‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 4)Chapitre 77 sur 170 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

DE L'ÉUlTtOM 0B t8S7.

Je n*ai rien à dire de particulier sur le Foyagi en Amérique qu*OQ Ta lire ; le récit eo est tiré, oomme le sujet des Natchei , du mauiscrit original des Natehe% même : ce Y o jage perte en soi mb eommeotaire et aoo histoire.

Mes différents ouvrages dffifentd*â9S«3S fréqaeifli souvenirs de ma eoufse en Amérique : jVots iê» bord songé à les recueillir et à les placer etous 1(^ date dans ma narration ; maîsj^ai rêhdheéàeepaiti pour éviter un double etnpioî ; je me suis cooteoté de rappeler ces passages : j'en ai pourtant citéqud* ques-uQS lorsqu'ils m'ont paru nécessaires à FiAteUigeBGC du teitOf et qu'ite n'ont pas été trop

l0Dg««

Je donne , dans VIfUroébttiion, ma fragment du Mémblreê «fo ma t^^ afin de familiariser le leotcur aTec le jeune Toyagetir qu'il doit suivre outre tm* j'ai corrigé avec soiiî la partie déjà écrite ; hi ptf" tie qui relate les faits postérieurs à Tanhëe 1791, et qui nous amène jusqu'à nos jours , est entièrei&éflt neuve.

En parlant des républiques espagnoles, j'ai ra* ooDté (en tout ee qu'il m'étoit permis de racoster) ee que j'auroia désiré faire dans l' intérêt de ees Etati naissants I kveqne ma position politique meéo» Doit quelque influenee sur les destinéei des |ieu« pies.

Je n'ai polût été asisec téméraire pour upoémï ce grand sujet avant de m'étre entouré des lumié* res dont j'avois besoiù. Beaucoup de volumes imprimés et de mémoires inédits m^ont servi à composer une douzaine de pages. J'ai consulté des homioes qui ont Toyagé et résidé dans les républiques espagnoles : je dois à l'obligeance de M. le chevalier d'ËSfflénard des renseignements précieux sur iei emprunté américains.

La préfeee qui précède le ^ayaffeem Amiri^ est une espèce d'histoire des Toyages \ elle laéwrts au lecteur le tableau gétiëfftl de la sdenee ffia^ phique , et , pour aiasl dire f la JMOé dêffféB^ rbomnié sur le globe.

Quant à mes Voyages eH ttatie , il ii*y a dé coonu du public que ma lettre adressée de ftod)e à H. ae FoBtaoea Y et quelques pages sur le Yésure : Wslettiea et toe noies qui sont réunies è eea 9^mffà» n'avoient poial eaoeie été pubUéee.

PRÉFACE

Les Cinq Jours en Auvergne y morceau inédit, suivent, dans Tordre chronologique, les Lettres et les Kotes sur lltalie.

Le Foyageau Monl-Blanc parut en 1806, peu de mois avant mon départ pour la Grèce.

PRÉFACE

Les te^ages muI une dee sources de rhiMuIre : Thistoire des natioDS élradgères vient se ptaeer» par la nafralion des voyageurs, auprès de rtiistoire parHenlière de chaque pf s.

Les voyages remontent an beroean de la société : les KTres de Moise noos représentent les prentières nilgrationè des fammiies. C'est dans ces livres que nons voyons le patriirtiie eonduite ses tronpeaox aux plaines de Chanaan, r Arabe errer dans ses solitudes de saMe , et le Phénicien eiplorer les tnefs.

Jloise tilt sortir la seconde famille des liommes des montagnes de r Arménie; ee point est een^l par rapport aux trois grandes races , ]aane , noire et Manche : les Indiens, les nègres et les Celtes ou autres peuples du Nord.

Les psutiles paàteurs se retrouvent dans Sem , les peuples eonmierfants dans Cliam, les peuples militaires dans HpbeL Moise peupla TËorope des descendants de Japliei : les Grecs et les Romains dément Japetus podr père à TespSoe hamiine.

