LIVRE VU
Préside tonJoursàraeschantSfUranle! et trouve onauditoire convenable , quoique peu nombreux. Mais chasse au loin la barbare dissonance de Bacehas et de ses amis de Ib Joie ; race de cette horde forcenée qui déchira le barde de la Thrace sur le Rhodope, où TOreille des bois et des rochers étoit ravie, jusqu'à ce que la clameur sauvage eât noyé la harpe et la voix : la muse ne put défendre son fils. Tune manqueraspasalnsi,Uranie, à celui qui flmplore ; car, toi , tu es un songe céleste; elle , un songe vain.
Dis , 6 déesse , ce qui suivit après que Baphaël , Farchauge affable, eut averti Adam de se garder de l'apostasie, par Texemple terrible de ce qui arriva dans le ciel à ces apostats, de peur qu'il nen arrivât de même dans le paradis à Adam et à sa race (chargés de ne pas toucher à Tarbre interdit) 8*118 transgressoient et méprisolent ce seul commandement si facile à observer, au milieu du choix de tous les autres goûts qui pouvoient plaire à leurs appétits , quel qu'en fût le caprice.
Adam, avec Eve sa compagne, avoit écouté attentivement l'histoire; il étoit rempli d'admiration et plongé dans une profonde rêverie en écoutant des choses si élevées et si étranges; choses à leur pensée si inimaginables, la haine dans le ciel , la guerre si près de la paix de Dieu daas le bonheur, avec tme telle confusion ! Mais
Still govern thou my soDg, Iraoia', and fit aadience find, thoogli few. But drif e far ofT Uie bariiaroas dissonance Of Baccbus and liis rerellers , tlie race ortbat wild roat that tore the Tliracian bard In Rltodope , where troods and rocks had ears To raptarCy till the aavage clameur drown'd M\ barp and voice ; nor could the Muse défend Her son. So fail not ttMHi , who tliee implores : For tboa art heavenly » slie an empty dream.
Say, goddess , whai ensued , wben Rapliael > The aflable architigel , liad forewam'd Adam , by dire eiample , to beware M^stasy, by what befell in Heaven To ihose apostates : lest tbe Itke befaU Id Paradise to Adam or his race , Charg'd not to toacb the interdicted tree , if tltey transgress , and sllgtit tbat sole command , So easOy obey'd amid Ihe choice Of Ml tastes dse to please their appetite , Tbough wandering.
de , wiUi his consorted Eve , Tbe story heard attentif e , and was fill'd ^ith admiration ànd deep mnse, to hear Of UÙDgs so h^li and strange ; tlilngs , to tbeir thooglit ^ unimaginaNe ^ as hâte In HeaTen , And war so near tbê |ieace ofGod in bllss.
bientôt le mal chassé retombolt comme un déluge stir ceux dont il avoit Jailli , impossible à mêler à la béatitude.
Maintenant Adam réprima bientôt les doutes qui s*élevoient dans son cœur, et il est conduit (encore sans péché) par le désir de contioltre ce qui le touche de plus près : comment ce monde visible du ciel et de la terrie commença ; quand et d'où 11 fut crée ; pour quelle cause ; ce qui fut fait en dedans ou en dehors d'Éden , avec ce dont il a souvenir. Comme un homme de qui Faltération est à peine soulagée , suit de l'œil le cours du ruisseau dont le liquide tnurmure entendu excite une soif nouvelle, Adam procède de la sorte à interroger son hôte céleste :
« De grandes choses et pleines de merveilles , « bien différentes de celles de ce monde, tu as « révélées à nos oreilles. Interprète divin, par fa- «t veur envoyé de Tempyrée pottr nous avertir à « temps de ce qui auroit pu causer notre perte, N s'il nous eût été Inconnu , l'humaine coitnois- « sance n'y pouvatit atteindre. Nous devons des « remerciements immortels à l'Infinie bonté ^ et « nous recevons son avertissement avec une ré- « solution solennelle d'observer invariablement « sa volonté souveraine , la fln de ce que nous t sommes. Mais puisque tu a» daigné avec corn-- « plaisance nous fhire part, pour notre instruction,
With sitcli omimsion : bot the evil soon , Driven back, redonnded as a flood on thoae From whom it sprung; impossible lo mil NYith blessedness.
