SCÈNE VI
FHÉNICE, DAMIS.
DAMIS, trUt« et à pari.
Nous ne nous aimerons donc guère'. Que je suis malheureux !
PHÉNIGE,riaBt.
Damis , que dites-vous de cette aventure-ci ?
« jidieui jnUstiez ~vous vous aimer toujours de même ! L'arrirée des denx pères, et la foi quHU donnent, qu^ils doirent natarell»ment donner à ce qui Tient de frapper lears yoax et lears oreilles, renforcent la situation ; si Ton ne connaissait pas à l'aTânce les intentions bicnreillantes de Phcnice, il y aurait un degré de plus
io4 LES SERMENS INDISCRETS,
DAMIS
Je dis , madame. . . , que je viens d'être surpris à vos genoux.
PHÉRICE.
Il me semble que tous en êtes devenu tout triste.
DAKIS.
Il me paraît que vous n^en êtes pas trop gaie^
PHÉNICE
J'ai d'abord ëtë étourdie, je vous l'avoue ^ mjais je me suis remise en vous voyant fâché ; votre chagrin m'a rassurée]contre la comédie que vous avez jouée tout à l'heure. Vous vous seriez bien passé de l'opinion que vous venez de donner de vos sentimens, n'est-il pas vrai ? U n'y a en vérité rien de plus plaisant ; car, après ce qu'on vient de voir , qui est-ce qui ne gagerait pas que vous m'aimez ?
DAMIS, d'un ton vif.
Eh bien ! madame, on gagnerait la gageure ' ; je ne me dédirai pas , et ne me perdrai point d'honneur.
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d*iiitérét et de cariositë. Gomment 1er deux jeanes gens échapperaient-ils aux suites d'une arenture qui a en les parens pour témoins , et qai a été sanctionnée de nourean par leur consentement et par leurs vœux^
' Eh bien ! madame, on gagnerait la gageure. L'amour * propre
de Damis ne prend-il pas trop le dessus sur Famour qu'il a pour Lu-
cile? Ne parât trait-il pas plus naturel qu'il proûtAt de rouyerture
: qu'on lui présente , et qu'il ayouftt â Phénice qu'il vient de jouer
réellement la comédie? C'est ici que commence â se faire sentir le danger d'une action trop prolongée. L'aveu de Damis terminait k pièce i voilà pourquoi il a été reculé.