents quatre- Tiogt-quatorze coudées. Cestde la coudée arabique qu*il est ici question. Pour ne nous point distraire de notre objet actuel par la discussion particulière que cette coudée exigeroit, je m^eo tiendrai, quant à présent, à ce qui en feroit le résumé; et ce que j*aurois à exposer en détail pour y conduire et lui servir de preuve peut Caire la matière d^un article séparé à la suite des mesures hébraïques. Qu*il suffise ici qu*im moyen non équivoque de connoître la coudée d*usage chez les Arabes est de la déduire du mille arabique. Il étoit composé de quatre mille coudées : et , vu que, par la mesure de la terre prise sous le calife Al-Mamoun , le raille ainsi composé 8*évalue sur le pied de cinquante-six deux tiers dans Tcspace d'un degré, il s*ensuit que ce mille revient à environ mille six toises , à raison de cinquantesept mille toises par degré, pour ne point entrer dans une délicatesse de distinction sur la mesure des degrés. Donc mille coudées arabiques sont ^ales à deux cent cinquante toises, et de plus neuf pieds qui se peuvent négliger ici. £t, on supposant huit cents coudées de compte rond au lieu de sept cent quatre-vingt-quatorze, il en résulte deux ceuts toises de bonne mesure. Ainsi le compte de deux cent quinze toises, qui se tire du plan de Jérusalem figuré dans toutes ces circonstances , est préférable à une plus forte supputation.
La largeur du terrain de la mosquée est, selon Maundrell, de trois cent soixante-dix pas, dont on déduit cent cinquante-six toises quatre pieds et demi. Or, la mesure du plan revient à environ cent soixante-douze. Et ce qu^on observe ici est que la mesure de Maundrell perd en largeur la plus grande partie de ce qu*elle avoit de trop sur sa longueur. D*oii Ton peut conclure que le défaut de précision en ces mesures consiste moins dans leur
prodnit en gôicral qne dMt lenr dtttrilMtiQB. Il j a toute apparence qœ les édifices adbéreats à renccinte de la mosquée, dans llntérieor de la tille, ont rendu la mesure de cette eoceàHe plus dîfiicile à bien prendre qne nette de b Tille. Maundrell STove même qœ c'est d^nne «ippntafion frite sur les (fehors qull a tiré sa nMsnre. Et le détail du» leqwl nous n'a vons point évité d'entrer svr cet artide £n voir que , notre examen s'étant porté sur toutes les drcottstances qui se troavoieot données, H oja rien de dissimulé ni d'ajutté dans le compte ipi oo
La mosquée qui remplace le tesnple est singulièrement respectée dans l'islamisme. Omar, tyM pris Jérusalem, la quinzième année de lliégire(de J. C 637) , j^a les fondements de eette mosquée, qui reçut de grands embellissements de la part éi calife Abd-d-Melik, fils de Mervan. Les nuhonétans oot porté la vénération pour ce lieu josqu'as point de le mettre en parallèle avec leur sanetoaire de la Mecque, le nommant jiiacsa, ce qui àffàk extremum sive ulieriM* , par opposition à ee sao^ tuaire; et il y a toute apparence qu'ils se soot ait im objet capital de renfermer dans son enceiote tofit
Femplacemeot du temple judaïque, Mmm om^ SacriJimdMm^ dit Golius dans ses notes saTaots stir VAstronanùe de F AfEiergane , page 1 36. Phocas, que j'ai déjà cité, et qui écrivoit dans le doiziéoe siècle, est précisément de cette opinion, ^ ^ le terrain qui environne la mosquée est TaockoK aire du temple , «oXaiâv r&iî fix-]^xXcu v«cô iiai^' Quoique ce temple eût été détruit, il n étoit pas possible qu*ou ne retrouvât des vestiges, qu'on oe reconnût pour le moins la trace de ces bdtisses prodigieuses qui avoient été faites pour égaler les côtés du temple et son aire entière , au terrain da temple même , placé sur le sommet du mont Moria. Us quatre côtés qui partageoient le circuit du temple étoient tournés vers les points cardinaux du monde; et on avoit eu eu vue que l'ouverture du temple fût exposée au soleil levant, en tournant le Sa»cta Sanctorum vers le côté opposé. £n cela oo s étoit conformé à la disposition du tabernacle ; et ces circonstances ne souffrent point de difficuilés. Ort la disposition des quatre faces se remarque encore dans Tenceinte de la mosquée de Jérusalem , dont les côtés sont , à treize ou quatorze degrés près, orientes conformément à la boussole plac^ sur le ç^^ de M. Deshayes. Supposé même que la disposition de cette boussole dépeqde du nord de l'aimant, et qu'elle doive souffrir une déclinaison occidentale; que de plus cette position ne soit pas de la 1^ grande justesse, il peut s'ensuivre encore plus de précision dans Torientement dont U s'agit» On trouve dans Sandys, voyageur aoglois, un pe^ plan de Jérusalem qui, ne pouvant être mis en P>'
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nllèle pour le mérite avec edoi de M. Deshayes , tire néanmoios beaucoup d^avautage d*une conformité assez générale avec ce plan; et, selon les aires de vent marquées sur le plan de Sandys , chaque face du carré du temple répond exactement à ce qui est indiqué N. S. E. W.