Homère, aolt qn*fl ait existé un pôële de ce nom , soit ^ne les ouvrages qa*ott loi attribue n'offrent qu'un recueil des tradHIoBs de la Grèee; Homère nons a laissé dans fOdfuée le récit d'un voyage; il nous transmet aussi les idées qae l'on avoit i dans celte première antiquité, sur la ecaUguiaHun de la terre : sdon ces idées, la terre repré» MSloit vn disque envlfonné pur le fleuve Océan. Hésiode a la Boéiae cosmographie.

Mérodute , le père de l'faisleire comme Homère est le père de la {mésie, étoii comme Homère un voyageur. U puicjuai ut le monde connu de son temps. Avec quel charme n*u4*il pua déerit les mesurs des peuples? On n'avoit enaat« que quelques cartes côtières des navigateurs pbéni* cieos ei la nsappemonde (A'AnaxImandre corrigée par Hécalée : Strabon cite un itinéraire du monde de ce dernier^

Hérodote ne distingue bien qoe deux parUes de la terre , TSMtope el l'Asie ^ la Libye ou l'Afrique ne semblereil, d'après ses récits, qu'une vaste péninsule de l'Asie. 11 d«nne les roules de quelques caravanes dans l'intérieur de la Libye, et la lelalion suceîBcte d'un voyage autour de l'Afrique. Un roi d'ÉgypIe, Néces, Ht pirlir des Phé- BiriiBi du ^Ah Arabique : ces Pb^ieiens revinrent en Égypie pur les colonnes d'Herwde; ils mitent trois ans à aiiioBipi'' l^D^ navigation, et ite raconlèrent qu'ils avalent w le aeiea à leur droite. Tel est le Ml rapporte par Hé-

' Obligé de resserrer un tabieau immense dans le cadre étroit d'une préfaoe, je cTols pdurtant if avôit^omls rien d*ésitietiei. 81 éependanf dés leeteura , eorteni dé ce» sortes de amMmmàjÊMj eéslioleul co flavolr dsTMitage, Us peuvent eon^ soiler les savants ouvrages des d'Anville, des Robertsoo, de» Gosseiln, des Malte-Bruo, des Walkenaer, des Piokertoo, dî» &ebnâ , des Onvier, des Jomard, etc.

Les anciens eurent donc, comme nous, deux espèces de voyageurs : les uns parcourofent la terre, les autres les mers. A peu près h l'époque où Hérodote écrivoit, le Cartbagfaiois Hannon accomplissoit son Périple '. Il nous reste quelque chose du recueil fait par Scylax des excurslons mariUmes de son temps.

Platon nous a laissé le roman de cette Atlantide , où l'on a voulu retrouver l'Amérique. Eodoxe, compagnon de voyage du philosophe, composa un itinéraire universel, dans lequel il lia la géographie à des observations astronomiques.

Hippocrate visita les peuples de la Scythie : il appliqua les résultats de son eipérieùce an soulagement de l'espèce humaine.

Xénophon tient un rang illustre parmi ces voyageurs armés , qui ont contribué à nous foire eonnottrc la de* meure que nous habitons.

Aristote, qui devançoit la marche des lumières, tenoit la terre pour sphérique; il en évahioit la drconfiérence à quatre cent mille stades; il croyolt , ainsi que Christophe Colomb le crut, que les côtes de rilespérie étoient en face de celles de l'Inde. Il avoit une idée vague de TAngleterre et de l'Irlande, qu'il nomme Albion et Jeme; les Alpes ne loi étoient point inconnues , mais il les confondoit avec les Pyrénées.

Dicéarque, un de ses disciples , fit une description charmante de la Grèce , dont il nous reste quelques fragments , tandis qu'un autre disciple d'Aristote, Alexandre le Grand, alloit porter le nom de cette Grèce jusque sur les rivages de l'Inde. Les conquêtes d'Alexandre opérèrent une révo« lution dans les sciences comme chez les peuples.

