‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 2)Chapitre 263 sur 314 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Maïs, comment se peut -il qu'Ergaste me trouve diDbrme , et tous charmante ? Comment cela se peutil ? Cest pour yotre honneur que j'insiste ', les sentimens varient - ils jusque - là ? Ce n*est jamais que du plus au moins qu'on diffère \ mais du bl^nc au noir , du tout au rien, je m*y perds.

DOBANTE, TÎTement.

Ergaste est un extravagant^ la tête lui tourne ; cet esprit-là ne fera pas bonne fin.

LISETTE

Lui ? je ne lui donne pas six mois sans avoir besoin d'être enfermé.

DOEAHTE.

Parlez , madame *, car je suis piqué ; c'est votre sincérité que j'interroge. Vous êtes-vous jamais présentée nulle part, au spectacle, en compagnie, que vous n'ayez fixé les yeux de tout le monde , qu'on ne vous y ait distinguée ?

Mais... qu'on ne m'ait distinguée....

DORANTE

Oui, madame, oui ^ je m'en fierai à ce que vous en savez \ je ne vous crois pas capable de me tromper.

Voyons comment madame se tirera de ce pas-ci \ il faut répondre.

4i8 LES SINCÈRES,

Eh bien ! j'avoue que la question m'embarrasse.

DORABTE.

Eh ! morbleu ! madame , pourquoi me condamnezvous donc ?

• LA MAIQVISE.

Mais cet Ergaste ?

LISETTE

Mais cet Ergaste est si hypocondre , qu'il a l'extravagance de trouver Araminte mieux que vous.

DOEAHTE.

Et cette Araminte est si dupe, qu^elieen est émue, qu'elle se rengorge et s'en estime plus qu'à Fordinaire.

LA MAIQUISE.

Tout de bon ? cette pauvre petite femme ! ah ! ah ! ah ! ah !... Je voudrais bien voir Pair qu'elle a dans sa nouvelle fortune -, elle est donc bien gonflée ?

DOEANTE.

Ma foi, je l'excuse ^ il n'y a point de femme, en pareil cas, qui ne se redressât aussi bien qu'elle.

LA XARQOISE.

Taisez - vous , vous êtes un fripon ^ peu s'en faut que je ne me redresse aussi, moi.

DORANTE

Je parle d'elle, madame, et non pas de vous.

LA XAHQT7I8B.

U est vrai que je me sens obligée de dire, pour votre

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