SCÈNE IX. 5i
M"^ AMELIN
Ce quHl en dit? En étes-vous en peine ?
ARAMINTE
Il ne répond pourtant rien.
M"^ AMELIM.
C'est d*ëtonnement et de joie , n'est-ce pas , mon neveu ?
ÉRASTE
Madame
Quoi?
ÉRASTE
On n'épouse pas deux femmes.
m"* amelim.
Où en prenez-vous deux? on ne vous parle que de
madame.
arAminte.
Et vous aurez la bonté de n'épouser que moi non
plus, assurément.
ÉRASTE
Vous méritez un cœur tout entier, madame ; et vous savez que j'adore Angélique, qu'il m'est impossible d'aimer ailleurs.
ARAMINTE
Impossible, Éraste, impossible! Oh! puisque vous le' prenez sur ce ton -là, vous m'aimerez, s'il vous plaît.
ÉRASTE
Je ne m'y attends pas, madame.
ARAMINTE
Vous m^aimerez , vous dis^je j on m'a promis voire 2. 55
5i4 LES ACTEURS DE BONNE FOI,
cœur , et je prétends qu'on me le tienne ' • Je croîs que d'en donner deux cent mille écos, c*est le payer tout ce qu'il vaut , et cpi'il y en a peu de ce prix-là.
ÉRASTE
Angélique restimerait davantage.
m"** àMBLIU.
Qu'elle l'estime ce qu'elle voudra , j'ai garanti que madame l'aurait ; il faut qu'elle l'ait, et que vous dégagiez ma parole.
ÉRASTE
Ah! madame, voulez-vous me désespérer?
ARAMJlfTE.
Comment donc , vous désespérer !
M** AMBLIN.
Laissez-le dire. Courage, mon neveu, courage!
ÉRASTE
Juste ciel!