Mais il semble qu'il y ait une égalité établie entre ks côtés du temple judaïque, ce qui forme un carré phis r^^lier que le terrain ^ctuel de la mosquée BBhométane. On convient généralement que la menire d*Ézéchiel donne à chacun des côtés cinq cents eoodées. Quoique dans l'hébreu on lise des verges pour des coudées, et dans la ytdgate, caiamoê jfour ctsbUos , la méprise saute aux yeux , d'autant que la eeUamus ne comprenoit pas moins de six coudées; et d'ailleurs la version grecque, faite appafcoimeot sur un texte plus correct , dit précisément, «^tic «ivroKcmouf. Rabbi-Jéhuda , auteur de la Mitnaf et qui a ramassé les traditions des Juifs sur le temple, dans un temps peu éloigné de sa destruction (il viToit sous Antonin-Pie), s'accorde sur le même point , dans le traité particulier intitulé HHd-' doik ou la Mesure. On ne peut donc révoquer en doute que telle étoit en effet l'étendue du temple.
Noos avons une seconde observation à faire , qui est que cette mesure ne remplira point non-seulement la longueur, mais même la largeur ou plus eoorte dimension du terrain de la mosquée , quelque disposé que Ton puisse être à ne point épargner sur la longueur de la coudée. Ézéchiel doit nous porter en effet à supposer cette mesure de coudée plutôt forte que foible, disant aux Juifs captifs en Babyloae(xL, 5, et xuiit 13), que, dans la construction d^ua nouveau temple, dans le rétablissement de l'autel, ils doivent employer la coudée sur une mesore plus forte d'un travers de main, ou d'une
palaie , que la coudée, iv levui toO inixi»C3Cxt iroXaiffrf^ ,
dit la version grecque, in cubito cubiii et paimi. Plusieurs savants, entre autres le père Lamy, ont pensé que la coudée hébraïque pouvoit être la même mesure, ou à peu près, que le dérah ou la coudée égyptienne, dont l'emploi dans la mesure du débordement du Ki\ a dû maintenir dans tous les temps la longueur sans altération (vu les conséquences), et la rendre invariable, malgré les changements de dominations. Greaves, mathématicien anglois, et Cumberland, évêque de Peterborough , trouvent dans Tapplication du dérah à divers espaces renfermés dans la grande Pyramide, où cette mesure 8*emploie complète et convient sans fraction, une preuve de sa haute antiquité. Il est fort probable, au surplus, que les Israélites, qui ne devinrent un j)euple, par la multiplication d*une seule Êunille , que pendant leur demeure en Egypte , et qui lurent mêmeemployés aux ouvrages publics dans ce pays, en durent tirer tes mesures dont on se servoit
dans ces ouvrages. Auparavant cela , les patriarches de cette nation ne bâtissant point, n'étant même point attachés à des possessions d'héritages , il n'y a pas d'apparence qu'ils eussent en partage, et pour leur usage propre, des mesures particulières assu* jetties à des étalons arrêtés et fixés avec grande précision, puisque les choses de cette espèce n'ont pris naissance qu'avec le besoin qu'on s'en est fiait. Moïse , élevé dans les sciences des É^ptiens , a dd naturdlement tirer de leur mathématique ce qui pouvoit y avoir du rapport dans les connoissanees qu'il avoit acquises. Quoi qu'il en soit , une circonstance horsde toute équivoquedansl'emploi du dérah , est qu'on ne peut donner pliis d'étendue à ce qui prend le nom de coudée. Greaves, ayant pris sur le nilomètre du Caire la mesure du dérah , en a fait la comparaison au pied anglois; et, en supposant ce pied divisé en mille parties, le dérah prend mille huit cent vingt-quatre des mêmes parties. Par la comparaison du pied anglois au pied françois, dans laquelle le pied anglois est d'un sixième de ligne plus fort qu'on ne Tavoit estimé par le passé, le dérah équivaut à vingt pouces et demi de bonne mesure du pied françois. Partant, les cinq cents coudées, sur la mesure du dérah, font dix mille deux cent cinquante pouces, qui fournissent huit cent cinquante-quatre pieds, ou cent quarante-deux toises deux pieds. Ainsi , on a été bien fondé à dire que la mesure du temple est inférieure à l'espace du terrain de la mosquée, puisque cette mesure n'atteint pas même celle des dimensions de ce terrain , qui prend moins d'étendue, ou sa largeur. Queseroit-ce si on refusoit à la coudée hébraïque, considérée étroitement comme coudée , autant de longueur que le dérah en contient?
