‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 38 sur 283 · SA NAISSANCE. COLLÈGE · texte numérisé non relu

SA NAISSANCE. COLLÈGE

Au-dessus d'wKe fi>u)e de prosateurs et de poètes, pendant les rtègnes orngeux de Charles l^^ et du ProtecteUF, s*élèv£ la belle tête de Hilton. Oûsont les 09ntemppraiai8de ce génie, les Cowley, les Wailer, les Penham , les Marvel^ les Suckitug, les Crashaw , las Lovelaoe , les Davispant , jus Witber, (es H^bington, les Herbert, les Caraw ^ les Stanley ? S;(/cepté deux ou trois de ees noms, ^^1 lecteur françois.connoit les autres ? JL^ Gépki^ du Chmtianisme parle ravsonnablement du ParadU Perdu ; J'avpis 4 &ire amende honorable d'une partie de mes jugemi^nts sur Shakespeare et Dante ; je n*ai rien À réparer auprès de rhomme dont te poema a été roccaaion de ces recherehns sur I4 littérature angloiae : il ne ma reste ij^u'^ développer les motifs d'une admiration accrue par un examen plus approfondi d'un

chef-d'muvjr^. Obligé da m^arrét^r à daa beautés que J'essayola de fiiire passer dann notre langue ^ je Les al mteux appréciées , en déseaf^raot de les reproduire telles que Je les sentoto.

Milton n'étoit plus j on ne le oouDoiaaoit pas : son génie ^ jUM'ti du toml)eau epmme une ombre, vint demander au mond^ pourquoi on Tignomit sur la terre^ Étonné , on regarda pes grands mânes; on se demanda si réeUemeut rnut^ur de douze mille vers oubliés étoit immortel, ^n vision éclat^tfs et majestueuse flt d'abprd baisser les yeux , puis pn se prosterna et on adnra. Alors il fiillut savoir ce qu'avoit été ce secrétaire de

Cromwel},oepamphlétaireapo)Qgistedu régicide, détesté des uns, méprisé des autres. Bayle commença et s'enquit des faits touchant la taille et la mine de Milton : cette mine-là étoit flfère , et yaloit bien celle d'un roi.

Une malédiction étoit dans la famille noble de Milton , dépouillée de sa fortune pendant les guerres civiles de la Bose rouge et de la Rose blanche : le père de Milton étoit protestant et son grand-père 4 catholique; celui-ci avoit déshérité son fils. La malédiction de l'aïeul , sautant une génération , se reposa sur la tête du petit-fils.

Le père de Milton , établi à Londres , où il devint notaire ( sârivener)^ épousa Sarafa Casio», de Tandenne famille de Bradshawou des Hanghton, dont il eut une fille, Anne, et deux fils, Jean et Christophe. Christophe le cAdet (ùt royaliste, devint un des barons de l'échiquier et Juge des Common Pleas sous Jacques II ; il s'éteignit dans l'obscurité , dépouillé ou démissionnaire de sa place , peu de temps après ou avant la révolution de 168S; Jean Talné fut républicain et mourut non aperçu comme son frère : mais la raison de la nuit qui Tenvironnoit étoit d'une toute autre nature ; on peut dire de lui ce quMI a dit de la montagne sainte dans le cid : « On ne la voyoit point, parce qu'elle étoit obs- « curde par l'excès de la lumière. »

Le père de Milton aimoit les arts : il avoit composé un in Nomine à quarante parties; quelques vieux airs de lui ont été conservés .dans le recndl de Wilby. Apollon, partageant ses présents entre le père et le fils , avdt donné la musique au père, la poésie au fils.

(itilto adpatrem.)

Milton , le père , étoit peut'^tre né en France. Son immortel fiis naquit le 9 décemlnris I6O8,

SUR LA LITTÉftATURE ANGLOISE.

telicitédelMdm,B)read-Str»0l, kV«^ ^ làgÉài ràigli, augure et synM». Sbekee- |QR viroit eiMOK : Milton meçQt une é4i»eatioQ éDBOtiqM lettiée, À l'oflabre du tomb^aa dfi ce Qud génie inesiti» U adi«va iee bamaDitéi à [tfoie de Ssiat-Pavl à hooâp» , 10119 le docteur Aieuodfc CiU ; U eut pour tpteur Youog 9 pontûa. $00 extrême appiifi«itjoo à Tétude lui dopAa éeliQDoe heure des douleurs de tète et une grande ^liifessede vue; maux habituels de sa vie, dont jI Hiit reçu k gmie des» nÀr», A dU^aept ans i fm m coUég» dii Christ 4 Cambridge en fBiité de pensioon^iw minor, et è la ^urveil* jjBMdii invant William Chappel , 4^to év/tque kOAd BoM en Irlande. La beauté de Hilton kkmnmmr «ladaoïedu eollége de Christ;* ilii kéjf qf Chriit*s collège : il rappelle eom* (bjaomeat ce nom dans un ie ses discours iluûienilé. Il donna des marques de ses disilaitloai petfffie>t en eomposant des pièces btioH et des par^hiBses des psaumes en vers ttdois. L'bymne s«ir la NatmU est admirable k rh\ihffle et d*ttii rffet inattendu»

< Cétoit fhiver ; Tenfant né du ciel étoit venu « eoveloppé dans d« rudes et pauvres langes ; la

• oature s'était d^ouiUée de sa riante parure •poQr sympathiser avec son roattre : ce n*étoit 'fiiieiQoaaBl piNV elle deae livrer aux plai- •ârs avee le sirieU son amant; seulement elle

* avait oché su fi>IMes8e sous l'innocente neige, et jeté sur elle le saint et blane voile des

•«rge», . • .

ennuis de Cambrid^s^

*Iitcneéi9iteiip9i9) les rois demenrol^nt en 'Stleoce, comme s'ils sentaient ran^roebe d^ •brsoQverain. Les vents caressoient les vagues

* aanoocant tout bas de nouvelles Joies au doux ' Mil Les étoiles , regardant immobiles et sur-

prbes, De vouloient pas s'enfuir : malgré toute

* i>i«ièradtt maiiD, elles s'obstinoient à briller 'teleeiel,Jaeqs*àee que leur seigneur leur «priât Ivrméme, et kor dit de s'en aller. »

kça bschelier en 1698, Milton, maître en ^^n, qiitu Cambridge par eeprtt d'indépen- ^, et reAma d'entrer dans le clergé. « Celui '^ii'c^age dans les ordres^ dit-il, souserit à 'iiieiclavage et prête un seiment : il lui faut

* tîon oa devenir parjure ou briser sa eon-

<Mqaeipa<MMigwdesa première élégie latine , nu fair de piéCérer les plaisirs 4e Londres

ealMinies qœ l'on répandit contre lui dans la suite : on l'accusa d'avoir été vomi de Taniversité après les désordres d'une impure jeunesse; des pamphlet» assurèrent qu'il avc^ été foreé d'aller eaoher sa vie ei) Italie. Johnson pense que NiHon Alt le damier étudiantde runivemité puni d*uDe peine corporelle. Rien de tout eela n*est yrai, et ne a'aœorde même pas avee les dates d'une vie aussi correcte que religieuse.

mhTOn cnfz son père. ^ ouvaicss

Is père de Hilton ayant Ihit une petite fortune , s'élnit retiré à la campagne d'Horton , près Colebrodka, en Bucklngham^Shire. Hilton l'y ^rejoignit, et passa einq années enseveli dans la lecture des auteurs greee et latine. H faisait , de temps en temps, quelques courses à Londres pour acheter des livres et prradre des leçons de mathématiques , d'escrime et de musique.

