LIVRE IX
de Hieore , la première pour les plus doux parfoins et les plus douces brises. Ensuite ils délilicrent comment ce JouMà ils peuvent le mieux s appliquer à leur croissant ouvrage , car cet ou-' ^Tage dépassoit de beaucoup l'activité des mains des deux créatures qui cultivolent une si vaste étendue. Eve la première parla de la sorte à son mari :
« Adam, nous pouvons nous occuper encore i parer ce Jardin, à relever encore la plante, Ilierfoe et la ileur, agréable tâche qui nous est imposée. Mais Jusqu'à ce qu'un plus grand nombre dej mains viennent nous aider, l'ouvrage sous notre travail augmente , prodigue par contrainte : ce que, pendant le Jour, nous avons taillé de surabondant, ou ce que nous avons élagué , ou appuyé , ou lié , en une nuit OQ deux , par un fol accroissement , se rit de nous et tend à redevenir sauvage. Avise donc à cela maintenant, ou écoute les premières idées qoi se présentent à mon esprit.
« Divisons nos travaux : toi, va où ton choix te guide, ou du côté qui réclame le plus de soin , soit pour tourner le chèvre-feuille autour de ce berceau , soit pour diriger le lierre grimpant là où il veut monter ; tandis que moi , làbas, dans ce plant de roses entremêlées de myrtes. Je trouverai Jusqu'à midi des choses à redresser. Car lorsque ainsi nous choisissons tout le Jour notre tâche si près l'un de l'autre, faut-il s'étonner qu'étant si près, des regards et des sourires interviennent , ou qu'un
IIk hands* dispalcb of two , gardening so wide ; .SoA E?e first to her hosband thos began :
* AduD , well Riay we laboar still to àress Thisgarden, stiU to tend plant, lierb, and flowcr, Oor pleasant task enjoin'd ; but , till more hands Aid ut, the work nnder oor laboar grows , LuxarkMiB by restraint : what we by day W overgrown , or prune , or prop , or bind , One nigtit or two wiOi wanton growth dérides, Teoding to wil<L Thou Iberefore now advise , Or hear wliat to my mind first thooghts présent :
« Ut Q8 divide oor labours ; tbou , where choice I^ads thee, or where most needs ; wbether to wind Tbe woodbine round this arboor, or direct The ciaspittg ivy where to cllmb : whilc I , Inyooder springot roses intermi\'d Wilh myrtie , find whal to redress till noon : For, whjie so near each otiier thns aH day Our Usk we choose, what wonder if so near I^nks intervene and smUes , or object new Casualdiscoursedraw on; wliicb inlermîts Ov day*8 worit , brought to little , Uioogh begun
objet nouveau ramène un entretien imprévu qui réduit notre travail du Jour interrompu à peu de chose, bien que commencé matin? alors arrive l'heure du souper non gagnée. » Adam lui fit cette douce réponse :
« Ma seule Eve , ma seule associée , à moi sans comparaison plus chère que toutes les créatu-» res vivantes , bien as-tu proposé , bien as-tu employé tes pensées pour découvrir comment nous pourrions accomplir le mieux ici l'ouvrage que Dieu nous a assigné. Tu ne passeras pas sans être louée de moi , car rien n'est plus aimable dans une femme que d'étudier le devoir de famille et de pousser son mari aux bonnes actions. Cependant notre Maître ne nous -a pas si étroitement imposé le travail, qu'il nous interdise le délassement quand nous en avons besoin , soit par la nourriture , soit par la con* versation entre nous (nourriture de l'esprit), soit par ce doux échange des regards et des sourires; car les sourires découlent de la raison; refusés à la brute, ils sont raliment de l'amour : l'amour n'est pas la fin la moins noble de la vie humaine. Dieu ne nous a pas faits pour un travail pénible, mais pour le plaisir, et pour le plaisir Joint à la raison. Ne doute pas que nos mains unies ne défendent facilement contre le désert ces sentiers et ces berceaux , dans l'étendue dont nous avons besoin pour nous prome-. ner, jusqu'à ce que de plus Jeunes mains viennent avant peu nous aider.
