ACTE III, SCÈNE VIL
plus doux qu'un agneau \ il n'a pas soufflé. Quand je lui ai dit que je m'appelais Arlequin, et que j'avais f un habit d'ordonnance; eh bien! mon ami, m'a-t-elle dit, chacun a son nom dans la vie, chacun a son habit. Le vôtre ne vous coûte rien; cela ne laisse pas d'être gracieux.
DORANTE
Quelle sorte d'histoire me contes -tu là ?
ARLEQUIN
Tant il y a que je vais la demander en mariage.
DORANTE
Comment ! elle cpnsent à t'épouser ?
ARLEQUIN
La voilà bien malade !
DORANTE
Tu m'en imposes-, elle ne sait pas qui tu es.
ARLEQUIN
- Par la venlrebleu! voulez -vous gager que je l'é- ' pouse avec la casaque sur le corps; avec une souquenille, si vous îne fâchez? Je veux bien que vous sachiez qu'un amour de ma façon n'est point sujet à la casse, que je n'ai pas besoin de votre friperie pour pousser ma pointe, et que vous n'avez qu'à me rendre la mienne '.
' Je n'ai pas besoin de votre friperie pour pousser nus pointe ^ et l'ous n'as^ez qu'a me rendre la mienne. Il y a deux subslantifs fcminins dans le premier membre de cette phrase , et ma pointe est le
28a LE JEU DE L'AMOUH ET DU HASARD, ■
DOHAKTE. *
Tu es un fourbe; cela n'est pas concevable, et je vois bien qu'il fandra que j'nvprtissc monsieur OrgoD.
AKLEQCIIt.
Qui? noire père? Ah ! le lion liommo! nous l'avon» dans notre manche. C'est le meilleur humain, la
meilleures pâte d'hommel Vous m'en direz des
nouvelles.
nOKlHTE.
Quel estravafjant ! As-tU vu Lisèlte ?
AKLEQITin.
Lisette? non. Peut-être a-t-ellé pass^ devant mes yeux ; mais un honnête honime ne prend pas garde à une chambrière. Je vous cède ma. part de celte altenliou-là.