ACTE I, SCÈNE V. 5o
LA COMTESSE
Eh! d'où vous vient de la colère, monsieur? De quoi vous plaignez -vous, s'il vous plaît? Est-ce de Tamour que vous avez pour moi ? Je n'y saurais que faire. Ce n'est pas un crime de vous paraître aimable. Est-ce de l'amour que vous voudriez que j'eusse, et que je n'ai point? Ce n'est pas ma faute, s'il ne m'est pas venu. Il vous est fort permis de souhaiter que j'en aie 'y mais devenir me reprocher que je n'en ai point, cela n'est pas raisonnable. Les sentimens de votre cœur ne font pas la loi du mien ; prenez-y garde, vous traitez cela comme une dette, et ce n'en est pas une. Soupirez, monsieur, vous en êtes le maître; je n'ai pas le droit de vous en empêcher 5 mais n'exigez pas que je soupire. Accoutumez -vous à penser que vos soupirs ne m'obligent point à les accompagner des miens, pas même à m'en amuser. Je les trouvais autrefois plus supportables; mais je vous annonce que le ton qu'ils prennent aujourd'hui m'ennuie ; rëglezvous là-dessus. Adieu, monsieur.
DORANTE
Encore un mot , madame» Vous ne m'aimez donc plus?
LA COMTESSE
Eh ! eh! plus est singulier! je ne me souviens pas trop de vous avoir aimé *.
^•*m^^^m^^.^^,^m^Êt^
' Je ne me souviens pas trop de vous avoir aimé, La comtesse, dans ceUe scène, traite Dorante avec une duretë qui, de la part
SCÈ OORANTE, ARI
OOHAWTB
!■' perfide!.,. Arrtte,