ACTE I, SCÈNE XII
ARLEQUIN
Sil via , je suis votre amant ; vous êtes ma maîtresse ; retenez-le bien, car cela est vrai ; et tant que je serai en vie, cela ira toujours le même train , cela ne branlera pas ; je mourrai de compagnie avec cela. Ah çà ! dites- moi le serment que vous voulez que je vous fasse?
SILVIA
Voilà qui va bien ; je ne sais point de sermens ; vous êtes un garçon d^honneur ^ j'ai votre amitié , vous avez la mienne ; je ne la reprendrai pas. A qui est - ce que je la porterais ? N*étes * vous pas le plus joli garçon qu'il y ait ? Y a - 1- il quelque fille qui puisse vous aimer autant que moi ? Eh bien ! n'est - ce pas assez ? Nous en faut-il davantage ? Il n'y a qu'à rester comme nous sommes , il n'y aura pas besoin de sermens.
ARLEQUIN
Dans cent ans d'ici , nous serons tout de même '.
SILVIA
Sans doute.
ARLEQUIN
Il n'y a donc rien à craindre , m'amie; tenons -nous donc joyeux.
SILVIA
Nous souffrirons peut-être un peu \ voilà tout.
' Dans .cent ans dHei , nous serons toutùlt méme^.' X^Àni retit iniantes, tout sera changé. Voilà le corniqae.
aïo LA DOUBLE INCONSTANCE,
C'est une bagatelle. Quand on a un peu piti , le plaisir en semble meilleur.
SILYIA.
Oh ! pourtant, je n'aurais que faire de pitir pour être bien aise , moi.
ARLEQUIN
Il n'y aura qu'à ne pas songer que nous souffrons.
SILYIA, le regardant tendrenenl.
Ce cher petit homme , comme il m'encourage !
ARLEQUIN. '
Je ne m'embarrasse que de vous.
SILYIA.
Où est-ce qu'il prend tout ce qu'il me dit ? Il n'y a que lui au monde comme cela ^ mais aussi il n'y a que moi pour yous ainler. Arlequin.
ARLEQUIN
C'est comme du miel, ces paroles -là.