‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 163 sur 283 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

t manière d*agir avec les anges pécheurs : mes

• saints, quoique stables dans leur état , en sout t demeurés plus affermis. »

Il dit, et le Fils donna le grand signal au brillant ministre qui veilloit ; soudain il sonna de sa trompette (peut-être entendue depuis sur Oreb quand Dieu descendit, et qui retentira peutêtre encore une fois au Jugement dernier). Le souffle angélique remplit toutes les régions : de leurs bosquets fortunés qu*ombrageoit l'amarante, du bord de la source, ou de la fontaine , du bord des eaux de la vie , partout où ils se reposolent en sociétés de Joie, les ûls de la lumière se hâtèrent, se rendant à Timpérieuse sommation ; et ils prirent leurs places , Jusqu'à ce que do haut de son trône suprême, le Tout-Puissant anooDca ainsi sa souveraine volonté :

" Enfants , Thomme est devenu comme Tun « de nous ; il connoit le bien et le mal depuis qu'il

• a goûté de ce fruit défendu ; mais qu'il se glo- > rifle de connoftre le bien perdu et le mal ga-

• gné : plus heureux sll lui avoit suffi de con-

• Dottre le bien par lui-même, et le mal pas du « tout A présent il s'afflige , se repent et prie

• avec contrition : mes mouvements sont en lui ;

• ils agissent ^ plus longtemps que lui ; Je sais « combien son coeur est variable et vain , aban- ■ donnée lui-même. Dans la crainte qu'à présent

• Bot let us call to synod ail the blest , ÎVoQgh Hearen^s widc bounds : from Uiem I wiUnot liide Hyjndgments; how ^ilh mankind I proceed, A» how nvitti peccant angels late Ihey saw ; Aad in their stata, Ibough firm , stood more conflrm'd. »

Heendcd, aod Uie Son gave signal bigli To the brigbt minister tbal watch'd : lie blew llis trompet , heard in Oreb since perhaps Wlieo God descended, and perliaps once more To Sound ai gênerai doom. TU' angelic blaat riird ail (he régions : from their bliâsful liowers Of amanntliiae shade , fountain or spriog , ^ Ibe waters oT life , ivhere'er Uiey sat b fellowahips ofjoy , tlie sons of liglit I^d, resorting (o tbe summons high; Aad look iheir seats : till from bis throne suprême Th' Almighty thus pronoancM bis sovran will :

■ 0 sons ! like one o( us man is become, To know both good and evil , since bis lasle Ofthat defended fruit ; but let bim boast His knowledge of good lost, and evU got ; ^PPier! had U suffic'd bim to bave known ^^ by iUelf , and evU not at ail.

Me «orrow» , now, repents , and prays contrite , ■y motions in bim; longer than tbey move, H» heart 1 know bow Tariable and vain , ^«ft. Lest therefore his now bolderhand

sa main , devenue plus audacieuse , ne se porte aussi sur l'arbre de vie , qu'il n'en mange, qu'il ne vive toujours, ou qu'il ne rêve du moins de vivre toujours, j'ai décidé de l'éloigner, de l'envoyer hors du jardin labourer la terre d'où il a été tiré ; sol qui lui convient mieux.

« Michel , je te charge de mon ordre : avec toi prends à ton choix de £laml)oyants guerriers parmi les chérubins, de peur que l'ennemi , ou en faveur de l'homme , ou pour enva- Iiir sa demeure vacante, n'élève quelque nouveau trouble. Hâte-toi , du paradis de Dieu chasse sans pitié le couple pécheur, chasse de la terre sacrée les profanes , et dénonce-leur et à toute leur postérité le perpétuel bannissement de ce lieu. Cependant, de peur qu'ils ne s'évanouissent en entendant leur triste arrêt rigoureusement prononcé (car je les vois attendris et déplorant leurs excès avec larmes ) , cacheleur toute terreur. S'ils obéissent patienmient à ton commandement , ne les congédie pas inconsolés; révèle à Adam ce qui doit arriver dans les jours futurs, selon les lumières que Je te donnerai ; entremêle à ce récit mon alliance renouvelée avec la race de la femme : ainsi renvoie-les, quoique affligés, cependant en paix.

