ACTE IV, SCÈNE VL io
PHÉVICE, riftnt.
Quoi! votre amour tient bon !
DAMIS
Je me sacrifierais plutôt.
PHÉNIGE.
Je vous trouve encore un peu Tair de victime.
DAMIS
Tout comme il vous plaira, madame.
PHÉNIGE.
Tant mieux pour vous si vous m'aimez , au reste -, car mon parti est pris, et je ne vous refuserais pas, quand vous en aimeriez une autre, quand je ne vous aimerais pas moi-même.
DAMIS
Et d'où pourrait venir cette étrange intrëpiditë-là ?
PHÉNIGE.
C'est que si vous ne m'aimiez point, notre mariage ne se ferait point, parce que vous n'iriez pas jusquelà ; c'est qu'en y consentant , moi , c'est une preuve d'obëissance que. je donnerais à mon père à fort bon marché , et que par là je le gagnerais pour un mariage plus à mon grë, qui pourrait se présenter bientôt. Vous voyez bien que j'aurais mon petit intérêt à vous laisser démêler cette intrigue , ce qui vous serait aisé en retournant à ma sœur qui ne vous hait pas , et que je croyais que vous ne haïssiez pas non plus ^ sans quoi, point de quartier.
DAMlS.
Ah ! madame, où en suis-je donc?
io6 LES SERMENS INDISCRETS,
PHÉNIGE.
Qa*avez-vous ? Ce que je vous db là ne tous fait rien \ rappelez-Yons donc que vous m*aimez.
DAMI8.
Vous ne m'aimez pas vons-méme.
PHÉNIGE.
Eh ! qu'importe ? Ne vous embarrassez pas -, j'ai de la vertu ; avec cela on a de Famour quand il faut.
D AMIS y en lui prenant la nuin , qn*U buse.
Par tout ce que vous avez de plus cher , ne me laissez point dans Tëtat où je suis ^ je vous en conjure , ne vous y exposez pas vous-même.
PHÉNIGE, riant.
Damis, il y a aujourd'hui une fatalité sur vos tendresses 'y vdilà ma sœur qui vous voit baiser ma main.
DAMISy en te retirant tfma.
Je sors ; adieu , madame.
PHéniCE.
Adieu donc , Damis , jusqu'au revoir.