‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 251 sur 314 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

LA MARQUISE, ERGASTE

ERGASTE

Je suis charmé de vous trouver seule , marquise «, je ne m'y attendais pas. Je viens d'écrire à mon frère à Paris ; savez-vous cç que je lui mande? ce que je ne vous ai pas encore dit à vous-même.

Quoi donc ?

ERGASTE

Que je vous aime.

LA MARQUISE, mol.

Je le savais -, je m'en étais aperçue.

4oo LES SINCÈRES,

ERGÀSTE.

Ce n'est pas là tout; je lui marque encore une chose.

LA MÂKQUISE.

Qui est?...

ERGASTE

Que je croyais ne vous pas déplaire.

Toutes vos nouvelles sont donc vraies?

Je vous reconnais à cette réponse franche.

LA MARQtJISE.

Si c'était le contraire, je vous le dirais tout aussi uniment.

ERGASTE

A ma première lettre , si vous voulez, je manderai tout net que je vois épouserai bientôt.

Eh ! mais , apparemment.

ERGASTE

Et comme on peut se marier à la campagne , je pourrai même mander que c'en est fait.

LA MARQUISE, rianU

Attendez, laissez-moi respirer. En vérité, vous allez si vile que je me suis crue mariée.

ERGA5TE

C'est que ce sont de ces choses qui vont tout de suite , quand on s'aime.

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