ACTE III, SCjfcNE V
HORtB^SE.
Je Iqi. ai dit que tous l!aiimez ,^ m^dame:^ soye/iren persuadée.
LA PRINCESSE
Vous lui av.ez cjlit que je Faiiaais ^ et il na.voas a pas enleiMiue,, dites -vous! Ce uti'eat pourtant pas s'expliquer d'une. manière ënigmatique..Je sui3 outrée, trahie, mépris^e^ et par qui y Bortew^e ?
HORTEIfSE.
Madame, je puis vous être importune en ce moment-ci \ je me retirerai , si vous voulez.
LA PRIIV^GJSSSfE.
C'est moi* qui vous suis h charge ; notre conversa* tion vous fiatigue, je le sens bien ] mais cependant restez, vous me devez un peu de complaisance.
HORTENSE
Hëks ! madame ^ si vouslisiez dan» mon oœur , vou» verriea; combiei^.vous m'inquiétea;.
LA PRINCESSE
Ah! je n'en doute pas... (a part.) Arlequin ne vient point... (Haut.) Calmez cependant vos inquiétudes sur mon/ compte; ma situation est. triste, à la véritii; j*ai été le jouet de l'ingratitude et de la perfidie; mais j'ai pris mon parti, U ne me reste plus qu'à découvrir ma rivale , et cela va être fait Vous auriez pu me la faire connaître , sans doute y mais vou^ la trouvez trop coupable, et vous avez raison.
4o8 LE PRINCE TRAVESTI,
HOETSIfSE.
Votre rivale ! mais en avez -vous une , ma chère princesse ? Ne serait - ce pas moi que vous soupçonneriez encore ? Parlez -moi franchement, c'est moi ; vos soupçons continuent. Lélio, disiez -vous tantôt, m'a regardée pendant la fête ; Arlequin en dit autant 9 vous me condamnez là- dessus , vous n'envisagez que moi ] voilà comment Tamour juge. Mais mettez-vous Tesprit en repos ; souffrez que je me retire , comme je le voulais. Je suis prête à partir tout à Theore ; indiquez-moi Tendroit où vous voulez que j'aille. Otezmoi la libertë , s'il est nécessaire ; rendez-la ensuite à Lëlio , faites-lui un accueil obligeant , rejetez sa détention sur quelques faux avis) montrez-lui dès aujourd'hui plus d'estime, plus d'amitié que jamais, et de cette amitié qui le frappe , qui l'avertisse de vous étudier^ dans trois jours, dans vingt- quatre heures, peut-être saurez- vous à quoi vous en tenir avec lui. Vous voyez comment je m'y prends avec vous ^ voilà, de mon côté , tout ce que je puis faire. Je vous offre tout ce qui dépend de moi pqur vous calmer , bien mortifiée de n'en pouvoir faire davantage.
LA PRIHGESSE.
Non , madame , la vérité même ne peut s'expliquer d'une manière plus naïve. Et que serait-ce donc de votre cœur , si vous étiez coupable après cela ? €almez-vous ; j'attends des preuves incontestables de votre innocence. A l'égard de Lélio , je donne sa place à Frédéric, qui n'a péché, j'en suis sûre, que