Androsthène, Néarque et Onésicritus reconnurent les côtes méridionales de l'Asie. Après la mort du fils de Pliilippe, Séleucus Micanor pénétra jusqu'au Gange; Palrucle, un de ses amiraux, navigua sur l'Océan indien. Les rois grecs de l'Egypte ouvrirent un commerce direct avec l'Inde et la Xrapobane; Ptolémëe Philadelphe envoya dans l'Inde des géographes et des flottes; Timosthèoes publia une description de tous les ports connus, el Ératoslhènes donna des bases mathématiques à un système complet de géographie. Les caravanes pénétroieut aussi dans Flnde par deux routes : l'une se terminoit à Pallbothra en descendant le Gange ; l'autre toornoit les monts Imaûs.

L'astronome Hipparqne annonça une grande terre qui devoit joindre l'Inde à TAfrique : on y verra si l'on veut l'univers de Colomb.

La rivalité de Rome et de Carthage rendit Polybe voyageur, et lui fit visiter les cOtes de l'Afrique jusqu'au mont Atlas, afin de mieux connottre le peuple dont il vouloit écrire l'histoire. Eudoxe de Cyrique tenta , sous le règue de Ptolémée Physcon et de Ptolémée Lathure , de faire le tour de l'Afrique par l'ouest; il chercha aussi une route plus directe pour passer des ports du golfe Arabique aux ports de l'Inde.

Cependant les Romams, en étendant leurs conquêtes vers le nord, levèrent de nouveaux voiles : Pythéas de Marseille avoit d^jà touché à ces rivages d'où dévoient venir les destruetours de l'emphre des Césars. Pythéas navigua jusque dans les mers de la Scandinavie, fixa la position du cap Sacré et du cap Calbium (Finistère) en Espagne, reconnut l'Ile UxiSama (Ooessant), celle d'Al*

* Je l'ai donné tout entier dans VEssai historique, .

PRÉFACE

bkm; one des Cassitérides des Carthaginois, et surgît à celle fameuse Thulé dont on a voulu faire i*Islande, mais qui » selon toute apparence , est la côte du Juliand.

Jules César ëdaircit la géographie des Gaula, oomniença la découverte de la Germanie et des côtes de l'Ile des Bretons : Germanlcus porta les aigles romaines aux rives de i'Ëibe.

Strabon, sous le règne d'Auguste , renferma dans un corps d'ouvrage les connoissances antérieures des voyageurs » et celles qu'il avoit lui-même acquises. Mais si sa géograplUe enseigne des choses nouvelles sur quelque partie du globe, elle fiiit rétrogarder la science sur quelques points : Strabon distingue les Iles Cassitérides de la Grande-Bretagne, et il a l'air de croire que les premières (qui ne peuvent être dans cette hypothèse que les Sorlingues ) produisoient l'étain : or l'étain se tiroit des mines de Comouailles; et lorsque le géographe grec écrivoit, il y avoit déjà longtemps que l'étam d'Albion arrivoit au monde romain à travers les Gaules.

Dans la Gaule ou la Celtique, Strabon supprime à peu près la péninsule armoricame; U ne connolt point la Baltique, quoiqu'elle passât déjà pour un grand lac salé, le long duquel on trouvoit la cdte de l'Ambre jaune, la Prusse d'aujourd'hui.

A l'époque où florissoit Strabon, Hippalus fixa la navigation de l'Inde par le golfe Arabique , en expérimentant les vents réguliers que nous appelons moussons : un de ces vents , le vent du sud-ouest , celui qui conduisoit dans l'Inde, prit le nom ^Hippale. Des flottes romaines partoient régulièrement du port de Bérénice vers le milieu de l'été I arrivoient en trente jours au port d'Océlis ou à celui de Cane dans l'Arabie , et de là en quarante jours à Muziris , premier entrepôt de l'Inde. Le retour, en hiver, s'aooomplissoit dans le même espace de temps ; de sorte que les anciens ne mettoient pas cinq mois pour aller aux Indes, et pour en revenir. Pline et le Périple de la mer Érythréeone (dans les petits géographes) fournissent ces détails curieux.