« A l'orient du jardin , du cAté où il est plus

Reacb also of the tree of Life , and eat , And liTC for erer, dream at least lo lire For ever, to remore bim I decree, And send bim from the garden fortb to till Tbe ground wbence be was taken ; filter soil.

« Micbael, tliis my behest bave thou in charge ; Take to thee from among the cherubim Thy choice of flaming warrionrs, leat the fiend , Or in behalf of man , or to inrade Vacant possession, some new trouble raise ; Haste tbee and from tbe Paradise of God Williout reniorse drive out Uie sinAil pair; From hallow'd ground th' unholy ; and denoanoe To tbem , and to their progeny , from Ihence Perpétuai banisbment Yet, lest they faint At tbe sad sentence rigorously aig*d , (For I bebold tbem soflen'd , and with tears Bewailiog their excess) ail terroor bide. ]f paUenUy thy biddiug they obey.

Dismiss tbem not disoonsolate; reTeal To Adam what shall corne in future days. As 1 shall thee enlighten; intermix My corenant in the ivoman's seed renew'd ; So send tbem forth , thougb sorrowing , yet io peace And on the east side of tbe garden place , Wbere entrance up from Eden easiest cUmbs , Cbcrubic walch : and of a sword the flame

et « « (t « « «

358 ^ LE PABAPIS PERDU.

« facile de gravir Éden , place une garde de ché- ^ « rubins et la flamme largement ondoyante d*une « épée , afin d'effrayer au loin quiconque vou- « droit approcher, et interdire tout passage à « Tarbre de vie , de peur que le paradis ne de- « vienne le réceptacle d'esprits impurs, que tous '* mes arbres ne soient leur proie , dont ils déro- « beroient le fruit , pour séduire Thomme encore ^ a une fois. »

* Il se tut : Tarchangélique pouvoir se prépare "à une descente rapide , et avec lui la cohorte brillante des vigilants chérubins. Chacun d'eux, ainsi qu'un double Janus, avoit quatre faces; tout leur corps étoit semé d'yeux comme des paillettes, plus nombreux que les yeux d'Argus; et plus vigilants que ceux-ci qui s'assoupirent, charmés par la flûte arcadieime , par le roseau pastoral d'Hermès, ou par sa baguette soporifique.

Cependant pour saluer de nouveau le monde avec la lumière sacrée , Leucothoé s'évdlloit et embaumoit )a terre d'une fraîche rosée , alors qu'Adam et Eve notre première mère finissoient leur prière, et trouvoient leur force augmentée d'en haut : ils sentoient de leur désespoir sourdre une nouvelle espérance, une joie, mais encore iiée à la frayeur. Adam renouvela à Eve ses paroles bienvenues :

^ ^ Eve , la foi peut aisément admettre que tout « le bien dont nous jouissops descend du ciel ;

Wide-waving: ail approach fbr ofî to fright,

And guard ail passage to the tree of Life ;

Lest Paradise a réceptacle prove

To spirits foui , and aU m y trees their prey ;

With whose 6tol*ii fruit man once more to delude. »

He ceas'd; and tli* archangelic power prepar*d For swifl descent ; with him tbe eohort bright Of watchful cherabim : four f^es each Had , like a double Janus ; ail theIr shape Spangled wilh eyes more numeroos tban those Of Argus , and more wakeful tlian to drowse , Charm*d with Arcadian pipe , the pastoral rèeà Of Hermès , or hîs opiate rod. Meanwhile , To i-esalute the world with sacred light, Leucothea waVd, and with fresh dews embalm^d Tlie earth ; when Adam and first matron E?e Had ended now their orisons , and found Strength added from above ; new hope to spring Out of despair ; joy , but with iear yet link^d ; M^hîch thos to Eto lils wekome words renew'd : -

« £70, easily may (hîth admit, tlial ail The good which we eujoy from Heaven descends ; But that Arom us aught sliould ascend to Heaven So preTalent, as to concern the mlnd Of God high^blest, or to incline lils will,