U écrivolt à un ami qui lui reprodioit de vivre dans la retraite c « Voue en^ei qu*un tr^ grand amour d'iq^prendre est une faute ; que je me sais abandonné à rêver inutilement mes années dans les bras d'une solitude lettrée , eomme Endymion perdoit ses jours avee la lune sur le mont Latraus . . . Mais ces belles eq^ranees dont voua m'entretenes , qui flattent la vanité et la jeunesse', ne s'accordent point avee ce casque obanir de Plutoo , dont parle Homère. Je mettniis bas ce easque, si dims ma vie cachée je n'avois d'autre vue que de satisfaire une firlvole curiosité. Mais l'exemple terrible rapporté dans l'Évangile , du serviteur qui avolt tsàtmA son talent , est présent à mes yeuK : ce n'est pas le plaisir d'une étude spéculative , a c'est laconsidération même du oommandament « évangélîque gui m'empêche d'aller aussi yite « que d'autres et me retient par un religieux res- « pect. Cependant, afin que vous voyiez ^pm je « me défle^quelquefois de mxA-vfxiam , et que je « pjrends note de œrtaiii retardement en moi , « j'pi la bjirdieye de vous envoyer quelques-unes « de mes rêveries de nuit, dans la forme des « stanc«i de Pétrarque.

How floon halfa lime » the sobtle tliief of yaatti , $tobi oa )m «ing my tbree and iweatielii year ! Ny tiastipg days fly 00 with fuH carreer. Bat my late spring no bud or bloseom shew'th.

« Combien vite le temps , adroit voleur de la «jeunesse, a dérobé sur son aile nm vingitrtrois

ESSAI

« années 1 Mes Jours hétés fuient en pleine car- « rière; mais mon dernier printemps ne montre « ni tx>utons ni fleurs

De 1624 à 1638 il composa l'/ircad^«, Cornus ou le Masque f Lyeidas, dans lequel il semble propliétiser la mort tragique de l'évéque Land ; V Allegro et le Penseroso, des Élégies latines et des Sylves.

Jolinson a fait de V Allegro et du Penseroso une Yive analyse.

a Vhotnme gai entend l*alouette le matin ; l'homme p«n5t/ entend le rossignol le soir. « V homme gai voit le coq se pavaner^ il prête Torellle à Técho qui répète le bruit du cor et de la meute dans le bois; il voit le soleil s'élever avec gloire ; il écoute le chant de la laitière ; il regarde les travaux du laboureur et du fau* cheur ; il Jette les yeux sur une tour éloignée où réside quelque belle dame : la nuit il fait ses délices de quelque conte fabuleux.

« L'homme j^en^y tantôt se promène à minuit pour rêver, tantôt écoute le triste son de la cloche du couvre feu. Si le mauvais temps l'oblige de rentrer chez lui ^ il s'assied dans une chambre éclairée par la lueur du foyer. Ayant près de lui une lampe solitaire, il épie l'étoile du p61e pour découvrir rhabitation des âmes séparées de leurs corps , ou bien il lit les scènes pathétiques de la tragédie ou de l'épopée. Quand vient le matin , matin obscurci par la pluie et le vent, il erre dans les sombres forêts où il n'y a pas de sentier; il tombe assoupi au bord de quelque eau qui murmure , et , dans un enthousiasme mélancolique, il attend un rêve d'avenir ou une musique exécutée par quelques personnages aériens.

« La gaieté et la mélancolie sont toutes les deux solitaires, silencieuses habitantes des cœurs qui ne reçoivent ni ne transmettent des sentiments.

« Vhomme gai assiste à la ville aux fêtes brillantes , aux savantes comédies de Ben Johnson et aux drames sauvages de Shakespeare. ( Wild dramas of Shakespeare, ) « Le pensif j loin de la foule , se promène dans les cloîtres, ou fréiuente les cathédrales. » Pour le vieil âge de la gaieté , Milton ne fait point de provisions; mais il conduit la mélan* colie avec une grande dignité Jusqu'à la fin de la vie.

Je ne sais si les deux caractères sont sufflsam-

ment distincts ; on ne peut trouver , il est vrai , de la gaieté dans la mélancolie du poète ; mais J*ai peur qu'on ne rencontre quelque mélancolie dans sa gaieté. Le Penseroso et V Allegro sont deux nobles efforts dMmagination.

Milton a emprunté plusieurs images de ses beaux poèmes à YAnatomie de la mélancolie f par Burton , imprimée en 1624.

IflLTON EN rrAUE.

En 1638 , Milton obtint de son père la permis^ slon de voyager. Le victomte Scudamore, ambassadeur de Charles I^, reçut à Paris l'apologiste futur du meurtre de ce roi ; il le présenta à Grotlus. A Florence , Milton visita Galilée presque aveugle et demi-prisonnier de rinquisition; il a souvent rappelé le courrier céleste, nuncius side* reuSf dans le Paradis perdu, lui rendant ainsi rhospitalité des grands hommes. A Rome, il se lia avec Holstein, bibliothécaire du Vatican. Ctiet lecardinal Barberini, ilentenditchanterLéonora; il lui adressa des vers inspirés par les liecx qui avoient entendu la voix d'Horace.

Altéra Torqualum cepîl Leonora poetam , Cujus ab insano oessit amore farens.

Ah! miser ille tuo quanto feltclus ae?o Perditus , et propter te Leonora , foret !

« Une autre Léonore ravit le Tase, qui devint « insensé par Tardeur de l'amour. Ah! qa*aTee « bonheur, de ton temps, Léonore, l'infortuné « se seroit perdu pour toi I »

Milton s*e8t piu à renfermer son génie dans quelques sonnets italiens; on aime à vdr le terrible chantre de Satan se jouer à travers les doux nombres de Pétrarque.

Canto , dal mio buon popol non inteso ;

£*1 bel Tamigi cangio col bel Amo.

AmorloTolse

SeppI cil* amor oosa mai volse indanio.

« Je chante, non entendu de mon bon peuple; « J*ai changé la belle Tamise pour le bel Ano. n L'amour l'a voulu; l'amour n'a Jamais vonla « quelque chose en vain. »

Milton connut à Naples Manso , marquis de Villa, vieillard qui eut le double honneur d'être l'ami du Tasse et l'h6te de Milton : il adressa à ce dernier un distique renouvelé du pape saint Grégoire:

ut mens, forma, décor, Mes, mos, ai pietas sic, Non Anglus , vemm Herele , angeloa ipae Cwea.

« Si la piété répondoit au génie , à la fonne, i

SUR LA LITTÉRATURE AN6L0ISE

ai

I h boooe grice, à la beauté, aux manières , par t Bertaie! ta ne serois pas nu Aoglois , mais un inge.»

MiitoQ loi paya sa dette de recomioissance dans ne égiogoe latine pleine de charme.

