ACTE I, SCÈNE XII
HOBTENSE.
Moi! monsieur; ah! vous avez raison; oui, j'ai charge Frontin de vous prier de ma part de revenir ici; mais comme vous n'êtes pas revenu sur-le-champ, parce qu'apparemment on ne vous a pas trouvé , je ne m'en ressouvenais plus.
ROSIMOVD, tianu
Voilà une distraction dont j'aurais envie de me plaindre. Mais, à propos de distraction , pouvez-vous me voir à présent, madame? Y étes-vous bien déterminée?
horteuse.
D'où vient donc ce discours, monsieur ?
ROSIMOND.
Tantôt vous ne saviez pas si vous le pouviez, m'a« t-on dit; et peut-être est-ce encore de même ?
H0RTE1ÏSE.
Vous ne demandiez à me voir qu'une heure après, et c'est une espèce d'avenir dont je ne répondais pas.
ROSIMOIfD.
Ah ! cela est vrai , il n'y a rien de si exact. Je me rappelle ma commission; c'est moi qui ai tort, et je vous en demande pardon. Si vous saviez combien le séjour de Paris et de la cour nous gâtent sur les formalités, en vérité, madame, vous m'excuseriez ; c'est
n est Tena , avec sa mère, à la campagne , que poar ëpouser Hortense. U devrait donc, par deyoir et par bienséance, chercher à la 'voir et i lai parler. De plus, il est amoureux; et cependant il rougirait de paraître faire les avances, et il lui faut un ordre exprès pour qu^il m rende auprès de sa maîtresse.
une certaine habitude de irivre avec trop de liberté, une aisance de façons qae je condamne puisqu'elle TOUS déplaît, mais à laquelle on s'accontame , et qoi TOUS jette ailleurs dans les impoUteases qoe tous Toyes.
HORTEHSIB*
Je n'ai pas remarqué qu'il y en eût dans ce qoe Yoos ayez fait, monsieur, et sans avoir vu Paris ni la cour, personne au monde n'aime plus les faiçoos unies que moi; parlons de ce que je voulais vous dire.
£OSIMOHD.
Quoi! VOUS, madame, quoi! de la beauté, des grices, avec ce caractère d*esprit-là , et cela dans l'Ige où vous êtes ! vous me surprenez ! Avouez-moi la vérité , combien ai-je de rivaux? Tout ce qui vous voit , tout ce qui vous approche , soupire ; ah ! je m'en doute bien , et je n'en serai pas quitte à moins. La province me le pardonnera-t-elle ? Je viens vous enlever ; convenons qu'elle va faire une perte irréparable.
HORTEHSE.
n peut y avoir ici quelques personnes qui ont de l'amitié pour moi , et qui pourront me regretter 9 mais ce n'est pas de quoi il s'agit.
mOSIMOND.
Eh ! quel secret ceux qui vous voient ont-ils pour n'être que vos amis, avec ces yeux-là ?
HOETE5SE.
Si parmi ces amis il en est qui soient autre chose, du moins sont-Us discrets , et je ne les connais pas. Ne m'interrompez plus , je vous prie.