‹ Œuvres complètes de M. le vicomte de Chateaubriand (volume 5)Chapitre 98 sur 283 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

leorsadioQS. Il mardie autour d'eux , lion à l'œil étiDcelaot; il les suit comme un tigre, lequel a découvert par hasard deux Jolis faons , jouant à la lisière d'une forêt : la béte cruelle se rase , se relève, dumge souvent la couche de son guet: comme un ennemi il choisit le terrain d'où s'éboçant , il puisse saiâr plus sûrement les deux jeunes faonschacun dans unede ses griffes. Adam, k premier des hommes , adressant ce discours à Eve, la première des femmes, rendit Satan tout oïdile, pour entendre couler les paroles d'une lingw nouYclle.

c Unique compagne qui seule partages avec moi tous ces plaisirs et qui m'es plus chère que tout, il faut que le pouvoir qui nous a faits , etqaiafsitpour nous oe vaste monde, soit infioiment bon, et qu'il soit aussi généreux qu'il est ixm et aussi libre dans sa bonté qu'il est intoi. Il nous a tirés de la poussière et placés ici dans toute cette félicité , nous qui n'avons rien mérité de sa main , et qui ne pouvons rien faire dont il ait besoin : il n'exige autre chose de nous que ce seul devoir, que cette facile obligation; de tous les arbres du paradis qui portent des fruits variés et délicieux, nous ne nous interdirons que l'arbre de science, planté près de l'arbre de vie; si près de la vie croit la mort ! Quest-ce que la mort? quelque chose de terrible sans doute ; car, tu le sais , Dieu a prononcé que gottter à Tarbre de science c'est la mort

Slnjglit conciles doses ; theo y rising , changes oft His couchant watcli » as one who chose his ground, ^Iwacenuhing be migbt sorest seixe tbem botb, Grip'dioeacfa paw : when Adam» first of men , To fini of womeQ , Eve , thos moving speech , Torn'd him aU ear to hear new ntterance flow : ■ Sole partner and sole part of ail thèse joys , Deuer Ihyself Umd aU ; needs must tbe Power Thitmade ns , and for os this ample world , Be infiaitely gpod , and of his good As libéral and Iree as Infinité; That raia'd ns from the dust , and j^ac'd ns hère Ib «U tbis happiness ; who at his hand HiTe nothlng meriled , nor can perform Aogbt whereofhe haUi need ; he who reqoires ftwk 01 no oUier service Uum to keep î^ one , tiiia easy charge ; of aU ttie trees b Paradiae tbat hear deUdoos fknit So Tarions , not to taste Uiat only tree Of Knowledge, planled by the tree of Life; So De» graws death to life , whate'er death is ; S<nie dreadfol thing no doobt : for weU thon know'st Mbatb prononnc'd it death to taate tliai tree; Tbecoly aign ofour obédience lell ABMMg ao many signs of power and rule

« Voilà la seule marque d'obéissance qui nous « soit imposée, parmi tant de marques de pou* « voir et d'empire à nous conférées , et après que « la domination nous a été donnée sur toutes les « autres créatures qui possèdent la terre, Toir et « la mer. Ne trouvons donc pas rude une légère « prohibition , nous qui avons d'ailleurs le libre et K ample usage de toutes choses, et le choix illimité « de tous les plaisirs. Mais louons Dieu à Jamais , « glorifions sa bonté ; continuons, dans notre ta- « che délicieuse, à élaguer ces plantes croissan- « tes , à cultiver ces fleurs ; tâche qui , fût-elle fa« « tigante , seroit douce avec toi« »

Eve lui répondit :

« 0 toi , pour qui et de qui j'ai été formée , chair « de ta chair, et sans qui mon être est sans but ! « 6 mon guide et mon chef, ce que tu as dit est « Juste et raisonnable. Nous devons en vérité à « notre Créateur des louanges et des actions de « grâce journalières : moi principalement qui Jouis « de la plus heureuse part en te possédant ; toi « supérieur par tant d*imparités et qui ne peujE

< trouver un compagnon semblable à toi.

