‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 97 sur 283 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

ion ÊXhécmooÈ des ses Ibrles épaules. La feomie porte comme un voile sa chevelure d*or qui descend éparse et sans ornement Jusqu'à sa fine cein* ture, se roule eu capricieux anneaux, comme la vigne repHe ses attaches ; symbole de la dépen« daoce, mais d*une dépendance demandée avec «se douce autorité , par la femme accordée , par lliomrae mieux reçue ; accordée aveo une sou* ■inion contenue , un décent orgueil , une tondre résistance, un amoureux délai. Aucune partie Dystéristtse de leurs corps n*étolt alors cachée ; ibn la hoDta coupable n'existoit point : honte déshonnète des ouvrages de la nature , honnepr dôbonorable , enfiuit do péché , combien aveE« ?0Qs troublé la race humaine avec desapparenees, de pores apparences de pureté ! Vous avei banni de la vie de l*lionune sa plus heureuse vie, la implicite et Vinnooence sans tache !

Ainsi paasolt le couple nu ; il n'évltoit ni la Tw de Dîea , ni celle des anges , car il ne songeoit point au mai; ainsi passoit, en se tenant par la main , le phis beau couple qui depuis s*unit janatsdans lesembraseementsderamour : Adam, le méUeur des hommes qui furent ses fils; Eve , la phis belle des femmes qui naquirent ses filles.

$008 un bouquet d'ombrage, qui murmure doQcement sur un gason vert , ils s'assirent au bord d*une limpide fontaine. Ils ne s*étoient ftitigués au labeur de leur riant jardinage , qu'autant

Roood fram liia parted Ibrelock manly hong Clastering, but not beneath his shoaldera broad : Sbe, as ft Tell , down to the siender waiat Her aaadorned golden tresaes wore Di&heveird, bot in wanton ringlets wat'd A« tbe Tine curls ber tendrils ; which Implied Sobjertioo , bot reqoir^d with gentle sway. And by her yielded , by him best recei?*d ; ViHded wilb 007 sabmission , modest pride , Kaà sweet, reinctant , amoroos delay.

Nor thow mysterioas parts were then ooneealM ; Tbcn was noi gnilty shame : dishonest shame orDature*» mùàt» , honour dislionoarable , Sia-bred , bow bâte ye troobled ail manlUnd N>1th shows instoad , mère sbows of seemlng pore , Aod banish'd from man's Hfe bis bappiest life , Simpticity and spotleas lonoeenoel

So paat'd they naked on , nor abunn'd the aight Of God or angel ; for they thoa(^t no Ul : Sohand io bond they paasTd, tbe loTelieat pab Thaterer siDce in lofe*a embrsoea nieC ; Adam thegoodliest roan of men sfaice bora Hb flODs , tbe lUrest of ber daaghters Ere.

l'Dder a tiift of ahade, tbat on a green Stood whisperfog soft » by a freah foontain-ifde They lat ihem down ) and , aller no more tell

qu'il le ihlloit pour rendre le firais séphyir plua agréable , le repos plus paisible , la soif et la faim phis salutaires. Ils cueillirent les fruits de leup repas du soir ; fruits délectables que cédoient les branches complaisantes , tandis qu'ils reposoient inclinés sur le mol duvet d'une couche damassée de fleurs. Ils suçolent des pulpes savoureuses, et à mesure qu'ils avoient soif, ils buvolent dans l'éoopoe des fruits l'eau débordante.

A ce festin ne manquoient ni les doux propos, ni les tendres sourires, ni les Jeunes caresses na* turelles à des époux si beaux, enehafnés par l'beu-* reux lien nuptial , et qui étoient seuls. Autour d'eux folltroient les animaux de la terre, depuis devenus sauvages, et que Ton chasse dans iea bois ou dans les déserts, dans les forêts ou dans les cavernes. Le lion en jouant se cabrdt , et dans ses grifSes berçoit le chevreau ; les ours , les tigres, les léopards, les panthères gambadoient devant eux ; l'infbrme éléphant , pour les amuser, emplqyoit toute sa puissance, et contoumoit sa trompe flexible ; le serpent rusé , s'insinuant tout auprès , entrelaçoit en nœud gordien sa queue re* pliée , et donnoit de sa fatale astuce une preuve nou comprise. D'autres animaux couchés sur le gazon et rassasiés de piture , regardoient au hasard, ou ruroinoient à moitié endormis. Le soleil baissé hâtoit sa carrière inclinée vers les lies de rOcéan , et dans Téchelle ascendante du del , les

of their sweet gardenfaig labour, tban snffleM

To recommend cool zepbyr, and made ease

More easy , wbolesoroe thlrat and appetite

More gratefbl , to their supper^frnfts they fell ;

Nectarine fruits, which the oompUant boaghs

Yielded them , side-long as they sat recline

On the soft downy bank damask'd wltb floweni.

The sayoury pulp they chew , and in tbe riod ,

SUU as they tldrsted , scoop tbe brfmmlng stream :

Nor gentle pnrpose nor endearing smOea

Wanted , nor yoatbful dallianee , as beseems

Pair couple , llnk'd in bappy nuptial league ,

Alone as they. About them fk-lskbig play'd

AU beasts of tb' earth , sfaice wild, and ot ail chaae

In wood or wUdemess , Ibreat or den :

Sporting ttie lion ramp'd , and fai bis paw

Dandied tbe kid ; bears, tigera , oances, pards,

GambolTd belbre them ; the unwieldy éléphant,

To make them mirth , osed ail bis might, and wreath'd

His litbe proboscis : close tbe serpent sly ,

Insinuating, wove wKh Gordian twfaie

His braided train , and of bis fital guile

Gave proof unheeded ; others on the grass

Cooch'd , and now flird with pastare gaiing sat,

Or bedward rominatfaig ; for tbe son ,

Declin'd, waa basting now wttii preMearaar

LE PARADIS PEBDU.

