‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 75 sur 170 · NOTICE SUR POMPÉI · texte numérisé non relu

NOTICE SUR POMPÉI

raotre de maniera à se maintfntr matoellemenL Comme cette &ÇOD de oonstraire remonte à une haute antiquité , et qu'elle semble avoir suivi les constructions pélagisqoes ou cycJopéennes , dont elle conserve quelques traces , on peut conjecturer que la partie des murs de Pompéi , bAtie ainsi , est on ouvrage des Osques, ou do moins des premières cokmles grecques qui vinrent s'établir dans la Campanie.

« Les deux murs étoient crénelés de manière que , vus do côté de la campagne , ils présentoient Tapparence d'une double enceinte de remparts.

« Ces murailles sont dans un grand désordre que Ton ne peut pas attribuer uniquement aux tremblements de terre qui précédèrent l'éruption de 79. Je pense, ajoute M. Malois, que Pompéi a dû être démantelé plusieurs fois, comme le prouvent les brèches et les réparations qu'on y feoMirqoe. U parolt même que ces fortifications n'étoient plus regardées depuis longtemps comme nécessaires , puisqwy du cdté où étoit le port, Im babitetions sont bâties sur bsmorSy que l'on a en plusieurs endroits abattus à cet eflet.

« Ces murs sont surmontés de tours qui ne paraissent pus d'une si haute antiquité; leur construction indique qu'elles sont du même temps que les réparations faites aux muralllee; elles sont de forme quadrangulaire , servent en même tempe de poterne, et sont placées à des distances iBésdes les unes des autres.

« n parolt que la ville n'avoit pas de fossés, au moins du cMé où Ton a fouillé; car les murs, en cet endroit, étoient aasis sur un terrain escarpé. »

On voit que, par leur genre de construction, les remparts sont les monuments qui résisteront le mieux à l'action du temps. Malgré Fattention extrême avec laquelle on a cherché à conserver ceux qui ont été découverts , Texposilion à Tair, dont ils étoient préservés depuis si longtemps, les a endommagés. Les pluies d'hiver, extrêmement abondantes dans r£urope méridionale, font pénétrer graduellement rbumidlté entre les briques et leur revêtement II y croit des mousses, puis des plantes qui déjoignent les briques. Pour éviter la dégradation on a couvert les murs avec des laites, et placé des toite au-dessus des édifices.

Le plan indique dnq portes, désignées chacune par un Bom qui n'a été donné que depuis la découverte de la viUe , et qui n'est fondé sur aucun monument. La porte de Nola , Il plus petite de toutes, est la seule dont l'arcade soit conservée. La porte la plus proche do forum , ou quartier des toldats, est celle par laquelle on entre : elle a été construite d'après l'antique.

Quelques personnes avoient pensé qu'au lieu d'enlever de Pompéi les divers objeU que Ton y a trouvés, et d'en iMiner un muséum à Portid , l'on auroit mieux fait de les à leur place, ce qui auroit représenté une ville anavec tout ce qu'eUe oontenoit. Cette idée est spé- !, et ceux qui la proposotent n'ont pas réfléchi que benBcoop de choses se seroient gAtées par te contact de r«ir, et qu'indépendamment de cet hiconvénient on auroit couiii te risque de voh: plusteurs objete dérobés par des Toya^eurs peu dâicate; c'est ce qui n'arrive que trop souveoL II Itodroit, pour songer même à meubler quelques maisons, que Fencelnte de la ville fût entièrement dé- Mayée, de manière à être bien isolée, et à ne pas offrir la fecÛilé d'y descendre de dessus les terrains environnante; ■lors oo lërmerolt les portes, et Pompéi ne serait plus exposé k êtoe piUé par des pirates terrestres.

L'on n'a en dessein dans cette Notice qae de donnef une idée succincte de l'état des fouilles de Pompéi en 1 8 1 7. Pour bien connottre ce lieu remarquable , il fout consulter le bel ouvrage de M. Mazois '. L'on trouve aussi des renseignemente précieux dans un livre que M. le comte de Clarac, conservateur des antiques , publia étant à Naples. Ce livre, intitulé Pompéi, n'a été tiré qu'à un petit nombre d'exemplaires, et n'a pas été mis en vente. M. de Clarac y rend un compte très-mstructif de plusieurs fouil* les qu'il a dirigées.

11 est d'autant plus nécessave de ne consulter sur cet objet interessant que des ouvrages faite avec soin, que trop souvent des voyageurs, ou même des écrivains qui n'ont jamais vu Pompéi , répètent avec confiance les contes absurdes débités par les eieeroni. Quelques journaux quotidiens de Paris ont dernièrement transcrit un articte du Courrier de Londres, dans lequel M. W... abusoit étrangement du privilège de raconter des choses extraordinaires. Il étoit question , dans son rédt , d'argent trouvé dans te tiroir d'un comptoir, d'une lance encore appuyée contra un mur, d'épigrammes tracées sur les colonnes du quartier des sokUte, de rues tontes bordées d'édifices publics.

Ces niaiseries ont engagé M. M..., qui a suivi pendant douze ans les fouilles de Pompéi, à communiquer au Journal des Débats , du 1 8 février 182 1 , des observations extrêmement sensées.

« 11 est sans doute permis , dit M. M..., à ceux qui visitent Pompéi, d'écouter tous les contes que font les eieeroni ignorante et interessés , afin d'obtenir des étrangers qu'ils conduisent quelques pièces de monnote ; il est même trèspermis d'y ajouter foi , mais il y a plus que de la simplicilé à les rapporter naïvement comme des vérités , et à les insérer dans les journaux les plus répandus.

« La relation de M. W.... me rappelle que le chevalier Coghell , ayant vu au Muséum de la reine de Naples des Artoplas , ou tourtières pour faire cuire le pam , les prit pour des chapeaux , et écrivit à Londres qu'on avoit trouvé à Pompéi des chapeaux de bronxe extrêmement légers.

« Les fouiltes de Pompéi sont d'un intérêt trop général , les découvertes qu'elles procurent sont trop précieuses, sous le rapport de l'histoire de l'ai t et de la vie privée des anciens, pour qu'on teisse publier des relations niaises et erronées, sans avertir le public du peu de foi qu'elles méritent »

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