LIVRE VIII
ZOS
• Lorsque J^étois hors d'espoir, la voici non
• loîQ , telle que Je la vis dans mon songe , ornée
• de ce que toute la terre ou le ciel pouvoient « prodiguer pour la rendre aimable. Elle vient « conduite par son céleste Créateur ( quoique in-
• visible) et guidée par sa voix. Elle n'étoit pas ■ ignorante de la nuptiale sainteté et des rites du
• mariage : la grâce étoit dans tous ses pas, le « ciel , dans ses yeux; dans chacun de ses mout vemeDts , la dignité et Tamour. Transporté de 'joie Je ne pus m'empécher de m*écrier à voix
• haute :
• — Cette fois tu m*as dédommagé ! tu as rem-
• pli ta promesse , Créateur généreux et plein de « l)énigmté , donateur de toutes les choses belles ;
• mais celui-ci est le plus beau de tous tes pré-
• sents ! et tu ne me l'as pas envié. Je vois main-
• tenant Tos de mes os, la chair de ma chair,
• Aïoi-même devant moi. La femme est son nom ;
• son nom est tiré de Thomme : c'est pourquoi •l'homme quittera son père et sa mère, et s*at-
• tachera à sa femme , et ils seront une chair, un
• cœur, une âm€. —
• Ma compagne m'entendit : e^ quoique divi- «nement amenée, cependant l'innocence, et la •modestie virginale, sa vertu, et la conscience
• de son prix ( prix qui doit être imploré, et ne
• doit pas être accordé sans être recherché, qui «ne s*offrant pas, ne se livrant pas lui-même,
• est d'autant plus désirable qu'il est plus retiré) ,
Hcr loiB, and ottier pleasores ail abjure : \\htù oui of liope y bebold her, not taroiï, Soch asi saw lier ia my dream » adoni*d With wfaat aU earUi or Heavea could bestow Tooake ber amiable : on slie came t«d by her beavenly Maker, tbough uDseeOy Attd guided by bis voice ; nor uninform'd OfDoptial sanctity , aod marriage rites ; Graoe was in ail ber steps , Heaven in ber eye, lo every gestore digDÎly and k>Te.
I|OTeijoy*d, coaM oot forbear aloud :
« This lum bath made ameods ; thoa bas! fulfiird Thy words, Creator bouDieous aad benigu, Giver of aU tiiiogs lair ! but fairest Uiis ^ ai) thy gifla î nor enriest. I oow see Boue ofiny bone , flesb of roy flesb , myself Beforeme : Woman is ber name; of man E^tnded ; for tbis cauae be sball forego FiUier and motber, and t* bis wife adbere ; And tbey aball be one flesb , one lieart , one aoal.
« She heard me Ibas ; and thougb divinely broogbt» ^«t iunocence, and Tirgin modesty , Her virtoe, and the conscience of ber wortb , That woold be woo'd , and not unsougbt be won , KotobTioos, not oUnisÎYe» but retir'd, cn4n\DBRiAi«n. — tome y.
« pour tout dire enfin, la nature elle-même (quoi* « que pure de pensée pécheresse] agit tellement « en elle, qu'en me voyant elle se détourna. Je « la suivis; elle connut ce que c*étoit qu'honneur, « et avec une condescendante miyesté elle ap- « prouva mes raisons alléguées. Je la conduisis « au berceau nuptial, rougissante comme le ma- « tin : tout le ciel , et les constellations fortunées, « versèrent sur cette heure leur influence la plus « choisie; la terre et ses collines donnèrent un « signe de congratulation; les oiseaux furent « joyeux ; les fraîches brises, les vents légers rour- « murèrent cette union dans les bois, et leurs ai- « les en se jouant nous jetèrent des roses , nous «jetèrent les parfums du buisson embaumé, « jusqu'à ce que l'amoureux oiseau de la nuit « chantât les noces , et ordonnât à l'étoile du soir « de hâter ses pas sur le sommet de sa colline , « pour allumer le flambeau nuptial.
« Ainsi je t'ai raconté toute ma condition , et < j'ai amené mon histoire jusqu au comble de la « félicité terrestre dont je jouis : je dois avouer « que, dans toutes les autres choses, je trouve « à la vérité du plaisir, mais tel que goûté ou « non, il n'opère dans mon esprit ni changement « ni véhément désir : je parle de ces délicatesses « de goût , de vue, d'odorat, d'herbes, de fruits, « de fleurs, de promenades et de mélodie des « oiseaux.
* Mais ici bien autrement : transporté je vois ,
Tbe more désirable; or» to say ail , Nature lierself , tbougb pure of ainful tbougbt , Wroogbt in ber ao, tbat » aeeing me, abe tnm*d : I follow'd ber ; she wbat was bonoor knew , And witb obsequious majesly approv'd My pleaded reaaon. To tbe nuptial bower, I led ber blusbtng Ul&e the mora : ail Heavea And bappy constellations, on tbat liour Sbed tbeir aelectest infloenoe ; tbe eartb Gave sign of graiolalion , and eacb bill ; Joyous tbe birds ; ftieah gales and genUe airs Wbisper'd it to tbe wooda , and from tbeir wings Flung rose, flung odours from tiie spicy alinib, Diaporting , tiU the amorous bird of niglit Sung spousal , and bid basle tbe evening-star On bis bUl-top , to light tlie bridai lamp.
« Tbus liave I told tbee ail my stale , aod brought My story to tlie sum of earUily bliss , %
Wbkb I ei^oy ; and must confess to find In ail tbinga elae deliglit iudeed , but sucli As p us'd or not, worka in tiie mtnd no change , Nor Tellement désire; tbeae delicades I mean of taste , sight, amell , berbs , fruits , and flowers» Walks^and Uie melody of birds :
Butbcre