‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 169 sur 333 · DORIMÈNE, DORANTE, HORTENSE · texte numérisé non relu

DORIMÈNE, DORANTE, HORTENSE

ROSIMOND.

DORIMÈNE

Enfin , marquis , vous ne vous plaindrez plus ; je suis à vous j il vous est permis de m'ëpouser ; il est vrai quMl m'en coûte le sacrifice de ma fierté ; mais que ne fait-on pas pour ce qu'on aime ?

ROSIMOND.

Un I^oment de grâce , madame.

DORANTE, IHorteiuv.

Voire père consent à mon bonheur si vous y consentes vous-même, madame.

HOETENSE.

Dans un instant, Dorante.

BOSIHOND, IHofteDM.

Vous ne me dites rien y. Hortense ? Je n'aurais pas même en partant la triste consolation d'espérer que vous me plaindrez ?

PORIMÈNB.

Que veut-il dire avec s^ consolation? De quoi do*mande-t-il donc qu'on le plaigne?

ROSIMOND.

Ayez la bonté de ne pas m'interrompre»

HORTENSE

Quoi ! Rosimond, vous m'aimez !

ROSIMOND.

Et mon amour ne finira qu'avec ma vie.

a44 LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ,

DORIUÈNE.

Mais parlez donc ! répétez - vous une scène de comédie ?

ROSIMOND.

Eh ! de grâce !

DORANTE, àHorteBM.

Que dois-je penser, madame ?

HORTENSE

Tout à Theure. (ARoûmond.) Et vous n^aimez pas Dorimëne ?

ROSIMOND.

Elle est présente, et je dis que je vous adore, et je le dis sans être infidèle ; approuvez que je n'en dise pas davantage.

DORIUÈNE.

Comment donc! vous Tadorez, vous ne m'aimez pas ? Â-t'il perdu Fesprit ? Je ne plaisante plus , moi.

DORANTE, iHortense.

Tirez-moi de l'inquiétude où je suis , madame.

ROSIUOND.

Adieu 9 belle Hortense; ma présence doit vous être à charge. Puisse Dorante , à qui vous accordez votre cœur, sentir toute Tétendue du bonheur que je perds ! (i Dorante. ) Tti mc donnes la mort , Dorante 5 mais je ne mérite pas de vivre, et je te pardonne.

DORIMENE.

Voilà qui est bien particulier !

HORTENSE

Arrêtez , Rosimond ] ma main peut'^Ue effacer le souvenir de la peine que je vous ai faite ? Je vous la donne.

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