SCÈNE L 3o
conversation ; il loge au même hôtel ^ nous mangeons à la même table. Je vois que tout le monde joué après dîner; il me propose d^en faire autant ^ je joue, je gagne d'abord ; je continue par compagnie , et insen* siblement je perds beaucoup , sans aucune inclination pour le jeu. Voilà d*où cela vient; mais ne t'inquiète point \ je ne veux plus jouer qu'une fois pour regagner mon argent; et j'ai un pressentiment que je se-* rai heureux.
PASQtJIN.
Ah ! monsieur , quel pressentiment ! Soyez sûr que c'est le diable qui vous parle à l'oreille.
DAMON
Non y Pasquin ; on ne perd pas toujours ; je veux me remettre en état d'acheter la charge en question , afin que mon père ne sache rien de ce qui s'est passé. Au surplus j c'est dans ce jardin que j'ai connu l'aimable Constance ; c'est ici où je la vois quelquefois , où je crois m' apercevoir qu'elle ne me hait pas ; et ce bonheur est bien au-dessus de toutes mes pertes.
PASQUIV.
Oh ! quant à votre amour pour elle , j'y consens , j'y donne mon approbation. Je vous dirai même que le plaisir de voir Lisette qui la suit a extrêmement adouci les afflictions que vous m'avez données ; je n'aurais pu les supporter sans elle. U n'y a qu'une chose qui m'intrigue ; c'est que la mère de Constance , quand elle se promène ici avec sa fille , et que vous les abordez , ne me paraît pas fort touchée de votre
5o4 LA JOIE IMPRÉVCE,
compagnie ^ sa mine s'aOonge. Tai peur qu'elle ne vous troare un ëtooidi. Yons êtes pooitant un assez jdi garçon , assez bien fait ; mais , de temps en temps , Yoos avez dans yolre air je ne sais quoi... qm inair^ qœraiL... mie tête l^èie....yo«is entendez bien? El ces létes-Ià ne sont pas da goût des mères.
OAX09,
Qœ vent dire cet impertinent ?«.. Mais qoi est-œ qni vient par œtte antre Jlée du jardin ?
rASQriH.
Cest peat-êlre ce fripon de cheralîer qm vient dierdier le reste de votre aigent.
DAlfOS.
Prends garde & œ qne In dis, et avance pour vinr qni c*esL