Cependant , quand on fait réflexion que le sommet du mont Moria n'a pris l'étendue de son aire que par la force de l'art , on a peine à se persuader qu'on ait ajouté à cet égard aux travaux du peuple juif ; travaux qui , à diverses reprises , ont coûté plusieurs siècles, comme Josèphe l'a remarqué. L'édiGce octogone de la mosquée étant contenu dans l'espace d'environ quarante-cinq toises, selon l'échelle du plan , l'espèce de cloître intérieur qui renferme celte mosquée n'ayant qu'environ cent toises en carré, on ne présume pas que les mahométans eussent quelque motif pour étendre l'enceinte extérieure au delà des bornes que les Juifs n'avoient prises qu'en surmontant la nature. Ces considérations donnent tout lieu de croire que le terrain que l'on voit dépendant de la mosquée appartenoit en entier au Temple; duquel terrain la superstition mahométane a bien pu ne vouloir rien perdre, sans vouloir s'étendre plus loin. Le père Lamy, dans la distribution des parties du temple, distinguant et séparant V Atrium Gentium d'avec celui des Israé-
PIÈCES JUSTIFICATiyES.
lites , en quoi il diffère de Villalpande , a jagé que cet Atrium des GeoUls étoit extérieur au Heu mesuré par Ézéchiel. Or, il semble que la discussiou dans laquelle nous venons d'entrer favorise cette opinion, et que cette même opinion fournisse remploi convenable du terrain qui se trouve surabondant. Lightfooti dans ce qu*il a écrit sur le temple, cite un endroit du TVi^tief ajouté au Middoth, qui dit que le mont Moria surpassoit la mesure de cinq cents coudées; mais ce qui sortoit de cette mesure i)*étoit pas réputé saint comme ce qui y étoit renfermé. Cette tradition juive prou veroit deux choses : Tune que Taire du mont Moria avoit été accrue au delà même de ce qui se renferme dans ia mesure d*£zéchiel, ainsi qu>n effet nous renuirquons que Tespace actuel est plus grand ; Tautre que rexcédant de cette mesure ne peut mieux s'entendre que du lieu destiné ou permis aux Gentils qu'un motif de vénération pour le Dieu d^Israël conduisoit à son temple, mais qui n'étoient pas regardés comme do véritables adorateurs. Ces circonstances ont une singulière convenance à ce qui est dit au cliap. xi de V Apocalypse, où saint Jean, ayant reçu ordre de mesurer le temple de Dieu, datu.% est mihi calamus simUis virgx, et (Uctum est mihi : Mettre Templum Deiy altare, et adoran* tes in eo, ajoute : Atrium vero quod est forts TempitMi,., ne metiarls iitud, quofUam datum est Gen- Hhus. Cet article, ne metiaris, nous donne à entendre que, dans la mesure du temple, on a pu et d(l même se renfermer dans un espace plus étroit que Taire entière du temple ; et ce qui précède, savoir y^^rêtem quod est forts y nous fait néanmoins connoître un supplément d'espace à cette mesure, et nous apprend en même temps sa destination, quoniam datum est Genitbus, Cet endroit de VApocalypse peut avoir un fondement absolu et de comparaison (indépendamment de tout sens mystique ou figuré) sur la connoissance que saint Jean avoit conservée du temple même de Jérusalem. Josèphe , qui attribue au temple une triple enceinte, désigne indubitablement par là trois espaces différents. De manière qu'outre V Atrium Sacerdotum et V Atrium Israelitarum, desquels on ne peut disputer, il faut de nécessité admettre un troisième espace , tel en effet qu'il se manifeste ici.