Après Strabon, Denis le Périégète, Pomponius Mêla, Isidore de Charax , Tacite et Pline ajoutent aux connoissances déjà acquises sur les nations. Pline surtout est précieux par le nombre des voyages et des relations qu'il cite. En le lisant nous voyons que nous avons perdu une description complète de l'empire romain faite par ordre d'Agrippa, gendre d'Auguste ; que nous avons perdu également des Commentaires sur l'Afrique par le roi Juba, commentaires extraits des livres cartliaginois ; que nous avons perdu une relation des lies Fortunées par Statius Sebosus, des Mémoires sur l'Inde par Sénèque, un Périple de l'historien Polybe , trésors à jamais regrettables. Pline sait quelque chose du Thibet ; il fixe le point oriental du monde à l'embouchure du Gange; au nord. Il entrevoit les Orcades; il connolt la Scandinavie, et donne le nom de go(fe Codan à la mer Baltique.

Les anciens avoient à la fois des cartes routières et des espèces de livres de poste : Végèse distingue les premières par le nom de picia , et les seconds par celui à'annotata. Trois de ces itinéraires nous restent *: V Itinéraire d'An' ionin, Y Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, et la Table de Peutinger. Le haut de cette table , qui conunençoit à l'ouest , a été décliiré; la Péninsule espagnole manque, ainsi que l'Afrique ocddeutale; mais la table s'étend

à Test jusqu'à remboncfanre du Gange, et mnqie des routes dans l'intérieur de rinde. Celte carte a vingt et un pieds de long, sur un pied de large; c'est une «ne oa m grand chemin du monde antique.

Voilà à quoi se réduisoient les travaux et les oonn»sances des voyageurs et des géographes avant l'appiiilioQ de l'Ouvrage de Ptolémée. Le monde d'Homère étoiloie Ue parfiûtement ronde, entourée, comme noos ravou dit, du fleuve Océan. Hérodote fit de ce monde une plaîK sans limites précises; Eudoxe de Gnîde le transfoimiei un globe d'à peu près treize mille stades de dinnèlR; Hipparque et Strabon lui donnèrent deux cent ciaquite deux mille stades de droonférenoe, de huit ceot traite' trois stades an degré. Sur ce globe on traçoit un curé, dont le long côté couroit d'occident en orient ; ce carré était divisé par deux lignes, qui se ooupoient à angle droit: l'une , appelée le diaphragme , marquoit de l'ouest à fett la longueur ou la longitude de la terre; elle a voit soiUDlS' dix-sept mille huit cents stades; l'autre, d'ooe moilié (dus courte, indiqooit du nord au sud la largeur oo la totitude de cette terre; les supputations commenoest ai méridien d'Alexandrie. Par cette géop-aphie, qui tùsA la terre beaucoup plus longue que large, on voit d'oàDOOi sont venues ces expressions impropres de longitude et de latitude.

Dans cette carte du monde habité se plaçoieot rEorope, l'Asie et l'Afrique : l'Afrique et l'Asie se joignoieBt aox régions australes , ou étoient séparées par une mer fi raccourdssoit extrêmement l'Afrique. An nord lesooafr nents se terminoient à l'embouchure de l'EQ», aosi' vers les bords du Niger, à l'ooest au cap Sacré ea Eq» gne , et à l'est aux bouches du Gange; sous.réqaalairM xone torride, sous les pôles une lone glacée, étoient ré^ tées inhabitables.

Jl est curieux de remarquer que presque tous «s p» pies appelés Barbares , qui firent la conquête de reupiie romahi , et d'où sont sorties les nations modenies, bikitoient au delà des limites du monde connu de Pline et ds Strabon, dans des pays dont on ne soupçonnoit pisBêOB Pexistenoe.

Ptolémée, qui tomba néanmoins dans de graves e^ reurs, donna des bases matliématlques à kponlioodes lieqx. On voit parottre dans son travail un wunpvà nombre de nations sarmates. U Indique bien le Yolgat<^ redescend' jusqu'à la Vistule.

En Afrique il confirme l'existenoe du Niger, et psilétre nomme-t'41 Tomboucton dans Tncabath : fl elle atfd un grand fleuve qu'il a|^>eile Gyr.

En Asie , son pays des Sines n'est point là Chine, vii probablement le royaume de Slam. Ptolémée soppo* que la terre d'Asie, se proiongeant vers le midi, ae joisi aune terre inconnue, laqudle terre se réunit par fooest à l'Afrique. Dans la Sérique de ce géographe fl M voir h

Thibet , lequel fournit à Rome la preiiiîère grosse soie.

