‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 176 sur 315 · ACTE I, SCENE VIII. 33i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII. 33i

ëtonner vos soupçons, et dont j^ose attendre votre estime, quand vous en saurez les motifs. Ne me parlez donc plus d'Agis; je ne songe point à lui, je le répète. En voulez -vous des preuves incontestables? Elles ne ménageront point la fierté de mon sexe; mais je n'en apporte ici ni la vanité ni Tindustrie. J'y viens avec un orgueil plus noble que le sien; vous le verrez, seigneur. Il s'agit à présent de vos soupçons, et deux mots vont les détruire. Celui que j'aime veutil me donner sa main? voilà la mienne. Agis n'est point ici pour accepter mes offres.

BERKOCRÀTB.

Je ne sais donc plus à qui elles s'adressent.

PHOCION

Vous le savez, seigneur, et je viens de vous le dire; je ne m'expliquerais pas mieux en nommant Hermocrate.

Moi ! madame ?

PHOCION

Vous êtes instruit , seigneur.

HERMOGKÀTE.

Je le suis en effet, et ne reviens point du trouble où ce discours me jette. Moi, l'objet des mouvemens d'un cœur tel que le vôtre !

PHOCION

Seigneur, écoutez -moi; j'ai besoin de me justifier après l'aveu que je viens de faire.

LE TRIOMPHE DE L'AMOCIl.

HEUMOCnlTE.

Non, madame, je n'écoute plus rîcn , toule jusUGcatîon est inutile. Vous n'avex rien à craindre de mes idées-, calmez vos inquiétudes là-dessus; Qinis, de gr3ce, laissez-moi. Suis-jefait pour èlre aimé? Vous attaquez une âme solitaire cl sauvage, à qui l'amour est <^traiif;er; ma rudesse doit rebuter votre jcunoâsc et vos cliarmea, et mon cœur cti un mol ne pourrait rien pour le vôtre.

F.I1 ! je ne lui demande point de partager mes senlimens; je n'ai nul espoir, et si j'en ni, je le désavoue; mais soufifiez que j'achève. 3e vous ai dit que je vous aime ; voulez-vous que je reste en proie i l'injure que me ferait ce discours-là, si je ne m'expliquais pas?

BEflMOCRATE. -.^^^

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