‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 190 sur 314 · DAMON, PASQUIN · texte numérisé non relu

DAMON, PASQUIN

(Daq^OQ paraît irUte.)

PASQtriNy tnivani ton maître, el d*aa ton doulonroux , «n motncni

aprit qu*iU aont sur le ibëatre.

Fasse le del , monsieur , que votre chagrin vous pro-fite , et vous apprenne à mener une vie plus raison^ nable !

DAUOK.

Tais4oi, laisse^moi seul.

PASQUIir»

Non, monsieur; il faut que je vous parler cela est de conséquence.

DAHOIf.

De quoi s'agit-il donc?

U y a quinze jours que vous êtes à Paris..»

DAMOn.

Abrège.

Patience. Monsieur votre père vous a envoyé pour acheter une charge : l'argent de cette charge était en-

3oa LA JOIE IMPRÉVUE,

ticr eutre les mains de votre banquier, de qui tous avez déjà reçu la moitié, que vous ayez jouée et perdue; ce qui fait, par conséqueut, que vous ne pouvez plus avoir que la moitié de votre charge j et voilà ce qui est terrible.

DAUOH.

Esl-ce li tout ce que tu as à me dire ?

PABQUIR.

Doucement, monsieur; c'est qu'actuellement j'ai une charge aussi, moi, laquelle est de veiller sur votre conduite et de vons donner mes conseils. Pasquiii , me dit monùenr votre père la veille de notre départ, je connais ton zèle, tou jugement et ta prudence; ne quitte jamais mon fils, sers-lui de guide, gouverne ses actions et sa tête ; regarde-le comme un dépôt que je te confie. Je le lui promis bien , je lui en donnai ma parole : je me fondais sur votre dodLtë , et je me suis trompé. Votre conduite , vous la voyez , elle est détestable ; mes conseils^ vous les avez méprisés^ vos fonds sont entamés, la moitié de votre argent est partie -, et voilà mon dépôt dans le plus déplorable état du monde. Il faut pourtant que j'en rende compte ; et c'est ce qui fait ma douleur.

DAHOR.

Tu conviendras qu'il y a plus de malheur dans tout ceci que de ma faute. En arrivant à Paris , je me mets dans cet hôtel garni ; j'y vois un jardin qui est commun à une autre maison; je m'y promène; j'y rencontre le chevalier, avec qui, par hasard, je lie

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