« maisquedenous quelque chosepui^semanteran « ciel , assez prévalant pour occuper l'esprit dé « Dieu souverainement heureux , ou pour incliner « sa volonté , c'est ce qui paroft difficile à croire. « Cependant cette prière du coeur, un soupir ra- « pide de la poitrine de Thomme volent jusqu'au « trône de Dieu : car depuis que j'ai cherché par « la prière à apaiser la Divinité offensée , que je « me suis agenouillé, et que J'ai humilié tout mon « cœur devant Dieu , il me semble que je le vois « placable et doux me prêtant Toreille. Je sens « naître en moi la persuasion qu'avec faveur j'ai « été écouté. La paix est rentrée au fond de mon « seln,etdansmamémoirelaprome8se{quetarace ? écrasera notre ennemi. Cette promesse, qne je « nemerappelalpasd'aborddansmonépouvante, « m'assure à présent que l'amertume de la noort « est passée et que nous vivrons. Salut donc à toi, « Eve, Justement aj^lée la mère de tout le genre « humain, la mère de toutes choses vivantes, « puisque partoiThommedoit vivre, etquetoutes « choses vivent pour l'homme. »

Eve, dont le maintien étoit doux et triste : <« Je suis peu digne d'un pareil titre , moi pé- « cheresse, moi qui , ayant été ordonnée pour « être ton aide , suis devenue ton pi^ : reproche, « défiance et tout blâme , voilà plutôt ce qui m'ap- « partient. Mais infini dans sa miséricorde a été « mon Juge, de sotte que moi qui apportai la « première la mort ^ t^us, je suis qualifiée la

Hard lo belîeve may seem ; yet this will prayer, Or onc short sigh of human breath , upbome Even to Uie seat of God : for since I sought By prayer the ofTended Deity to appease, Kn^*d , and before him humhled aJl my heart, Methought I saw him placable and mlld Bending his ear; persuasion in me grew That I was heard with fhToor ; peace iielum*d Home to my breast , and to my memory His promise , that thy seed shall bruise our fbe; Which , then not minded in dismay, yet now Assures me that the bitlemess of death Is past y and we shaU li?e. Whence bail to thee , Eve, rightly caU*d mother of ail manikind, Mother of ail things Hving, since by thee Man is to live ; and ail things live for man. > To whom thus Eve, with sad demeanour meek : R lU-woilhy I such title should belong To me transgressour ; who , for thee ordain'd A help , became thy snare ; to me reproach RaUier belongs, distrust, and ail dispraise : Bot infinité in pardon was my Judge, That l, who first brought death on ail , am grac'd The source of life; neit favourable thou» Who higlily thus to en title me Yonchsafsti

« looroe dsTie ! Tu nCn eupufte favorable quand « tu daignes m'appelçr hautement ainsi, moi qui ■ mérite un tout autre nom I Mais les champs

• oûus appellent au travail maintenant imposé

• avec sueur, qnoiquç après une nuit sans somr

• meil. Car vois 1 le fpatin tQ\it indifférent à notre < insomnie , reeommence en souriant sa course

• de roses. Marchons 1 désormais je ne m*éloigne^

• rai plus Jama|« de ton f^té , en quelque endroit « qae notre travail journalier soit situé , qnqique

• nuûqtenant il pous soit prescrit pénible jnsqu^u > tomber dq jQar- T^tndis que noqs demeqrong I ici, q\fi peuttil y avqir de latigant d$tn{( ces

• agréables prqi^enades? Vivons donc ici cour

• tents, biep que ààs^ ui) é|at déchu, n Ainsi p^la, ainsi souhaita te tré^^humiliée

Eve; mi|is |e destin ne souscrivit pas à ses vœux, laitatinedonua d*abord des sigpes exprimés par loiieau, la hrut^ et )*air ; Tair s'obscurcit soudai: aemeat aprè^ \^ oourte roog^qr du matiq \ h la m d'Eve rnisefta de Jqpiter Ibpdit de li^ hauteur ^800 vol sqr deux oiseaux dq plus brillant plu? mage, et les chassa devant lui; descendu de la cûllii|e,ran|Pll 4Ui régne dfuu les IxUs (premies duinear alors), mursuivit qn joli couple, le plus ciurmant ^ toute Ift ihrét, le cerf et la biche : leurfùitese dirigepit v^rslaporteorientale. Aduiu les observa, et suivant des yeu^ cette chasse, il dit à Eve, Doq snni^ éniotion :

