COMEDIE EN UN ACTE ET EN PROSE
Représentée poar la piemière fois par les comédiens italiens
le 19 aoât 1735.
JUGEMENT
SUR
JSlaise et Claudine Tiennent de faire un héritage de cent mille francs. Biaise , qui annonce cette heureuse nouvelle à sa femme , lui déclare qu'elle devra , pour tenir son rang» changer de manières et même de mœurs ; il lui fait, en conséquence, le portrait du beau monde qu'il lui pr(^[K>8e de prendre pour modèle , et ce portrait , cela va sans dire , est une peinture satirique. Arrivent le chevalier et madame Damis , sa cousine , qui ne comprennent rien aux grands airs et à l'insolence subite de Claudine , de son mari et de leurs enfants. Biaise n'a pas plus tôt expliqué cette énigme, que ses nobles voisins , dont les affaires sont en assez mauvais état , se décident à faire de lui leur beau-f>ère. Le paysan ridicule et vain se trouve très-honoré de cette alliance , et afin d'y préparer Colin et Colette par une éducation convenable, il leur donne pour précepteur Arlequin, valet ivrogne , qui prétend avoir passé huit ans à la cour , et qui commence l'exercice de ses fonctions magistrales parfaire débiter une scène d'amour aux deux jeunes villageois. Bientôt ceux - ci ont occasion de la repasser , l'un avec madame Damis, l'autre avec le chevalier. Tout
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le monile paiatt d'accord , et un double mariage v«t lur le poiat d'être coucla , lorniuc Ulaisc npprcnd, par une lettre de son procureur, que l'usurier chet lequel il a laissa ses fonds pour les faire valoir, vient de faire banqueroute et de s'enfuir en pays étranger. Le cLcralier et madame Damis se retirent alors, nullemenl desireox de tenir leur parole , et c'est U le dcnoucmcot tant soit peu I>nuqiie de la pièce.
On a pu voir, par cette analyse, que l'aïUcar ne s'est pasmis en frais de comliinaûioas dramatiques; et il eu avait besoin cependant ici pla« qu'ailleurs, pour rajeunir un sujet déjà vieux de son temps. Le souvenir de Georget Dandin et du Bourgeois gentilhomme devait nuire à CBèrilier de village. Celte pièce fut, en effet, très-froidement accncillie, et obtint avec peine neuf repre'senlattons; plus tard, les comédiens essayèrent, mais inutilement.
SUR L'HERITIER DE VILLAGE. 65 avec bien plus de tact cette fois que Marivaux, prit daus une famille de finance les personnages dont il voulait faire rire. C'était à la fois se ménager une source de comique plus vrai et plus naturel , et adresser la leçon aux gens qui eu avaient le plus besoin. Rencontre-t-on beaucoup de paysans auxqaeb il soit nécessaire de prêcher que la roture est toujours dupe dans ses alliances avec la noblesse 7 Remarquons, en finissanl, que l'idée principale de la jolie comédie (/ej ilfan'onnefieJ, par Picard, est empruntée à tBintier de FiUage.
PERSONNAGES
MADAME DAHIS.
LE CHEVALIEH.
GLAISE, pajMD. CLAUDINE, fcranie d« Blai».
COLIN , fils de BlaUe.
COLETTE, fille de Blebe.
ARLEQDIN, v»lei de BIsise.
GRIFFET, clerc de procureur.