SCÈNE V
LA PRINCESSE, HORTENSE
HORTBNSS.
Jfi me rends à vos ordres , madame; on m'a dit que vous vouliez me parler.
LA PRINCESSE
Vous jugez bien que , dans Tëtat où je suis, j'ai besoin de consolations , Hortense ; et ce n'est qu'à vous seule que je peux ouvrir mon cœur.
HORTEIfSE.
Hëlas! madame , je n'ose vous assurer que vos cha« grins sont les miens.
LÀ PRINCESSE, k part.
Je le sais bien, perfide.... (Haut.) Je vous ai confié mon secret comme à la seule amie que j'aie au monde. Lëlio ne m'aime point, vous le savez.
HORTENSE
On aurait de la peine à se l'imaginer ; et , à votre place , je voudrais encore m'ëdaircir. Il entre peut- * être dans son cœur plus de timidité que d'indifférence.
4p6 le prince travestj,
LA PAlRGEâSË.
Di$ U timidité., madame ! Votre amitië pour moi Yûu$ foumit des moti& de consoktioa bien faibles , ou y<ovi$ êtes biiea distraite !
HORTJSN^aiS-
On ne peut être plus attentive que je le suis, madame.
LA PRINCESSE
Vous oubliez pourtant les obligations, qiae je vpus ai; lui, n'oser me dire qu'il m'aime! IÇh! ne l'ayçzvouspas informé, de ma part, des sentimensquej'a* vais pour lui ?
HORT£if(S£.
J'y pensais tout à l'heure , madame ; mais je crains de l'en avoir mal informe. Je parlais pour une princesse; la matière était délicatç. Je vous aurai peutêtre un peu trop ménagée, je me sera^ expli(«)ëe d'une manière obscure : Lélio ne m'aura pas entendue : ce sera ma faute.
LA PRINCESSE
Je crains, à, mon tour, que votre ménageiQ^nt pçur moi n'ait été plus loin, que vous nq dites; peut-être ne l'avez-vous pas entretenu de mes sentimens ; peutêtre l'avez-vous trouvé prévenu pour un autre ; et vous, qui prenez à mon cœur un intérêt si tendre , si généreux , voQS m'avez fait un mystère de tout ce qui s*est passé* C'est une discrétion prudente , dont je vous crois très-capable.