Ksdilecie aenex» te Japlter leqaiu oportet ymoaàBm , et miti lostnrit lomiiie Phosbns, AâMtâqne aepos; neqne enim niti chanu ab orta l^flipm poterit magno fàYvsBe poète.

• Vidllard aimé des dieux , il faut que Jupiter t Jfmprante ici Télégante traduction de M. Ville-

* nain) ait protégé ton berceau , et que Pbœbus I fait éclairé de sa douce lumière ; car il n'y a « qw le mortel aimé des dieux dès sa naissance ,

< qoi poisse avoir eu le bonheur de secourir un

* e-and poêle. »

Le chantre à \evlr des innocentes Joies d'Éden pnoit le del de lui accorder un pareil ami ; il prontttoit alors de célébrer les rois de la Grande- Bretagne, cet Arthur qui « livra des combats sur

< la terre,* (erris heltamoventem, Milton n'obtint pas la foveur qu'il imploroit ; il n'a eu pour ami etpour défenseur de son nom que la postérité. Le poète convie Manso de ne pas trop mépriser une DQsehyperboréeime; car, lui-dit-il gracieuse» nent, • dans l'ombre obscure de la nuit nous

* croyons avoir entendu des cygnes chanter sur •la Tamise:»

5« etiaiii ia noatro modolanfea flumine ovgnoê CndâDM obecunft noctis Benaisae per uniibras.

Milton avolt formé le projet de parcourir la Sicile et la Grèce : quel précurseur de Byron I Les troablesde sa patrie le rappelèrent : il ne rentra point en Angleterre sans avoir vu Venise, cette teaté de Tltalle, aujourd'hui si belle encore, bien que moarante au bord de ses flots.

KILTON REVENU EN ANGLETERRE. SES OGCUPA- TI03IS ET SES PREMIERS OUVRAGES DE GOlfTRO-

ÎEHSL

Le voyageur revenu à Londres ne prit aucune part active aux premiersmouvements de la révolution. Écoutons Johnson :

< Qoe notre re^ect pour Milton ne nous dé-

* fende pas de regarder avec quelque degré d'a- 'QQsement, de grandes promesses et de petits

* effets , un homme qui revient en héte au logis ,

* parée que ses compatriotes luttent pour leur

* liberté , et qui , arrivé sur lethéâtre de l'action ,

* ^apore son patriotisme dans une école privée. ' Cette période de la vie du poète est celle devant

Gfl4TCAI«IU!lO. — TOHR V.

« laquelle tous ses biographes ont reculé : il leur est « désagréable d'abaisser Milton au rang de maître « d'école ; mais commeon né peut nier qu*il ensei- « gna des enfants , l*un trouve qu'il les instruisit « pour rien , l'autre pour le seul amour de la pro- « pagation du savoir et de la vertu. Tous disent ce « qu'ils savent n'être pas vrai , afin d'excuser une « condition à laquelle im homme sage ne peut « trouver aucun reproche à Aire. »

L'esprit satirique etla malveillance de Johnson se fait ici remarquer. Le docteur, qui n'avoit pas vu de révolution, ignoroit que dans ces grands troubles les champs de bataille sont partout, et quechacunchoisitceluioùrappellesoninclinatlon ou son génie : Tépée. de Milton n'aoroit pas fait pour la liberté ce que flt sa plume. Le docteur, grand royaliste , oublie encore que tous les roya« listes ne prirent pas les armes ou ne montèrent pas sur Féchafaud , comme le duc d'Hamilton , le lord de Holland et lord Capel ; que lord Arundel , par exemple, ami des muses comme Milton, et à qui la science doit les marbres d'Oxford , quitta Londres , tout grand maréchal d'Angleterre qu'il étoit, au commencement de la guerre civile , et alla mourir paisiblement à Padoue : il est vrai que son malheureux neveu , Guillaume Howard , lord Strafford , paya pour lui tribut au malheur, et l'on sait trop par qui son sang fxsX répandu.

Pendant trois ans, Milton donna des soins à l'éducation des deux fils de sa sœur et à quelques jeunes garçons de leur âge. Il habita successive* ment au cimetière de Saint-Bride dansFIeet-Street et un grand hôtel avec un jardin dans Aidersgâte. Il se fortifia dans les langues anciennes en les enseignant ; il apprit l'hébreu , le chaldéen et le syriaque. En 1640, à l'époque de la convoca« tion du Long Parlement , il débuta dans la polémique et plaida la cause de la liberté religieuse contre l'Église établie. Son ouvrage , divisé en deux livres, adressé à un ami, a pour titre : qf ReformaHon touching church discipline^ etc.,— « de la Réformation touchant la discipline de i'É* « glise en Angleterre et des causes qui jusqu'ici « l'ont empêchée. » Il publia ensuite trois traités; Épiscopàt anglais f Raison du gouvernement deVÉglise, ApologiepourSmectymnus; ce nom étoit composé de la réunion de six lettres prises des noms des six théologiens auteurs du Traité dé Smectymnus. Pour les lecteurs d'av^ourd'hui, il n'y a rien à tirer de ces ouvrages, si ce n'est ce que Milton dit dans la Raison du gouverne-

Si

ESSAI

ment 4e PÉffKse, de son dessein de composer un lK)ême en anglais.

•« Peat>4ti^ avec le temps , le travail ^ et le pen- « chant de la nature , J'enverrai gUelgne ckoêe «f d'écrit à la postérité, qu'elle lie laissera pas V9-

* loBtiéi^ mourir t je sois possédé de cette idée. « Peii ralmporte d*étre célèbre au loin $ Je me « eontenterai des Iles Britanniques, mon univers. « Mais il ne suffit pas d*invoquer les filles de métf lanoire , it faut par des prières ferventes implo- « rer l'esprit étemel ; lui seul peut envoyer le se- « t«phin qui du feu sacré de son autel tooclie et

* purifie nos lèvres. »

Milton ne Ailsoit pas aussi bon mardbé de sa renommée que SlialLespeare : celui^ piait par yibsoUciance de sa vie; d*un autre côté , on tAme à voir un génie encore inconnu se pn^liétiser lui* même, quand la postérité confirmant la prédietion , lui répond : * rion I Je n'ai pas laissé mourir ce quelque chose que tu as écrit. »

Malheureusement Milton , cédant à l'ardeur de ton caractère dans cette dispute religieuse , parie avec dédain du savant et vénérable évéqne an* glican tJsher, à qui la sdenee doit des travaux admirables sur l'histoire de la chronologie.

HiaiAGE DE MILTON.

Milton ) à rdge de dix-neuf ans , avoit composé sa sq^ème élégie latine dans laquelle 11 dit :

« Un Jour de mai, dans une promenade aux « environs de Londres ^ Je ranoontrai une jeune

* fiemme d'une beauté extraordinaii'e. J'en devins « paasîounément amoureux \ mais soudain Je la k perdis de vue : Je n'ai Jamais su qui elle étdt , ik et ne l'ai Jamais retrouvée. Je fis le serment de « ne Jamaia aimer. ^

Si le poète tint aanserment , il faudcoit supposer tp'il n'aima aucune de ses trois femmes i car il se maria Unis fins. En œ cas qu'auroit été la vierge si promptement évanouie? Peut-^re cette eompagne céleste qui vtoitolt l'Homère anglois pendant la nuit, et 1^ dictolt ses plus tendres vers. Bans U41 beau portrait de Miitcm, M. Pichot raconte que cette sylphide mystérieuse éti^ Leonora , ritaitenne t fauteur du Pèierinage à Cambridge brode là-dessus une touchante nouvelle historique. W. Bowies et M« Buiwer ont développé la même fiction.

