‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 262 sur 315 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

LISETTE

Comment? s'il vous aime ! Vous savez bien qu'il n'a point changé. Est-ce que vous ne l'aimez plus ?

LA COMTESSE

Qu'appelez-vous, plus? Est-ce que je l'aimais? Dans le fond, je le distinguais, voilà tout*, et distinguer un homme, ce n'est pas encore l'aimer, Lisette^ cela peut y conduire, mais cela n'y est pas.

LISETTE

Je vous ai pourtant entendu dire que c'était le plus aimable homme du monde.

LA COMTESSE

Cela se peut bien.

LISETTE

Je vous ai vu l'attendre avec empressement.

LA COMTESSE

C'est que je suis impatiente.

LISETTE

Être fôchëe quand il ne venait pas.

LA COMTESSE

Tout cela est vrai. Nous y voilà ^ je le distinguais, VOUS dis - je , et je le distingue encore ; mais rien ne m'engage avec lui ^ et comme il te parle quelquefois , et que tu crois qu'il m'aime, je venais te dire qu'il faut que tu le disposes adroitement à se tranquilliser sur mon chapitre.

498 L'HEUREUX STRATAGEME.

LtSETTB.

El le tout en faveur de monsieur te chevalier D>mis, qui n'a vaillant qu'an accent gascon dont TOM vous amusez? Que vous avez le cœur iticonslant! Afcc autant de raison que vous en ave/., eummenl poaveivous i?tro infidMe? car on dira que vous l'êtes.

L^ COMTESSE

Eh bien! infidèle, soit, puisque tu veux que jr le sois. Crois-tu me lairc peur avec ce grand mot? Infidi^le! ne dirait- on pas que ce soit aiic grande injure? Il y a comme cela des mots dont on t^pouTsille les esprits faibles, qu'on a mis en criJdit, fanie de réflexion, el qui ne sont pourtant rien.

LISETTE

Ah ! madame, gue diles-vo«slàiXQmBa^oiŒaù

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