LIVRE IV
marcha le plus biillant Jusqu'à ce que la lune se levant dans une nuyesté nuageuse, reine manifeste, dévoila sa lumière de perle, et jeta son manteau d'argent sur Fombre.
Adam s*adressant à Eve :
« Belle compagne, l'heure de la nuit, et toutes choses allées au repos , nous invitent à un repos semblable. Dieu a rendu le travail et le repos, comme le jour et la nuit, alternatif^ pour lliomme : la rosée du sommeil tombant à pro» pos avec sa douce et assoupissante pesanteur, abaisse nos paupières. Les autres créatures tout le long du jour errent oisives , non employées , et ont moins besoin de repos : l'homme a son ouvrage quotidien assigné de corps ou d'esprit , ce qui déclare sa dignité et l'attention que le del donne à toutes ses voies. Les animaux au contraire r6dent à l'aventure désœuvrés, et Dieu ne Uent pas compte de ce qu'ils font. Demain avant que le frais matin annonce dans l'orient la première approche de la lumière, il faudra nous lever et retourner à nos agréables travaux. Nous avons à émonder là-bas ces berceaux fleuris, cesallées vertes, notre promenade à midi, qu'embarrasse l'excès des rameaux : ibse rient de notre insuffisante culture et demaoderoient plus de mains que les nôtres pour élagaer leur ^lle croissance. Ces fleurs aussi , et ces gommes qui tombent , restent à terre ,
Kow glow*d Uie firmament Witli Ihiog sapphires : Hesperas), Uiat led The <Urr7 hoit , rode brigbtest , tiU the moon , Itiâog in clooded majesty » «t length , Appiraa qneen , imveU*d her peerlais light i And o'er tiw dark ber sUver mantle threw. Wben Adam thos lo Eve :
« Pair ooDflorty th' hour <^ng|it, nd an thiogs now retir'd to KSt, ttad os oriilw repose; aince God hatli set l'iiKNir and reat, as day and nigbt , to men ^i<Keestive; and the timely dèw of sieep , ^ biliog witb soft alombrona weight, Inclines Oor ejelida : other creatnres ail day long ^e idle, nnemploy'd , and lésa need rest : Kaa hath his dally work of body or mind Appoinlad , irfaich dedares hU dignity , And ilie regard of Heaven on al! Iiis waya ; ^1ûle other animais unactive range»
Aod of Uieir dolngs God takes no acoonnt. To-momm , ère fresh raoming streak tbe east Withfifit approadi ofUglit, we most berisen, And at oar pleuant labour, to refonn Y« Qowery arboora, yonder alieys green , Oor walk at no<m » wiUi branches overgrown , l^niock our séant mamiring, and require
« raboteuses et désagréables à la vue; elles veu- « lent être enlevées, si nous désirons marcher à « l'aise : maintenant , selon la volonté de la na- « ture , la nuit nous commande le repos. >»
Eve, ornée d'une parfaite beauté , lui répon* dit:
« Mon auteur et mon souverain, tu comman- « des , j'obéis : ainsi Dieu l'ordonne : Dieu est « ta loi, tu es la mienne. N'en savoir pas davan* « tage est la gloire de la femme , et sa plus heu- « reuse science. En causant avec toi j'oublie le « temps; les heures et leurs changements égale- « ment me plaisent. Doux est le souffle du matin ; « doux le lever du matin avec le charme des ol- « seaux matineux ; agréable est le soleil lorsque , « dans ce délicieux jardin, il déploie ses premiers « rayons sur Therbe , Tarbre , le fruit et la fleur « brillante de rosée ; parfumée est la terre fertile « après de molles ondées; charmant est le venir « d'un soir paisible et gracieux ; charmante la « nuit silencieuse avec son oiseau solennel, et <« cette lune si belle et ces perles du ciel qui for- « ment sa cour étoilée : mais ni le souffle du ma- « tin quand il monte avec le charme des oiseaux « matineux, ni le soleil levant sur ce délicieux « jardin, ni l'herbe, ni le fruit, ni la fleur qui|brii le « de rosée, ni le parfum après une ondée , ni le « soir paisible et gracieux, ni la nuit silencieuse « avec son oiseau solennel , ni la promenade aux
More hands tlian ours to lop their wanton growtli : Those biossoms àlso , and Uiose dropping gums, That lie bestrown , unsightiy and unsmoothy kik riddance , if we mean to Iread with ease ; Meanwliile , as nature wills » nighl bids us rest » f 0 wbom thos Eve , with perfect lieauty adom'd : « My authour and disposer, what thon bid'st Unargued I obey ; so God ordains ; God is thy law , thon mine : to know nomore la womau's happiest knowledge and her praise. With thee conversing , I forget ail Urne ; AU seasons , and their change , aU please alike. Sweet is the breath of mom , her rising sweet , With charm of earliest birds ; pieasant the son , Wlien firat on this delightful land he spreads Hia orient beama, on herb , tree , fruit , and flower, Glistering with dew ; fragrant the fertile earlh Afler soft sbowers ; and sweet the ooming on or grateful evening mild ; then silent night , With this her solemn bird , and this fair moon , And thèse the gems of Heaven , her atarry train : But neither breath of mom , when she ascends With charm of earliest birds ; nor rising son On this delighlful land ; nor herb , Anit , flower, Glistering withO«w ; nor fragrance after sbowers; Nor grateful evening mild : nor silent niglit.
