SCÈNE X
ROSIMOND, HÔRTENSE.
HORTEKSE.
BoNifEs nouvelles, monsieur le marquis! tout est pacifié.
ROSIMOND , M jeUnt à Mt genovx.
Et moi je meurs de douleur , et je renonce à tout, puisque je vous perds, madame.
HORTENSE
Ah ciel ! levez - vous , Rosimond ^ ne vous troublez pas, et dites-moi ce que cela signifie.
ROSIMOIÏD.
Je ne mérite pas , Hortense , la bonté que vous avez 2. 16
a42 LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ,
de m'entendre , et ce n*est pas en me flattant de vous flëchir que je viens d'embrasser vos genonx. Non, je me fais justice ; je ne suis pas même digne de votre haine, et vous ne me devez que du mépris ; mais mon cœur vous a manque de respect ] il vous a refusé Faveu de tout Famour dont vous Taviez pénétré , et je veux , pour l'en punir, vous déclarer les motifs ridicules du mystère qu'il vous en a fait. Oui, belle Hortense, cet amour que je ne méritais pas de sentir, je ne vous Tai caché que par le plus misérable , par le plus incroyable orgueil qui fut jamais ^ Triomphez donc d'un malheureux qui vous adorait , qui a pourtant négligé de vous le dire , et qui a porté la présomption jusqu'à croire que vous l'aimeriez sans cela ^ voilà ce que j'étais devenu par de faux airs. Refusez -moi le pardon que je vous en demande; prenez en réparation de mes folies l'humiliation que j'ai voulu subir en vous les apprenant ; â ce n'est pas assez , riez-en vous-même, et soyez sûre d'en être toujours vengée par la douleur étemelle que j'en emporte.
■ Je ne vont l'ai caché que par le pbu muérable , par le plus incroyable orgueil qui fut jamais. Voilà de Fint^rét, de la force, de la vëritë. Remarquez qae la conrersioa du marquis a ét^ trèsbien préparée par les reproches de sa mél-e, pat les leçons da ooiiite» par l'indigne conduite de Doriméne, parles conseils de FrontÎB» par la rérélation que Tient de lui faire Marton de Famour d'Hortense. Le trarers de Rosimond nVtait point dans son cœur; il étui tout entier à la superficie. Rosimond a d'autant moins depeiaeâ s^en débarrasser.