ACTE II, SCÈNE I. 35i
LISETTE
Comment! vous ne me connaissiez pas dans ce temps-là ? Vous ne m aviez jamais vue ?
▲RLEQUIHé
Pas seulement le bout de votre nez.
LISETTE
Eh ! mon cher Arlequin , je ne suis plus fâchée. Ne me trouvez - vous pas de votre goût à présent ?
ARLEQUIN
Vous êtes délicieuse.
LISETTE
Eh bien ! vous ne m*avez pas insultée ^ et, quand cela serait, y a-t-ilde meilleure réparation que l'amour que vous avez pour moi? Allez, mon ami, ne songez plus à cela.
ARLEQUIN
Quand je vous regarde , je me trouve si sot !
LISETTE
Tant mieux, je suis bien aise que vous m'aimiez; car vous me plaisez beaucoup, vous.
Oh ! oh ! oh ! vous me faites mourir d'aise.
LISETTE
Mais , est-il bien vrai que vous m'aimiez ?
ARLEQUIN
Tenez , je vous aime.... Mais qui diantre peut dire
cela, combien je vous aime?... Gela est si gros, que je n eu sais pas le compte.
LISETTE
Vous voulez m'époQser ?
ARLEQUIN
Oh ! je ne badine point -, je vous recherche honnêtement , par-devant notaire.
LISETTE
Vous êtes tout à moi ?
ARLEQUIN
Gomme un quarteron d'épingles que vous auriez acheté chez le marchand.
LISETTE
Vous avez envie c[ue je sois heureuse ?
ARLEQUIN
Je voudrais pouvoir vous entretenir toute votre vie à ne rien faire \ manger , boire, et dormir, voilà Touvrage que je vous souhaite.
LISETTE
Eh bien ! mon ami , il faut que je vous avoue une chose ; j*ai fait tirer mon horoscope il n*y a pas plus de huit jours.
ARLEQUIN
Oh! oh!
LISETTE
Vous passâtes dans ce moment-là , et on me dit : Voyez-vous ce joli brunet qui passe? il s'appelle Arlequin.