Mft
LE PARADIS PERDU
It
rayons de la lune ou à la tremblante lumière de rétolle, n*ont de doncear sans toi.
« Mais pourqaoi ces étoiles brillent-elles la nuit entière? Pour qui ce glorieux spectacle , quand le sommeil a fermé tous les yeux ? »
Notre commun ancêtre répliqua : / « Fille de Dieu et de Thomme , Eve accomplie, ces astres ont leur course à finir, autour de la terre, du soir au lendemain : de contrée en contrée , afin de dispenser la lumière préparée pour des nations qui ne sont pas nées encore , Us se couchent et se lèvent, car il serolt à craindre que des ténèbres totales ne regagnassent pendant la nuit leur antique possession , et qu'elles n'éteignissent la yie dans la nature et en tontes choses. Non-seulement ces feux modérés éclairent; mais, par une chaleur amie de diverse influence, ils fomentent, échauffent, tempèrent, nourrissent;, ou bien ils communiquent une partie de leur vertu stellalre à toutes les espèces d'êtres qui croissent sur la terre, et les rendent plus aptes à recevoir la perfection du plus puissant rayon du soleil. Ces as-> très , quoique non aperçus dans la profondeur de la nuit, ne brillent donc pas en vain. Ne pense pas que s'il n'étoit point d'homme, le ciel manquât de spectateurs, et Dieu , de louanges : des millions de créatures spirituelles marchent invisibles dans le monde, quand nous veillons et
Witli thf s lier lolenin bird ; nor wtlk by moon , Or gliltering fltarllght , without tiiee is sweêt. But wherefore aU ntght long alilne thMe ? for whom Tbis gloriout sight , wbtn stoêp hath sbot ail eyes ? » To whom oar gênerai ancestor replied :
« Daaghter of God and man , aoooropUsh'd Eve , Thèse liave tbeir ooariie to finish roond the eartb , By morrow evening ; and from land to land lo order, thoagb to oatioas yet unboni » Ministering light prepar'd » they aet and riae ; Lest total darkness ahoold by niglit ragain Her old poaaeaafc» , and extingoiah lire In nature and aU thioga ; wliich thèse soft Ares Mot only enlighten , but witb kindly beat Of varions inihwnce foment and warm , Temper or nourish , or In part shed down Their stellar virtne on ail kiods Uiat grow On earth , made hereby apter to reçoive Perfection from the sun's more potent ray. Thèse then , thongh unbeheld in deep of night , Shine not hi vafai ; nor thfaik , thongh mon were none , Tbat Heaven wonld want spectators , God want praise : Millions of spiritual créatures walk the earth Unseen , both when we wake , and wlien we aleep : Ail tbese witb ceaseless praise fais works behokl BoUidayandnigbt. How oflen fhmi tbe stoep
t quand nous dormons; par des eantiquessani
• flnelles louent(les ouvragesdu Très-Haut qn'el* « les contemplent Jour et nuit. Que de Ms sur la' « pente d'une colline à écho, ou dans un bosquet, « n'avons-nous pas entendu des voix célestes à « minvit ( seules ou te répondant les unes aux « autres ) ohanler le grand Créateur ! Souvent en « troupes quand Us sont de veilles, ou pendant
• leurs rondes nocturnes , au son d'instruments
• dii4nement touchés, les anges Joignent ieon « ohants en pleine harmonie, ces chants divisent » la nuit , et élèvent nos pensées vers le ciel. •
Ils parlent ainsi , et msAn en main Us entrent solitaires sous leur fortuné berceau : c'étoi t un lieo choisi par le Planteur souverain , quand il forma toutes choses pour l'usage délicieux de Thomme. La voûte de Tépais couvert étoit un ombrage en-> trelacé de laurier et de myrthe , et ce qui croissoit plus haut éloit d'un feuillagearomatlque etferme. De l'un et de l'autre c6té l'acanthe et des buissons odorants et touffus élevoient un mur de verdure; de belles fleurs, l'iris de toutes les nuances, les roses etie Jasmin, dressolent leurs tiges épanonieS et formoient une mosaïque. Sous les pieds la violette, le safran, l'hyacinthe, en riche marqueterie brodoient la terre , plus colorée qu'une pierre du plus coûteux dessin.
