SCÈNE L
PHQCION, HERMIDAS.
PHOCIOH.
T lENs que je te parle, Corine. Tout me rëpond d'un succès infaillible. Je n'ai plus qu un lëger entretien à avoir avec Agis^ il le désire autant que moi. Croiraistu pourtant que nous n'avons pu y parvenir ni Tun ni L'autre ? Hermoctate et sa sœur m'ont obsédée tour à tour; ils doivent tous deux m'épouser en secret; je ne sais combien de mesures sont prises pour ces mariages imaginaires. Non, on ne saurait croire combien l'amour égare ces télés qu'on appelle sages; et il a fallu tout écouter, parce que je n'ai pas encore terminé avec Agis. Il m'aime tendrement comme Aspasie ; pourrait-il me haïr comme Léonide ?
HERMIDAS.
Non, madame; achevez. La princesse liéonide, après tout ce qu'elle a fait , doit lui paraître encore plus aimable qu'Aspasie.
PBocion.
Je pense comme toi ; mais sa famille a péri par la mienne.
HERMIDAS.
Votre [lire ht/rita du trône, et ne l'a pas ravi. FHocion.
Qac veiix-tii? J'aime et je crains. Je vais pourtant af^ir commi- certaine du succès. Mais , dis-moi , as-tu t'ait porter nies lettres au château?
Oui, madame. Dimas, sans savoir pourquoi, m'a Joiirni un homme à qui je les ai remises, et comme la distance d'ici au château est petite, vous aurez liieutôt dos nouvelles. Mais quel ordre donnez-vous au seigneur Ariston , à qui s'adressent vos lettres?