ACTE I, SCÈNE VI. 32i
dans cet âge où Tâme, moins dissipée, ajoute à la beauté des traits un rayon de la finesse qu'elle a acquise.
LÉONTIHE, «mliarraMtfe. |
Je ne sais de qui vous parlez, seigneur^ cette damelà m'est inconnue , et c'est sans doute un portrait trop
flatteur.
PHocioir.
Celui que j^en garde dans mon cœur est mille fois au-dessus de ce que je vous peins là , madame. Je vous ai dit que je passais pour aller plus loin*, mais cet objet m'arrêta, et je ne le perdis point de vue, tant qu'il me fut possible de le voir. Cette dame s'entretenait avec quelqu'un, elle souriait de temps en temps, et je démêlais dans ses gestes je ne sais quoi de doux , de généreux et d'aflable, qui perçait à travers un maintien grave et modeste.
LéONTinE, àpart.
De qui parle-t-il ?
PHOGION.
Elle se retira bientôt après, et rentra dans une maison que je remarquai. Je demandai qui elle était, et j'appris qu elle est la sœur d'un homme célèbre et respectable.
LÉONTINE, àpart.
OÙ suis-je ?
PHOCION
Qu'elle n'est point mariée, et qu'elle vit avec ce frère dans une retraite dont elle préfère l'innocent 4. 21
3a2 LE TRIOMPHE DE L'AMOUR,
repos au tumulte du monde toujours mtfprisé des imta vertueuses et soblimess ; eufm , tout cp qnej'en appris. ne fut qu'un éloge, et ma raison mi5me, autant que mon cœur, acheva de me donner pour jamais h elle,
lAoUTIIII:, im>Ac.
Seigneur, dispensez - moi dY^couter le reste; je oc sais ce que c'est que l'amour, et je vous coûseiUeiai» mal sur ce que je n'entends point.
PHociun.
De grâce , laiMCz-iBOÎ finir, et que ce mot d'amour ne vous rebute point; celui dont je vous parle ot souille point mon cœur, il riionore.CVsl l'amour que j'ai pour la vertu qai allume celui que j'ai pour celte dame; ce sont deux eentimens qui se confoodcnt ensemble; et si j'aime, si j'adore cette phyMonomie à