• 0 ilve, quelque çhangepaent ultéfieur pous

9 attend bientôt : le ciel , par ces signes n\uet$i « dans la nature, nous montre les avant-coureurs^ « de ses desseins, pu il nous avertit que nous comp- « tons peut-être trop sqr |a remise de la peine , « parce qne la mort est reculée de quelques jours, « De qqelle longueur, et quelle sera notre vie jus- <« que-là , qui le sait? Savons-noqs plus ^e ceci : « nous somme§ poqdre , et npu^ retpurûerona en «poudre et nous ne serons plus? Autreinent, « pourquoi ce double spectacle offert à notrç y\\e « t cette pQursuîte daqs |'ajr et sur la terre d'un « seul côté, et à |a inême heure ? Pourquoi cette « (obscurité dans l'orient avant que le jour soit à « mi-CQurs? Pourquoi la lumière du matin brille- « t-ellp davantage dans une nue de Toccidenli ft qui d^plpie ^ur |e bleu firmament une blancheur % rayonnante, et descend avec lenteur chargée. <i de quelque chose de céleste ? »

Adan) ne se t rompoit pas , car dans ce temps Ipsi cohortes angéllque^ de^cendoient à présent d'un nuage de jaspe dan^ le paradis, fit lirént halta sur une colline; apparition gloripqse, s| le doute et la on^intp de la chair n'eussent ce jouf-1à phs-s cure! les yeux d'Adafu I Ejle ne fut pas plqs glo^ r|ense cette autre vision , quand à Manahim lea anges rencontrèrent Jacob qqi vit la oamjngue tei^due des pavlllpns de ses gardiens éclatants» ou cette vision h Pothain sqr une mpntagne en- Qapunée , pou vertes d'un cantp de feu pr^t h marcher poutre leroi syrien, lequel, pou]r lurprendre.

Fv other name ^^a^rviog. B^t the Qeld To labour caila y^, now wllh sw^t iropos'il, Tltoagh aller sleepless aiglit : for see l tl^e moni i Ail oacoucerQ'd with Qur unreat , t^egins Her rosy progrès sqiilili^ : let us forU) ; I Ksa from tby aide l^epcefortli ^o slniy, Where'er oor day'a wprl( lies , tlipugh now eojoin'd Uborious till day droop : wlûle hera we dwe)l a VVUtcan be toilsom^ in thèse pleasant wallis? Hère let us live , tbougli ip ii^U'n state , copient. »

So spalKe , SQ^ish'd mpch-hpnibled ^ve; but fatq ^<>iKcrib'd Dot : witure f^rst pve aigns , iinpre^*d Od bird , beast , air ; air spddenly eclips'd , AHer short blush of piom : nlgb in hef sight TIk bird of Jove, stoop*(l frqm his aery tour, Two birds of gayeat plupte before bipi drove ; i^vD from a hfll the beast tba^ relgas in woods, First hupter then , porsued a gentie hiace , <^Iiest of ail the foreat , bi^rt and hind : Direct to P)* eaatera gâte was bent Uieir flight^ Adam observ'd î and wUh his eye the c|)a^e l^rsoing, oot unmcv'd, to Eye thus spak^ :

* 0 Eve, 8ome furUier cbaqge awaits us njgb » ^^^^ Haa?en , by ttie^e mute sigqs in nature, shows Poremnoersaf lus purposa, or te va|m

U8,haply toc aecure of our discharge

From penalty, because from de^th releas'd

Soroe days : how long , and wbat till l|icn o^t Ijfe ,

Who knows? or qiore tlmn this, that we are dpst ,

And thither must returo , and he qo piore?

Why else this double pl\jept |n our sighl,

Of flight pursued in tb' air, apd o'er Ûie grpqnd,

One way the self-same hpur? why jn the eaat

Darkness ère day's mid-course , and mQ|-qiqg*ligl)(

More orient in yon nyestern çloqd , that drawa

O'er tlie blue firmament a radiant wlUte ^

And slow descends, vyith someilûng heaVeniy frauglit? »

He err'd not; for by tlûs thp hÇfivpnly Imà^ Down from a sky of jasper {ighted novv In Paradiae , and on a hill made halti A glorious apparition, had not douht And camal fear that dây djmm*d Adam*s ^ye. Not that more glorious, wben the angels met Jacob in Mahanaim , where he saw The field paviiion'd with tiis gi^ardiana brigl^t ; Nor that , which on the flaming mpunt appear*d In Dothan , cover'd with a camp of lire ^ Agamst the Syrian kiqg , who to surprime One man , assassiq-like , had levied war, War unproclaim'd.

