‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 3)Chapitre 258 sur 333 · SCÈNE L · texte numérisé non relu

SCÈNE L

LÉPINE, LISETTE

LÉPINE

T lENs, j'ai à te parler; entrons un moment dans cette salle.

LISETTE

Eh bien! que me voulez -vous donc, monsieur de Lëpaine, en me tirant comme ça àTëcart ?

LÉPINE

Premièrement, mon maître te prie de Tattendre ici.

LISETTE

J'en sis d'accord; après?

LÉt»IN£.

Regarde-moi, Lisette, et devine le reste.

LISETTE

Moi , je ne saupais ; je ne devine jamais le reste , k moins qu'on ne me le dise.

LÉPINE

Je vais donc t'aider ; voici ce que c'est. J'ai besoin de ton cœur, ma fille.

LISETTE

Tout de bon ?

LÉPINE

Et un si grand besoin que je ne puis pas m*en passer 'yîlny 2L pas à répliquer , il me le faut.

Dame ! comme tous demandez ça ! J'ai <pianment envie de crier au voleur.

LÉPINE

Il me le faut , te dis-je , et bien complet avec toutes ses circonstances, je veux dire avec ta main et toute ta personne \ je veux que tu m*ëpouses.

LISETTE

Quoi ! tout à Theure ?

LÉPINE

A la rigueur, il le faudrait-, mais j'entends raison, et, pour à présent, je me contenterai de ta parole.

LISETTE

Vraiment ! grand marci de la patience ; mais tous avez là de furieuses volontés, monsieur deLépaine!

lÉPINE.

Je te conseille de te plaindre ! Comment donc ! il n'y a que six jours que nous sommes ici, mon maître et moi \ que six jours que je te connais, et la tête me tourne, et tu demandes quartier! Ce que j'ai perdu de raison depuis ce temps -là est incroyable ; et , si je continue , il ne m'en restera pas pour me conduire jusqu'à demain. Allons vite , qu'on m'aime.

LISETTE

Ça ne se peut pas , monsieur de Lépaine \ ce n'est pas qu'ous ne soyais agriable ; mais mon rang me le défend , je vous en informe } tout ce qui est comme

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