< Souvent Je me rappelle ce Jour où Je m'éveillai « du sommeil pour la première fois ; Je me trou- « vai posée à l'ombre sur des fleurs , ne sachant , « étonnée , ce que J'étois , où J'étois , d*où et corn- « ment J'avois été portée là. Non loin de ce Heu,

< le son murmurant des eaux sortoitd*une grotte, a et les eaux se déployoient en nappe liquide :

Conferr*d apon us; and dominîon given

Orer aU otber créatures thaï possess

Earth » air, and sea. Then tel us not think hard

One easy prohibition, who eojoy

Free leave so large to aU thiogs else , and choioe

Unlimlted of manifold del^hts :

But iet us ever praiae film, and extol

His bounty ; foUowing our delighlfttl task

To prune thèse growing plants , and tend thèse flowers ;

Which , were it tbUsome , yet with thee were sweet. »

To whom thus Eve replied :

«OthoUyforwhom And from whom I was form*d , flesh of thy flesh , And withoot whom am to no end , my guide And head ! wbat thou hast said is jast and right : For we to Him indeed ail praiaes owe.

And daily tbanks : I chiefly, who e^joy So fiir the happier Jot, enjoying thee , Pre-eminent by so mnch odda; while thou Like consort to thyself canst no wfaere iind.

« Thaï day I oft remember, wfaen from sleep I Arst awak'd , and fonnd myself repos'd Under a ahade on flowers ; much wondering where And wbat I was , whence thither broiight , and how. Not distant fer from tbence a murmuring sound

334 LE PARADIS PERDU

« alors elles demeorolent tranqailles et pures « comme retendue du ciel, fallai là avec une « pensée sans expérience ; Je me couchai sur le « bord verdoyant, pour regarder dans le lac uni « et clair qui me sembloit un autre firmament. « Gomme Je me baissois pour me regarder, Juste « à Topposé, une forme apparut dans le cristal « de Teau, s'y penchant pour me regarder; Je « tressaillis en arrière : elle tressaillit en arrière ; • charmée Je revins bientôt ; charmée , elle revint « aussitôt avec des regards de sympathie et d'a- « mour. Mes yeux seroient encore attachés sur « cette image , Je m'y serois consumée d'un vain « désir, si une voix ne m'eût ainsi avertie :

« Ce que tu vois , belle créature , ce que tu vois «là, est toi-même; avec toi cet objet vient et « s'en va : mais suis-moi. Je te conduirai là où « ce n'est point une ombre qui attend ta venue « et tes doux embrassements. Celui dont tu es « rimage, tu en Jouiras Inséparablement. Tu lui « donneras une multitude d'enfants semblables à « toi-même, et tu seras appelée la mère du genre « humain.

« Que pouvois-je faire , sinon suivre, invisible- « ment conduite ? Je t'entrevis , grand et beau en « vérité, sous un platane, et cependant tu me « semblas moins beau , d'une grâce moins at- « trayante, d'une douceur moins aimable que

Of walen iMed IhMO t oa?e, «nd sproad

Info a liqaid plain ; Uien atood anmOY'd »

Pare aa Ih* expanse of HeaTen : I thiUier waot

Witli unexperienc'd thought, and laid madown

On the graen banlc , to look into the clear

Smootli laite , that to mè seeni'd anoUier aky.

As I beot down to look , jast oppofite

A shape within the watery glaaoi appear*d ,

Bending to look on me : 1 alaitad faaek,

U started back ; but pleaa'd I loon ratum'dt

Plaaa'd it retam'd aa aoon wiUi aQawertog looks

or syiiipaChy and lo?e : there I had flt'd '

Mine eyes tiU now , and pinM with vain deilra,

Had not a Toioe thus wam*d me : « What thou seeat ,

What there Uion leaat , Adr oreature , is thyaelf;

With thee it cane and goea : bot Ibltow me.

And I will bring thae wbore no ahadow atays

Tby ooming, and thy aoA embraoea | be

Whose image thou art > bim ttioo ahalt «njoiy

Inseparably thine ; to hlm ihalt baar

Multitudes Uke thyaalf , and ttioiiea be eaird

Mother of human raoa. •

WbateouMIdo, But follow atraight , faiviaibly tlms M P Till I espled thee , fiiir indeed and tall , Under a platane; yei» nieibou|(ht , leaa fiiir» Less wiuning aoft , laia amiably mUd ,

cette molle Image des eaux. Je retourne snr mes pas , tu me suis et tu t'écries : — Reviens, belle Eve ! qui Aiis-tu ? De celui que tu fbis , ta es née; tu es sa chair, ses os. Pour te donner l'être. Je t*ai prêté de mon propre c^é, du plus près de mon cœur, la substance et la vie, afin que tu sois à Jamais à mon côté, consolation inséparable et chérie. Partie de mon âme, Je te cherche I Je réclame mon autre moitié. — De ta douce main tu saisis la mienne ; Je cédai, et depuis ce moment J'ai vu combien la beauté est surpassée par une grâce mâle, et par la sagesse qui seule est vraiment belle. »

