ACTE I, SCENE IV
LISETTE
Mais, mais de la manière dont vous tournez
cette affaire-là, je crois, de bonne foi, que vous avez raison. Oui, je comprends que Tinfidëlité est quelquefois de devoir; je ne m'en serais jamais doutée.
Tu vois pourtant que cela est clair.
LISETTE
Si clair, que je m'examine à présent pour savoir si je ne serai pas moi-même obligée de faire une infidélité.
LA COMTESSE
Dorante est en vérité plaisant ! N'oserais-je , à cause qu'il m'aime, distraire un regard de mes yeux? N'appartiendra-t-il qu'à lui de me trouver jeune et aimable? Faut-il que j'aie cent ans pour tous les antres, que j'enterre tout ce que je vaux, que je me dévoue à la plus triste stérilité de plaisir qu'il soit possible d'imaginer?
LISETTE
C'est apparemment ce qu'il prétend.
LA COMTESSE
Sans doute; avec ces messieurs-là , voilà comment il faudrait vivre. Si vous les en croyez, il n'y a plus pour vous qu'un seul homme, qui doit composer tout votre univers ; tous les autres sont rayés , ce sont autant de morts pour vous. Peut-être que votre amour-propre n'y trouve point son compte, et qu'il les regrette
5„o I.-HELRKUX STRATAGEME,
(|iirl([\iL'l'i)is. Kli! qu'il pâtisse; la sotte fidt^lité lui a r.tll >;i |j;nl. I.IIl- Uii laisse un captif pour sa gloire; ijii'il ^\ll ;iiiiusi' loninie U pourra, et qu'il prenne pjlii'iiLi'. <^UL'I abus, Lisette, quel abus! Va, va, |i.n'lo il DuraulL-, el laisse là tes scrupules. Les hom- 1U1S. i|Uiiiiil ils out envie de nous quitter, y font-ils l;inl lit' laçons? iS'avons - nous pas tous les jours de \>iA\c^ ]iii:uvcs Je leur constance? Ont- ils là -dessus lies piivilcyes que nous n'ayons pas? Tu te moques (lu moi; 11' clievalier m'aime, il ne me déplaît pas; je ni: leiai [Kis la moindre violence à mou penchant-
\lloiis, allons, madame, à présent que je suisins-
iniilr. lij :mians ddaissés n'ont qu'à chercher qui les jihii^iir; nii; voilii bien guérie de la compassion que
j'mai^ |ioiir u'u\.