SCÈNE XIL 4oi
IsJL MARQUISE.
Sans difficulté; mais, dites-moi, Ergaste , vous êtes homme vrai ; qu'est - ce que c'est que votre amour ? car je veux être véritablement aimée.
BRGÀSTE. I
Vous avez raison j aussi vous aimé-je de tout mon cœur.
Je vous crois ; n*avez - vous jamais rien aimé plus
que moi ?
ergastë.
Non , foi d'homme d'honneur ^ passe pour autant une fois en ma vie. Oui , je pense bien avoir aimé autant ; pour plus , je n'en al pas l'idée j je crois même que cela ne serait pas possible.
Oh ! très-possible , je vous en réponds *, rien n'empêche que vous n'aimiez encore davantage ^ je n'ai qu'à être plus aimable et cela ira plus loin; passons. Laquelle de nous deux vaut le mieux de celle que vous aimiez ou de moi ?
brgastë.
Mais ce sont des grâces différentes ; elle en avait infiniment.
C'est**à-dire un peu plus que moi.
ERGASTE
Ma foi , je serais fort embarrassé de décider làr dessus.
4oa ^ LES SINCERES,
Et moi y non \ je prononce. Votre incertitude dëdde; comptez aussi que vous Taimiez plus que moi.
eugaste.
Je n^en crois rien.
LÀ MARQUISE, riant.
Vous rêvez. N'aime - 1 - on pas toujours les gens à proportion de ce qu ils sont aimables ? et dès qu'elle Tétait plus que je ne le suis , qu'elle avait plus de grâces , il a bien fallu que vous Taimassiez davantage.
ERGASTE
Elle avait plus de grâces ! mais c'est ce qui est indécis y et si indécis , que je penche à croire que vous en avez bien autant.
Oui? penchez-vous, vraiment? cela est considérable ; mais savez-vous à quoi je penche , moi ?
ERGASTE
Non.
A laisser là cette égalité si équivoque^ elle ne me tente point ; j'aime autant la perdre que de la gagner, en vérité.
ERGASTE
Je n'en doute pas \ je sais votre indifférence làdessus *, d'autant plus que si cette égalité n'y est point, ce serait de si peu de chose !
LA MARQUISE, Tiremtnt.
E«core ! eh ! je vous dis que je n'en veux point, que