Le comte d'ESsex ayant pris Reading en i64S, le père et le frère de Milton , qui s'étaient retirés dans cette vttle , retournèrent à Londres et vin-

rent demeurer chex le poète. Hilton avoit alors trente-cinq ans : un Jour il se dérobe de sa maison, sans être accompagné de personne; son absence dura un mois ^ au bout duquel il rentra marié , sous le toit d'où il étoit sorti garçon. Il avoit épou^ la fille aînée de Richard Powel, Juge de paix de Forest-Hlll , près Shotover , dans Oxford*Sbire. Richard Powei avoit emprunté da père de Milton 500 Uv. st. qu'il ne lui rendit jamals^ et qu'il crut payer en donnant sa fille au fils de son créancier. Ces noces ^ aussi furtives que des amours , en eurent l'inconstance : Milton ne quitta pos sa femme, comme Shakespeare : ce fut sa femme qui l'abandonna. La famille de Marie Powei étoit royaliste : soit que Marie ne voulût pas vivre avec un républicain, soit tout autre motiff elle retourna chez ses parents. Elle avoit promis de revenir à la Saint-Miciiel , et elle ne revint pas c Milton écrit lettres sur lettres , point de réponse ; il dépêche un messager qui perd son éloquence et son temps. Alors l'époux délaissé se résout à répudier l'épouse fugitive : pour faire Jouir les autres maris de l'indépendance qu'il se propose, son esprit le porte à changer en une question de liberté une question de susceptibilité personnelle; il publie son traité sur le divorce.

TaAITfi DE mLTON SUR LE DIVORCE. ^

Ce traité est divisé en deux livres :The Doctrine and discipline of divorce , restaured toAhe goodofboth sexes, etc., « Doctrine et discipline « du divorce, rétablies pour le bien des deux sexes. » il s'ouvte par une adresse au Long Parlement

« S'il était sérieusement demandé, 6 Parlement « renommé , assemblée choisie l qui de tiras les « docteurs et maîtres a Jamais attiré à fui un plus « grand nombre de disciplesen matière de religion « et mœurs, on répondroit avec une apparence « de vérité : C'est la coutume. La théorie et la « conscience recommandent pour guide la vertu ; « cependant , que cela arrive par le secret de la « volonté divine on par l'aveugl^Hent originel de « notre natare , la coutume est silencieusement « reçue comme le meilleur iastrudeur. •

L'écrivain pose ensuite divers principes qu'il ne prouve pas tous Clément.

« L'homme est l'occasion de ses {iropres misét res , dans la plupart de ses maux qu'il attribue « à la main de Dieu. Ce n'est pas Dieu qui a dé- « fendu le divorce , c'est le prêtre, La loi de Moïse « permet le |iUv<Nt9e , la loi du Christ n'a pas aboli « cette loi de Moïse. La loi canonique est Igao-

SUR LA LITTÉBATURE ANGLOKE.

note et fttiqae lorsque, en stipolant les droits do corps , die n'a rien fait pour la réparation des iojnstiees et des souffrances qui naissent de resprit Le mariage n'est pas un remède contre les exigences de la nature; 11 est Taccomplissenent de Parnoor conjugal et d'un aide mutuel : raraour et la paix de la fomille font le mariage an yeux de Dieu. Or, si l'amour et la paix n'existent pas, il n'y a plus de mariage. Rien ne tnmMe et ue désole plus un chrétien qu'un mariageoà l'incompatibilité de caractère se rencontre :l*adaltère corporel n'est pas la plus grande oflinise faite an mariage : il y a un adultère spiritnel , une Infidélité des intelligences antipatliiqoes, plus cruelle que l'adultère corporel. Prohiber le divorce pour cause naturelle, est contre vtQre. Deux personnes mal engagées dans le mariage passent les nuits dans les discordes et les inimitiés, se réveillent dans l'agonie et la douleur; ils traînent leur existence de mal en mal, jusqu'à ee que le meilleur de leurs Jours se soit épuisé dans l'infoitune, ou que leur vie se soit évanouie dans quelque peine soudaine. Moise admet le divorce pour dureté de cœur; le Christ n'a pas aboli le divorce , il l'a expli- ^é; saint Paul a commenté les paroles du Christ. Le Christ ne faisoit pas de longs discours, soQveut il parloit en monosyllabes; il semoit çàft là, comme des perles, les grains célestes de sa doctrine ; ce qui demande de l'attention et do travail pour les recueillir. On peut dire à ceitti qui renvoie sa femme pour cause d'adultère : Pardonnà-iui. — Vous pouvez montrer deia miséricorde; vouspouvezgagneruneâme:

ne poorriez-vons doue divorcer doucement avec celle qui noua rend malheureux 7 Dieu n'aime pasàlabourer de chagrins le cœur de l'homme; ilae se plaît pas dans nos combats contre des oh^ades invincibles^ Dieu le Fils a mis toute ehosesous ses pieds; mais 11 a commandé aux hommes de mettre tout sous les pieds de la charité. .

Hilton ne résout id Hiucnne question particul»fe;il n'entre iK)int dans les difjQcultés touchant les enfants et les partages ': son esprit large étoit contraire à l'esprit anglois, qui se renferme dans le cerele de la société pratique. Milton généralise les idées, les applique à la société dans son cittemble, à la nature humaine entière; il M% liberté de tout, et prêche l'indépendance de n»mme sous quelque rapport que ce soit. Et

cependant cet ardent champion du divorce a divinement chanté la sainteté et les délices de Tamour conjugal : « Salut, amour conjugal , my&- «térieuse loi, véritable source de l'humaine « postérité. » [Paradis perdu f liv. iv.)

D'après ses principes sur le divorce, Milton voulut épouser une illle du docteur Davds , Jeune et spirituelle; mais elle ne se soucioit pas du beau génie qui la recherchoit. La première femme du poète se ressouvint de lui alors : la famille Pov^ell , devenue moins royaliste à mesure que la cause royale devenoit moins victorieuse, désiroit un raccommodement. Milton étant allé chez un de ses voisins nommé Blackborough , soudain la porte d'une chambre s*ouvre : Marie Powell se Jette en larmes aux pieds de son mari et confesse ses torts ; Milton pardonne à la pécheresse : aventure qui nous a valu l'admirable scène entre Adam et Eve au x^ livre du Paradis perdu.

aooohishesrtrelented

TowVds ber, bis life so late aad sole deligbt, Row at iiis fiset submisslre in distress!

« Son cœur bientôt s'attendrit pour elle,, na- « guère sa vie et ses seules délices, à présent à « ses pieds soumise dans la douleur. »

La postérité a profité d'une tracasserie déménage.

