‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 241 sur 316 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LA PRINCESSE, HORTENSE

HORTBNSS.

Jfi me rends à vos ordres , madame; on m'a dit que vous vouliez me parler.

LA PRINCESSE

Vous jugez bien que , dans Tëtat où je suis, j'ai besoin de consolations , Hortense ; et ce n'est qu'à vous seule que je peux ouvrir mon cœur.

HORTEIfSE.

Hëlas! madame , je n'ose vous assurer que vos cha« grins sont les miens.

LÀ PRINCESSE, k part.

Je le sais bien, perfide.... (Haut.) Je vous ai confié mon secret comme à la seule amie que j'aie au monde. Lëlio ne m'aime point, vous le savez.

HORTENSE

On aurait de la peine à se l'imaginer ; et , à votre place , je voudrais encore m'ëdaircir. Il entre peut- * être dans son cœur plus de timidité que d'indifférence.

4p6 le prince travestj,

LA PAlRGEâSË.

Di$ U timidité., madame ! Votre amitië pour moi Yûu$ foumit des moti& de consoktioa bien faibles , ou y<ovi$ êtes biiea distraite !

HORTJSN^aiS-

On ne peut être plus attentive que je le suis, madame.

LA PRINCESSE

Vous oubliez pourtant les obligations, qiae je vpus ai; lui, n'oser me dire qu'il m'aime! IÇh! ne l'ayçzvouspas informé, de ma part, des sentimensquej'a* vais pour lui ?

HORT£if(S£.

J'y pensais tout à l'heure , madame ; mais je crains de l'en avoir mal informe. Je parlais pour une princesse; la matière était délicatç. Je vous aurai peutêtre un peu trop ménagée, je me sera^ expli(«)ëe d'une manière obscure : Lélio ne m'aura pas entendue : ce sera ma faute.

LA PRINCESSE

Je crains, à, mon tour, que votre ménageiQ^nt pçur moi n'ait été plus loin, que vous nq dites; peut-être ne l'avez-vous pas entretenu de mes sentimens ; peutêtre l'avez-vous trouvé prévenu pour un autre ; et vous, qui prenez à mon cœur un intérêt si tendre , si généreux , voQS m'avez fait un mystère de tout ce qui s*est passé* C'est une discrétion prudente , dont je vous crois très-capable.

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