Avec Ptolémée finit l'histoire des voyages des amàsasi et Pausanias nous fait voir le dernier cette Grèce anIiqMi dont le génie s'est noblement réveillé de nos joors à la voix de la civilisation nouvelle. Les nations bariiarcs paraissent; l'empire romain s'écroule; de la race des Goths, des Francs, des Huns, des Sbives, sortent an astre monde et d'autres voyageurs.

Ces peuples étoient eux-mêmes de grandes caitTaiM

PRÉFACE

mnûé»f qui, des radias ds la Scandinavie et des frontières de là ChÎDe , marcboieot à la déoouTerte de Tempire romain. Us Tencneot apprendre à ces prétendus maîtres du monde qu'il y avoift d'autres hommes que les esckiTes soumis an joug des Tibère et des Néron; ils venoient agner leur pays aui géographes du Tibre : il fallut placer ces nations sur la carte; il fallut bien croire à rexistence des Golhs et des Vandales quand Alaric et Genseric eurent écrit leurs noms sur les murs du Capitole. Je ne prétends point raconter ici les migrations et les établissements des Barbares; je chercherai seulement, dans les débris qu'ils entassèrent, les anneaux de la cbalne qui lie les Toyageurs anciens aux Toyageurs mo-

Un déplaoement notaUe s*opéra dans les hiTestigations géographiques par le déplacement des peuples. Ce que les anciens noos font le mieux oonnoltre, c'est le pays qu'ils habiloient ; au delà des frontières de l'empire romam tout est pour enx déserts et ténèbres. Après l'invasion des Baiteres nous ne savons presque plus rien de la Grèce cl de l'Italie t mais noos conmiençons à pénétrer les contrées qui enfantèrent les destructeurs de l'ancienne dvili-

Trois sources reproduisnent les voyages parmi les peuples établis sur les ruines du monde romain : le zèle de la refigion, Fardeor des conquêtes, Tesprit d'aventures et d'entreprises , mêlé à Favidité du commerce.

Le zèle de la religion conduisit les premiers comme les derniers missionnaires dans les pays les plus lointains. Avant le quatrième siècle, et', pour ainsi dire, du temps des apôtres, qui furent eux-mêmes des pèlerins , les ^rétrès du vrai Dieu portoient de toutes parts le flambeau de la foi. Tandis que le sang des martyrs coulolt dans les amphithéâtres, des ministres de paix prêchoient la miséricorde aux vengeurs du sang chrétien : les conqoéiants étoient déjà en partie conquis par l'Évangile lorsqu'Us ar^ rivèrent sous les murs de Rome.

Les ouvrages des Pères de l'Église mentionnent une foule de pieux voyageurs. C'est une mine que l'on n'a pas assez fouillée, et qui, sous le seul rapport de la géographie et de l'histoire des peuples , renferme des trésors.

Un moine égyptien , dès le cinquième siècle de notre ère, porcoornt l'Ethiopie et composa une topographie du monde dirétien : un Arménien, du nom de Chorenenzis, écrivit on ouvrage géographique. L'historien des Goths, Jomandès , évéqoe de Ravennes , dans son histoire et dans son livre De Origine mundi, consigne, au sixième'siècle, des foits importants sur les pays du nord et de l'est de rEurope. Le diacre Vaméfrid publia une histoire des Lombards; on antre Goth, l'Anonyme de Ravennes, donna , on siède pins tard, la description générale du OMnde. L'apôtre de l'Allemagne , saint Bonifaoe , envoyoit an pape des espèces de mémoires sur les peuples de l'EsdavoDie. Les Poloiioîs paroissent pour la première Ibis sous le wèffm d'Othon II, dans les huit livres de la précieuse Cbromqœ de Ditmar. Saint Otton, évèqoe de Bemberg, sv rinvilation d'un ermite espagnol appelé Bernard,^ prêche la foi en parcourant la Prusse. Otton vit la Balti- ^ne, et ftit étonné de la grandeur de cette mer. Nous avons nulbeorenseaient perdu le journal du voyage que fil, sous Louis fe l)ébonnaire , en Suède et en Danemark , Anscalre, moine de Corbie; à moins toutefois que ce journal , qui |rt CBVogré à Rome en 1260, n'existe dans la bibliothèque

