‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 136 sur 314 · IS* R E IS Y · texte numérisé non relu

IS* R E IS Y

Hum ! Quoi ? Entendez - vous ce que je vous dis ,

qu elle a quinze mille livres de rente ; entendez-vous?

doràhte.

Oui , monsieur ; mais en eût - elle vingt fois davantage , je ne Tépouserais pas. Nous ne serions heureux ni Tun ni Fautre ^ j'ai le cœur pris; j'aime ailleurs.

H« REM Y 9 d'un ton raillenr, et traînant «m mots.

J'ai le cœur pris ! voilà qui est fâcheux ! Âh ! ah ! le cœur est admirable ! Je n'aurais jamais deviné la beauté des scrupules de ce cœur* là, qui veut qu'on reste intendant de la maison d' autrui y pendant qu'on peut l'être de la sienne ! Est - ce là votre dernier mot ^ berger fidèle?

DORANTE

Je ne saurais changer de sentiment » monsieur.

M. REHY.

Oh ! le sot cœur, mon neveu ! Vous êtes un imbécile, un insensé; et je tiens celle que vous aimez pour une guenon » si elle n'est pas de mon sentiment. K 'estil pas vrai , madame ? et ne le trouve2-vous pas extravagant ?

ÀRAMIUTE, doncement.

Ne le querellez point. Il parait avoir tort; j'en conviens.

M. REM Y, Tirement.

Comment, madame! il parait....

ARAMIHTE.

Dans sa façon de penser je l'excuse. Voyez pourtant, Dorante. Tâchez de vaincre votre penchant , si vous le pouvez. Je sais bien que cela est difficile.

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