ACTE I, SCÈNE III. i4g
tiennes. Les conditions se confondent un peu à Paris ■ \ CD n*7 est pas scrupuleux sur les rangs.
MAaTON.
Et votre maître et vous continuerez-Tous d'avoir des maîtresses quand tous serez nos maris ?
FRONTim.
Tenez, il est bon de vous mettre là-dessus au fait. Écoutez, il n'en est pas de Paris comme de la province ^ les coutumes y sont différentes.
HARTON
Ah! diffërentes?
FROHTIN.
Oui ; en province, par exemple, un mari promet fidélité à sa femme , u'est-ce pas ?
HARTON
Sans doute. '
FROVTin.
A Paris, c'est de même ^ mais la fidélité de Paris n'est point sauvage ^ c'est une fidélité galante , badine , qui entend raillerie, et qui se permet toutes les petites commodités du savoir- vivre -, vous comprenez bien ?
HARTON
Oh ! de reste.
FROHTIN.
Je trouve sur mon chemin une personne aimable;
" Les conditions se confondent un peu a Paris. Cett un trait TÎgoureax contre les mœurs de la hante société du temps de Mari- Taux. Le genre aTilissant des désordres dont il parle ici est presque inconnu de nos jours : malheureusement Phistoire du commencement du siècle dernier est ici d'accord ayec Fauteur comique.
i5o LE PETIT-MAITRE CORRIGÉ,
je suis poli, eUe me goûte ; je lui dis des douceurs, elle m'en rend ; je folâtre , elle le veut bien \ pratique de politesse , commodité de savoir-vivre , pure amourette que tout cela dans le mari ; la fidélité conjugale n'y est point offensée. Celle de province n'est pas de même \ elle est sotte , revéche , et tout d*une pièce, n'est-il pas vrai ?
MARTOm.
Oh ! oui \ mais ma maîtresse fixera peut-être votre maître ; car il me semble qu'il l'aimera assez volontiers, si je ne me trompe.
FRONTIN
Vous avez raison; je lui trouve eflEectivement comme une vapem* d'amour pour elle.
Croyez -vous?
FRONTIN
U y a dans son coeur un éionnement qui pourrait devenir très-sérieux; au surplus, ne vous inquiétez pas \ dans les amourettes, on n'aime qu'en passant, par curiosité de goût , pour voir un peu comment cela fera ; de ces inclinations-là , on en peut fort bien avoir une demi - douzaine sans que le cœur en soit plus chargé , tant elles sont légères.
MARTOIf.
Une demi- douzaine ! cela est pourtant fort ; et pas une sérieuse ?
FRONTIN
Bon I quelquefois tout cela est expédié dans la semaine. A Paris , ma chère enfant , les cœurs , on ne