‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 204 sur 316 · LISETTE, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

LISETTE, ARLEQUIN

ABLEQUIN.

JxloN bijou, j'ai fait un^ offense envers vos grâces, et je sais d'avis de vous demander pardon , pendant que j'en ai la repentanoe*

LISETTE

Quoi ! un aussi joli garçon que vous est-il capable d'olTenser quelqu'un?

ARLEQUIlf.

Un aussi joli garçon que moi ! Oh ! cela me confond ^ je ne mérite pas le pain que je mange.

LISETTE

Pourquoi donc ? Qu^avez-vous fait ?

AALEQUlir.

J'ai fait une insolence ^ donnez-moi conseil. Voulez-vous que je m'en accuse à genoux , ou bien sans façon? Faites- moi bien de la honte, ne m'épargnez pas.

Je ne veux ni vous battre ni vous voir à genoux ',

35o LE PRIHCE TRAVESTI,

je me contenterai de savoir ce que vous avez dit.

ARLEQUIN, s*agenoaillant.

M'amie , vous n'êtes point assez rude; mais je sais mon devoir.

LISETTE

Levez-vous donc, mon cher; je vous ai déjà pardonné.

ARLEQUIN

Écoutez-moi ; j'ai dit, en parlant de votre inimitable personne, j'ai dit... le reste est si gros qu'il m'étrangle.

LISETTE

Vous avez dit?....

ARLEQUIN

J'ai dit que vous n'étiez qu'une guenon.

LISETTE

Pourquoi donc m'aimez^yous, si vous me trouvez telle ?

ARLEQUIN

Je confesse que j'en ai menti.

LISETTE

Je me croyais plus supportable; voilà la vérité.

Ne vous ai-je pas dit que j'étais un misérable? Mais, m'amour , je n'avais pas encore vu votre gentil minois.... ois.... ois.... ois....

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