Aucune autre créature , quadropède, oiseaa, insecte ou reptile, n'osoit entrer en ce lieu; tel
or cchoing bill or thicket hâve we bêard Celestial Toices to the midnight air, Sole , or reaponsiTe each to other^ note, Singing tbeir great Creator 1 oft in banda While Ihey keep watcb , or nH^tly ronnding walk , Witb Heayenly toacb of instrumenta! sounds, In fail harmonie namber join'd , their songs Divitfe the night, and Hft onr tlioughts to HeaTen. «
Thus talking , hand hi hand akmg tbey pass'd On to their blissfnl bower : it waa a plaee Chosen by tbe sovran Planter, when be ft«m*d AU thiogs to man's delightfbt use : the roof Of tliickeet coTort was iowoven shade , Laurel and myrUe , and what higher gr«w Of firm and fragrant leaf : on either side Âcanthus and eacb odorons bushy shrab Fenc'd up the Terdaot wall ; eaeh beanteoita flower, Iris ail hues , roses , and jessamine , Rear'd high tbeir flourish*d beads between, and wroogitt Mosaic ; nnderfoot the vkM , Crocus, and byaetaith , wltii rich tailay Broider*d the groond , more oehrar'd tbaa wttb slone Of costliest emblem.
Other creatore hère, Bird , beast) inseet , or wona , dnrst enler noue, SttcliwastbekaweoriiMUi. là shediar bower,
UVRE IV
étdt Itur reipeet potir rhommê. Jamais , même dans ks fietions de la Fable , sousun berceaa ombragé, plus sacré, et plus écarté; Jamais Pan 00 Sylvain ne dormirent, Nymphe ni Faunen'lia* bitèrent. Là^danp un rédoitfennéavecdes fleurs, des guirlandes et des herbes d'une suave odeur, £v« épouséeèmbellit pour lapremière fois sa couche nuptiale, et leschœurs célestes chantèrent i'é* pitbalame. Ce joar«là , Tange de Thymen amena Eve à notre père dans la beauté nue , plus ornée , plos diarmaote que Pandore que les dieux doterait de tous leurs dons (oh ! trop semblable à elle |ar le triste éyénement ) , alors que conduite par Hermèiatt fils imprudent de Japhet, elle enlaça Tespèee humaine dans ses beaux regards , afin de YTDger Jupiter de eelui qui avoit dérobé le feu ntbeotique.
Ainsi arrivés à leur berceau ombragé , Eve et ^lim tous deux s'arrêtèrent*, tous deux se re^ tdoraèrent , et sous le ciel ouvert ils adorèrent le Diea qui fit à la fois le ciel , l'air, la terre , le ciel qu'ils voyoient, le globe resplendissant de lalime,etlepAle étoile.
«Tu as aussi fait la nuit. Créateur tout^puis* « sut! et tu as fait le Jour que nous avons em-
• ployé et fini dans notre travail prescrit, heu-
• niQx de notre assistance mutuelle , et de notre « motuel amour, couronne de toute cette félicité
• ordonnée par toi! Et tu as fiiit ce lieu délicieux Vtrop vaste pour nous, où l'abondance manque
More sacred and flequester'd , though bat feign*d , ^ or SylTimn never alept ; nor Nymph , Nor Fanons baonted. Hère , in dose reeess » ^'ith flowerSy sarlands , and sweet-smelling herbe , l^HNMsed EvedeckM Erst her nuptial bed; Aad Heavenly qnires the hymenaean sang , ^bat day ttie génial angel to onr sire l^rooght her in naked beaoty more adom'd , Vurelorely , Uian Psndora , whom tbe gods Eodow'dwittiaUlheirgifts; and^ohl too Ulte lo lad erem , when to tfa' nnWiser son ^Japbeibrongbt by Hermès she ensnar*d Naokind with her fair looks , to be aveng'd Oq liiiii who had stole Jove's autlwntic lire.