Ainsi parla notre commune mère, et avec des regards pleins d'un diarme conjugal non reponssé, dans un tendre abandon elle s'appuie embrassant à demi notre premier père ; la moitié de son seia gonflé et nu caché sous l'or flottant de ses tresses éparses , vient rencontrer le sein de son époax. Lui, ravi de sa beauté et de ses charmes soumis, Adam sourit d'un amour supérieur, comme Jupiter sourit à Junon lorsqu'il féconde les nuages qui répandent les fleurs de mai : Adam presse d'un baiser pur les lèvres de la mère des hommes. Le démon détourne la tète d'envie ; toutefois d'un œil méchant et Jaloux il les regarde de cèté et se plaint ainsi à lui-même :

« Vue odieuse, spectacle torturant ! ainsi ces

Tban that amoetli watery image. Back I tvm*d ; Thou following cry'dsl akmd : « Retnrn , (air Ere ; Wbom fly'at thon P whon thou fiy'at , of hlm thoo art, His fleah , Ma bone ; to gi? e thee being I lent Ont of my side to thee , nearaal my beart , Substantial Hfe ; to bave thee by my aide Htticeforth anhidiiidnal aolaoe dear :

Part of my soûl , I aeek thee , and thee elalm , My other half : « with that thy gentle hand Seiz'd mine : I yielded ! and from that time aee How beaoty ia exoeUM by manly grâce And wisdom , which alone la trnly Adr. »

So spake our gênerai mother; and , with eyea Of conjugal attraction onreprov'd And meek surrender, halfembraeing leanM On our first father } half har awalHng breaat Naked met Ma , under the flowing goM Of her loose tresses htd : be fai delight Both of her beauty and anbmliaive ohamis , Smil'd with superiour lo?e ; aa Jupiter On Jnno amUea , whan he Imprégna Uie doiida That shed May-flewefs ; and preaa'd her malraa ttp With kisses para. Aalde the devil Inra'd For envy f yêt wlf h Jealona leer malign Ey'd them jaskance , and to himseir Ihns plaln'd :

n Siglit hatefol , sight tormenting 1 thua tbeaa two» Imparadis'd in one another'a vam,

UVBB IV.

« deux étm emparadiséft daoi les bras Tun de Taotre , se formant un plus heureux ÉdeA , posléderoot leur pleine mesure de bonheur sur bonheur, tandis que moi je suis Jeté à Tenfer où ne soBt ni Joie « ni amour, mais où brûle un violeiit désir (de nos tourments , tourment qui n'est pss le moindre) , désir qui n'étant Jamais ntis&iti se consume dans le supplice de la pasr* siool»

< Mais que Je n'oublie pas ce que J'ai appris de leur propre bouche ; il paroit que tout ne leur appartient pas : un arbre fatal s'élève ici et est appelé l'arbre de la science ; il leur est défendu d'y goûter, La science défendue? cela est suspect, déraisonnable. Pourquoi leur maître leur envieroit-il la science? Est-ce un crime de con- Boitre? Est-ce la mort? Existent-lis seulement par ignorance? Est-ce là leur état fortuné, preave de leur obéissance et de leur foi? Quel heureux fondement posé pour y bâtir leur ruine! Par là j'exciterai dans leur esprit un plus grand désir de savoir et de rejeter un commandement envieux, inventé dans le dessein de tenir abaissés ceux que la science élèveroit à' la hauteur des dieux : aspirant à devenir tels Ils goûtent et meurent I Quoi de plus vraisemblable? Mais d*abord avec de minutieuses recherches , marchons autour de ce Jardin et ne laissons aucun recoin sans l'avoir examiné. Le hasard , mais le basard seul , peut me conduire là où je rencon-