Le père Lamy , que Tbabileté en architecture a beaucoup servi dans sa description du temple, appliquant la mesure des cinq cents coudées à l'enceinte de V Atrium des Israélites , et pratiquant un Atrium extérieur avec une sorte de combinaison dans les proportionsdesparties du temple, se trouve conduit par là à attribuer environ deux mille six cent vingt coudées hébraïques au pourtour de son Ichnographie du Temple, Ce nombre de coudées, sur le même pied que ci-dessus » revient à s^t
cent quarante-six toises. Or, rappekms-ooiit quels longueur du terrain de la mosquée de Jénisalen, déduite du plan de cette ville , a été donnée d'environ deux cent quinze toises : la largeur d'en vin» cent sohante-douxe.*Mttltipliez chacune de ces soinmes par deux , vous aurez au total sept cent soixan» te-quatorze toises. Sur quoi en peut vouloir rabattre un cinquantième, on quinze à seize toises pour mettre l'échelle du plan au niveau de ce quia paru plus convenable dans la mesure totale de Tenceinte de Jérusalem. £t sur ee piod il n'y am que treize ou quatorze toises de plus oo de moisi dans la supputation du circuit du terrain qui appa^ tient au temple. Il est vrai que le père Lamy a employé en quatre côtés égaux la quantité de ■»sure qui a quelque inégalité départage dans ceqi» fournit le local. Mais qui ne voit que la parfaite égalité dans le père Lamy n'a d'autre fondemest qu'une imitation ou répétition de œ qui éloft propre au corps du temple, isolé de V Atrium ^lé* rieur des Gentils? Et, vu qu'aucune ciiconstaBei de dit ne sert de preuve à une semblable répétitioa, plus aisée vraisemblablement à imaginer que piepre au terrain , elle ne peut être regardée cooa» positive.
Après avoir reconnu quelle étoit retendue ds temple , on ne peut s'empêcher d'être extréoMMat surpris que ce qu'on trouve dans Josèpbe tara sujet soit peu conforme au vrai. On ne coofRaé pas que cet historien , qui , dans les autres circonstances , cherche avec raison à donner une hante idée de cet édifice, ait pu se tenir fort au-dessoH de ce qu'il convient d*attribuer à son étendue. Ui côtés du carré du temple sont comparés à ia longueur d'un stade, en quoi il parott s*étre mépris comme du rayon au diamètre; et, dans un autre endroit, le circuit du terrain entier, y eoospris même la tour Antonla, qui tenoit à l'angle noidouest de Tenceinte du temple, est estimé six stades. Il auroit pu écrire ^«xx au lieu d'H, en usantdu stade qui lui parott propre dans la mesure de Tenceints de Jérusalem , et dont les dix fournissent sept ecat soixante toises, ce qui prend le juste milieu des supputations qu'on vient de voir.
DES HSSUBE8 UKBAAÏQUBS BB LONGDBUB.
Je terminerai cet écrit par quelque dîscussIoD des mesures hébraïques propres aux espaces. Cette dis* cussion se lie d'autant mieux à ce qui précède, qu'elle fournit des preuves sur plusieurs points. H ne parott pas équivoque que la coudée , dite eo hébreu amek {per aleph , mem^ he) en langue chaidtàqae ametha , appelée par les Grecs ic^xuci d'oà est venu le mot deptc y et autement ukitn , &oà les Latins ont pris le motd'ulaa, ne aoit on élément
PIÈCES JUSTIFICATIVES
de mesure qu'il soit très-essentiel de vérifier. La mesure que cette coudée a prise ci-dessus par rapport à rétendue du temple parott assez convenable pour qu'elle en tire déjà grand avantage. Voyons si elle se peut répéter d'ailleurs, ou déduire de quelfoe autre moyen*
Si ToD s'en rapporte au rabbin Godolias sur To-
piaion de BfaJoionides , la coudée hébraïque se corn-
psre a raoae de Bologne ; et , de cette oomparaison,
le docteur Cumberland , évéque de Peterborougb , a
eoaelu la eoudée de vingt et un pouces anglois et
sept oeot trente-cinq millièmes de pouce, comme je
l'apprends d'Arbuthnot {Traité despoUU, mon-
ueies et mesures) , ce qui revient à vingt pouces et
eavinm cinq lignes du pied de Paris , et ne diffère
par cooséquent que d*une ligne en déduction de
Févaluatioii propre au dérak ou à la coudée ^yp-
tienoe.
