SCÈNE V. 44i
m"* ARGAITTE.
Vous n'en devez point avoir d'autres que ceux de monsieur Damis, aux volontés de qui vous vous conformerez toujours , ma fille. Nous sommes sur ce pied- ]k dans le mariage.
ANGÉLIQUE
Ses volontés? Eh ! que deviendront les miennes?
m"* argawte.
Je sais que cet article a quelque chose d'un peu mortifiant, mais il faut s'y rendre, ma fille. C'est une espèce de loi qu'on nous a imposée, et qui, dans le fond, nous fait honneur^ car, entre deux personnes qui vivent ensemble, c'est toujours la plus raisonnable qu'on charge d'être la plus docile *, et cette docililé-là vous sera facile-, car vous n'avez jamais eu de volonté avec moi, vous ne connaissez que l'obéissance.
ANGÉLIQUE
Oui, mais mon mari ne sera pas ma mère \
m"" ARGAifTE.
Vous lui devez encore plus qu'à moi, Angélique; et je suis sûre qu'on n'aura rien à vous reprocher làdessus. Je vous laisse-, songez à tout ce que je vous ai
' Afora mari ne sera pas nia mère. Mot charmant, qui, sous une naïveté apparente, cache une vëritë profondément morale. Les contradictions d^une mère sont ordinairement le fruit d^une expérience éclairée j celles d'un mari partent trop souvent d'un abus df pou- Toir, quelquefois même de distractioai coupables et de libertinage.
ilit; et surtout gardez ce goût de retraite, de solitadet do modeslie, de pudeur qui me charme en vous. Ne plaisez qu'à votre mari, et restez dans cette simplicité qui ne vous laisse ignorer que le mal. Adieu , ma iUle.