étoiles qui introduisent la nuit se levoient Le triste Satan, encore dans l'étonnement on il avoit été d'alx)rd, put à peine recouvrer sa parole

faillie.

« O enfer! qu'est-ce que mes yeux voient avec « douleur? à notre place et si Iiaut dans le bon- « heur sont élevées des créatures d'une autre « substance , nées de la terre peut-être et non R purs esprits, cependant peu inférieures aux a brillants esprits célestes. Mes pensées s'atta- « chent à elles avec surprise ; je pourrois les aia mer, tant la divine ressemblance éclate vive- « ment en elles , et tant la main qui les pétrit a « répandu de grâces sur leur forme 1 Ahl couple « charmant, vous ne vous doutez guère combien « votre changement approche ; toutes vos délices « vont s'évanouir et vous livrer au malheur: malci heur d'autant plus grand que vous goûtez main- « tenant plus de joie I Couple heureux ! mais, trop « mal gardé pour continuer longtemps d'être si « heureux : ce séjour élevé, votre ciel, est mal « fortifié pour un c|el , et pour fordore un en- « nemi tel que celui qui maintenant y est entré : « non que je sois votre ennemi décidé ; je pourrois « avoir pitié de vous ainsi abandonnés , bien que « de moi on n'ait pas eu pitié.

A Je cherche à contracter avec vous une al- « liance , une amitié mutuelle, si étroite , si res- « serrée, qu'à l'avenir j'habite avec vous ou que

o th* océan isles', andin Ih* aficeodiog scale or Heayen the slars lliat usher eveoing rose; When Satan stiil in gaze, as first lie stood , Scarce Ihus at length fail'd speech reoover'd sad :

n o Hell ! what do mine eyes with grief beliold? Into oor room of bliss thus high advanc'd Créatures of other mould , earth-bom perhaps , Not spirits , yct to iieavcnly spirits brigbt Little inferiour; whom my thoughts porsue With wonder, and could love; so lively sbines In Uiem divine resemblance , and su eh grâce The hand that form'd them on their shape bath pour'd. Ah ! gentle pair, ye iittlc tbink liow nigb Your change approaciies , when ali thèse delighls Will vanish , and deliver ye to woe ; More woe , the more your tasie is now of joy ; Happy, but for so bappy ill secur'd Long to continue ; and this liigh seat your HeaTen 111 fenc*d for Heaven to keep out such a foe As now is enter*d : yet no purpos*d foe To you , whom I could pity Uius forlorp , Though I unpiticd.

Leagne with you I seek, And mutual amity, so strait, so close, That I with you must dwell , or you witli me HenceforUi : my dwelling baply may not pleaae.

« VOUS habities avee moi. Ma demeure ne plaira « peut-être pas à vos sens autant que ce beau pâte radis; cependant telle qu'elle est, acceptez-ia; « c'est l'ouvrage de votre Créateur ^ il me donna « ce qu'àmon tour libéralement je donne. L'eafer, « pour vous recevi^ tous les deux, ouvrira ses « plus larges portes , et enverra au-devant de «vous tous ses rois. Là, vous aurez la plaoeqae « vous n'auriez pas dans ces enceintes étroites, « pour loger votre nombreuse postérité. Si le lien « n'est pas meUleur , remerciez celui qui m*d)lige, « malgré ma répugnance , à me venger sur vous « qui ne m'avez fait aucun tort , de lui qui m'oa- « tragea. Et quand je m'atlendrlrois à votre ioof- < fensive innocence (comme' je le fais) une juste « raison pulilique, l'honneur, l'empire que ma « Tcngeance agrandira par la conquête de ce « nouveau monde, me contraindroient à présent « de faire ce que sans cela j'abhorrerois, tout « damné que je suis. •

Ainsi s'exprima l'ennemi , et par la nécessité (prétexe des tyrans) excusa son projet diabolique.

De sa haute station sur le grand arbre , il s'abattit parmi le troupeau folâtre des quadrupèdes : lui-même devenu tantAt l'un d'entre eux, tantôt l'autre, selon que leur forme sert mieux soo dessein. Il voit de plus près sa proie ; il épie , sans être découvert, ce qu'il peut apprendre encore de l'état des deux époux par leurs paroles ou par

Like this fiiir Paradiae , your sensé'; yei soch

Accept your Maker's worh ; he gave ît me ,

Which I as freely give : Hell shaU onfold »

To entertahk y on two, her widest gâtes ,

And send forth ail her kings : there wili be roomi

Not like thèse nantm limita , to receive

Your nnmeroas ofTspring : if no better place »

Thank him who puts me loth to this reTenge

On you , wlio wrong me not , for him who wron^d.

And sbould I at your harmless innooeoce

Meit y as I do , yet public reason just ,

Honour and empire with reTenge enlaiig'd ,

By conqoering Uiis new worM , compels me now

To do what else , thoogb damn*d , I ahQuld abhor. •

So spake the fiend , and with neoessity , The tyrant's plea, excas'd bis devIUah deeda.

Then (tom his lofty stand on that high treo Down he aligbts among the sportful herd Of those four-footed kinds ; bimself now oœ , Now other, as their shape senred best bis end , Nearer to view his prey , and onespied » To mark what of their state he more migbt leam, By Word or actkm mark*d : about them round A lioi^ now be stalks with fiery glare ; Then as a Uger, who by chance bath apied In some purlieo two geoUe fawns at play.

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