Mais un moyen de déterminer la mesure de la coudée hébraïque, duquel je ne sacl)e point qu'on ait fait usage, tout décisif qu'il puisse parottre, est ceitti-ô : les JuiiiB conviennent à définir Viter salh boUemm, oo retendue de chemin qu'ils se permettoieat le jour du Sabbat, en dérogeant au précepte du z?i* chapitre de V Exode, y. 80,: NuUuê egre^ diaimr de loco $uo die ëepUmo} ils conviennent, di^^ sur le pied de deux mille coudées. L'auteur de IkPmrQiphraMeChaldKaque s'en explique positivement , à l'ooeasion du y. 6 du chap. i^' du livre de Jltf(4. OEcumenlus confirme cette mesure par le téoKHgnage d'Origène, lorsqu'il dit que le mille, étant ^al au chemin sabbatique , comprend ^toxtXttiv «i)r.wv. Le TrtMé des mestares jttdaîques composé par saint Épiphane, qui, étant né Juif et dans la Palestine, devoit être bien Instruit du fait dont il s'agît, nous apprend que l'espace du chemin sabba* tique revient à la mesure de six stades. Pour donner à la coudée en question plus que moins d'étendue, on ne peut nûeux faire que d'employer ici le stade ordinaire, dont huit remplissent Tespaced^un mille romain , et qui semble même avoir prévalu sur tout autre stade dans les bas temps. La mesure de ce stade, définie à quatre-vingt^uatorze toises deux piedshuit pouces, étant multipliée par six, four* nit cinq cent soixante-six toises quatre pieds. En déeomposant ce calcul en pieds , on y trouve trois mille quatre cents pieds , qui renferment quarante mille huit cents pouces. Et , en divisant cette somme de pouces en deux mille parties, chacune de ces parties se trouve de vingt pouces et deux cinquièmes de pouces. Or, le produit de ce calcul sembleroit en quelque sorte &it exprès pour servir de vérification à la mesure déduite ci-dessus. Que s'en luit-il même que l'évaluation qui vient d'être connue ne soit précisément la même que celle que nous aivoQS employée précédemment pour la coudée lié-
braîque, en la croyant une même mesure avec le dérali ou la coudée égyptienne? La diversité d'une ligne et un cinquième ne doit-elle pas être censée de petite considération dans une combinaison de cette espèce. Outre que la diversité ne va pas à un deux-centième sur le contenu , il faudroit , pour que cette diversité pût être regardée à la rigueur comme un défaut de précision dans l'emploi du dérah pour la coudée hébraïque , qu'on fdt bien assuré que les six stades faisoient étroitement et sans aucun déficit le juste équivalent des deux mille coudées. Il ne conviendroit pas aussi de trouver à redire à la compensation que saint Épiphane donne de six stades pour deux mille coudées , sur ce qu'il peut avoir négligé d'y ajouter un trente-quatrième de stade , où la valeur de seize à dix-sept pieds.