Un mariage romanesque eommeaoé dans le mystère, renoué dans les larmes, eut pour résultat la naissance de trois filles, et deux de ces Antigones rouvrirent les pages de l'antiquité à leur père aveugle.

Après le triomphe des parlementaires, Milton oSrit un asile à la famille de sa femme. Todd a retrouvé des papiers dans les archives publiques, par lesquels on voit que Milton prit possession du reste de la fortune de son beau-père lorsqu'il mourut , fortune qui lui revenoit comme hypothèque d*une somme prêtée par le père du poète. La veuve de Powell pouvoit réclamer son douaire ; elle ne l'osa , « car, dit«lle , M. Milton est un « homme dur et colère; et ma fille, qu'il a épou- « sée, serait perdue si Je ponrsuivois ma récla- « mation. »

Les presbytériens ayant attaqué l'écrit sur le divorce, l'auteur irascible se détacha de leur secte, et devint leur ennemi.

msooDis SUR Lk ubeutë ne la paesse.

Milton fit bientôt paroltre son AreopagiHca, ! le meilleur ouvrage en prose an^loise qu'il ait

84 ESSAI

écrit ; cette manière de sVxprimer, liberté de la presse f D*étant pas encore connue, il intitula son ouvrage : A speech for the liberty of unlicens'dprinting, to theparliament o/England. « Discours pour la liberté d*imprinier sans licence « (permission), au parlement d'Angleterre. »

Après avoir remarqué que la censure est inutile contre les mauvais livres , puisqu'elle ne les empêche pas de circuler, l'auteur ajoute : « Tuer « un homme , c'est tuer une créature raisonnable ; K tuer un livre, c'est tuer la raison , c'est tuer « l'immortalité plutôt que la vie. Les révolutions « des âges souvent ne retrouvent pas une vérité « rejetée, et faute de laquelle des nations entiè- « res souffrent éternellement.

« Le peuple vous conjure de ne pas rétrogra- « der, d'entrer dans le chemin de la vérité et de « la vertu. li me semble voir dans ma pensée une ft noble et puissante nation se lever, comme un « homme fort après le sommeil ; il me semble « voir un aigle muant sa puissante Jeunesse , al- « lumant ses regards non éblouis au plein rayon « du soleil de midi , ôtant à la fontaine même de « la lumière céleste les écailles de ses yeux long- « temps abusés , tandis que la bruyante et timide « volée des oiseaux qui aiment le crépuscule fuit « en désordre. Supprimerez-vous cette moisson « fleurie de connoissances et de lumières nouvel- « les qui ont grandi et qui grandissent encore « Journellement dans cette cité ? Établirez-vous « une oligarchie de vingt monopoleurs , pour af- « famer nos esprits? N'aurons-nous rien au delà « de la nourriture qui nous sera mesurée par leur « boisseau? Croyez-moi, lords et communes, Je « me suis assis parmi les savants étrangers ; ils « me félicitoient d'être né sur une terre de iit berté philosophique, taudis qu'ils étoient ré- « duits à gémir de la servile condition où le sa- « voir étoit réduit dans leur pays. J'ai visité le « fomeux Galilée devenu vieux , prisonnier de « l'inquisition pour avoir pensé en astronomie « autrement qu'un censeur franciscain ou domi- « nicain. La lil)erté est la nourrice de tous les « grands esprits : c'est elle qui éclaire nos pen- « sées comme la lumière du ciel. »

A cet énei^que langage on reconnoft l'auteur du Paradis perdu, Milton est un aussi grand écrivain en prose qu'en vers ; les révolutions l'ont rapproché de nous ; ses idées politiques en font un homme de notre époque : il se plaint dans ses vers d'être venu un siècle trop tard; il auroit pu

se plaindre dans sa prose d'être venu un siècle trop tôt. Maintenant l'heure de sa résurrectiouest arrivée ; Je serois heureux d'avoir donné la main à Milton pour sortir de sa tombe comme prosateur ; depuis longtemps la gloire lui a dit comme poète : « Lève-toi! » Il s'est levé et ne se recouchera plus.

La liberté de la presse doit tenir à grand bon* neur d'avoir pour patron l'auteur du Paradis perdu; c*est lui qui le premier l'a nettement et formellement réclamée. Avec quel art pathétique le poète ne rappelle-t-il pas qu'il a vu Galilée, sous le poids de l'âge et des inflrmités, près d'expirer dans les fers de la censure , pour avoir osé affirmer le mouvement de la terrel G'étoit uq exemple pris à la hauteur de Milton. Où irionsnous aujourd'hui si nous tenions un pareil langage?

Regardez , regardez , peuples da Nouveau-Monde { ' N'apercevez-vous riea sur votre mer profonde ? Ne vient-il pas à vous du fond de lliorizon Un céUicée informe au triple {Mvillon?

Vous ne devinez pas ee qui se meut sur Tonde : C'est la première fois qu'on lance une prison '.

MORT DU PÈRE DE MILTON. ÊVËNEBIENTS HISTO- RIQUES. TR.UTÊ SUR L'ÉTAT DES ROIS ET DES MAGISTRATS.

En 1 645 Milton recueillit les poèmes latins et anglois de sa Jeunesse. Les chansons furent mises en musique pas Henri Lawes, attaché à la chapelle de Charles I^** : la voix de Tapologiste alloit bientôt se faire entendre au cercueil du monarque à la chapelle de Windsor.

Le père de Milton mourut; les parents de la femme du poète retournèrent chez eux , et sa maison, dit Philips , redevint encore une fois le temple des Muses. A cette époque , Milton fut au moment d*étre employé en qualité d'adjudant dans les troupes de sir Willian Waler, général du parll presbytérien, dont nous avons des Mémoires.

Lorsque, au mois d'avril 1647, Fairfax et Cromwell se furent emparés de Londres, Milton, pour continuer plus tranquillement ses études, quitta son grand établissement de Berbicane, et se retira dans une petite maison de High Holbome, près de laquelle j'ai longtemps demeuré. Et c'est ici le lieu de rappeler une observation que J'ai faite au commencement de cet Essai : « Une vue de la littérature , isolée de l'histoire des nations, ai-Je dit, créeroit un prodigieux

' Loi de la presse. M. A. Musset.

SUR LA LITTÉRATUBE ANGLOISE

neasoDge; en entendant des poètes successifs éasterimpeituriiabienient lenrs amours et leurs Doutons, on se figureroît Texistence non inter-

tomine de l'âge d'or sur la terre Il

j a toQjours chez une nation au moment des catastn>phes et parmi les plus grands événements, tu prêtre qui prie, un poète qui chante, etc. »

Noos Yoyons Milton se marier, soccuper de letude des langues, élever des enfants , publier ées oposcules en prose et en vers, comme si rAi^;leterre jouissoit de la plus profonde paix : (t la guerre civile étoit allumée , et mille partis se déchiroient , et Ton marclioit dans le sang parmi des ruines.

Ea 1644 les batailles de Marstonmoor et de >ewbQry avoient été livrées; la tête du vieil ar« cbeTéque Laud étoit tombée sous le fer du bourreaa. Les années 1645 et 1646 virent le combat de Nasdiy , la prise de Bristol , la dé&ite de Montross, la retraite de Charles T' ^à l'armée écos* mse qui livra aux Anglois leur monarque pour 400,000 livres sterling.