du Vatican. Adam de Brème a puisé dans cet ouvrage une partie de sa propre relation des royaumes du Nord; il mentionne dej)lus U Russie , dont Kiow étoit la capitale, bien que , dans les Sagas , l'empire russe soit nommé Gar^ davike, et que Holmgard, aujourd'hui Novogorod, soit désigné comme la principale cité de cet empire naissant.

Giraud Barry , DicuU, retracent, l'un le tableau de h principauté de Galles et de Tlrlande sous le règne de Henri II ; l'autre retourne à l'examen des mesures de l'empire romain sous Théodose.

Nous avons des cartes du moyen Age : un tableau topographique de toutes les provinces du Danemark , vere l'an 1231 , sept cartes du royaume d'Angleterre et des lies voisines , dans le douzième siècle , et le fameux livre connu sous le nom de Doomsdaybook , entrepris par ordre de Guillaume le Ck>nquérant. On trouve dans cette statistique le cadastre des terres cultivées, habitées, ou désertes de l'Angleterre, le nombre des habitants libres ou serfs , et jusqu'à celui des troupeaux et des ruches d'abeilles. Sur ces cartes sont grossièrement dessinées les villes et les abbayes : si d'un côté ces dessins nuisent aux détails géographiques, d'un autre côté ils donnent une idée des arts de ce temps.

Les pèlerinages à la Terre-Samte forment une partie considérable des monuments graphiques du moyen âge- Ils eurent lieu dès le quatrième siècle, puisque saint Jérôme assure qu'il venoit à Jérusalem deè pèlerins de l'Inde et de l'Étliiopie, de la Bretagne et de l'Hiberaie; il parott même que VIlinéraire de Bordeaux à Jérusalem avoit été composé, vere l'an 333, pour l'usage des pèlerins des Gaules.

Les premières années du sixième siècle nous fournissent VIlinéraire d'Antonin de Plaisanoe. Après Antonm vient, dans le septième siècle, saint Arculfe, dont Adamannus écrivit la relatton; au huitième siècle nous avons deux voyages à Jérusalem de saint Guilbaod, et une relatioii des lieux saints parle vénérable Bède ; au neuvième siècle» Bernard le Moine; aux dixième et onzième siècles, Olderie, évêque d'Orléans , le Grec Eugisippe , et enfin Pierre l'Ermite.

Alore commencent les croisades : Jérusalem demeura entre les mains des princes françois pendant quatre-vingthuit ans. Après la reprise de Jérusalem par Sabidin , les fidèles continuèrent à visiter Ul Palestine, et depuis Focas , dans le treizième siècle , jusqu'à Pooocke , dans le dix-huitième, les pèlerinages se succèdent sans interraption '.

Avec les croisades on vit renaître ces historiens voyageun dont l'antiquité avoit offert les modèles. Raymond d'Agiles, chanoine de la cathédrale du Puy en Velay, accompagna le célèbre évêque Adhémar à la première croisade : devenu chapelain du comte de Toulouse, il écrivit avec Pons de Balazun , brave chevalier, tout ce dont il fut témoin sur la route et à la prise de Jérusalem. Raoul de Caen, loyal serviteur de Tancrède, nous peint la vie de ce chevalier : Robert le Moine se trouva an siège de Jéni« salem.

Soixante ans plus tard, Foukber, de Chartres, et Odon de Deuil , allèrent aussi en Palestine ; le premier avec Ban* douin, roi de Jérusalem ; le second avec Louis VU , roi

* Voyez le second Mémoire de mon Introdoelion à r/<M- Ttùrt»

s 30 PRÉFACE,

de Fnnce. Jieqim de Vllr)' devint étêqtK de Stfnt-Jeu d'Acre. .