Les Juifii ont eu une mesure d'espace à laquelle , outre le terme de beraih, que quelques commen* tateurs croient lui être propre, ils ont adapté celui de mil ( mem, Jod, lamed) au pluriel miiin. Quoi qu'on ne puisse douter que cette dénomination ne soit empruntée des Romains, cela n'empêche pas que, chez les Juifs, le mille n'ait sa définition dis* tincte et particulière, laquelle est donnée sur le pied de deux mille coudées ; ce qui se rapporte précisément à ce que dit OEcumenius,-que l'on vient de citer. Plusieurs endroits de la Gémare, indiqués par Reland (Palœstinay vol. V, pag. 400), nous apprennent que les Juifs compensent la mesure du mille par sept stades et demi. Le terme dont ils se servent pour exprimer le stade estrî5 {resch,Jod, samech), au pluriel risin. Il peut s'interpréter par le latin curricuium, qui est propre à la carrière du stade, curricuium stadii, dans Aulu-Gelle {Noct. Mlic,, lib. i,cap. i.) La jonction de quatre milin compose chez les Juifs une espèce de lieue nommée parseh (pe, resch, samechy he). Dans la langue syriaque, para* signifie étendre, ^parseh étendue. Et il est d'autant plus naturel que ce terme paroisse emprunté de cette langue , qu'elle étoit devenue propre aux Juifs dans les temps qui ont suivi la captivité. On trouvera dans Réland (pag. 97) un endroit du Talmudqm donne positivement la définition du mille judaïque à deux mille coudées, et la composition de la parseh de quatre mille. Les deux mille coudées assujetties à la mesure précise du dérah font cinq cent soixante-neuf toises deux pieds huit pouces. En multipliant cette somme par quatre, la parseh se trouve de deux mille deux cent soixante-dixsept toises quatre pieds huit pouces. Cette mesure ne diffère presque en rien de notre lieue françoise, composée de deux lieues gauloises, et dont vingt-cinq font presque le juste équivalent d'un degré.
Le docte Réland , partant de la supposition que le mille judaïque n'est point différent du mille romain, et comparant le nombre de deux mille coudées dans
PIÈCES JUSTIFICATIVES
Tun , à celui de cinq mille pieds dans Tautre , conclut la coudée à deux pieds et demi. Mais, quoiqu^on ne puisse disconvenir que retendue de la domination romaine n'ait rendu le mille romain presque universel , toutefois il est bien certain que la mesure de ce mille ne peut être confondue avec celle qui nous est donnée du mille judaïque. Et outre que l'évaluation delà coudée qui résulteroit de Féqui- Toque est naturellement difficile à admettre, excédant la vraisemblance en qualité de coudée, une simple comparaison de nombres destituée des rapports essentiels ne peut se soutenir contre une définition positive, et qui éprouve des vérifications. Il y a un endroit de la Gémare qui définit le chemin d'une journée ordinaire à dix parsaut{X»\ est le pluriel âeparseh )• Si la parsehéquivaloit àquatremiiles romains, il en résulteroit quarante milles. Mais les anciens ne vont point jusque-là dans cette estimation : ils s'en tiennent communément à vingt-cinq milles, ou deux cents stades; et si Hérodote (liv. v) y emploie deux cent cinquante stades, il faut avoir égard à ce que l'usage des stades à dix au mille est propre à cet historien en beaucoup d'endroits. Les géographes orientaux conviennent aussi sur ce nombre de vingt-cinq milles pour l'espace d'une journée commune , ce que les maronites qui ont traduit la Géographie d'El-Edrisi dans l'état où nousl'avons, ou plutôt son extrait , ont noté dans la préface de leur traduction. Et quand les Orientaux ont paru varier sur le nombre des milles , en marquant quelquefois trente au lieu de vingt-cinq , c'est h raison de Indifférence des milles, qu'ils n'ontpas toujours employés à la rigueur sur le pied du mille arabique, dont les vingt-cinq peuvent équivaloir trente ou trente et un d'une espèce plus ordinaire. Par l'évaluation qui est propre à la parseh, les dix faisant la compensation de trente milles romains, il est évident qu'une mesure sensiblement supérieure sort desH)ornes de ce dont il s'agit. Le père Lamy a objecté à Villalpando, sur une pareille opinion, que la coudée hébraïque égaloit deux pieds et demi romains ; que la hauteur de l'autel des parfums étant indiquée de deux coudées, il auroit fallu que la taille du prêtre qui faisoit le service et répandoit l'encens sur cet autel eût été gigantesque. !1 est constant que les convenances que nous avons rencontrées sur le local , àl'égard du temple , n'auroient point eu lieu avec une mesure de la coudée plus forte d'environ un quart que celle qui est ici donnée. Le pied romain s'évaluant mille trois cent six dixièmes de ligne du pied de Paris, les deux pieds et demi renferment trois cent vingt-six lignes et demie, ou vingtsept pouces deux lignes et demie. On remarquera même, au surplus, que Yillalpîmdo attribuoit encore au pied romain quelque excédant sur cette définition.