Ia années 1647 , 1648, 1649, ftirent plus tngiqaes encore; elles renferment dans leur période fatale le soulèvement de l'armée, i'enlèveneaidu roi par Joyce, l'oppression du parlement par les soldats, la seconde guerre civile , l'évasioQ da roi , la seconde arrestation de ce monar* que, réporatlon violente du parlement, le Jupow&t et la mort de Charles I^ .

Qu'on se reporte à ces dates, et l'on y placera nceessivement ces ouvrages de Milton dont Je ^ieDsde parler. Milton assista peut-être comme spectateur à la décapitation de son souverain ; il retint peut-être chez lui faire quelques vers , oa arranger pour des enfants un paragraphe de a grammaire latine : Genders are three; mas» tftlm, féminine and neuter; « il y a trois gen- Rs, k masculin, le féminin et le neutre. » Le iort des empires et des hommes ne compte pas plos qoe cela dans le mouvement qui entraine les sociétés.

Ed France , en 1 793 , il y avoit aussi des poêla (piicfaantoient ThyrsiSj un des personnages h Masque j et qui n'étoient pas des Milton : on lUoit au spectacle peuplé de bons villageois ; les ^f^^t oecupoient la scène quand la tragédie cowoit les rues. On sait que les terroristes étoient <l'QQe iKQignité de mœurs extraordinaire : ces ^f^àm pastoureaux aimoient surtout les petits tDtmts. Fouqnler-Tinville et son serviteur Sam-

son qui sentoit le sang^ se délassoient le soir au théâtre , et pleuroient à la peinture de l'innocente vie des champs.

Charles V n'eut pas plutôt été exécuté, que les presbytériens crièrent au meurtre, à Tinvio* labilité de la personne royale : bien que ces gi« rondins de l'Angleterre eussent puissamment contribué à la catastrophe, du moins ils ne voté* rent pas, comme les girondins françois, la mort du prince dont ils déploroient la perte. Pour ré* pondre à leur clameur, Milton écrivit son Te* nure ofkings and magistrats^ « État des rois et des magistrats. » Il n'eut pas de peine à démontrer que ceux qui se lamentoient le plus du sort de Charles l'a voient eux-mêmes conduit à l'écha* faud. Ainsi qu'il arrivedans toutes les révolutions, les partis essayent de tenir à certaines bornes ou ils ont fixé le droit et \à justice; mais les hommes qui les suivent les renversent et franchis» sent ce but, conune dans une charge de cavale* rie le dernier escadron passe sur le ventre du premier, si celui-ci vient à s'arrêter.

Milton cherche à prouver qu'en tout temps, et sous toutes les formes de gouvernement, il a été légal de faire le procès à un mauvais roi, de lo déposer ou de le condamner a mort. « Si un su «jet, dit-il, en raison de certains crimes, est « frappé par la loi dans lui-même, dans sa pos« « térité , dans son héritage dévolu au roi, quoi de « plus juste que le roi , en raison de crimes ana« ■ logues, perde ses titres, et que son héritage « soit dévolu au peuple? Direz-vous que les ft nations sont créées pour le monarque , et que « celui-ci n'est pas créé pour les nations? que « ces nations sont regardées, dans leur muU « titude, comme inférieures à l'individu royal? « cette doctrine seroit une espèce de trahison « contre la dignité de l'espèce humaine. Soute* « nir que les rois ne doivent rendre compte de « leur conduite qu'à Dieu, c'est abolir toute so« « ciété politique. C'est alors que les serments que « les princes ont prêtés à leur couronnement « sont de pures moqueries, et que les lois qu'ils « ont Juré de garder sont comme non avenues. » Milton dans ces doctrines n'allolt pas plus loin' que Mariana, et il les appuyoit des textes de l'Écriture : la révolution anglolse , en cela touto contraire à la nêtre , étoit essentiellement reii« gieuse.

MlLTOlf SEGRtTAlAB LàTUf DU GOUSElt D'ÉTAT

DE LA AÊPUBUQUE. UCOMOCLASTC

Les écrits politiques de Milton le recommandèrent enfin à l'attention des chefs du gouverneroent ; il Ait appelé aux affaires et nommé secrétaire latin du conseil d'État de la république : quand celle-ci se changea en protectorat , Milton se trouva tout naturellement secrétaire du Protecteur pour la même langue lattne. A peine entré dans ses nouvelles fonctions , il reçut Tordre de répondre à VEikon Basilikê^ publié à Londres après la mort de Charles , comme le testament de Louis XYI se répandit dans Paris après la mort du roi-martyr. Une traduction françoise de VEikon parut sous ce titre : Pouriraict de Sa sacrée Majesté durant sa solitude et ses souf" frances.

Milton intitula spirltneileraent sa réponse au Pourtraict : V Iconoclaste. Tout en immolant de nouveau le monarque , il prétend n*avoir aucun dessein de souffleter une tète coupée ; mais enfin les circonstances l'obligent à parler, et II préfère au roi Charles la beihe Vérité : Iteginam Veritatem régi Carolo anteponendam arbitratus.

L'ouvrage est écrit avec méthode et clarté; Tauteur y semble moins dominé par son imagination que dans ses autres traités politiques. « Discourir sur les malheurs d'une personne tom- « bée d'un rang si élevé , et qui a payé sa dette « finale à ses fautes et à la nature, n'est pas une « chose en elle-même recommandable ; ce n'est « pas non plus mon intention. Je ne suis poussé k ni par l'ambition, ni par la vanité de me faire « un nom , en écrivant contre un roi : les rois « sont forts en soldats et foibles en arguments , « ainri que tous ceux qui sont accoutumés dès le « berceau à user de leur volonté comme'de leur « main droite , et de leur raison comme de leur tt main gauche. Cependant , pour l'amour des « personnes d'habitude et de simplicité , qui

• croient les monarques animés d'un souffle dif-

* (érent des antres mortels , Je relèverai au nom -M de la liberté ^ de la république le gant qui « a été Jeté dans l'arène , quoiqu'il soit le gant » d'un roi. »

Milton , d'autaut plus cruel pour Chartes P 4ana Vleonoclaste qu'il est plus contenu , oppose à VEikon oe raisonnement an iq|et de la mort de Strafford :

« Charles se repent^ nous dit-il , d'avoir donné » son consentement à Texécution de Strafford :

« il est vrai que Qiaries déclara aux deux ebam- « bres qu'il ne pouvoit condamner son favorl- « pour haute trahison ; que ni la erainte ni an- « cune considération ne lui feroient changer une * résolution puisée dans sa conscience. Mais ou « la résolution de Charles n'étoit pas puisée dans « sa oonsdenee, ou sa eonsdence reçut de mell- « leures informations , ou enfin sa conscience et " sa ferme résolution plièrent les voiles devant « quelque crainte plus forte , e«t peu de Jours « après ses fermes et glorieuses parcriesÀ son par« « lement, il tigna le biti peur l'exécution de « Strafford. »