Ttio» , at Uielr shady lodge arrivM , boUi stood p ^ tam*d, and onder open sky ador'd The God that made botb sky , air, earth , and Heaven ,
Which ttiey beluld, the moon's respiendent globe ,
^ sUrry pôle.
« Thoo also madest Uie nigbt , ^ omnipolflnt , and thon the day , Which we , in ovr appointed work employ'd , Ha^e finiah'd , happy in oor mutual Mp ^mntaalkiTe, Uie crown oTali onr bliss Ordain'd by Uiee : and this delidous plaos t
« de partageants et tombe sur le sol non moisson* « née. Mais tu nous a promis une race issue de « nous qui remplira la terre, qui glorifiera a%ec « nous ta bonté infinie, et quand nous nous éveil* « Ions, et quand nous cberchons , comme à cette « heure, le sommeil, ton présent »
Ils dirent ainsi unanimes, ti'observant d'au^ très rites qu'une adoration pure que Dieu aime le mieux. Ils entrèrent en se tenant par la main dans l'endroit le plus secret de leur berceau , et n'ayant point la peine de se débarrasser de ces incommodes déguisements que nous portons. Ils se couchèrent Tun près de l'autre. Adam pe se détourna pas , Je pense , de sa belle épouse, ni Eve ne refasa pas les rites mystérieux de Tamour conjugal, malgré tout ce que disent austèrement les hypocrites de la pureté , du paradis , de Tin* nocenœ, diffamant comme impur ce que Dieu déclare pur, ce qu'il commande à quelques-uns, ce qu'il permet à tous. ?fotre Créateur ordonna de multiplier : qui ordonne de s'abstenir, si ce n'est notre destructeur, Tenneml de Dieu et de Thomme?
Salut, amour conjugal, mystérieuse loi, véri* table source de l'humaine postérité , seule pro* priété dans le paradis où tous les autres biens étoient en commun 1 Par toi l'ardeur adultère ftit chassée des hommes et reléguée parmi le trou* peau des bétes; par toi, fondées sur la raison loyale, juste et pure, les relations chéries et
For 08 too large , where thy abundanee wants Partakers , and uncropt tells to tbe ground. But thon hast promis'd IhHn us two a raee To fill the eartli , ivho shall with ns eilol Tliy goodness infiolte ; both when we wake , Ând when we seek , as now , tby gift of slepp. »
This said unanirnoos , and other rites ObserTing none, bat adoration pure , Which God likes best , into thdr inmost bower Handed Uiey went ; and , eas'd tbe pntting off Thèse troublesome disgaises whieh we wear, Straight side by side were laid ) nor tum'd , I ween , Adam from bis fair spoase , nor Eve the rites Mysteriousofconnabial love refùs'd : Whatever hypocrites austerely talk Ofpurity , and place , and innocence ; Defamûig as fanpure wliat God dedares Pure , and commands to some , leaves free to ait. Our Maker bkls increase ; wlio bids absUdn , But our destroyer, foe to God and man ?