Guillaume de Tyr, qui l'tleTe ren U fln do rorcume de Jéniaalem , paua h fie «or les cftemiiu de FEurope et de l'AMe. Pluiieun historieni de DM TieiHescbnniqnet fureni on des irH^oe* et det prélats erraolt , comme Raoul , CUber et Fkidoard ; ou de* guerrière , (eli que Mitliird , petitfils da Cbarlemacue, tiuilUuaie de Poilien, VUle-Hardoolp, Joiriville,ellanl d'autrei qui raconteol leurs eipëdtliona krialainet. Pierre Devault Cemaj éloit une espèce d'ermite dans le* effrojable» camps de Simoa de HtaitfofL

Usebia arrlTé ayi chraniquea en laafM TBlgalre,oii delt aurtout remarqwt Froiaaard, qui n'écririt , i propr» Bwat parler, que •»« Tojragea : e'tfoil en otaerauciMiit qu'il Iraçsil aoM histoire. Il pwairit de la cour da rel d'Anglelerre t celle do roj de France, et de ceUeeJ à ta petite cow eheraleresqna dea eontea de Foii. ■ QliaDd j'eaa ad-

■ JOTirBéenlaeHédpPaniilersireisjoan, meTlBtd'ad-

■ TODlan ua cberaUer da mmte de Foii qei reteeoH

■ d'ATlgooi I lequel eo apprfoit nnaaire Bapalng du LjoB ,

■ vaillant homme, et sage et beau chevabar, et pMvoit

■ Iota eitn en raage de dnqanite «lu. Je me mil es sa

■ «iWipagitle et hMawa atx Jenra aor le ehenrie. la ebevao-

Miledi

Kdtlti

■ «raisoga ) le devtaoll le pins do Jour h mol, m

■ daoi dee movellea ; amal qnaad )e bil

■ m'en reapendaH , rte. ■ On voit Froiaaard arriver daoa de grtoda bMele, étner i peu prta MH beorea ob noM dtaeos, alleraa bain, etc. L'examen des va}agea de cette époque ■M porte > erotre qm la dVlHsatkiii deAeailqm du qoa- Isr^Mie MMe éloil bdsIùMnt (dm avanerie qtie dobs ne nooa f bnagimmii.

EnretoamaM aurnoa pas, an mofrtent.de rinvaatsa de fEHrope dvlllaée par les peuples du Nord , iKma trauVoHS les tCFjagettrt et les it^ographee arabea qui signalent dans lee tam dea Indes des rivagea bioannns dM anfiens : ieart dMoavertes ftn^t eussf ktrt importante* efl AIHqne. Maasudi, lbD.Haukal, Al-£ilriel, Ibn-Alouardi , Abulfeda, El- BMMI, dcPlBtenI des deaaipliena lr«s-#t(ndDea de leur propre patrie et des contrées soomtsee eut armes dee Arabe*, n» voT^eM au nord de l'Asie on pa;s alDeun , qu'entoorotl une marallle é»<Hine i et un chitean de Gog et de Ma^. Ver* l'an 715, aoua le calife Walld, les Arabe* conosreM te CMM, oA Ih eoToyetent par terre de* msrclwnd* et dea ambassadeurs : ils j péDétrèrent «usai pe m«r dans le nnivlène «HOe : Wafnb et Abntald ^lordèreMACanlon. Ma l'an uo, les Arabe* afolent un^ent commercial dan* la province de ee nom; Ih camme^oient avee qoelquee villes de rhrtérfenr, et, cbme stegatUrel lia 1 1roavtreal de* eonnnaalts 4Air«tl»nea.

Le* Ataba* dauicdeBl t la Cfafaie (rtnaleiire nom* i le Oaibit eampi^MttbM provtneeadn nord, leTcUn m le rie, laaptovlaesado midi. l^rodailadaH l'Iode, soM la

lent dans leurs rédb dee bdlea vallées de Cachenfre aMri parNManBMil qns dea valiipfeia*» vriWM de »fe- Md*. Ile avalMt fM des catMlea dam |dwisn* Uea de la Dier de riMle, lettea qoe MaAgaanar et lea Maluqnes', où lea Portugais les trouvèrent, aprèa avob* doublé le cap