Milton appelle VEikon un livre de pénitence* « Charles étoft un diligent lecteur de poésie plus « que de politique ; peut-être VEikon n'est qu'une « pièce de vers : les mots en sont bons, la fiction « claire; il n'y manque que la rime. Charla « donne la rudesse au parlement anglois, la verto « à la reine dans des paroles qui arrivent presque « à la douce autorité du sonnet. »

Milton se joue des réflexions du roi à Roimby et de sa lettre testamentaire au prince de Galles : il rappelle encore à ce propos les condamnations » de diverses tètes couronnées, et descend, impi^ toyable, Jusqu'à Texéeution de Marie Stuart, aïeule de Charles; souvenir sans courage, car Charles dormoit à Windsor et n*entendoit pas ce que son ennemi hii disolt.

ff Vous parlez, s'écrie le poète, de la couronne «d'épines de notre Sauveur! Les rois peuvent « sans doute trouver assez de couronnes d'épines « cueillies et tressées pareux; mais laportercomme « Christ la porta n'est pas donné à ceux qui ont « souffert pour leurs propres démérites. »

Malgré son intrépidité républicaine, le publi* ciste parott embarrassé quand il arrive au dernier chapitre de VEikàn. Ce dernier chapitre a pour titre : MédUaUons sur la mort. Que fait Milton? Il fîiit devant ces méditations. * Tontes « les choses humaines, dit-il , peuvent être con- « traversées; les Jugements seront divers jus* « qu'à la fin du n^nde; mais cette affaire de la « mort est un cas simple, et n'admet pas de con*

« traverse; dans ce centre commun toutes les « opinions se renei^ntreQt. »

Cest ainsi que Milton prit part à ta gloire da régicide : le bourreau fit ^ilUr Jusqu'à laile sang de Chartes P' , comme l'immolateur, dans les sa* criacesantiques,arroioit les qiectateurs du sang de la victime.

SUR LA LITTÉRATURE ANGLOISE

Miiloo mapçûomàk VEiktm de n*étre pu do m : et qa'il myM preventl s'est travée vré '; l'ovTragt esl 4a docteur Ganden. VEikon renferme une prière empruntée, mot pour mot, de eelle de Farnek dans VAreaUe de PUUppe 8(dney. Ce Alt «I grand si^ de moquerie pom* les répabliealM et de eonfosloo pour les royalistes qoi avoient cm à Fautlientieité dn Pauriraict de leur mafira. Dans la soite tm nommé Henri flilb, imprimeor de GromweU , prétendit que MiltoQ et Bradsbaw aToient obtenu de Dngar, éditeur de VEikon ^ Tinsertion de la prière de Pamela, afin de détruire l'efirt de VEûsan. Rien daosleearaetèredsMiltonn'antorise àcroire qu'il eût pe M rendre eoupable d'une pareille làeheté. Comment auroit-il su qu'on imprimoit le portrait royal? Comment les parlementaires, qui anroient oonnq l'existenee du manuscrit , ne l'auroieot*ils pas arrêté? Les violenees arbitraires étoient forten usage parmi ces 0sns libres, non les fourberies : dans la oorrespondanee secrète du roi avec la reine, qullssurprirent et imprimèrent, il ne changèrent rien. Les interpolations, les falsifications, les suppressloQS, sont des moyens bas que la révolution anglolse a laissés à noire révolution.

Toutefois J<riluison a om qu'on avoit dépravé leteite de l'Eikon BanUké ; « îm fiewslâons , dit- « il , laissent rarement un bomme bonnéte , quoi-

• qsll poisse y être entré tel. . . • • Les régicides « t emparèrent des papiers que le rai donna à - Joion sur l'éebafaud , de sorte qu'ils furent au « moins les éditeurs de cette prière ( la prière < prisede FAreadie de Sidney ), et le docteur Bi-

• ehs, qui a examiné es sujet avec beaueoup de

• loin, croit qu'ils en furent les fabrieateurs, • Pour moi, en examinant de iNrès VEikon Ba*

nlikéf il m'est venu une autre espèce de doute m oet ouvrage : Je ne puis me persuader que ÏEîkoH sott sorti tout entier de la plum^ du docteur Gauden. Le ministre aura vraisemblablement travaillé sur des notes laissées par Charles I''. Des sentiments intimes ne trompent pas; w oe peut se mettre si bien à la place d'un bomme, qoe Ton reproduise les mouvements d'esprit de cet bomme dans telle ou telle droonstance de sa lie. U me semble , par exemple , que Charge I^^ a pn acal écrire cette suUe de pensées :

« Sous prétexte d'arrêter une bourrasque po-

• pulsire, j'ai excité une tempête dans mon sein. » ( Cbiries se rcpvocbe id la mort da Straftard. )

* O Dieul que ta bénéiletlon as'octreye d'être 1 toujours raisonnable comme homme , rel^^éUK « comme ebrétien , constant et jueta comme roi I

« Les événements de toutes les guerres sont • tneertidns; ceux de la guerre dvUe, Ineopsolik « blesipuis doncque,virtnqueur ou vaincu, ilme « fiBUt toujours souflHr, donne-md de len esprit « au double.

« J'ai besoin d'un cœur propre à beaneoiq^ « soulMr!

« Ils m'ont bien peu laissé de cette vie, etseu^ «lementl'écorce.

« Mon fils , s'il fhot que vous ne voytex ploê ma face , et que ce soit l'ordre de Dieu que je sois enterré pour jamais dans cette obscure et si barbare prison , adieti.

« Je laisse à vos soins votrç mère : souvenez-vons qu'elle a été contente de souffrir pour moi, avec moi et avec vous aussi ^ par une magnaninpté incomparable.

« Quand ils m'auront fait mourir, Je prie Dieti qu'il ne verse point lès fioles de son indignation sur la généralité du peuple.

« J'aimerois mieux que vous fussiez Charles le Bon que Charles le Gratkd, f espère que Dieu vous aura d^tioé h pouvoir être l'un et l'autre,

« Vous flBrex plus parottre et exercerez plv9 légitimement votre autorité eu reUchant ui| peu de la sévérité des lois , qu'oEi vous y atta? chant si fort; car il n'y i| fïm de pire qu'uu pouvdr tyrannique «xercé sous les formes de btld.

« Que ma mémoire et nion nom viveni ai vo«

« tre souvenir.

« Adieu , Jusqu'à ce que pous p»i6Sio»(f nous « reneontrer au (ciel, si nous w lu pouvons pa4 « en la terre.

m J'espère qu'un siècle plus heureux vous a^

«tend.»

n£FEflSE np PEUPU 4SGL0IS CONTRE SAtJMAISB.

Bientêt parut celui des ouvrages de Hilton , qui , de son vivant, lui donna le plus de renomimée : c^est sa Défense du peuple anglêù contre l'écrit de Saumaise en faveur de la mémoire de Charles I^. < Les attaques contre un rai qui n'est « plus, dit avec raison et éloquence M. Vitlemaint « ces insultes au ddà de l'échaflaudavolent «ueU « que chose d'al>ieet et de féroce , que réUenlsae^

as

ESSAI

« ment du fiiax zèle eacboit à rame enlhonaiaste « de Miiton. »

De/ensio pro popuio anglicano est écrit ea prose latine, élégante et classique; mais Miiton ne s*y montre que le traducteur de ses propres $eoXiments pensés eûanglois, et il perd ainsi son originalité nationale. Tous ces chefs-d'œuvre de latinité moderne feraient bien rire les écoliers de Rome s'ils venoient à ressusciter.