The happier Eden , shall enjoy tbeir 611 or Mias on bllM ; while I to Hell am tbrast , y^'htut Deilher joy nor lote , bai fierce désire » Among oor oUwr tormenti not tlie least , SUU onfttUiU'd, with pain of longiog pinea. Yet let me not Uagd wiiat I hâve gain'd Fraoi their own mouUis ; aU is not f beirt , it seens : One &tal tree there stands , of Knowledge call'd Fortriddeu them to taate : Imowledge Ibiiiidden ? Suspicioiu , reasonlets. Wliy tltonld tlieir Locd EoTjUieoi Uiat? can it be sin to know? Caa it be deaUi ? and do Uiey only stand Byigooranoe? is tbat Uieir bappy state, Tbe proofof their obédience and tbeir fattb? Oh ! faîr foundatioo laid wheraon to buiid TlNârmio! Heneel wiU eicUe tbeir minda Wiih more désire io know , and to reject EDTioas comiftands » invented wiUi desian To keep ibem low» wtwm linowledis migbt axait tiiul wiib gods ; aspiring to ba sncb » Tbey taste and die : wbat Ukelier ean ensue? Bat 6rst wiUi narrow aeaieb 1 mnil walk round TUftpvden, aad no oorner iaave uaspied ; A diance bm cbance may lead wbere l nuy meet Some waaderœg apirit of Heaven by fountain-side.

«treral quelque eapritdueie^errantaubordd'une « fontaine , ou retiré dans Tépaisseur de l'ombre i « J'apprendrai de lui ce que J'ai encore à appren* « dre. Vivez tandis que vous le pouves encore , 1 couple heureux encore ! jouisses , jusqu'à oe que 4 Je revienne , de ces courts plaisirs ; de longs malr « heurs vont les suivre ! »

Ainsi disant il tourne dédaigneusement ailleurs ses pas superbes , mais avec une drconspectioi^ artificieuse , et il commença sa recherche à travers les bois et les plaines, sur les collines et dana les vallées.

Cependant aux extrémités de l'occident, où le ciel rencontre l'océ&n et la terre, le soleil couchant descendoit avec lenteur, et frappoit ho* rizootalement de ses rayons du soir la porte orientale du paradis. C'étoit un roc d'albâtre montant jusqu'aux nues , et que l'on découvroit de loin. Un sentier tortueux , accessible du côté de la terre, menoit à une entrée élevée; le reste étoit un pic escarpé qui surplomboit en s'élevant et qu'on ne pouvoit gravir.

Entre les deux piliers du roc , se tenoit assis Gabriel, chef des gardes angéliques; il attendoit la nuit. Autour de lui s'exerçoit à des jeux héroïque la jeunesse du ciel désarmée; mais près d'elle des armures divines, des cuirasses, des boucliers , des casques et des lances suspendues en faisceaux, brilloient du feu du diamant et de l'or.

Or in thick sbade reUr*d , from bim to draw

What furtlier would be leam'd. Live wbile ye way ,

Yet bappy pair; enjoy, UU I retum ,

Sbort pleasures ; for long woes are to sncoeed. »

So saying, bis prood slep be soomftil tam*d« But witb sly cbroumspeotion, and began Tbrougb wood , Uirovgb waste , o*er bill, o*er dale,bûrQamf

Meanwbile m atmost kmgitiide» wbere Heaven Witii eartb and ooean meets , tlie seUing sua Slowly descended » and witb rigbt aspect Against tbe eaatern gaie of Paradiae Levell^d bis evening rays : it was a rock Of alabaster, pil'd up to tbeolouds , Conspicuous far, winding witli one ascant Accessible firom eartb » one entrance bigb | Tbe rest was crâggy diff, tbat overbung StiU as it rose , impossible to climl).

Betwixt tbese rocky pilbirs Gabriel «at» Cbief of tbe angelic guarda , awaiting nigbt ; Aboul bim e^erda^d heroic games Th' unarm'd yoatb of iieaven ; bot uigb at band Celestial armory , sbields, liebns , and spears , Hung bigb « wiUi diamond flaming and witb gold.

Tbitber came Uriel , gliding tbrougb tbe eren On a sun-beam , swift as a sbootind star

LE PARADIS PERDU

Là descendit Uriif glissant à travers le soir sur un rayon du soleil , rapide comme une étoile qui tombe en automne à travers la nuit , lorsque des vapeurs enflammées sillonnent Tair ; elle ap* prend au marinier de quel point de la boussole il se doit garder des vents impétueux. Uriel adresse à Gabriel ces paroles hâtées :

« Gabriel , ton rang t'a fait obtenir pour ta « part remploi de veiUer avec exactitude à ce « qu'aucune chose nuisible ne puisse approcher ft ou entrer dans cet heureux séjour. Aujourd'hui, « vers le haut du midi, est venu à ma sphère un « esprit, désireux, en apparence, de connoitre un « plus grand nombre des ouvrages du Tout-Puis- « sant, et surtout l'homme, la dernière image « de Dieu. Je lui ai tracé sa route toute rapide , a et J'ai remarqué sa démarche aérienne. Mais « sur la montagne qui s'élève au nord d'Éden, « et où il s*est d^abord arrêté , j'ai bientôt déoou- « vert ses regards étrangers au ciel, obscurcis par « de mauvaises passions. Je Tai encore suivi des « yeux, mais Je l'ai perdu de vue sous Tombrage. « Quelqu'un de la troupe bannie, Je le crains, « s'est aventuré hors de l'abtme pour élever de « nouveaux troubles : ton soin est de le trouver. *