Je n'ai observé d-dessns la convenance fortuite qui se rencontroit entre la parseh et notre licve françoise, que pour communiquer à cette paradi l'idée de ce qui nous est propre et fiimilier. Man la même convenance entre la parsdi et une ancienne mesure orientale ne doit pas être é( regardée comme l'effet du hasard. Cette convenance sera plutôt la vérification d'une leok et même mesure. J'ai fait voir, dans le Traité des Mesures itinéraires, que 1^ stade, qui revient à «n dixième du mille romain , convenoit prédsémeot il la mesure des marches de Xénophon, et qu^eocoaséquence de l'évaluation faite par Xénoplion Idmême du nombre de stades en parasanges, il paroissoit constant que trente stades répondoieot à une parasange. Cette compensation n*a ménoe rien que de conforme à la définition précise qu'Hérodote, Hésychius, Suidas, ont donnée de la {»arasang& En multipliant par trente la mesure de soîxant^ quinze toises trois pieds quatre pouces , à laqudle le stade de dix au mille est défini , on aura par ee calcul deux mille deux cent soixante-six toises quatre pieds. Or, cette évaluation de la parasange n'est qu'à onze toises de la parseh; de manière que dfiix pieds deux pouces de plus sur la définition du stide qui sert à composer la parasange mettroientleesM rigidement au (Jair. Si même on veut donoer par préférence dans la supputation qui résuHe de II comparaison que saint Épiphane a faite du inflftfiidaïqueou chemin sabbatique avec six stades oiih naires, savoir, cinq cent soixante-six toises qoatre pieds, et qu'on^ multiplie cette valeur par quatre pour avoir la parseh , on rencontrera précisément les deux mille deux cent soixante-six toises quatre pieds qui sont le produit de nos trente stades. Qû ne conclura de là que la parseh n'est autre choie que la parasange persane, babylonienne, eonune on voudra l'appeler? La parseh ne renferme-t-elle pas en elle-même la composition des trente stades, puisque le mille judaïque, la quatrième partie de la parseh, est comparé par les Juifs à sept stades et demi? Ajoutons que les noms de parseh et de para' sange ont assez d'affinité pour concourir avecridentité de mesure ; et que , comme les termes de parsA exdepara trouvent dans l'ancien langage oriental, chaldaîque, de même que syriaque, une interpréta* tion propre et littérale qui ne peut reqfermer desens plus convenable à l'égard delà chose même, c'est acquérir indubitablement la signification propre du mot de parasange. La parseh ^n'étant point mentionnée dans les livres saints, il y a tout lieu croire que les Juifs ne l'auront adoptée que depuis de leur captivité dans le pays deBabylone.
Mais remarquez quel enchaînement deconvenances! La définition de la parasange a son existence, indépendamment de ce qui constitoe la parseb; car
PIÈCES JUSTIFIGÀTIVES.
eetle parasange dépend d*un stade particalîer, le* quel se produit par des moyens tout à £ait étraagers à ce qui paroh concerner ou intéresser la parasange ménie , comme on peut s'en éclaircir par le Traité que j*ai donné des Mesures. La parseh, d'un autre o6té, sort d'éléments absolument différents , et prend ici son principe de ce que la coudée égyptienne parott une mesure de la plus haute antiquité, et dont il semble vraisemblable que le peuple hébreu ait adopté Tusage. Sur ces présomptions (car josqne-Ia il n'y a , ce semble , rien de plus), Tapplieation de cette coudée à la parseh trouve une vérification plus précise qu'on ne pourrott oser l'espérer, dans ce qui se doit conclure de la mesure que saint Épipbane donne de la quatrième partie de la parseh. Toutes ces voies différentes, dont aucune n'a de vue sur l'autre , conduisent néanmoins aux mêmes conséquences , se réunissent dans des points communs. On ne pourroit se procurer plus d'accord par des moyens concertés. Qu'en doit-il résulter? Une garantie mutuelle, si l'on peut employer cette expresnon , de toutes les parties et circonstances qui entrent dans la combinaison.
La connoissance positive de la coudée hébraïque est un des principaux avantages d'une pareille discussion. Il est bien vrai que le père Lamy, ainsi que quelques autres savants, avoit déjà proposé la mesure du dérah pour cette coudée, mais sans en démontrer positivement la propriété, ou la vérifier par des applications de la nature de celles qui viennent d'être produites. Il sembleméme que la précision de cette mesure ait en quelque manière échappé au père Lamy, puisque , nonobstant sa conjecture sur le dérah, il conclut la coudée hébraïque à vingt pouces (liv. I , chap. IX , sect. i) Nos, dit-il , cubiium Hebrxum/acimus viginti poUicum.