Hail , wedded lo?e , mysterions law, troe sonroe or human offepriog , sole propriety In Paradise of ail ttiings common else! By thee adulterous lost was dri?en from men Among the bestial lierda to range ; by tliee
LE PARADIS PERDU
toutes les charités du père, du fils et du frère, furent connues pour la première fois. Loin de moi d'éftrire que tu sois un péché ou une honte, ou de penser que tu ne conviennes pas au lien le plus sacré, toi, source perpétuelle des douceurs domestiques, toi, dont le lit a été déclaré chaste et insouiilé pour le présent et pour le passé , et dans lequel sont entrés les saints et les patriarches. Ici r Amour emploie ses flèches dorées, ici \1 allume son flambeau durable et agite ses ailes de pourpre ; ici il règne et se délecte. Il n'est point dans le sourire acheté des ph)stituée8 sans passion , sans joie et que rien ne rend chères; il n*est point dans des Jouissances passagères, ni parmi les favorites de cour, ni dans une danse mêlée, ni sous le masque lascif, ni dans le bal de minuit, ni dans la sérénade que chante un amant affamé, à sa ûère beauté, quHl feroit mieux de quitter avec dédain. Bercés pai^ les rossignols , Adam et Eve dormoient en se tenant embrassés ; sur leurs membres nus le dôme fleuri faisoit pleuvoir des roses, dont le matin réparoit la perte. Dors , couple béni 1 0 toujours plus heureux si tu ne cherches pas un plus heureux état, et si tu sais ne pas savoir davantage I
Déjà la nuit de son cône ténébreux avoit mesuré la moitié de sa course vers le plus haut de cette vaste voûte sublunaire; et les chérubins, sortant de leur porte dHvoire à l'heure accoutumée, étoient armés pour leurs veilles nocturnes
Founded in reason , loyal , jaftt , and pure , Relations dear, and ail the charities Of father, son , and brolher, first were known. Far be il tliat I sliould write tbee sin or blâme , Or think thee unbefitting hoUest place ; Perpétuai fountain of domesUc sweets , Whose bed is undefil'd and chaste pronoancM , Présent , or past, as saints and paUiarchs as*d. Hère Love liis golden shalts employa, hère lights His constant lamp , and waves bis purple wings ; Reigns bere and revels ; not in the boaght smile Of harlots , loveless , joy less , unendear'd , Casual fruition ; nor in court-amours , Mi\'d dance, or wanton mask , or midnight bail , Or serenate, whlch the stanred lover sings To bis proud fair, best quitted with disdain. Tbese . lulFd by nighlingales , embracing slept , And on their naked limbs the flowery roof Shower'd roses , which the morn repair*d. Sleep on , Blest pair ; and , O yet bappiest , if ye seek No happier state , and know to know no more !
Now liad night measur'd with her shadowy cône Half way up hfU this vast sublunar vault» And from tbeir ivory port the cherubim , Forth issuing at th* accu8tom*d hour, stood arm'd
dans une tenue de guerre; lorsque Gabriel dit à celui qui approchoit le plus de son pouvoir :
t Uzziel , prends la moitié de ces guerriers et « côtoie le midi avec la plus stricte surveillance; « l'autre moitié tournera au nord : notre ronde se « rencontrera à l'ouest. »
Ils se divisent comme la flamme, la moitié too^ nant sur le bouclier, l'autre sur la lance. Gabriel appelle deux esprits adroits et forts qui se tenoient près de lui , et il leur donne cet ordre : « Ithuriel et Zéphon, de toute la vitesse de Yos ailés, parcourez ce jardin ; ne laissez aucon coin sans l'avoir visité, mais surtout l'endroit où habitent ces deux belles créatures qui dorment peut-être à présent , se croyant à l'abri du mal. Ge soir, vers le déclin du soleil , quelqa^on est arrivé ; il dit d'un infernal esprit lequel a été vu dirigeant sa marche vers ce lieu (qui Tauroit pu penser?) , échappé des barrières de l'enfer et À mauvais dessein sans doute : en quelque endroit que vous le rencontriez, saisissez-le et amenez-le ici. »
En parlant de la sorte il marchoit à la tète de ses flies radieuses qui éclipsoient la lune. Ithuriel et Zéphon vont droit au berceau , à la découverte de celui qu'ils cherchoient. Là ils le trouvèrent tapi comme un crapaud, tout près de Foreille d'Eve, essayant par son art diabolique d'atteindre les organes de soa imagination et de forger avec eux des illusions à son gré, de fan-
To theû* nlght-watcbes in warlike parade ; When Gabriel to his next io power thus spake :
« Uzziel , half thèse draw ofT, and coast the aoath With strictest watch ; thèse other wheal the north : Oor circuit meets fuli west. »
As flametbey parti Half wbeeling to tbe sbield , half to the spear. From tbese two strong and subtle spirits be call'd That near him stood, and gave tbem thos hi charge :
« Ithuriel and Zéphon , with wing'd speed Seàrch through this garden , leave onsearch'd no nook} Bat chiefly where those two (abr créatures lodge, Now laid perbaps asleep , secure o( harm. This evening from the sun's décline arri? 'd , Who tells of some infernal spirit seen Hitherward bent (who oould bave thouglit? ) escap*d The bars of Hell , on errand bad no doobt : Such , where ye find , seize fost , and hitber briog. »
So saying , on be led his radiant files, Dazzling the moon ; thèse to the bower direct In search of whom tbey sought : him they found Squat like a toad , close at tbe ear of £?e , Assaying by his devilish art to reach
IThe organs of her fancy , and with tbem forge Illusions , as be list, phantasms and dreams;