‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 215 sur 315 · PHOCION, AGIS · texte numérisé non relu

PHOCION, AGIS

PHOCIOH, i pirt. .

Tu bien fait de les intimider. Mais voici Agis.

AGIS

Je vous retrouve donc , Aspasie , et je puis un moment vous parler en liberté. Que n'ai-je pas souffert de la contrainte où je me suis vu ! J'ai presque haï Hermocrate et Léontinc de toute l'amitié qu'ils vous marquent ^ mais qui est-ce qui ne vous aimerait pas ? Que vous êtes aimable, Aspasie, et qu'il m'est doux de vous aimer !

PHOCIOH.

Que je me plais à vous l'entendre dire , Agis ! Vous saurez bientôt, à votre tour, de quel prix votre cœur est pour le mien. Mais, dites-moi ; celte tendresse , dont la naïveté me charme, est -elle à l'épreuve d<: tout? Kien n' est-il capable de me la ravir?

«GIS

Non ! je ne la perdrai qu'en cessant de vivre.

Je ne vous ai pas tout dit. Agis; vous ne me connaissez pas encore.

AGIS

Je connais vos charmes; je connais la douceur des

senlimens de votre Amc; rien ne petit m'arracIiRT à tant d'ultraiLs, et c'en est assez pour vous adorer loulc

O dieux ! que d'amour ! Mais plus il mVst cher, et plus je ciaiiis de le perdre. Je vous ai dissimulé qui jV'iais, et ma naissance vous rcbulcva peut-être.

ilélas ! vous ne savez pas qui je suis rooi-mOœo, ni tout l'eCTroi que m'inspire pour vous la pensée d'unir mon sort au vôtre. O cruelle princesse , que j'ai de raisons de le haïr!

Ëli ! de qui pai'Ie> haïssez-vous tant?

unir rai-

-vous, Agis? Quelle princesse

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