LE PARADIS PERDU

un seul homme , avoit , comme un assassin , fait la guerre , la guerre non déclarée.

Le prince hiérarche laissa sur la colline , à leur brillant poste, ses guerriers pour prendre possession du Jardin. Seul pour trouver Fendroit où Adam s*étoit abrité , il s'avança non sans être aperçu de notre premier père , qui dit à Eve pendant que la grande visite s'approchoit :

« Eve, prépare-toi maintenant à de grandes « nouvelles, qui peut-être vont bientôt décider « de nous , ou nous imposer l'observation de nou- « velles lois : car Je découvre là-bas , descendu « du nuage étincelant qui voile la colline , quel- « qu'un de l'armée céleste , et , à en Juger par son « port , ce n'est pas un des moindres : c'est un « grand potentat ou l'un des Trônes d'en haut, « tant il est dans sa marche revêtu de mi^estél « Cependant il n'a ni un air terrible que Je doive « craindre, ni comme Raphaël cet air sociable- « ment doux qui fasse que je puisse beaucoup « me confier à lui : [mais il est solennel et su- « blime. Afin de ne pas l'offenser , il faut que je « l'aborde avec respect , et toi que tu te retires. »

Il dit, et l'archange arriva vite près de lui, non dans saforme céleste, mais cooune un homme vêtu pour rencontrer un homme : sur ses armes brillantes flottoit une cotte de mailles d'une pourpre plus vive que celle de Melibée ou de Sarra, que portoient les rois et les héros antiques dans les temps de trêve : Iris en avoit teint la trame.

The princely hierarch In their bright stand there left his powers , to seize Possession of the garden : he alone , To flnd where Adam shelter*d , look his way , Not unpercdv'd or Adam , who to Eve , WhUe the great visitant approach'd , thus spake :

« Eve, now expect great tidings, whicb perhaps or us will soon détermine , or impose New laws to be observ'd ; for I descry , From yonder blazhig ctoud that veils the hfll, One of the heavenly host ; and , by his gait , None of the meanest : some great potentate , Or of tkie Thronès above; such majesty Invests him coming : yet not terrible , That I sliould fear; nor sociably mild, As Rapliad, that 1 should much confide ; But solemn and sublime; whom , not to offend , With révérence I must meet, and thou retire. »

He ended; and the archangel soon drew nigh^ Rot in his shape celestial , but as man Clad to meet man : over his Indd arms A military vest of purple flow'd , Livelier than Melibœan , or the grain Of Sarra , wom by kfaigs and heroes old In time of tmoe; Iris had dipt the voof :

Le casque étoile de l'archange , dont la visière n'étoit pas baissée , le faisoit voir dans cette primeur de virilité où finit la Jeunesse. Au côté de Michel, comme un éclatant zodiaque, pendoit l'épée , terreur de Satan , et dans sa main , une lance. Adam fit une inclination profonde ; Miciiel royalement n'incline pas sa grandeur, mais ex* plique ainsi sa venue :

« Adam , le Commandant suprême du ciel n'a « besoin d'aucun préambule : il suffit que tes priè- « res aient été écoutées , et que la Mort (qui f é- « toit due par sentence, quand tu transgressas] « soit privée de son droit de saisie pour plusieurs « Jours de grâce , à toi accordés , pendant les- « quels tu pourras te repentir et couvrir de bon- « nés œuvres un méchant acte. Il se peut alors « que ton Seigneur apaisé te rédime entièrement « des avares réclamations de la Mort. Mais il ne « permet pas que tu habites plus longtemps œ « paradis : Je suis venu pour t'en fiiire sortir et t Renvoyer , hors de ce Jardin , labourer la terre « d'où tu as été tiré , sol qui te convient mieai. >

L'archange n'ajouta rien de plus, car Adam, frappé au cœur par ces nouvelles , demenra sous le serrement glacé de la douleur, qui le priva de ses sens. Eve qui , sans être vue , avoit cependant tout entendu, découvrit bientôt par un éclatant gémissement le lieu de sa retraite*