« Mais si trop de conversation peut-être te ras-
Early, and tb* lioor of supper cornes uneam*d? » To wliora mild answer Adam tbus retnm'd : 1 Sole Eve , associate sole , 1o me beyond Compare above ail living créatures dear ! Well hast thou motion'd, well thy thooghts employ'd How we might best fulfil the work which hère God hath assign*d us ; nor oT me shalt pass Unprais'd ; for nothtng lovelier can be found In woman , than to study honsebold good , And good woriis In her husband to promote. Yet not so strictiy hath oor Lord impos'd Labour, as lo debar us wbcn we need Befreshment, whether food , or tallc betwecn, Food of the mind , or this sweet Intercourse Of looks and smiles; fer smiles from reason flow, To brute denied , and are of love the food ; Love , not the lowcst end of hnman life. For not to irksome toi! , but to delight , Hc made us , and delight to reason join*d. Thèse patbs and bowers doubt not bnt our joint hands Will keep from wildemess with ease, as wide As we need walk , till yonnger hands ère long
LE PARADIS PERDU
« sasiejepourroisconsentiràunecourteabteace, « car la solitude est quelquefois la meilleure so- « ciétéf et une courte séparation précipite un doux « retour. Mais une autre inquiétude m'obsède; J'ai « peur qu'il ne t'arrive quelque mal quand tu seras • sevrée de moi ; car tu sais de quoi nous avons « été avertis , tu sais quel malicieux ennemi , en* « viant notre bonlieur et désespérant du sien , « cherche à opérer notre honte et notre misère « par une attaque artificieuse ; il veille sans doute « quelque part près d'Ici , dans l'avide espérance « de trouver l'objet de son désir et son plus grand « avantage, nous étant séparés ; il est sans espoir « de nous circonvenir réunis, parce qu'au besoin « nous pourrions nous prêter l'un à l'autre un ra- « pidesecours. Soit qu'ilait pour principal dessein « de nous détourner de la foi envers Dieu, soit « qu'il veuille troubler notre amour ooigugal, qui « excite peut-être son envie plus que tout le bon- « heur dont nous Jouissons; que ce soit là son « dessein , ou quelque chose de pis , ne quitte pas « le côté fidèle qui t'a donné l'être , qui t'abrite « encore et te protège. La femme, quand le danger « ou le déshonneur l'épie , demeure plus en sûreté « et avec plus de bienséance auprès de son mari « qui la garde ou endure avec elle toutes les ex- « trémltés. »
La nmjesté virginale d'Eve, comme une personne qui aime et qui rencontre quelque rigueur,
Aasist U8 : but if much converse perhaps Thee satiate , to short absence I could yield ; For solitude sometimes is best society , And short retirement urges sweet retum.
But other doobt possesses me , lest barm Befall thee sever'd from me, for thou know'st What hath been wam'd us; what malidous foe , Ënvying our luippiiiess » and of his own Despairiug p seeîts to work us woe and shame Uy sly assauU ; and somewhere nigh at haod Watches, no doobt, witb greedy hope to find His wish and best advautage, us asunder ; Hopeless to drcumvent us join'd , where each To otlier speedy aid might lent at need : Whether bis first design be to withdraw Oor feafty from God; or to disturb Conjugal loTo» than whtch perhaps no Miss Enjoy*d by us eicites his euvy more ; Or this , or worse, leave not the àithfbl aide That gave the bebig, sUll shades thee , and pcotects. The wife , where danger or dishoâoHr lorlfs , Safest and seemliest by her husband stays / Who guards her, or with her the worsl endnres. 9
To whom the viifiD ouyesty of £ve, As one who lores , and sorae onkiàdnesB meets , Witb sweet auistere composore tbos replied :
lui répondit avec une douce et austère tranquil*
lité:
« Fils de la terre et du ciel , et souverain de la terre entière, que nous ayons un ennemi qui cherche notre ruine , Je Ta! su de toi et de l'ange , dont Je surpris les paroles à son départ, lorsque Je me tenois en arrière dans un enfoncement ombragé , tout Juste alors revenue au fermer des fleurs du soir. Mais que tu doutes de ma constance envers Dieu ou envers toi, parce que nous avons un ennemi qui la pcutlcDter, c'est ce que Je ne m'attendois pasàoulr.Tu ne crains pas la violence de l'ennemi ; étant tels que nous sommes , incapables de mort et de douleur, nous ne pouvons recevoir ni l'une m l'autre, ounous pouvons les repousser. Sa fraudt cause donc ta crainte? d'où résulte clairement ton égale frayeur de voir mon amour et ma ooosp tante fidélité ébranlés ou séduits par sa ruse. Gomment ces pensées ont^lles trouvé place dans
« ton sein , 6 Adam? as*tu pu mal penser de celle
• qui t'est si chère ? »
Adam, par ces paroles propres à la guérir, répliqua?
« Fille de Dieu etde l'homme, ImmortelleÈve, « car tu es telle , non encore entamée par le blâoM « et le péché; ce n'est pas en défiance de toi que
• Je te dissuade de Tabsenee loin de ma vue, nuis « pour éviter l'entreprise de notre ennemi. Celui
« Oiïspring of Heaven and earth » and ail eartb's loni!
That such an enemy we baye, who seeks
Our ruin , both by thee hiform'd I leam.
And from the parUng angel overheard ,
As in a shady nook I $tooà bebind^
Just Uien retum*d at ahut of evening flowers.
But , tliat thou shouldst my firmnois therefore doobt
To God or thee » because we bave a foe
May lempt it , I eipected not to hear.
His violence thou fear'st not; being suoh
As we y not capabh) of death or pain,
Can either not receive , or can repcl.
His fraud ia then Uiy fear; which plaSn infefs
Thy equal fear, that my firm faith and lOYe
Can by his fraud be shakeii or sedoc'd ;
Tlioughts , which bow foond they barbour in fhy bieisf
Adam» mia-thonght of her lo thee to dear? » To whom with healiag words Adam replied : « Daughter of God and man, fanmèrtal Ere!
For such thou art ; from ain and blâme entire :
Not diilident of thee do I dissuade
Thy absence from my sight , but to aToU
Th* attempt itsdf , intended by oar foe.
For he who tempis, thougli in vain , at lesst aipetMS
The tempted with dishononr foui ; suppos'd
Not incorruptible of fidtb , not proof