ACTE I, SCENE VI. 5o
sieur. Madame attend compagnie ^ elle aura peut-être besoin de moi.
ARLEQUIK.
Oh ! oh ! comme elle répond , monsieur !
Lisette , m'abandonnez-vous ?
ARLEQUIN
Serais-tu, par hasard, une masque aussi?
DORANTE
Parle -, quelles raisons allègue-t-elle ?
LISETTE. s
Oh! de très-fortes , monsieur; il faut en convenir, la fidélité n'est bonne à rien ; c'est mal fait d'en avoir. De beaux yeux ne servent pas à grand'chose ; un seul homme en profite; tous les autres sont morts. Il ne faut tromper personne; avec cela on est enterrée, l'amour-propre n'a point sa part; c'est comme si on avait cent ans. Ce n'est pas qu'on ne vous estime; mais l'ennui s'y met. U vaudrait autant être vieille ; et cela vous fait tort.
DORANTE
Quel étrange discours me tiens-tu là?
ARLEQUIN
Je n'ai jamais vu de paroles de si mauvaise mine.
DORANTE
Explique-toi donc.
L'HEUREUX STRATAGÈME
LISETTE
Quoi ! vous ne m'entendez pas ? Eh bien ! moiisieur, on vous dislingue.
Veux-tu dire qu'on m'aime?
LI8KTT*.
Eh! non. Cela peut y condaire, maïs cela n'y tsl pas.
niin\»TE,
Je n'y conçois rien, Aime-t-on le chevalier?
LISETTE
C'est un forl aimable homme.
OBASTE.
Et moi, Lisette?
LISETTE