Miiton dit d*abord à Saumaise que lui, Saumalse , ne sait pas le latin; il lui demande comment il a écrit persona regia. Miiton affectoit de faire remonter en bonne latinité, persona à la signification classique, un masque ^ bien que Saumaise eût pour lui l'autorité de Varron et de Juvénal; mais en se relevant tout à coup, il ajoute : « Ton expression, Saumaise, est plus « Juste quatu ne Tlmaglnes ; un tyran est en effet « le masque d'un roi. »

Cette querelle sur le latin est une querelle commune entre les érudits; tout homme habile en grec et en latin , prétend que son voisin n'en sait pas un mot.

« Tu commences, Saumaise, ton écrit par ces « mots : Une horrible nouvelle a dernièrement « frappé nos oreilles! un parricide a été commis «en Angleterre! Mais cette ^Aorrtfr/e nouvelle « doit avoir eu une épée beaucoup plus longue « que celle de saint Pierre , et tes oreilles doivent « être d'une étonnante longueur, car cette nou- « velle ne peut frapper que celles d'un âne.... 0 <k avocat mercenaire ! ne pouvols-tu écrire la dé- « fense de Charles le père, selon toi le meilleur t des rois défunts, à Charles le fils, le plus indi- « gent de tous les rois vivants , sans mettre ton « écrit & la charge de ce roi piteux? Quoique tu 4 sois un coquin, tu n'as pas voulu te rendre ri- < dicule et appeler ton écrit : Défense du roi^ « car ayant vendu ton écrit , il n'est pas à toi^ il « appartient à ton roi, lequel l'a trop payé au « prix de ceaXjacobus, grande somme pour ce « pauvre hère de monarque! »

Miiton ne reçut-il pas de ses maîtres mille livres sterling pour sa réponse à Saumaise? c'étoit plus décent jacohus. Heureusement tout n'est pas de ce ton dans la défense.

« Je vais discourir sur des choses considérables jt et non communes : Je dirai comment un roi a très-puissant, après avoir foulé aux pieds les « lois de la nation et ébranlé le*culte , gouverna « selon sa volonté et son bon plaisir, et fut enfin

« vaincu sur le champ de bataille par ses sujets : « ils a volent souffert sous ce roi une longue serÂl- « tude. Je dirai comment il fût Jeté en prison; « comment , n'ayant pu donner dans ses paroles < ou sea actions l'espoir d'obtenir de lui uoemeii- « leure règle, il fut fhialement condamné à mort « par le suprême conseil du royaume, et dé- « capité devant la porte même de son palais. « Je dirai en vertu de quel droit et de quelles « lois particulières à ce pays ce Jugement fut « prononcé, et Je défendrai facilement mes dignes « et vaillants compatriotes contre les calomnies « domestiques et étrangères*

La nature et les lois seroient en danger, si « l'esclavage parloit et que la liberté fût muette, « si les tyrans rencontroient des hcmimes pr^s « à plaider leur cause, tandis que ceux qui ont « vahicu ces tyrans ne pourroient trouver on « avocat. Chose déplorable eu vérité si la raison, « présent de Dieu dont l'hoftime est doué, ne « foumlssoit pas plus d'arguments pour la con< « servation et la délivrance des honmies, que pour " leur oppression et leur ruine! »

De là , l'auteur passe aux réponses directes. Saumaise avance qu'on a vu des rois , des tyrans assassinés dans leur palais ou tués dans des émen* tes populaires , mais qu'on n'en a point vu con« duits à réchafaud. Miiton lui demande s'il est meilleur de tuer un prince par violence et sans jugement, que de le mener à un tribunal où il n'est condamné, comme tout autre citoyen, qu'après avoir été entendu dans sa défense?

Saumaise soutient que la loi de nature est imprimée dans le cœur des hommes : Miiton répond que le droit de succession n'est point un droit de nature ; qu'aucun homme n'est roi par la loi de nature. Il cite à cette occasion tous les rois Jugés et surtout en Angleterre. « Dans an ancien manuscrit, dit-il, appelé Modus tenendi parlementa , on lit : « Si le roi dissout le «parlement avant que les affoires pour lesqnel- « les le conseil a été convoqué ne soient dépé- « chées, il se rend coupable de paijure et sera • réputé avoir violé le serment de son couron- « nement. » « A qui la faute si Charles a été condamné? N'a-t-il pas pris les armes contre ses peuples? N'a-t-il pas fiait massacrer cent cinquante-quatre mille irotestants dans la seule province d'Ulster en Irlande? »

Hobbes prétend que, dans la Défense du peur pie anglais^ le style est aussi bon que lesargu-

SUR LA LITT£RATDR£ AINGLOiSE.

Bents sont inaavfda. Voltaire dit que Sanmaise ittMgiie eo pédant , et que Milton répond comme iKbéteférooe. « Aucun liomme, selon Jol>uson,

• DooMie son premier métier : les droits des I Mtioos et des rois deviennent des questions

• de grammaire, si des grammairiens les dis* ■ cotât.»

U âifcnse fut traduite du latin dans toutes IfiiaDgiKs de TEurope : le traducteur anglois f'jfipelle Washington,

Les ambassadeurs des puissances étrangères iLoodres s'empressèrent d'aller faire leurs cornplimeots à Milton sur son admirable ouvrage : cestonediose si lieureuse pour les rois que de t»r b HHS I Pliilarès, Athénien de naissance, et imbassadeor du duc de Parme auprès du roi de F niiœ,écrivit des éloges sans fin à l'apologiste du ji^ent de Charles V\ Nous avons vu les ambassadean ramper à Paris aux pieds des secrétiirc de Boonaparte. Abstraction faite des homses, des corps diplomatiques , qui ne sont plus a rapport avec le système de la nouvelle société, vserreDt souvent qu'à troubler les cabinets autres desquels ils sont accrédités, et à nourrir loirs fflattres d'illusions.

MiltoQ a remué d'une main puissante toutes itt idées agitées dans notre siècle. Ces idées ont dormi pendant cent cinquante années , et se sont reveiHéesen 1789. Ne croiroit-on pas que les ouvrages poiitiqaes du poète ont été écrits de nos joars, sor des sujets que nous voyons traiter chaqoemati]) dans les feuilles publiques?

Saornalse se vantoit d'avoir fait perdre la vue k Hilton, et Milton d'avoir fait mourir Saumaise. Tœ réplique de celui-ci ne parut qu'après sa M; il y traite Milton de prostitué ^ de larron joitUigue, à*avorton, de chassieuXy de myope, , ^'^mme perdu, de fourbe , d'impur, de scélé- ^^nulacieux, de génie ir^fernal, d'imposteur i^fme; il déclare qu'il voudroit le voir torturer ^apirer dans de la poix fondue ou dans de IMe booillante. Saumaise n'oublie pas quelques >(n latins où Milton a manqué à la quantité. Vraisemblablement la colère du savant venoit B'nQs de son horreur du régicide , que des mautUses plaisanteries de Milton contre le latin de la ûp/ewio regia.

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