‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 138 sur 283 · LIVRE Vin · texte numérisé non relu

LIVRE Vin

« même tens a été acoordé an bétail et à chaque « bête : lequel ne leur auroit pas été révélé et t rendu common ni quelque choie existoit là de- « dans , digne de subjuguer rame de rhonune t on de lui inspirer la passion.

« Ce que tu trouves d'élevé, d'attrayant, de

• doux, de raisonnable, dans la société de ta

• compagne , aime-le toujours ; en aimant tu fais

• bien; dans la passion, non, car en celle-ci le t véritable amour ne consiste pas. L'amour épure

• les pensées et élargit le cœur ; il a son siège dans t la raison, et 11 est judicieux; il est Téchelle par

• laquelle tu peux monter à l'amour céleste, n'é-

• tant pas plongé dans le plaisir charnel : c'est « pour cette cause que parmi les bêtes aucune

• compagne ne fa été trouvée. » ^ Adam, à demi honteux répliqua :

• Ni Textérieur de la femme, formé si beau, ni ( rien de la procréation commune à toutes les

• espèces (quoique je pense du lit nuptial d'une « manière beaucoup plus élevée et avec un mysté>

• lieux reqpect ) , ne me plaisent autant dans ma

• eompagneque cesmanières gracieuses, ces mille

< décences sans cesse découlant de toutes ses pa-

< rôles, de toutes ses actions mêlées d*amour, de

• douce eomplaisanee, qui révèlent une union sin- ' cère d*esprit,ou une seule âme entre nous deux :

• harmonie de deux époux, plus agréable à voir « qu^un son harmonieux à entendre.

• Toutefois ces choses ne me subjuguent pas :

Beyood ail other ; Ihinlc tbe same vouchsaTd To cattie and eacb beast ; which would net be To them made oouunon and diTuIg*d » if aught Tteron enjoy'd were wortby to subdoe Tbe iool oT man , or passion in htm move. •Whit higber in bar aociety thon find'sl AMiaetife', hnmaa • retioiiBl » tore stiU ; Ifi loiing tbon dost well , in passion not'» WhereîB tnie loTe consitls not : lore refines Tte thoogbU, and heu^t enlSTses ; haUi Us se^ Is naaon , and is jodicioos ; is the acale ^ whkh to beavenly love tliou ma/st ascend » M Miik in camal pleasare; ibr iwbich cause, Aaioo| the beasts no mate for tliee was foond. • Toivhom tbas , half abash'd , Adam replied : « NeiUier her outside form*d so fair, nor augbt is proereaUon oommon to ail kinds, (1^1 higher of Uie génial bed by far, Asd «iih mysterious révérence I deem) So avch ddifbU me , as tbose sracefQl aets , I^Mte thowand deoenciee, tbat daily flow ^)^<"n an her words and actions , mix*d wilh love ^ »weet oompliaDce , which déclare onlelgn'd Union oT mbd , or In us both one sool ; Hanwmy to behold in wedded pair

« je te découvre ce que je sens intérieurement , « sans pour cela que je sois vaincu, moi qui « rencontre des objets divers, diversement re« «présentés par les sens; cependant, toujours « libre , j'approuve le meilleur, et je suis ce que « j'approuve. Tu ne me blâmes pas d'aimer, car «Tamour, tu le dis, nous élève au ciel; il en « est à la fois le chemin et le guide. Souffre -moi « donc, si ce que je demande est permis : les es^ n prits célestes n'aiment-ils point? Comment ex* « priment-ils leur amour? Par regards seulement? « Ou mélent-ils leur lumière rayonnante par un « toucher virtuel ou immédiat? »

L'ange, avec un sourire qu'animoit la rougeur des roses célestes , propre couleur de l'amour, lui répondit :

« Qu'il te suffise de savoir que nous sommes « heureux , et que sans amour il n'y a point « de bonheur. Tout ce que tu goûtes de plaisir « pur dans ton corps ( et tu fus créé pur) , nous le « goâtons dans un degré plus éminent : nous ne

< trouvons point d'obstacles de membrane, de « jointure, ou de membre, barrières exclusives. t Plus aisément que l'air avec l'air, si les esprits

< s'embrassent , ils se confondent , le pur désirant « l'union avec le pur : ils n'ont pas besoin d'un « moyen de transmission borné, comme la chair « pour s'unir à la chair ou l'âme à l'âme.

« Mais je ne puis à présent rester davantage : « le soleil , s'abaissant au delà des terres du cap

More gratefulthanharmonloas Sound loth'ear.

« Yet thèse subjea noi : I lo thee diflclose What Inward ihence I feel , not Uierefore lbil*d » Who meet with varioos ofajeeU , rrom the sonw Varioosly representing ; yet, still free, Approve the beat» and foUow what I afiprove. To love , thou blam'st me noi ; for love , thon say'sft, Leads up to Hcayen , is lioth the way and goîde; Bear wiUi me thenl» if lawfol what I aal( : Love not Uie beavenly spirits, and how tiieir love Express they ? by looks only ? or do ttiey mix Irradiance , virtoal or immédiate tonch ? »

To whom tlieangely^ith asmile thatglow'd Celestial rosy rad, lovée proper bue, Answer'd :

« Lei itSDAoe Ibee thatthott fcnow'st Us happy , and witiMwt love no happiaass. Whatever pore thon in the body enjoy'aty (And pore thon wert eraated) we enifoy In eminence; and obstacle find none Of membrane , Jofait, or Hmb, eiclosive bars : Easier tban air with air, If spMta embraoe » Total they mix , union of purç with pore Deaîring ; nor restram'd conveyance need , As flesh to mix with flesh , or soûl with soul.

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