‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 4)Chapitre 48 sur 315 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

BLAISEy se promène en se carrant.

Parlons un peu seul^ car à st'heure que je sis du biau monde, faut faire de grandes réflexions à cause de mes grandes affaires. Allons, rêvons donc, tout en nous promenant, (ii rêve.) Un père de famille a bian du souci , et c'est une mauvaise graine que des enfans. Drès que ça est grand , ça veut tâter de la noce. Stapendant on a un rang qui brille, des équipages qui rot^^ont toujours, des laquais qui grugeont tout; et sans ce tintamarre-là, on ne saurait vivre. Les petites gens sont bian heureux '. Mais il y a une bonne coutume; en emprunte aux marchands, et en ne les paie point; ça soutient un ménage. Stapendant il m'est avis que je faisons un métier de fous, nous

autres honnêtes gens Mais vlà noute fiscal qui

¥iant; je li devons de Targent; mais il n'y a rien à faire, je savons mon devoir.

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