Le guerrier ailé lui répondit :

(c Uriel , il n'est pas étonnant qu'assis dans « le cercle brillant du soleil , ta vue parfaite s'é- « tende au loin et au large. A cette porte personne « ne passe, la vigilance ici placée , personne qui

In aotunni tliwarts the niglit , when Tapoun flf'd Impress the air, and sliows the mariner From what point of his compaas to beware Impetnons winds : lie tbns began in haste :

a Gabriel , to thee thy course by lot hath given Charge and strict watch , that io this happy place If 0 evil thing approach or enter in.

This day at lûgbth of noon came to my sphère A spirit\ zealous , as he seem'd , to luiow More of th' Almighty's works , and chiefly man , God's late&l image : I describ'd his way , Bent al! on speed , and mark'd hia aery gait ; Bat 'm the mount that lies from Eden north , Where he first lighted , soon disœm'd his looks Atien from Hearen , wilh passions foui obscçr'd : Mine eye pursaed htm sttll , but under shade Lost sight of liim : one of the hanish'd crew , I fear, liath ventured from the deep , to raise New troubles ; bim thy care must be to find. »

To whom tlie winge<l warrîour thus relum*d :

« uriel , no wonder if thy perfect sight, Amid Ihe sun's bright circle where thon sit*st, See 1^ and wide : m atthis gâte nonè pass The vigilance hère plac'd , but sucfa as corne

« ne soit bien connu comme venant du ciel : d^ « puis l'heure du midi , aucune créature du ciel « ne s'est présentée : si un esprit d'une autre es- « pèce a franchi pour quelque projet ces limites « de terre, il est difficile, tu le sais, d'arrêter « une substance spirituelle par une barrière m- « térielle; mais si dans f enceinte de ces prone- « nades s'est glissé un de ceux que ta dis, soos « quelque forme qu'il se soit caché, je le saurai « demain au lever du jour. »

Ainsi le promit Gabriel, et Uriel reUmmaà son poste sur ce même rayon lumhieux dont la pointe , maintenant élevée, le porte obliquement en bas au soleil tombé au-dessous des Açores; soit que le premier orbe , incroyablement rapide, eût roulé Jusque-là dans sa révolution diurne, soit que la terre moins vite, par une fuite plos courte vers l'est , eût laissé là le soleil , peignant de reflets de pourpre et d'or les nuages qui sur son trône occidental lui font cort^.

Maintenant le soir s'avançoit tranquille, et le crépuscule grisâtre avoit revêtu tous les objets de sa grave livrée; le silence l'accompagnoit, les animaux et les oiseaux étoient retirés , ceux-là à leurs couches herbeuses, ceux-ci dans leurs nids. Le rossignol seul veilloit; toute la nuit il chanta sa complainte amoureuse, le silence étoit ravi.

Bientôt le firmament étincela de vivants saphirs. Hespérus , qui conduisoit la milice étoilée ,

Well known from Heaven; and ainoe meridianhoar No créature thenoe. If apirit of otber aort , So Aiinded , hâve o*erleap'd thèse earthly boonds On purpose, hard thon know'st ît to exdude Spiritual substance with corporeal bar.

But if within the circuit of thesa walka In whalsoever shape he lurk , of whom Thou tell'st , by morrow dawuîng I ahaU know. »

So promis'd he ; and Uriel to his charge Retum'd on that bright beam , whoae point now rajs*d Bore him slope downward to the snn, now ftUen Beneath the Azores ; whetber the prime orfo, Incredible bow swift , had thftber roU'd Diumal ; or this less Tolnble earth , By shorter fliglit to th* east , had left him theee » Arraying with reflected puiple and gold The cloods that on his western librone attend.

Now came still eveningon , and twiH^tgray Had in her sober livery aU things clad ; Silence accompanied : for beaat and bird , They to their grassy oouch , thèse to their nesis y Were slunli , ail but the wakeful ni^tîngale ; She ail night long her aroorous deacant suog ; Silence was pleas'd.

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