FRONTIN, ERGASTE
FROlfTIll.
Je vous dis , monsieur, que je Tattends ici^ je voua dis qu elle s'y rendra , que j'en suis sûr , et que j'y compte , comme si elle y était déjà.
ERGASTB.
Et moi , je n'en crois rien.
FROSTIV.
C'est que vous ne savez pas ce que je vaux ; mais une fille ne s'y trompera pas. J'ai vu la friponne jeter sur moi de certains regards , qui n'en demeureront pas là , qui auront des suites-, vous le verrez.
ERGÀSTE.
Nous n'avons vu la maîtresse et la suivante qu'une fois-, encore, ce fut par un coup du hasard que nous les rencontrâmes hier dans cette promenade-ci. Elles ne furent avec nous qu'un instant. Nous ne les connaissons point. De ton propre aveu , la suivante ne te répondit rien quand tu lui parlas. Quelle apparence y a-t-il qu'elle ait fait la moindre attention à ce quq tu lui dis ?
FBOSTIM.
Mais, monsieur, faat-il eocore vous répéter qae ses yciix me répondirent? N'est-ce rien que des yeux qui parlent? Ce qu'ils disent est eucore plus sûr que des paroles. Mon maître en lient pour votre maltresse, lui dis-je tout bas en me rapprochant d'elle ; son cœur est pris, c'est autant de perda. Celui de votre maitresse me parait bien aventuré; j'en crois la moitié partie, et l'autre en Tair. Du mien, vous n'en avez pas fait à deux fois; vous me l'avez expédié d'un coup d'ceil. En un mot, ma charmanle, je t'adore. Nous rt;vlendrons demain ici, mon maître et moi, à pareille iiL-ure. Ne manque point d'y mener ta maîtresse, afin i[u'on donne la dernière main k cet amour-ci, qui n'a pt'ut-étrc pas toutes ses fkçons. Moi, je m'y rendrai une heure avant mon maître ; et tu comprends bien que c'est t'inviter d'en faire autant; car il sera bon de nous entendre sur tout ceci, n'est-ce pas? Nos cœurs ne seront pas fSchés de se connaître un peu plus k fond; qu'en peuset-tu, ma poule? Y vien- .lr:is-tu ?
BKGASTE.
A cela nulle réponse?
rtORTIB.
Àli! vous m'excuserez.
«EOAITE.
Onoi! elle parfa donc?