« 0 coup inattendu , pire que la mort! faut-Il « donc te quitter , 6 paradis! vous quitter ainsi,

His atarry hdm , nnbockled|, show'd him prime In roanhood where youth ended : by his aide, Aa in a glislering zodiac , hung the sword , Satan*8 dire dread ; and in his hand the apear. Adam bow'd low : he , kingly , from his atate Inclin*d not , but his coming thos declar*d :

« Adam , Heaven's high behest no préface iieeds : SufQcient that thy prayers are beard ; and Death , Then due by sentence when thon disdt transgress, Defeated of his seizare many days , Given thee of grâce; wherein thon may'sl repesf» And one bad act vrith many deeds weU done May*st cover : well may then thy Lord, appeas*d, Redeem thee quite from Death's rapadoos daim ; But longer in this Paradise to dwell Permita not : to remove thee I am oome , And send thee from the garden forUi , to till The ground whenoe thou wast taken ; fitier sofl. »

He added not ; for Adam , at the news Heart-slrack , with chiUlng gripe of aorrow stood, That aU his sensés bound : Eve , who nnaeen, Yet ail had heard, with audible lament Discover^d soon the place of her retire :

« O une&pected stroke , worse tban of death t Most I thas leave Ihee, ParadifleP-thns leate

A toi , terre natale , 6 vons , promenades charmantes, ombrages dignes d*ôtre fréquentés des dieux I Ici J'avois espéré passer tranquille, bien que triste, répit de ce Jour qui doit être morte! à tous deux. 0 fleurs qui ne croîtrez Jamais dans un autre climat , qui le matin receviez ma première visite et le soir ma dernière ; vous que j'ai élevées d'une tendre main depuis le premier bouton entr'ouvert , et àqui j'ai donné des noms 1 6 fleurs! qui maintenant vous tournera vers le so!eil ou rangera vos tribus, et vous arrosera de la fontaine d'ambroisie ? Toi enfin , berceau nuptial , orné par moi de tout ce qui est doux à !*odorat ou à la vue , comment me séparerai*je de toi? Où m*égarerai-je dans un monde inférieur qui , auprès de celui-ci , est obscur et sauvage? Conmieiit pourrons-nous respirer dans un autre air moins pur , nous , accoutumés à des fruits immortels ? »

L'ange interrompit doucement :

• Eve, ne te lamente point, mais résigne pa-

• tiemmentce que tu as Justement perdu : ne mets « pas ton cœur ainsi trop passionné dans ce qui

• n'est pas à toi. Tu ne t'en vas point solitaire ;

• avec toi s'en va ton mari. Tu es obligée de le ■ suivre: songe que là où il habite, là est ton

• pays nfital. »

Adam, revenant alors de son saisissement subit et glacé, raphia ses esprits confus, et adressa à Michel c^ humbles paroles :

Thee, nathre soi! ! thèse happy walks and sliades ,

Fit haont of gods? where I bad hope to spend ,

QoKt though sad , tbe respUe of that day

Tlut most be mortal to us both. O flowers ,

Tliat nefer wiU in ollier dimale grow ,

My early Yisîlation , and my last

Al even, which I bred op wiUi tender hand

From Uie fini opening bad , and gave ye names t

Who oow sbaU rear ye to tbe sun , or rank

Yoor tribes, and water from tb' ambrosial fount?

îbee lastly , nopUal tMwer ! by me adorn'd

Wiih what to sigbt or ameU was sweet ! from tbee

How sball I part , and wbither wander down

iBlo h lower world , to ibis obscure

And wild ? how sball we breatbe in otber air

^ pure , accnstom'd to immortal fruits ? »

Wtiom thos tbe angel interrupted mild :

« Lament not , Eve ; but patiently resign ^Nlot jastiy thon hast lost ; nor set thy beart , TliQs o?er-fond , on that wbicb is not tbine : ^^7 goiog is not lonely ; with tbee goes Thy hosband ; bim to foUow thou art bound ; ^Twc he abides , tbink Iberc tby native soi!. »

Adam.by this from tbe cold sudden damp RetoTering, and bis Bcatter'd spirits retum'd ,

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