Tandia que les uarcbanda nittairea àa l'Aaie Useioft,

I iriirlenle(anraldl,d«idécai]reriesbcatunie9àrEiirD|C sabjugnée par les BartMres, ceux de ca Bartnra nan dans leur pretntète patrie, les SoMok, )ts TfoniCfituL, lea Danois , ooramoiçoieiit an nord et t rowst d'aotietdé. couverte! égalenient Ignora de rEurope tnitpt et jffnanlque. OtIier le Rorwégien s'avanfidl jutquih ma BlUKbe , et WoITstan te Danois dfcrivoil la mer BiHiquc, qu'Éginard avoil déjl dtcrite , et que Im ScaDdniiiei ippeloienl le Lac talé de FEtt. Wuirslau tacoate qut b Estiens ou peuples qui babitoieut k l'orient de li Tiitaie, bovoient le lait de lents jnoienls comme lcsTuurM,tl qa'iU latssolent leur bérltage aux mellleors aolien dt leor tribu.

Le rai Alfred nooa a oiaaarvé l'*brée« de tes rekliML Ceat lui qui le premier a diviid la Scandioavis ta poiiaeaaou royaumes tels que noualeacennaisaoïHaaioonl'M. Daas lea laiw>ea goUdquaa, laSe^MUnavteperiaiileBM de AfannoAelm, ce qid al^Be paft det ktmmei, à ee que le Min du aiiitme aièefe a traduit tefglqMaat pw r^uivalMt de eea mata i /aArl^He dv (flwv t»

Les pirates Dormandi établirent en Iritmde les c(Mn de DaUltt, nisier et de CaoBan^t ; Ih eiflettmld «eofnlreirt te* Hea de SbeUaèd, lea Oreato H les HMdee : Ils arrivèrent aui liée Ferme, t l'iNande, dnm le* archives de rhlaltrii<e dn nord j an OreAdand, qei W bablté aloTB et habitable ; et enfin peol-ffre t rAiaériflE. Nous parlerona pins tard de celte déconverta, ahri jft du voyage et de la carte de* dent frire* Zenl.

Hais l'empire des caliTes s'élmt écroulé ; de ta JArii s'étoieni Turoiées plusieurs monarchies: leroyaonte Aglabîles et ensuite des Fatioilles en Egypte, lesdetfo- [sis d'Alger, de Fez, de Tripoli, de Maroc, ■orleic^ d'Afrique. Les Turcomans, converlis i rislunisnM,ua. mirent l'Asie occidentale députa la Syrie jusqil'ui Uni' Caabbar. La puissance oUomane passa en Europe, efbp les deniiÈies traces du nom roa»iu[, et pous» ta t» quËtes jusqu'au'dela du Danube.

GmgU'Kanparolt, l'Asie est bouleversée et Mliiiv>^ de nouveau. Okt^-Kao détruit le royanme det Cuuaa et des Nioutcliis ; Hangu s'empare dn calilït de Bigdtdi KubUi'KaD envahit te Obino et nae paiiie de rinde. Da cet empire mongol, qni réuidasoit sont un mt^f» JMI l'Asie preacfua entière, naieaant toua Isa kanils qatb* Eort^éena rernoontrèreBl dan* l'Inde.

Lea princaa euMpdana , ellrajd* da «a* TartM» ^ svoi«ail étendu bon ravages }aaqw ^na te Pelegatilt SU«ateetteHe^rle,<hMbèreidloawenr«tealienM parlml oa pndigletn eaoavaaMat I te* papea et l«(* eavoïtrent daa ambawadwr* à eea ■MveauiMaai'' Dieu. Aaedbi, OarpM, Rnbrwïuia, p«rt>rtfMt dwl» paya da* Hatiyte. Katfiiqute h«DVa qéa QawaorHt, dM capitale de aekaaaaaitre de l'Asie» BvsHtpM f(ttl'4> lendae do viltaie de SaM'Daii :

d'un nnr de lerTe> aa j vo|4il di

Il y «M de* «Mnins de te onBd«<Tarwte I rM|t

aniHanselsillleiiMde M«Me«r«ci*pdMAaB«idM' MTartarie.

Le RabMn Benjandit de TudHea bMttoe.nhtta*

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