La coudée hébraïque étoit composée de six palmes mineurs , et ce palme est appelé en hébreu tophach {teth, phe, thelh,) La version des Septante a rendu ce mot par celui de ^oXator;», qui est propre au palme dont il s'agit , et que les définitions donnée par Hésychius et par Julius PoUux fixent à quatre doigts. Par conséquent la coudée contenoit vingt-quatre doigts : et c'est en effet le nombre de divisions que porte la coudée égyptienne ou dérah , sur la colonne de Mihias, qui est le nilomètre près <ie Fostat oudu Vieux-Caire. Abul-Feda est cité par Kircher, pour dire que la coudée légale des Juifs , la mémeque régyptienne, contient vingt-quatre doigts. X)atts Diodore de Sicile (liv. i), lorsqu'il parle du ni- 'oniètre qui existoit à Memphis, et qu'il appelle ^tik^moifîçy on trouve mention non-seulement des boudées qui en faisoient la division , mais encore des doigts, ^axTuXGiK,qtti étoient de subdivision par rap- %»ort è la coudée.
cette coudée, le tophach ou palme revient à trois pouces cinq lignes de notre pied ; et j'observe que cette mesure particulière a l'avantage de paroitre prise dans la nature. Car, étant censée relative à la largeur qu'ont les quatre doigts d'une main fermée, comme PoUux s'en explique, l'étude des proportions entre les parties du corps peut faire voir que cette mesure conviendra à une statue d'environ cinq pieds huit pouces françois; et cette hauteur de stature, qui fait le juste équivalent de six pieds grecs , passe plutôt la taille commune des hommes qu'elle ne s'y confond. Mais si le palme, qui fait la sixième partie de la coudée hébraïque , prend cette convenance avec une belle et haute stature , et qu'on ne sauroit passer sensiblement sans donner dans le gigantesque , il s'ensuivra que la mesure de cette coudée ne peut, en tant que coudée, participer à la même convenance. Le père Lamy, en fixant la coudée hébraïque à vingt pouces, en a conclu la hauteur des patriarches à quatre-vingt pouces , ou six pieds huit pouces, ce qui est conforme en proportion à ce principe de Yitruve : Pes altitudinis corporis sextx, cubitus quartœ. Sur cette proportion, la mesure prise du dérah produiroit sept pieds moins deux pouces. Si une telle hauteur de taille devient admissible, au moyen d*une distinction particulière entre la race des premiers hommes et l'état actuel de la nature, toujours est-il bien constant que la mesure de la coudée eu question excède les bornes que les hommes ont reconnues depuis longtemps dans leur stature ordinaire. De manière que, relativement à la hauteur de la taille a laquelle la mesure du palme parott s'assortir en particulier, ou cinq pieds et environ huit pouces , la coudée proportionnelle n'iroit qu'à environ dix-sept pouces. Or, les rabbins paroissent persuadés que l'on distinguoit la coudée commune de la coudée légale et sacrée^ dont l'étalon étoit déposé dans le sanctuaire; et cette, coudée commune différoit de l'autre par la suppression d'un tophach. Ainsi , se réduisant à cinq tiphuchim (pluriel de tophach) ou à vingt doigts, et perdant la valeur de trois pouces cinq lignes, sa longueur revenoit à dix-sept pouces et une ligne. Quoique le père Lamy ait combattu la tradition judaïque sur cette coudée commune , toutefois la grande analogie de proportion qui s'y rencontre lui peut servir d'appui. Le témoignage des rabbins trouve même une confirmation positive dans la comparaison que Josèphe a faite de la coudée d'usage chez les Juifis avec la coudée attique. Car, cette cour dée se déduisant de la proportion qui lui est naturelle avec le pied grec, lequel se compare à mille trois cent soixante parties ou dixièmes de ligne du pied de Paris, revient àdeuxmillequarantedes mêmes parties, ou deux cent quatre lignes , qui font dix-sept pouces. Rappelons-nous , au surplus , ce qui a été ci-dessus
En conséquence de la mesure qui est propre à rapporté d'Ézéchiel , en traitant de la mesure du