Whrace Adam soon fepetl'd Tlie doubts that in his heart arose ; and ncw Lcd on , yet sinless , fi ith désire to know Wbat nearer might conoera liim ; how this world or Heaven and earlh consptenous flrst began; When , and whereof created ; for what cause ; Wliat within £den , or witliout » was done Before his memory : as one, wliose drought Yet scarce allay'd , still eyes the carrent stream ^ Wliose liquid murmur heard new thirat eidlet, Proceeded thns to ask liis heavenly guest :
« Great things and full of wonder in onr tMtê , Far differing from tliis world , thou bast reveal'd» Divme taiterpreter t by faTour sent Down from tlie empyrean , to forewam Us timely of wiiat might else liare been our loas , Unknown , which human knowledge oottld not rèaoh | For wbich to tb' infinitely<jOod wc owe Immortal tbanks , and bis fldmonishraent Receive, with solemn purpose to obsenre liumutably Mtsorran will , the end Of what wie are. But shice tlioU bast ToncbsaPd GenUy , for onr histrnctidt^y to im|iart
LE PARADIS PERDU
« de choses au-dessus de la pensée terrestre (choses « qu*il nous importoit de savoir comme il l'a sem- « blé à la suprême Sagesse), daigne maintenant « descendre plus bas, et nous raconter ce que « peut-être il ne nous est pas moins utile de savoir : « quand commença le ciel que nous voyons si dis- « tant et si haut, orné de feux mouvants et in- « nombrables; qu'est-ce que cet air ambiant qui « donne ou remplit tout espace , cet air largement «répandu, embrassant tout autour cette terre « fleurie ; quelle cause mut le Créateur, dans son « saint repos de toute éternité, a bâtir si tard dans « le chaos ; et comment Tou vrage commencé fut « tôt achevé? S'il ne t'est pas défendu , tu peux « nous dévoiler ce que nous demandons, non pour « sonder les secrets de son éternel empire, mais « pour glorifier d'autant plus ses œuvres que nous m les counottrons davantage.
« Et la grande lumière du jour a encore à parie courir beaucoup de sa carrière , quoique déjà « sur son déclin : suspendu dans le ciel , le soleil « retenu par ta voix, écoute ta voix puissante; « il s'arrêtera plus longtemps pour te ouïr raconter « son origine , et le lever de la nature du sein du « confus abîme. Ou si l'étoile du soir et la lune à « ton audience se hâtent , la Nuit avec elle amè- « nera le silence ; le Sommeil en t'écoutant veil- « lera, ou bien nous pourrons lui commander l'ab-
Thiogs above earthly thought , which yet ooDcern'd Our knowmg, as to higheat Wisdom seem'd; Deign to descend now lower, and relate What niay no less perbaps avail us known ; How finit began Ibia Heaven which we beliold Distant so higli , wilh moving fires adom'd Innumerable ; and this which yields or fiUs Ail space , the ambient air wide interfusM » Embradng round this florid earth : what cause MoT'd Ihe Creator, in fais holy rest Through ail etemity , so laie to build In cliaos; and the work begun , how soon Absolv'd ; if unTorbid thou may*sl unfold What we , not to explore the secrets ask Of fais etemal empire, but the more To magnify bis works, the more we know.
« And the great light of day yet wants to run Much of his race , thongh steep ; suspense in Heaven , Held by thy voice, thy potent Toice, he hears; And longer will dday to hear thee tell His génération , and the rising birth Of nature from the unapparent deep :
Or if the star of evening and the rooon Haste to Uiy audience, Ni^t wilh her wUI bring Silence ; and Sieep , lislening to thee , will watch ; Or we can bid his absence, tiU thy song End y and dismtss thee ère tbe moroing shine. »
« sence jusqu'à ce que ton chant finisse, et te « renvoie avant que brille le matin. »
Ainsi Adam supplia son hôte illustre, et ainsi 'l'ange, semblable À un Aieu, lui répondit avec douceur :
« Que cette demande faite aVéc prudence te soit « accordée ; mais pour raconter les œuvres du « Tout-Puissant, quelles paroles, quelle langue « de séraphins peuvent suffire, ou quel cœur « d'homme suffiroit à les comprendre? Cependant « ce que tu peux atteindre, ce qui peut le mieux « servir à glorifier le Créateur et à te rendre aussi « plus heureux , ne sera pas soustrait à ton oreille. « J'ai reçu la commission d'en haut de répoodre « à ton désir de savoir, dans certaines limites : « au delà , abstiens-toi de demander ; ne laisse pas « tes propres imaginations espérer des choses non « révélées , que le Roi invisible , seul omniscient, « a ensevelies dans la nuit, incommunicables à « personne sur la terre ou dans le ciel : assez reste « en dehors de cela à chercher et à connoltre. Mais « la science est comme la nourriture ; elle n*a pas « moins besoin de tempérance pour eu régler l'ap- « petit et pour savoir en quelle mesure l'esprit « la peut bien supporter; autrement elle oppresse « par son excès et change bientôt la sagesse en « folie, comme la nourriture en fumée.
« Sache donc : après que Lucifer (ainsi appelé
Thos Adam his illustrions gnest besought; And thus the godlike angel answer'd mUd :
« This also thy reqnest , with caution ask'd, Obtain ; though to reoount Almîghty works What words or tongue of seraph can sutBce, Or beart of man saffice to comprehend ? Yet what thou canst attain , which best may serre To glorify the Maker, and infer Thee also happier, shall not be withbdd Thy hearing; such commission from above I ha?e receiv'd , to answer thy désire Ofknowledgewithinbounds;beyond, abalain To ask ; nor Ict thine own inventions hope Things not reveal'd, which Ih* invisible King, Only omniscient, hath soppress'd in nighl , To none commnnicable in earth or Heaven : £noogh is lefl besides to search and know : But knowledge is as food , and needs no less Her tempérance over appetite , to know In measure wliat the mind may well contain ; Oppresses else witb surfeit , and soon tthns Wisdom to folly, as nourishment td wisd.
« Know then , that , after Lucifer fhmi Heaien (So call him , brighter once amidst the hM Of angels , than that star the stan among ) FeU with his flaniing légions through the deep Into his place, and tbe great Son retani*d^